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France -

“De beaux rêves pour de paisibles dormeurs” : rétablir la quiétude postcoloniale

Par

« Dans la période de décolonisation, il est fait appel à la raison des colonisés. On leur propose des valeurs sûres, on leur explique abondamment que la décolonisation ne doit pas signifier régression, qu'il faut s'appuyer sur les valeurs expérimentées, solides, cotées. Or il se trouve que lorsqu'un colonisé entend un discours sur la culture occidentale, il sort sa machette ou du moins il s'assure qu’elle est à portée de sa main. […] Dans le contexte colonial, le colon ne s'arrête dans son travail d'éreintement du colonisé que lorsque ce dernier a reconnu à haute et intelligible voix la suprématie des valeurs blanches. Dans la période de décolonisation, la masse colonisée se moque de ces mêmes valeurs, les insulte, les vomît à pleine gorge. » Frantz Fanon, Les damnés de la terre.

“De beaux rêves pour de paisibles dormeurs” : rétablir la quiétude postcoloniale

"Paternalisme patronal", dessin de Jean Walraevens dit Waljé, 1992
Le mot race a mauvaise presse en France. Surtout à gauche. On le lie aux « chemises brunes » et aux « retraites au flambeau » des années trente. La race est ainsi constamment vue et mise en concurrence avec la classe. Si vous vous décidez malgré tout à employer ce mot honni, il vous faudra vous fendre impérativement de la note de bas de page de circonstance. Pour dire que la race, loin de renvoyer au biologique, est une construction sociale, comme le genre, etc. Et vous aurez beau tenter d’expliquer que le racisme existe et fait exister avec lui socialement la race, que la plupart des Noir-e-s et des Arabes en France sont pauvres parce que justement ils et elles sont Noir-e-s et Arabes, pareilles précautions ne vous mettront pas à l’abri des fourches caudines des éradicateurs de la race. Particulièrement si vous appartenez à « certains secteurs communautaires » d’où pourrait ressurgir « la bête immonde ».

C’est dans ce contexte intellectuel que la direction d’une officine « antiraciste » a sorti sa plume pour pourfendre la « gangrène de la racialisation du discours [1] ». Parue dans L’Humanité, cette tribune au titre alarmiste (« L’inquiétante résurgence des théories de la race ») est signée par Bernadette Hétier et Pierre Mairat, coprésidents du Mouvement contre le Racisme et pour l’Amitié entre les peuples (Mrap). Elle s’inscrit dans le cadre d’une vaste lutte idéologique visant à combattre toute expression politique indépendante des post-colonisés, menace qui semble bien plus importante que le renforcement de l’appareil législatif raciste par le vote d’une loi permettant d’exclure les musulmanes portant le hijab du monde du travail.

Le fait que cette tribune, parue il y a un mois, n’ait fait l’objet d’aucune réponse publique de la part de ceux qui se disent porteurs d’une expression politique indépendante des post-colonisés, ne lasse pas de nous étonner. Les « antiracistes » de gauche auraient-ils l'insigne privilège de pouvoir nous trainer dans la boue en toute impunité ?

Car le moins que l’on puisse dire, c’est que le texte des coprésidents du Mrap n’est pas d’une grande rigueur intellectuelle quant à l’appréhension du racisme. Il est défini tantôt « par la multiplication de propos ou d’actes stigmatisant telle ou telle catégorie de la population », « par des rapports de domination inscrits dans une histoire liée ou non à la colonisation », « par la relégation sociale », « les discriminations », « par un statut de citoyen de seconde zone », « par des contrôles policiers », etc. Sont ainsi mélangés et confondus les causes du racisme, ses manifestations, ses conséquences, des éléments qui relèvent de structures hiérarchiques et anonymes, d’autres qui relèvent de relations interindividuelles… Pour le Mrap, le racisme c’est à peu près tout ça. Mais pas seulement.

Le racisme « peut s’exprimer aussi dans un corps de doctrine racial » [souligné par nous]. Nos auteurs arrivent à distinguer sans peine tous les éléments précités du racisme et le corps de doctrine racial. Pour eux, « les théories racistes peuvent, selon les contextes, se propager à l’ensemble de la société et doivent être combattues et dénoncées clairement et fermement. » Bernadette Hétier et Pierre Mairat ont semble-t-il connu en France un contexte idyllique dans lequel les théories racistes ne s’étaient pas « propagées » à l’ensemble de la société, tel un horrible microbe sorti « malencontreusement » de son laboratoire. C’est le discours classique de l’inversion « antiraciste » de la règle (le-vivre-ensemble-républicain) et de l’exception (les théories racistes qui se propagent comme la « peste brune »). C’est également le discours facile de l’inversion « antiraciste », ou tout du moins de la stricte séparation, des causes du racisme et de ses conséquences.

Sans surprise, nos auteurs nous rappellent que le combat bien connu du Mrap « contre le discours racial d’extrême droite ou de droite extrême » l’a conduit « à dénoncer ou à traîner en justice des gens comme Finkielkraut, Hortefeux, Sarkozy, Guéant, Zemmour. » A gauche, visiblement, point de racisme. Dénoncer tous les propos remettant en cause leur « vision du monde » déracialisée, voilà l’éternel crédo des moralistes de l’« antiracisme » subventionné.

Mais ça n’est pas tout. Nous apprenons également que la « gangrène de la racialisation du discours affecte aussi certains secteurs communautaires », ce qui constituerait, selon nos plumes de l’« antiracisme » officiel, « un fait nouveau ». Là encore, les seuls à ne pas succomber corps et âmes aux sirènes du discours « racialiste », c’est la gauche pure et innocente. Blanche de tout soupçon. Tandis que

"Dans les médias, une mouvance politique-communautaire se revendique de la « lutte des races ». Les théories d’exclusion et la sémantique identitaire raciale qu’elle développe s’apparentent à celles de l’extrême droite. On retrouve en effet, dans ses discours, les concepts de race, de lutte des races, de frères de race. Chacun est appelé à pratiquer un apartheid organisationnel, politique ou associatif basé sur la couleur de peau. Les individus sont essentialisés dans des origines supposées antagoniques. L’universalisme cède alors la place au relativisme culturel. Le « eux et nous » s’oppose à la mixité sociale, parfois jusqu’au cœur de l’intime quand les couples mixtes sont stigmatisés, à l’extrême droite ou dans ses franges communautaires."

Il est vrai que les « couples mixtes » sont le fleuron de l’intégration républicaine à la française, sur lequel ne tarissent jamais d’éloges les idéologues du « progrès » ou du statu quo racial. Nous sommes toutefois en droit de demander sur cette question davantage de précisions à nos auteurs. Quels groupes politiques parmi les Noirs, Arabes, Asiatiques et musulmans qui vivent en France ont mené campagne et entrepris des actions sur le thème de l’interdiction des « couples mixtes » ? Existent-ils et que représentent-ils réellement ? Avec l’autorité et la suffisance de celles et ceux qui ne se sentent obligés à aucune démonstration, les auteurs de « L’inquiétante résurgence des théories de la race » ne nomment jamais les collectifs « communautaires » qu’ils caricaturent et dénoncent. Pas plus qu’ils n’apportent le moindre élément matériel à l’appui de leurs affirmations. Selon eux, le bilan et l’activité du Mrap sont auréolés d’une telle gloire que nous devrions les croire sur parole.

Nos « antiracistes » pourfendent ainsi des ombres, s’attaquent à des spectres et dénoncent des nébuleuses. Tels les Arabes du roman de Camus, La Peste, les « communautaristes » à la peau sombre n’ont pas de nom. Ils n’existent pas en tant qu’êtres humains à part entière. Ils restent des ombres menaçantes vivant sur les marges de la république. Ils ne sont que les spectres qui hantent l’égalité républicaine jusque dans son sommeil le plus profond. Le fait de ne pas nommer ces basanés qui grognent des théories insignifiantes sur la race, traduit un mépris colonial tout camusien envers les post-colonisés.

Aussi, rappelons aux lecteurs que le concept de « lutte des races » dénoncé par la direction du Mrap a été utilisé par Sadri Khiari dans l’un des articles du livre collectif intitulé Race et capitalisme [2]. Le texte incriminé est disponible sur le site des Indigènes de la République [3], dont Sadri Khiari est l’un des membres-fondateurs. Nous ne sommes pas membres de cette organisation et laissons donc le soin aux premiers visés de répondre, s’ils le souhaitent, aux critiques formulées par les coprésidents du Mrap.

Pour ce qui est en revanche de l’utilisation du terme race, nous la revendiquons totalement. Des travaux ont depuis longtemps mis en lumière le fait que « la race et l’identité raciale furent établies en tant qu’instruments de classification sociale première de la population [4] ». Nous ne sommes pas les seuls (bien que nous soyons encore trop peu) pour qui le concept de race est central pour comprendre et décrire la réalité d’une structure sociale basée sur la hiérarchisation des êtres humains en fonction de leur appartenance supposée ou réelle à une culture, une origine, une religion, définies comme « autres », c’est-à-dire le plus souvent comme « extra-européennes ». C’est bien pour cela que nous appelons et encourageons partout où nous le pouvons l’auto-organisation de celles et ceux qui subissent en France le racisme et l’islamophobie. A bonne distance de la gauche et de son paternalisme. Et donc… à l’extrême droite, selon la vision tutélaire de B. Hétier et P. Mairat. Pour eux, toute personne ou collectif qui ne s’inscrit pas sans réserve dans l’« universalisme » abstrait de la gauche française, est nécessairement réactionnaire. C’est que, poursuivent nos auteurs
 
"La race éclipse alors les clivages sociaux. Les frères de race, toutes classes sociales confondues, se substituent aux citoyens solidaires. Le message politique rejoint celui de l’extrême droite qui, sous couvert de race ou de nation, a toujours voulu nier ou relativiser les antagonismes de classes. C’est ainsi que les événements des banlieues de l’année 2005 ne sont plus perçus comme une révolte contre les difficultés de vie et la relégation sociale, mais comme une première manche de la « guerre de race » des non-Blancs contre les Blancs. C’est une thèse partagée par l’extrême droite et ses mouvances communautaristes [souligné par nous]."

Renvoyer dos-à-dos des locuteurs qui n’occupent absolument pas les mêmes positions dans la structure raciale de la société française, et faire semblant de ne pas comprendre la différence fondamentale qui existe entre un discours appelant à l’auto-organisation des post-colonisés et celui de l’extrême-droite, voilà qui montre bien toute l’hypocrisie de l’« antiracisme » subventionné par un Etat raciste.

Parce que pour l’« antiracisme » moral, qui évolue dans l’univers confortable des idées pures, la colère éprouvée par les dominés envers les dominants est tout aussi condamnable que l’oppression exercée par les seconds sur les premiers. Car, c’est bien connu
 
"Les bénéficiaires d’un ordre injuste savent qu’ils ont tout intérêt à neutraliser la protestation dans l’œuf et à l’invalider. Tout comme la colère des femmes est fréquemment invalidée par l’accusation d’hystérie, la colère des non blanc-he-s est très fréquemment disqualifiée parce qu’exagérément agressive, violente, extrémiste ou terroriste. Terroristes, c’est ainsi que furent qualifiés d’ailleurs tous les mouvements anti-coloniaux. Un non-blanc qui réagit par la colère devient immédiatement « l’agresseur » [5]."

Pour nous, les dominés ont le droit de se révolter et de pendre leurs dominants avec le fouet qui leur sert à maintenir l’ordre raciste dont ils sont les uniques bénéficiaires. La haine du dominé est le produit de l’oppression qu’il subit concrètement, alors que celle des dominants est l’expression de leur volonté d’asservir les dominés.

Cette différence fondamentale explique que celles et ceux pour qui le racisme est une oppression réellement vécue, ricanent devant les considérations moralisatrices de l’« antiracisme » subventionné. Ils se gaussent de ces appels à un « universalisme » occidentalo-centré ou à une « citoyenneté solidaire », soubassements idéologiques de l’oppression qu’ils subissent. A l’instar du colonisé décrit par Fanon en ouverture de notre article, les post-colonisés actuels ressentent « une sorte de raidissement, de tétanie musculaire » chaque fois qu’on leur délègue une bonne âme pour leur parler des valeurs de la république, de la citoyenneté ou de la laïcité, car ils savent parfaitement que ces mots sont prononcés contre eux.

Nous le répétons, cette prose moralisatrice n’a qu’un seul but : combattre l’auto-organisation de celles et ceux qui subissent le racisme, en les dénonçant publiquement comme les adeptes d’un « apartheid organisationnel, politique ou associatif basé sur la couleur de peau ». Ainsi, nos « antiracistes » subventionnés parviennent-ils à retourner l’accusation de « racisme » contre celles et ceux qui le vivent. Leur morale abstraite devient alors une vaste mascarade permettant de masquer leurs contradictions et celles du système racialement structuré qu’ils défendent. Rien d’étonnant alors à ce que le texte glisse tout naturellement vers la ritournelle de la dénonciation du « racisme anti-blanc », sur lequel le Mrap ne saurait faire l’impasse, étant donné qu’il s’est depuis longtemps dit l’adversaire de « tous les racismes ».

Cette démarche des dirigeants du Mrap n’a rien de surprenant ni d’original. L’histoire nous apprend que lorsqu’il est ou se sent remis en cause, « le colonialisme intervient […] pour rétablir la quiétude, laquelle constitue une question qui le préoccupe beaucoup. Son souci majeur est d’assurer de beaux rêves pour de paisibles dormeurs [6] ». C’est pourquoi les tribunes comme celle qui nous occupe ici se multiplient. Afin de nous rappeler que la problématique politique centrale doit rester celle des « clivages sociaux ». Comme au bon vieux temps du Congrès de Tours en 1920, lorsque ce brave colonialiste de gauche qu’était Léon Blum défendait l’idée qu’il ne fallait pas « confondre le mouvement de révolte des peuples opprimés avec le travail de libération prolétarienne » car cette confusion avait tendance « à fausser la lutte des classes et à déclencher la guerre des races contraire à ses principes de fraternité et à sa volonté de paix [7] ». « Quiétudes » de la « fraternité » et de la « paix » inhérentes à l’ordre colonial, qui font invariablement penser au colonisé que cette « fraternité » est sa soumission. Cette « paix », son oppression. Inversement, la libération du colonisé consistera toujours en une guerre faite au colon.
 
Nos moralistes « antiracistes » sont bien entendu d’un autre âge. Pour eux, la « fraternité » et la « paix » des « citoyens solidaires » ne renvoient pas aux plus belles heures de la mission civilisatrice, mais bien à l’« âge d’or » de l’« antiracisme » moral. Lorsqu’il y avait des « mobylettes » et du « mélange », et que des « marcheurs » revendiquaient leur appartenance citoyenne à la république. Au cours de ce fabuleux « âge d’or », les moralistes « antiracistes » pouvaient rester les esprits des corps post-colonisés, qui manifestaient et revendiquaient dans les rues sans réellement se préoccuper des questions idéologiques propres à leur action.

Le paternalisme de la gauche, déjà décrit au moment des « marches » [8], se maintenait en retardant la résurgence ou l’émergence d’une pensée autonome des post-colonisés. Une pensée faite par eux et pour eux. Comme l’expliquait Malek Bennabi, le colonialisme « empêche le contact entre la pensée et l’action politique afin de laisser la pensée stérile et de rendre la politique aveugle [9] ».

Les moralistes « antiracistes » ont certainement oublié que les idées trahies se vengent. Les subterfuges de la « citoyenneté solidaire » et de l’« égalité républicaine » n’ayant pas tardé à se révéler être une impasse, les post-colonisés ont recherché de nouvelles voies pour résister à l’oppression vécue. Elles nécessitaient impérativement qu’ils s’intéressent à un domaine que le système colonial leur défendait totalement d’aborder : l’idéologie. En effet, pour l’« antiraciste », « l’homme colonisé a le droit de se défendre tant que sa défense se limite strictement au champ politique, mais une fois transportée au domaine des idées, il estime que cet homme a mis son nez dans un champ auquel il n’a pas le droit [10] ».



En raison du viol de cet interdit qui est fait aux post-colonisés de s’intéresser aux questions idéologiques, surtout s’ils ne le font pas en se référant aux « valeurs sûres » de la pensée occidentale, les moralistes « antiracistes » ne peuvent que condamner toutes les expressions idéologiques indépendantes formulées par les post-colonisés.
 


Pour finir, évoquons la proposition phare par laquelle se termine lui-même l’article de Bernadette Hétier et Pierre Mairat : la suppression du mot race de la Constitution. Une proposition relevant, comme l’ensemble de leur argumentaire, du domaine des idées pures. Une proposition elle-même formulée par François Hollande lors de sa campagne victorieuse de 2012, et défendue alors par certain-e-s « éditocrates » comme Caroline Fourest [11]. Pour les dirigeants du Mrap, par ce « coup de force » sémantique, les races n’existeraient plus. Et le racisme avec : « Ce serait là un geste symbolique fort qui aiderait à enrayer toute résurgence de l’existence des races et de leurs antagonismes ». Le « cauchemar racial » laisserait la place au « rêve universaliste ».

Evidemment, une telle proposition confine à l’absurde. Premièrement, parce que le mot « race » figure déjà dans le Préambule de la Constitution du 27 octobre 1946 et dans la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789, deux textes qui font partie du « bloc de constitutionnalité » et qui ont valeur constitutionnelle [12]. Ensuite, parce que la proposition relève de la pure cosmétique : pourquoi ne pas supprimer les mots « maladie », « chômage », « misère », « pollution », etc. pour en finir définitivement avec les réalités qu’ils recouvrent ? Les mots « origine » et « religion » figurent aux côtés du terme « race » à l’Article Premier de la Constitution de 1958. Faudrait-il les supprimer également pour mettre fin au racisme et à l’islamophobie ? Et pourquoi pas le terme « femme », pour en finir avec le sexisme ? Enfin, nos « antiracistes » pensent-ils sincèrement que celles et ceux qui utilisent le terme race le font parce qu’il figure dans une constitution rédigée par un pouvoir colonial en pleine guerre d’Algérie ?

Tout cela ne nous semble pas très sérieux.

Les coprésidents du Mrap, à travers leur traque incessante et inutile du terme race, mènent un combat d’arrière-garde.

Ils feraient bien d’arrêter de nous proposer de « beaux rêves, pour de paisibles dormeurs », afin de rétablir la quiétude du monde postcolonial.

Car la réalité de l’oppression raciale revient toujours, tel un boomerang, dans la face de ceux qui l’ont défendue.

Rafik Chekkat & Youssef Girard, le 25 avril 2013.

__________


[1] Hétier Bernadette et Pierre Mairat, « L’inquiétante résurgence des théories de la race », L’Humanité, 29/03/2013. Sauf mention, toutes les citations sont extraites de ce texte.
[2] Félix Boggio Ewanje-Epée et Stella Magliani-Belkacem (coord.), Race et capitalisme, Syllepse, 2012.
[3] Sadri Khiari, « Nous avons besoin d’une stratégie décoloniale », Parti des Indigènes de la République, 21/06/2012.
[4] Anibal Quijano, « Colonialité du pouvoir, eurocentrisme et Amérique latine », Groupe décolonial de traduction, decolonialtranslation.com.
[5] Cases Rebelles, « Allons nous rester en colère ? », Cases-Rebelles.org.
[6] Malek Bennabi, La lutte idéologique, Alger, El Borhane, 2005, page 26.
[7] Raoul Girardet, L’idée coloniale en France de 1871-1962, Paris, Ed. Hachette, 2005, page 214.
[8] Voir par exemple les articles de Farida Belghoul (« L’antichambre des prétendants », « La gifle »), et l'édito de T.K. (« Convergence 84 – Nous nous sommes tant aimés »), publiés peu après l'arrivée de Convergence 84 à Paris le 1er décembre 1984, dans IM'média magazine n° 2 – Printemps 1985.
[9] Malek Bennabi, La lutte idéologique, op. cit., page 39.
[10] Ibid., pages 19-20.
[11] « En voulant supprimer le mot « race » et en mettant l'égalité au cœur de son programme, tout en proposant de financer des « emplois d'avenir » dans les quartiers « prioritaires » – et non plus « sensibles » -, François Hollande renoue avec ce que la tradition républicaine égalitaire a de plus ambitieux. C'est loin d'être ridicule. » Caroline Fourest, « Le racisme existe, pas les « races » », Le Monde, 16/03/2012.
[12] Ce que n’importe quel étudiant de première année de droit sait et que nos auteurs, dont l’un est pourtant avocat, semblent ignorer.

Source : Etat d'exception

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