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Palestine - ISM France

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Grande Bretagne -

A l’époque où Blair était ministre, le Mur : il s’assoyait dessus !

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Parler de la Palestine à Tony Blair ? Autant parler au Mur !
A Hébron, la semaine dernière, Blair s’est dit "réellement étonné et en colère" après qu’un responsable de l’Onu lui eut exposé les conséquences catastrophiques du Mur pour la vie des Palestiniens.
Bien. Le responsable de l’Onu a fait son boulot, en tous les cas.

A l’époque où Blair était ministre, le Mur : il s’assoyait dessus !


1/ Le but de la visite de Blair : RAPPROCHER les points de vue
2/ Moi, ce que je demande, c’est qu’on me RENDE la vue !
Dessin de Baha Boukhari (caricaturiste palestinien)


Quant à Blair, il aurait rompu avec les habitudes de toute une vie politique en s’étant exprimé aussi directement qu’il l’a fait, et "on the record", au sujet de la Palestine

Ce qu’il y a d’étonnant, dans cette affirmation, c’est que rares ont été les sujets sur lesquels Blair ait fait l’objet d’un lobbying aussi intensif, au 10, Downing Street, que le mur d’apartheid d’Israël.

Des députés, Amnesty International, des associations caritatives et toute une collection d’ONG et de groupes de solidarité avec les Palestiniens n’ont cessé de frapper à la porte de Downing Street, exhortant Blair à prendre bonne note des effets du Mur.

Sa réaction avait toujours été un refus catégorique de reconnaître la validité de leurs plaidoiries, ou d’exiger qu’Israël démantelât une structure qui était pourtant totalement illégale et qui faisait de la Cisjordanie une prison en ébullition.

Et voilà qu’aujourd’hui, il nous permet d’apprendre qu’il vient tout juste de découvrir ce que signifie ce Mur pour les familles qui survivent dans son ombre…

Les annales suggèrent que Blair n’aurait pas même franchi ce pas minuscule, s’il était encore aux manettes.

Seulement, voilà : aujourd’hui, agissant en tant que médiateur pour le Moyen-Orient du Quartet – composé, rappelons-le, de l’Union européenne, de l’Onu, de la Russie et des Etats-Unis –, et comme il s’apprêtait à rencontrer des représentants de l’administration fathaouie dirigée par Mahmoud Abbas, il se fend d’un petit propos doucereux qui n’engage pas à grand-chose au sujet de la cause du peuple qu’Abbas se targue de représenter…

Une chose est sure : il ne rencontrera pas de représentants du Hamas, qui, l’an dernier, a battu le Fatah lors des élections générales dont tous les observateurs indépendants ont confirmé qu’elles avaient été libres et honnêtes.

La réaction de Blair à la défaite de la faction d’Abbas avait consisté à déclarer, en décembre dernier : "Le temps est venu, pour la communauté internationale, d’apporter son soutien au Président Abbas, afin de l’aider à établir son autorité."

Alors, là : oui, pour le coup, voilà une déclaration devant laquelle nous pouvons être, à juste titre, "étonnés" et "en colère" !

Bob [Robert, ndt] Fisk n’a pas estimé qu’étonnement était un terme suffisant pour décrire sa réaction à l’annonce de la désignation de Blair comme honnête courtier entre Israël et les Palestiniens.
"Etonnement, ça n’est pas le mot approprié. Ce qui me vient à l’esprit, c’est plutôt ‘stupéfaction’… Je suis encore abasourdi de voir que cet homme fat et madré, ce menteur patenté, ce juriste tapageur qui a le sang de milliers d’hommes, de femmes et d’enfants arabes sur les mains, puisse sans sourciller ne serait-ce qu’envisager de devenir "notre" envoyé au Moyen-Orient !"

Mais non : il est là, aussi fier que sa nuque raide, enfoncé dans des bureaux somptueux de (je vous le donne en mille…) l’Hôtel American Colony (rien que ça !) à Jérusalem Est, disposant d’un budget annuel de 8 millions de dollars et d’une équipe forte de 14 conseillers, recevant des visiteurs de telle et telle faction [palestinienne] (le Hamas excepté, toutefois) et, d’après les dépêches des agences de presse, "exhortant toutes les parties au compromis"…

On voit mal quel compromis on pourrait raisonnablement attendre de la part des Palestiniens, sur la question du Mur ?

Ce Mur serpente sur des centaines de kilomètres à travers la Cisjordanie , incluant (au côté israélien) plus de 90 % des colonies juives illégales construites sur des terres palestiniennes. Toutes les propriétés palestiniennes situées à moins de 60 mètres de son tracé sont détruites ou confisquées.
Ce sont au minimum 10 000 Palestiniens qui se retrouveront coincés entre le Mur et Israël, dans une bande de terrain d’ores et déjà déclarée "zone militaire fermée".

Pratiquement la totalité (98 %) des colons illégaux seront du côté (dit) "israélien" du Mur, c’est-à-dire dans la partie des territoires palestiniens annexés de fait à Israël.

Pendant ce temps, la superficie laissée aux Palestiniens par cette construction illégale sera saucissonnée en minuscules bantoustans par des routes réservées aux Israéliens circulant entre les colonies et Israël ou entre les colonies elles-mêmes.

Sur quoi les Palestiniens sont-ils supposés faire des concessions ?

Blair n’a pas dit un seul mot, non plus, au sujet de la loi du Fonds National Juif, dont la première lecture a pourtant eu lieu, à la Knesset, au mois de juillet. Cette loi édicte que les terres administrées par le Fonds National Juif [Keren Keyamet le-Yisroël] doivent exclusivement être allouées à des juifs.

La plupart de ces terres – 13 % du territoire israélien – ont été volées à des familles palestiniennes vivant aujourd’hui dans des camps de réfugiés, ou "déplacées de l’intérieur" en Israël.

Ce texte de loi, adopté à 64 voix contre 16, a été qualifié d’"abominable" par les députés du parti de la gauche juive Meretz-Yachad, qui ont ajouté que cette loi "montre le véritable visage du gouvernement, et risque de donner d’Israël l’image d’un Etat raciste pratiquant l’apartheid."

Les gouvernants d’Israël rejettent l’étiquette de racistes. Et ils ont validé cette loi, dont une annexe déclare : "Quoi que dise à ce sujet tout autre texte de loi, la location de terres appartenant au Fonds National Juif aux fins de l’installation de juifs sur lesdites terres ne sera pas considérée comme constitutive d’une discrimination abusive."

Les fossiles survivants des autorités de l’Etat d’Alabama, dans les années 1960, doivent se donner des baffes de n’avoir pas pensé à ça, non ?!
"Quoi que dise à ce sujet tout autre texte de loi, obliger les Noirs à voyager assis au fond du bus ne sera pas considéré comme constitutif d’une discrimination abusive…" !?

Seulement voilà : à l’époque, ils n’auraient pas trouvé un Tony Blair, comme médiateur refusant de parler à tout Noir, sauf à l’Oncle Tom, et suggérant un compromis aux termes duquel les Noirs devraient être autorisés à s’asseoir au milieu du bus, mais surtout pas ailleurs !



Source : Belfast Telegraph

Traduction : Marcel Charbonnier

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