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Palestine - ISM France

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Salfit -

"La 'clôture' ne constitue pas de danger pour pas le tissu social palestinien"

Par

"Vendredi dernier Mofaz a affirmé sans sourciller devant les caméras de Canal 2:
"Je suis certain que la clôture ne met pas en danger le tissu social palestinien" (Ha'aretz, 13 novembre 2003, Edition anglaise. Société et politique / Quelles souffrances?
Le tissu de la vie n'est pas déchiré, par Akiva Eldar).
Cette affirmation soulève quelques questions sur l'information que reçoit le Ministre de la Défense Shaul Mofaz:

"Le Ministre de la Défense israélien, Shaul Mofaz, commandant en chef des Territoires Occupés n'a jamais vu un Palestinien empêché d'aller de sa maison à ses champs.
Le Ministre de la Défense n'a jamais vu non plus un enfant demander tous les jours à un soldat la permission de passer et d'aller à l'école.
Vendredi dernier Mofaz a affirmé sans sourciller devant les caméras de Canal 2: "Je suis certain que la clôture ne met pas en danger le tissu social palestinien" (Ha'aretz, 13 novembre 2003, Edition anglaise. Société et politique / Quelles souffrances? Le tissu de la vie n'est pas déchiré, par Akiva Eldar).

Cette affirmation soulève quelques questions sur l'information que reçoit le Ministre de la Défense Shaul Mofaz: elle est ou tronquée et biaisée de manière à lui donner une image falisifiée de la situation (il faut alors se demander à qui cela profite), ou bien il n'est pas capable d'entrevoir les conséquences de la politique actuelle et de l'omniprésente arrogance militaire dans les Territoires Occupés.



Si le Ministre de la Défense veut se faire une idée de ce qu'est le tissu social dans les villes et villages palestiniens je suggère qu'il aille voir par lui-même dans les Territoires Occupés. Il pourrait collectionner les impressions des plus exactes en y allant incognito. Mieux même, il pourrait y aller déguisé comme paysan palestinien, ou pourquoi pas, comme enseignant ou médecin.

Personne ne pourrait lui raconter des histoires sur la façon dont les Palestiniens sont traités au quotidien par les militaires; il en ferait l’expérience lui-même.
Il pourrait alors en connaissance de cause juger si les soldats et officiers mettent en pratique la politique choisie par le gouvernement et si cette politique a quelque chance de permettre un avenir viable.



Quelques exemples du nord au sud, de Jénine à Deir Ballout (village entre Qalqilya et Ramallah)

Jénine est situé à 5 kilomètres de la Ligne Verte (ligne de cessez-le-feu de 1967).

Du toit d’un immeuble au centre ville on peut voir à quelque 5 kilomètres la clôture de sécurité (appelée “mur de l’Apartheid” par les Palestiniens) serpenter à travers les collines.
Une maison est isolée entre le mur et une colonie israélienne.

L’électricité et l’eau ont été coupées et la famille est menacée de “strangulation” (Danny Rubinstein, Haaretz). Un permis autorise le propriétaire à vivre dans sa maison et à passer la porte dans le mur quelques heures par jour...


Trois villages, à l’ouest de Jénine, sont isolés du reste de la Cisjordanie par le mur. Ils ne peuvent se rendre á Jénine pour les affaires courantes et il leur faudra qu’ils se débrouillent au quotidien entre une ville palestinienne inaccessible et Israël qui veut les enfermer et les ... exclure.

Aux dernières nouvelles (08.12.2003) une partie du mur doit être détruite pour être reconstruite plus à l’intérieur du territoire palestinien (OCHA). De telles informations entretiennent la peur et affectent la vie et l’espoir d’un quelconque avenir chez les Palestiniens.



Dans le Nord des Territoires Occupés, une des régions les plus fertiles, des dizaines de villages palestiniens sont touchés par le mur, soit environ 35.000 personnes.

Dans plusieurs endroits la construction du mur est déjà achevée, à 6 ou 7 kilomètres à l‘est de la Ligne Verte.

Dix-sept communes vont être enfermées entre le mur et la frontière de 1967.

Les habitants de ces communes auront un statut incertain et perdront leur revenus à cause du manque de mobilité et de restrictions dues au mur. Un néologisme désigne les villages qui se trouvent dans la zone-lisière ("seamzone"), où ils seront coincés entre le mur et la frontière de 1967 avec des barrages et autres contrôles.



Une de ces communes, Jubarra (2 kilomètres à l’est de la Ligne Verte) est un petit hameau de 300 personnes au nord de Qalqilya. Il n’y a pas d’école, de sorte que les enfants vont à l’école dans les villages voisins de A-Ras ou Kufr Sur ou à Tulrarem.

Depuis le début de l’année scolaire l’école était fermée environ dix jours. Les enfants n’ont pas pu aller à l’école pendant 4 jours.

D’autres jours les enfants ont été autorisés à se rendre à l’école, mais pas les enseignants et puisque la directrice de l’école de Kufr Sur habite à Jubarra, si elle n’est pas autorisée à passer, l’école reste fermée. Le directeur de l’école Helm Hamouni à Tulkarem habite également Jubarra.
A plusieurs reprises il a dû rester à Tulkarem parce qu’il avait pu passer le barrage militaire le matin mais pas l’après-midi (...).

En octobre l’armée a fait savoir que toutes les personnes habitant dans la zone-lisière devaient déposer une demande pour la permission d’y vivre. Le village de Jubarra a voté et refuse de faire cette demande et d’accepter les permis.

C’est un acte de résistance remarquable mais qui rend la situation des habitants de Jubarra très précaire, puisqu’ils risquent à tout moment d’être interdits de séjour dans leurs propres maisons.



La maison de Azmi D., qui fait partie du village de A-Ras mais se trouve sur la route de sécurité le long du mur du même côté que Jubarra, a reçu un ordre de démolition. Des jeeps entraient régulièrement dans la cour de Azmi jusqu’au jour où il a construit un barrage pour les en empêcher.

Seul Azmi est autorisé à rouler sur la route de sécurité, des personnes qui sont venues lui rendre visite à pied ont été menacées d’arrestation. de sorte qu’elles doivent parcourir plusieurs kilomètres à travers les oliviers pour aller chez lui.

De temps à autre les soldats viennent lui dire qu’il n’est pas autorisé à recevoir des visiteurs. Il a construit une petite maison derrière sa maison de sorte que s’ils démolissent sa maison construite il y a cinq ans sa famille aura un toit.

Pour plus d’information sur le sort de Jubarra, voir le rapport d'ARIJ

(...)

Azzun Atme[1] (à 4 km à l’est de la Ligne Verte): Le village tout entier, 2.000 femmes, hommes et enfants, est complètement isolé du reste des villes et villages voisins palestiniens. Le mur au nord du village est terminé. Selon les projections le mur encerclera complètement le village.

Un millier de dunums sera confisqué pour la construction du mur. Un barrage, avec contrôle militaire jour et nuit, rend la vie quotidienne insupportable.

La porte est “ouverte” de six heures du matin à 7 heures du soir, ce qui signifie que les villageois peuvent entrer et sortir sachant qu’il faut faire la queue jusqu’au moment où le bon-vouloir des soldats les laissent passer.

La nuit, l’entrée et la sortie dépendent du caprice des soldats. Les noms des villageois sont fichés et contrôlés à chaque passage. Tous les autres Palestiniens ne peuvent entrer dans le village que munis d’un permis: paysans, commerçants, enseignants, médecins, étudiants, 120 élèves des villages voisins de l’école secondaire, les fermiers des villages voisins voulant accéder à leurs terres sur Azzun Atme. Seuls les personne de l’ONU, CICR et autres étrangers peuvent entrer sans permis.


Mas’ha[2] (à 6 km à l’est de la Ligne Verte), un petit vilage palestinien de la région de Salfit a été sérieusement affecté par le mur.

Mas’ha a perdu 4.000 des 6.000 dunums de terres appartenant au villageà cause de la construction du mur. Le village se trouve attenant à la colonie israélienne de Elkana. Le mur intégrera la colonie à Israël.

La plus grande partie de Mas’ha sera du côté israélien du mur – entre le mur et la Ligne Verte. De plus, le mur sépare Mas’ha de la route Jénine – Ramallah, dont une partie sera du côté israélien du mur.

La plupart des habitants perdront 50 – 100 dunums de terres, tandis que la famille Ridha Amer en perdra 600 dunums. Les villageois pensent qu’aumoins 4 maisons seront detruites.

Les 6.000 dunums de terres de Mas’ha sont plantées d’oliviers. Pour la construction du mur 4.000 dunums sont confisqués. (...). Tous les villageois sont touchés par la construction du mur.Pour plus d’information sur le village de Mas'ha, voir les rapports IWPS 45 et 46 (site internet IWPS: www.iwps.info )

Des travaux ont commencé dans les alentours d’Ariel, une colonie israelienne (à 22 kilomètres à l’est de la Ligne Verte): bulldozers et camions s’y activent le long de la route transsamarienne 505.

Le tracé du mur, selon les cartes de l’Office pour la Coordination des Affaires Humanitaires des Nations Unies (basées sur l’information du gouvernement israélien datée du 23.10.2003 coïncide avec l’endroit où les travaux de terrassement et les déracinements d’oliviers progressent.

Les villages autour d’Ariel sont Hares, Kifl Hares, Marda, Qira, Iskaka et la ville de Salfit.



A Kifl Hares (à 20 km à l’est de la Ligne Verte): le maire n’a pa été informé que les oiliviers seraient coupés puis déracinés.

Les Israéliens détruisent morceau après morceau sans aucune explication”. Le déracinement, pense-t-il, est dû à la sécurité: l’élargissement de la route empêchera des tireurs embusqués de tirer de derrière les arbres. Le fait est que la surface déracinée coïncide avec le tracé du mur tel qu’il est planifié.



Le village de Marda (à 22 km à l’est de la Ligne Verte), immédiatement au nord d’ Ariel, d‘après les cartes des projections du mur.
Une partie de Marda sera du côté israélien, pour ainsi dire une banlieue d’Ariel, qui a été construit sur les terres de Marda, sur la colline, et ostensiblement déverse ses ordures sur les oliveraies au-dessus du village.

Deir Ballout (à 2 km à l’est de la Ligne Verte):
Deir Ballout, un village de 4.200 personnes entre la Ligne Verte et les colonies de de Peduel et de Yo'ezer, va se trouver au fond d’un cul-de-sac entièrement entouré par le mur si le celui-ci est construit selon les actuelles projections.

Les habitants de Deir Ballout seront forcés de faire un grand détour pour aller à quelqu’autre endroit que ce soit.
C’est déjà le cas actuellement parce que sur le route la plus courte pour aller dans un autre village il y a un barrage militaire que les habitants de Dei Ballout évitent en empruntant un long chemin de terre cahoteux.
Lorsque l’armée décide que personne ne passe, personne, pas même le médecin, l’infirmière, la sage-femme, l’enseignant ne passe.


Des douzaines de villages connaissent le sort de ceux nommés plus haut.
Au total “274.000 Palestiniens vivant dans 122 villages et villes vivront soit dans des territoires fermés soit dans des enclaves complètement entourées de mur” (Office pour la Coordination des Affaires Humanitaires de Nations Unies, Territoires Palestiniens OCcupés, Novembre 2003).

Monsieur, comment pouvez-vous dire que “la ‘clôture’ ne met pas en danger le tissu social palestinien”?
Qui accorde un quelconque crédit à cette fable?


Voir la carte de la région de Salfit



[1] IWPS research, 9th April 2003

[2] IWPS research, 9th April 2003

Source : http://iwps.info/fr/

Traduction : Dorothée et Kate pour IWPS

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12 décembre 2003