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Palestine - ISM France

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Israël -

8% de leur patrie

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Les allusions qui ont été insinuées par les acolytes du premier ministre au sujet de la suite du processus de désengagement unilatéral ont augmenté l'optimisme prévalant suite au retrait de la bande de Gaza et à l'évacuation du Gush Katif.
Le ferme démenti du Premier Ministre Ariel Sharon n'a pas contenu le sentiment qu'Israel est au milieu d'un processus inévitable de retrait et d'évacuation.

8% de leur patrie



En effet, les allusions et les démentis ont renforcé l'assurance qu'il y avait quelque chose derrière et c'est exactement ce qui s'est passé avant le retrait de Gaza.

Personne n'a pu réussir à altérer l'atmosphère optimiste, ni la Droite qui déplore chaque concession au terrorisme et la remise des territoires qui font partie de la patrie, ni la Gauche radicale, qui dit que tout n'est que du bluff et que l'occupation n'est pas terminée, et certainement pas les fatalistes et les pessimistes professionnels.

La base de l'optimisme est territoriale : La concession appelée "partition de la terre" a toujours servi de mesure de paix et de compromis, et qui que ce soit qui la soutient, peu importe qui lance et met en application la partition, est considéré comme un chercheur de paix et de réconciliation.

Le concept de la partition est perçu comme un concept absolu, c.-à-d., qu'il n'y a pas besoin de définir quantitativement la part relative que chaque cêté contrêle, et qu'il n'y a également pas besoin de calculer les coûts et l'effet de la partition sur la population qui vit dans les territoires "scindés".

Les chroniques de la division la terre d'Israël illustrent sa dévalorisation d'un compromis historique à un diktat humiliant, et le calcul correct ne doit pas être, comme c'est généralement accepté, combien "est rendu" mais plutêt combien reste-t'il à chaque cêté depuis la première "partition" en 1947.

Selon la résolution de partition, le Territoire Palestinien était censé comporter environ la moitié de la terre de l'ouest d'Israël; les lignes de trêve ont ramené le secteur à environ 22%.

Le plan Allon lui a laissé 14%, alors que le plan Sharon (le tracé de la barrière, les blocs de colonies et la Vallée du Jourdain) ne laisse aux Palestiniens pas plus de 8% de la Palestine Mandataire.

Les deux plans qui comprennent 50% et celui qui comprend 8% du Territoire sont définis comme "plans de partition," et le dernier qui ne peut qu'être mis en application de façon unilatérale : de force, est vu par beaucoup comme étant digne d'éloges et est dépeint comme un compromis historique.
Mais les dépréciations de la partition ne couvrent pas entièrement toutes les implications qui dépassent la dimension territoriale, car toute partition a une influence cruciale sur la vie des habitants.

Et en effet, il est possible de décrire les chroniques du partitionnement de la terre tout comme les annales de la désagrégation d'une communauté nationale palestinienne en des fragments de communautés conformes aux contours territoriaux qui sont dictés par le facteur de la décision israélienne.

La partition, qui convient seulement aux intérêts israéliens, détermine différentes lois et arrangements pour chaque fragment, et ces fragments, selon la règle de "l'expérience détermine la connaissance", sont forcées de créer un agenda qui leur est propre et, n'ayant aucune alternative, de développer même une culture secondaire et un leadership différent afin de faire face aux défis du régime et de ses diktats.


La première véritable partition, en 1948, a créé la communauté des "Arabes de 1948", les citoyens d'Israël, qui pendant plus de 50 ans ont développé une identité, un ordre du jour politique, économique et social et même une langue et une culture uniques qui sont différents de ceux des Territoires et de la diaspora.

L'année 1967 a créé la communauté des habitants des Territoires qui se sont graduellement distingués de la communauté de la diaspora (qui était elle-même divisée entre le fragment jordanien et le fragment libanais, parmi d'autres).

Cette communauté, qui a reçu le nom des "Arabes de 1967" a été divisée entre les Arabes de Jérusalem-Est, qui ont été traités de façon préférentielle en raison des intérêts israéliens, et la communauté de Gaza et la communauté de Cisjordanie .


Les Arabes de 1967 ont été profondément affectés par l'occupation israélienne et ont développé des mécanismes politiques et culturels qui sont différents de ceux, par exemple, des citoyens palestiniens de la Jordanie.

Le désengagement de Gaza a approfondi la différence entre Gaza et la Cisjordanie , en raison des circonstances dictées par Israël, et en séparant la partie Nord de la Cisjordanie de la partie Sud cela risque d'augmenter les différences entre les communautés du Nord et celles des collines d'Hebron.

L'éclatement de la communauté palestinienne en six ou sept sous-communautés pourrait faire gagner au régime israélien le prix du club colonial de l'ère impérialiste, mais cela a disparu depuis longtemps, et au 21ème siècle, "diviser et régner" est considéré comme un procédé qui mérite d'être condamné et boycotté.

Pourtant, les résultats de cette fragmentation peuvent servir de large base à une recherche sociopolitique, puisque se déroule sous nos yeux un processus qui appartient à une ère qui n'existe plus, et il est possible de l'étudier avec les méthodes de recherches les plus actuelles.

Quant aux fragments de la communauté et ceux à qui sont offerts les pauvres 8% de leur patrie, ils devraient en apparence être très reconnaissants, comme observé lors de leur expérience antérieure, quand ils n'étaient pas d'accord sur "une partition généreuse" qu'ils ont perdue, parce qu'ensuite, on leur a offert une partition moins généreuse.

Et tous ceux qui sont en émoi devant "la partition de la terre" et les initiatives d'Ariel Sharon devraient savoir que l'écrasement des Palestiniens n'est pas un présage de paix, mais plutêt la nostalgie d'un nouveau Saladin qui rassemblera les fragments des communautés, comme l'a fait le héros Kurde au Moyen-Age.

Source : http://www.haaretz.com/

Traduction : MG pour ISM

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