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Palestine - ISM France

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Palestine -

"Pour" ou "contre" le plan de retrait de Gaza

Par

Tamar Amir est un pseudonyme

Presque chaque vendredi ma famille et moi allons à Modi’in, une colonie du nord de Jérusalem pour y acheter des plantes et des fleurs pour notre jardin, et terminer nos folies avec un délicieux café glacé pour étancher notre soif dans la chaleur dévorante de l’été.
Alors que nous attendions que le feu rouge du carrefour de Modi’in passe au vert, des jeunes d’une colonie juive distribuaient des rubans de deux couleurs, ( les uns) oranges et (les autres) bleu ciel.

Les rubans oranges pour ceux qui sont "contre" le plan de retrait de Gaza.

Les rubans bleu ciel pour ceux qui sont "pour" le plan de retrait de Gaza.

Pendant que nous attendions, je regardais quelles étaient les voitures qui choisissaient les rubans oranges, quelles étaient les voitures qui choisissaient les rubans bleu ciel.

Sans faire de statistiques précises, j’estime que beaucoup de colons juifs religieux choisissaient les rubans oranges, alors que beaucoup de laïcs choisissaient les rubans bleu ciel.

Si ce devait être un jeu dont je serais l’arbitre, j’estimerais aisément que l’équipe orange a gagné.


Pendant que cette jeunesse dévouée s’approchait de notre voiture, je me suis demandé pendant un bon moment quel ruban choisir. J’ai décidé de ne décevoir personne et j’ai pris un ruban de chaque. Pourtant la question centrale, c’était de savoir lequel de ces rubans j’allais mettre sur l’antenne de ma voiture pour faire connaître à tout le monde mon opinion politique.


Ce n’est pas une décision facile à prendre surtout quand la question met en cause le domaine des cinquante dernières années, sur le plan local et international.


L’état d’Israël a été créé en 1948 comme une nécessité (pour absorber l’exode des Juifs qui a suivi la Seconde Guerre Mondiale) et pour exaucer ce rêve de longue date, avoir un hâvre de bien-être pour les Juifs de la diaspora, un endroit que les Juifs pourraient appeler leur patrie et où il se sentiraient en sécurité par temps de danger, un endroit que Dieu avait promis aux Juifs de la Bible.

La création de ce foyer n’a pas pris place et ne risque pas de prendre une place pour ses incontestables mérites politiques, militaires, ni pour ses mérites historico/théologiques



La décision de créer ce foyer a été initiée et décidée internationalement.

En 1947, les Nations Unies ont adopté la résolution 181 qui recommandait le partage de la Palestine en deux états, un état arabe sur 45% de la terre et un état juif sur les 55% restant, avec Jérusalem et Bethléem comme "corpus separatum", c’est-à-dire des enclaves séparées sous les auspices internationaux et ceux des Nations Unies.

Etant donné cette petite portion quand à l’époque ils formaient la majorité et possédaient la majorité de terre, les Palestiniens (les habitants autochtones de cette terre) considérèrent que ce plan était injuste et s’abstinrent



Néanmoins le plan fut mis en œuvre avec l’occupation de l’ouest de Jérusalem, plus tard autoproclamé par David Ben Gourion territoire libre, indissociable de l’Etat d’Israël. C’est ce qui a conduit à déplacer et à déposséder des dizaines de milliers de Palestiniens, à les obliger à s’installer ailleurs ou à fuir.

Pourtant, la création de l‘état d’Israël et son expansion ne se sont pas arrêtées là.

Une autre offensive a été déclenchée en 1967 quand la Cisjordanie , la bande de Gaza et Jérusalem-Est ont été occupées.

Alors d’autres Palestiniens encore ont été une fois de plus déplacés et dépossédés et le Grand Jérusalem a été unifié, autoproclamé capitale éternelle et indivisible de l’état d’Israël.



Aujourd’hui il y a environ 4 millions de réfugiés Palestiniens qui vivent dans les pays arabes voisins ou en diasporas dans le monde, avec pour la plupart la très sinistre perspective de n‘être jamais autorisés à revenir chez eux, restés seuls pour vivre.

Israël n’a pas l’intention de s’arrêter là.
Malgré ses différentes tactiques, jusqu’à maintenant l’éviction reste toujours d’actualité.

Le gouvernement israélien s’assure d’abord que les Palestiniens adoptent d’autres nationalités ou quittent volontairement le pays avant de révoquer résolument leurs droits à revenir chez eux. De cette manière les Palestiniens deviennent soit des étrangers chez eux, des invités dans leurs propres pays ou des touristes dans leur pays natal et de culture, Jérusalem étant l’un des exemples les plus douloureux dans l’immédiat.



N’ayant pas d’endroit pour vivre ou pour revenir à cause de leur déracinement, restant seuls et n’ayant pas voix au chapitre pour leur propre destinée sont une torture morale et émotionnelle, pour ne pas dire qu’ils vivent l’enfer .

Dans le passé, les colons du Sinaï et aujourd’hui les colons de Gaza, dans le passé des Palestiniens et aujourd’hui d’autres Palestiniens endurent les mêmes tortures, résultat de l’arbitraire national et international, gouvernemental, social et politique à l’œuvre pour déterminer, en fait dicter, la destinée humaine sans aucune consultation.



Pendant que j’observais les jeunes colons Juifs militants faire leur lobbying dans les rues pour trouver du soutien, et pendant que j’observais les medias nationaux et internationaux qui couvraient la résistance au transfert des aînés de ces jeunes, je ne pouvais m’empêcher de ressentir leur détresse et leur ferveur.

Je ressens chacune de leur douleur quand je vois comment ils ont d’abord été manipulés en faveur des colonies et comment ils sont maintenant manipulés pour en sortir.

Je ne peux pas, en tant qu’être humain, ne pas accorder toute ma sympathie aux Juifs de Gaza et à tous ceux qui sont transférés et retransférés par la force, pour des politiques manipulatrices.



C’est pour cette raison que, si je le pouvais, j’aimerais arborer le ruban orange.

J’aimerais l’arborer avec et pour eux, et pour tous les êtres humains soumis au transfert, à la dépossession et à l'oppression. Mais contrairement aux colons juifs, pour résister à l’injustice je n’ai pas le droit d’arborer quoique ce soit.

Pourquoi ? Parce que je suis Palestinienne. Si j’élève la voix, on m’accusera d’antisémitisme. Si je lève la main, on m’accusera d’extrémisme fou et de terrorisme, des parallèles qui se font plus évidents au fur et à mesure que le jour de l’évacuation approche.



Mais finalement, comme on dit, à quelque chose malheur est bon pour les Juifs.

Contrairement à des dizaines de milliers ou à des millions de Palestiniens, en fin de compte, les colons juifs reçoivent des compensations financières et de résidence, ont la sécurité de l’éducation, la sécurité sociale et économique pour tout faire passer.

Pardessus tout, les media du monde entier concentrent leur attention et leur sympathie sur eux.

C’est plus qu’aucun Palestinien n’a reçu ou ne pourra jamais rêver de recevoir.

Si j’étais un colon juif, je n’arrêterais pas de faire le compte des bénédictions (dont je bénéficie)

Source : Electronic Intifada

Traduction : CS pour ISM

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