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Palestine - ISM France

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Gaza -

A croire qu’Israël veut cadenasser Gaza et jeter la clef ensuite.

Par

L’auteur de cet article a été le porte-parole de l’agence pour les réfugiés palestiniens des Nation Unies de 2001 à 2005

Il y a un village bédouin – des baraques en parpaings construites sur des dunes de sable – au nord de la bande de Gaza sur lequel donnent les miradors de l’armée de la colonie juive de Nisanit.
Presque toutes les nuits, pendant l’Intifada, les soldats de ces miradors tiraient dans les ruelles du village, coinçant tout le monde chez soi la nuit.
On sait qu’une fois, des enfants affolés et paniqués par les tirs, sont partis en courant de leur baraque et sont entrés dans la ligne de feu.

Il y a eu de nombreux tirs aléatoires en provenance des miradors qui entourent les colonies israéliennes de Gaza. Ils ont tué des centaines de Palestiniens, des militants aussi bien que des
innocents, et la population locale les déteste (les Israéliens).

Cette semaine le retrait et les colonies elles mêmes seront une bonne occasion de faire la fête. Mais ce n’est pas parce que les signes les plus visibles et les plus oppressifs de l’occupation israélienne auront disparu que quiconque se fait des illusions : Gaza ne cessera pas pour autant d’être le plus grand camp de prisonniers du monde.



La semaine dernière le cabinet israélien a décidé que, dans le futur immédiat, il maintiendrait les troupes à la frontière entre Gaza et l’Egypte, le long de ce qu’on appelle le couloir Philadelphi.
C’est de ce mirador sur cette même frontière que le militant de la paix Tom Hurndall a été tué en 2003.

La même réunion du cabinet a aussi décidé qu’Israël continuera à contrêler qui entre et qui sort de Gaza par l’Egypte et a proposé une nouvelle frontière au passage de Kerem Shalom où se rencontrent Israël, Gaza et l’Egypte. Cette très active réunion du cabinet a aussi décidé qu’il autoriserait Gaza à disposer de trois miles (4 827 m) d’eaux territoriales, tandis qu’Israël aura le contrêle de la mer.
Il a aussi décidé qu’Israël continuerait à contrêler l’espace aérien de Gaza.

En début d’année, le Comité International de la Croix Rouge, gardienne des lois humanitaires internationales, a envoyé au gouvernement israélien une note confidentielle qui montre que le retrait des troupes israéliennes et des colons de Gaza ne mettra pas fin à l’occupation.

Cette note disait : "Israël gardera le contrêle significatif de la bande de Gaza ce qui lui permettra d’avoir la main sur les leviers clefs de l’autorité."
Ainsi… il apparaît à ce stade et dans l’optique de la loi humanitaire internationale que la Bande de Gaza restera occupée.



C’est une opinion que partage le très estimé Harvard Programme on Humanitarian Policy and Conflict Research (Programme de recherche sur la politique humanitaire et les conflits de Harvard).

Dans une note juridique préparée pour la communauté donatrice, le directeur du programme a écrit : "Le retrait partiel de la présence armée israélienne de l’intérieur et des environs de ce territoire n’est pas, pour la loi internationale, le facteur décisif qui fixe la fin de l’occupation."

"L’achèvement de l’occupation repose essentiellement sur la fin du contrêle que l’armée de la puissance occupante exerce sur les affaires du gouvernement de la population occupée et qui limite les droits du peuple à l’auto détermination."

Pourquoi ces questions ont-elles été clairement posées dans la résolution de retrait que le gouvernement israélien a voté l’été dernier ?

C’est qu’elle indique que "la fin du plan (de retrait) aura pour but de dissiper les contestations concernant la responsabilité d’Israël à l’égard des Palestiniens de la Bande de Gaza".

Mais s’il reste toujours puissance occupante, alors, juridiquement, Israël a des responsabilités très précises à l’égard du bien-être de la population de Gaza. Si l’occupation est vue comme terminée, alors il (Israël) peut se laver les mains de 1,3 millions de Palestiniens.

En ce moment Israël parle d’améliorer les conditions au fameux passage d’Erez qui permet de passer de Gaza en Israël, là où des milliers de travailleurs palestiniens mal payés sont systématiquement humiliés et entassés comme des animaux pendant des heures avant de pouvoir passer en Israël pour travailler.

Mais à plus long terme, il semble qu’Israël veuille cadenasser Gaza et en jeter la clef.

Shaul Mofaz, le ministre de la Défense, et Ehud Olmert, l’adjoint du premier ministre, ont tous les deux déclaré cet été qu’aucun travailleur palestinien ne serait autorité à entrer en Israël dès 2008. L‘énoncé de la loi du retrait dit qu’il n’u aura pas de travailleurs "à plus long terme".



Au sommet du G8, la communauté internationale a promis d’investir 1,72 milliards de livres à Gaza.

Mais sans accès au monde extérieur ces fonds ne feront pas grand chose pour améliorer la vie ou créer des boulots permanents.

Si Gaza doit ressentir les bénéfices du retrait, les pêcheurs ont besoin de pouvoir pêcher, les marchands de voyager et d’importer, et d’une manière cruciale, après 38 ans d’intégration forcée dans l’économie israélienne, les travailleurs auront toujours besoin de travailler sur les chantiers de construction de Tel Aviv et d’Ashkelon.



Sinon, les miradors de Gaza ne bougeront que de quelques centaines de mètres et il ne fait aucun doute qu’ils tireront bientêt, et encore, sur les Palestiniens – qu’ils soient militants ou innocents.





Source : http://www.independent.co.uk/

Traduction : CS pour ISM

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