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Palestine - ISM France

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Jérusalem -

Al-Quds : la mobilisation populaire empêche la déportation des personnalités palestiniennes

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En une dizaine de jours, les députés et l’ancien ministre palestiniens qui se sont réfugiés dans les locaux de la Croix-Rouge Internationale dans la ville d’al-Quds sont parvenus à rassembler autour d’eux, de larges secteurs du peuple palestinien, en Palestine occupée ou dans l’exil. La solidarité avec les députés Ahmad Attoun, Muhammad Tawtah, Muhammad Abou Tayr et l’ancien ministre Khaled Abou Arfeh s’est élargie au-delà de la Palestine, avec les délégations étrangères qui visitent quotidiennement la tente montée dans les locaux de la Croix-Rouge (parlementaires européens, personnalités politiques) ou qui se mobilisent dans les capitales arabes (Damas), ou dénoncent dans leurs pays les mesures israéliennes à l’encontre de la population maqdisie et plus précisément ses dirigeants politiques.

Al-Quds : la mobilisation populaire empêche la déportation des personnalités palestiniennes


"N'est-il pas vrai qu'Israël est la seule démocratie du Moyen-Orient ? Regardez ! On vous donne de nombreux choix : Déportation - Evacuation - Bannissement"

Les députés de la ville d’al-Quds, Ahmad Attoun, Muhammad Tawtah, Muhammad Abu Tayr et l’ancien ministre, l’ingénieur Khaled Abou Arfeh avaient été kidnappés par l’occupant lors de la rafle ayant visé les députés et ministres du Hamas, en 2007, en vue de décapiter la classe politique palestinienne élue sur un programme de lutte et de résistance à l’occupation. Sitôt libérés de prison, les quatre personnalités reçoivent l’avis de déportation, l’occupant leur fixant un mois pour se préparer à abandonner leur ville, avec leurs familles.

Ayant été libéré le premier, le député Abu Tayr refuse sa déportation et se réfugie dans sa propre maison, mais les forces de l’occupation l’envahissent et le kidnappent une fois encore pour le mettre en prison. Il est enfermé actuellement dans la prison de Moskobiyyé et à chaque comparution devant le tribunal, les sionistes exercent leur chantage habituel, le dernier étant de le libérer s’il accepte le principe de sa déportation : pour revenir dans sa ville natale, il devrait obtenir un permis délivré par les autorités de l’occupation. C’est l’une des conditions effrontées que le tribunal sioniste a proposées à Sheikh Abou Tayr, les autres étant de lui retirer sa carte de résidence et le paiement d’une importante somme d’argent, qui serait une garantie contre son retour à al-Quds, sans autorisation. Le député maqdisi a bien évidemment refusé car le permis délivré est en lui-même une reconnaissance du droit d’"Israël" à la déportation. L’attitude ferme du député Abu Tayr, qui ne reconnaît aucun droit d’"Israël" sur la ville sainte d’al-Quds, dans sa partie orientale ou occidentale, ni sur sa population millénaire, n’est qu’un pas de plus dans la voie de la résistance adoptée par le peuple palestinien depuis l’occupation britannique de la Palestine, en 1920.

Quant aux deux autres députés, Ahmad Attoun et Muhammad Tawtah, et l’ancien ministre Khaled Abou Arfeh, pour éviter leur arrestation à l’instar du député Abu Tayr, lorsque l’échéance de leur déportation s’est approchée, ils ont décidé de se réfugier dans les locaux de la Croix-Rouge, à al-Quds, après que les locaux de l’ONU leur aient été refusés, dévoilant une fois de plus l’inefficacité sinon la collaboration de l’ONU avec l’occupant.

Ce n’est pas la première fois que l’arme de la déportation est utilisée par l’occupation sioniste, comme elle l’a été par l’occupant britannique au temps du mandat, entre 1920 et 1948. Les dirigeants palestiniens à l’époque avaient été déportés vers les pays arabes et même la colonie britannique Malte, comme l’honorable et regretté hajj Amine al-Hussaynî, le mufti d’al-Quds et l’honorable martyr Abdel Qader al-Hussaynî, tombé en défendant le village d’al-Qastal, aux portes d’al-Quds, en 1948. Des centaines de dirigeants, personnalités et militants palestiniens ont été déportés par les autorités sionistes, depuis l’occupation de la Palestine en 1948, pour ne pas parler de l’expulsion massive, brutale et criminelle de plusieurs centaines de milliers de Palestiniens, en 1947-48, constituant la Nakba.

La déportation des militants et combattants de la liberté est une vieille arme utilisée par tous les colonialistes et impérialistes dans le monde. La France l’a utilisée contre les militants, même français, qui se battaient pour la liberté à l’intérieur de ses propres frontières, comme elle l’a utilisée contre les militants et dirigeants des pays qu’elle avait colonisés. Mais pour "Israël", entité coloniale usurpatrice d’un pays en entier, la déportation fait partie d’un ensemble de mesures visant à poursuivre l’épuration ethnico-religieuse du pays qu’il a occupé.

Lorsque les sionistes ont envahi la Palestine avant 1948, par vagues successives, avec l’approbation directe de la Grande-Bretagne, puis instauré leur Etat sur les ¾ du pays, ils ont procédé méthodiquement à déporter toute la direction palestinienne politique, religieuse, intellectuelle et économique des villes côtières, Haïfa, Yafa et Akka, ainsi que Beer Saba’, aux portes du Naqab, en vue de décapiter la société palestinienne. En occupant la Cisjordanie et Gaza, y compris la partie orientale d’al-Quds, en 1967, ils ont procédé de la même manière. Il ne s’agissait pas seulement d’étouffer toute revendication politique, mais d’empêcher toute possibilité de survie pour les masses palestiniennes décapitées. Il a fallu plusieurs années, malgré le pouvoir militaire instauré dans les régions demeurées arabes, pour que la société palestinienne trouve à nouveau ses repères dans l’entité sioniste, sa volonté étant plus puissante et ses racines plus profondes et plus coriaces que celles des envahisseurs.

La politique de déportation des Palestiniens n’est pas, pour les sionistes, une simple mesure pour étouffer les revendications politiques, mais une politique systématique pour faciliter l’expulsion des Palestiniens de leur pays et procéder au nettoyage ethnico-religieux qu’ils ont envisagé dès le début de leur projet colonial.

Outre les quatre députés et l’ancien ministre, que les autorités de l’occupation menacent aujourd’hui, il existe une liste de trois cent personnalités maqdisies faisant partie de l’encadrement politique, culturel, associatif, économique de la société palestinienne d’al-Quds, toutes menacées de déportation, sans compter toutes les personnalités qui ont été interdites de retourner dans leur ville, qui vivent un exil forcé, victimes de lois qu’"Israël" a promulguées pour les éloigner de leur pays, voulant se donner des airs de légalité aux yeux d’une communauté internationale complice, aveugle ou borgne.

Comme pour Yafa et Beer Saba’, en 1948, "Israël" entreprend aujourd’hui le même nettoyage ethnico-religieux dans la ville d’al-Quds. Il pourchasse sa population palestinienne, en arrêtant et déportant, il détruit les maisons, il rase des quartiers entiers, il souhaite effacer l’histoire, le présent et l’avenir de la capitale palestinienne. Il planifie la construction des colonies et l’extension de celles qui étouffent déjà la ville et souhaite importer plus d’un million de juifs pour remplacer les Palestiniens, ayant proclamé unilatéralement que la ville palestinienne, arabo-musulmane d’al-Quds, serait une ville juive, et de surplus, capitale de l’entité coloniale. Mais c’est sans compter sur la volonté et la résistance du peuple palestinien.

Même si Obama se plie devant Netanyahu, même si des responsables palestiniens, genre Mahmoud Abbas, Ahmad Qray’ et Salam Fayyad, devenus ou ayant toujours été des marionnettes entre les mains des impérialistes, rencontrent les dirigeants sionistes ou poursuivent des négociations, directes ou indirectes avec eux, même si les services sécuritaires palestiniens de l’Autorité de Ramallah sont loués par les dirigeants sionistes pour leur rôle collaborateur contre la résistance et les résistants, l’état sioniste semble être dans l’impasse face au formidable élan de solidarité envers les personnalités menacées de déportation qui se sont réfugiées dans les locaux de la Croix-Rouge. La police sioniste et les garde-frontières menacent : ils encerclent le siège de la Croix-Rouge, ils provoquent les familles des personnalités, comme ils l’ont fait en pénétrant de force dans la maison du député Attoun pour intimider et effrayer sa famille, ils prolongent la détention de Muhammad Abu Tayr, de jour en jour, ils arrêtent le frère du député Tawtah et des députés du Fateh venus apporter leur soutien, avant de les relâcher, sans pouvoir cependant mettre un frein à la solidarité.

Ce nouvel épisode de la résistance populaire menée dans la ville d’al-Quds se situe à l’intersection de deux batailles, au moins :
- l’une contre la déportation des Palestiniens après le vote de la loi 1650 par l’organe législatif sioniste, la Knesset, il y a quelques mois, et notamment la déportation des prisonniers, dont 300 sont actuellement menacés.
- L’autre concerne le maintien du caractère arabe et palestinien d’al-Quds.

Bien que toutes les mesures et lois prises par les sionistes sont illégales, contraires au droit international et à toutes les législations internationales et résolutions de l’ONU, il semble peu probable que ce qui est désigné par « communauté internationale » réagisse, comme elle nous a habitués, à commencer par l’ONU elle-même, devenue une officine soumise aux Etats-Unis et au sionisme. Les quelques protestations verbales ne changeront pas la situation, "Israël" étant habitué à les jeter à la poubelle, sans être inquiété pour autant. C’est, comme le disait récemment un responsable de la Coalition pour la défense d’al-Quds, Muhammad Jadallah, sur la population maqdisie d’abord qu’il faut compter pour faire reculer l’occupant, avec la participation des Palestiniens de 48.

Bien qu’extrêmement critique, la nouvelle bataille autour d’al-Quds se présente avec des atouts entre les mains des Palestiniens, le premier étant le visage hideux de l’occupation et ensuite, la faible emprise de l’Autorité de Ramallah sur la population maqdisie.

Aujourd’hui, le visage hideux de l’occupation se présente sous la forme des colons qui s’abattent tels des vautours sur la ville sainte, des policiers et garde-frontières sur-armés qui n’hésitent pas à tuer des civils désarmés, des politiciens qui font la surenchère à qui supprimera le mieux et le plus de Palestiniens, dont la dernière trouvaille consiste à exiger l’adhésion des Palestiniens à leur propre suppression. N’est-ce pas ainsi qu’il faut comprendre la dernière déclaration de Lieberman, proposant l’équation « la terre et la population en contrepartie de la paix », ou alors l’exigence de prêter allégeance à l’occupation pour demeurer dans al-Quds, comme cela a été formulé contre les personnalités menacées de déportation ?

Comme les Palestiniens de 48, les Palestiniens d’al-Quds sont en train de forger leur propre cohésion face aux menaces qui les guette, loin des calculs de l’Autorité, la collaboration de ses services de sécurité avec l’occupant et de ses appareils viciés et corrompus. L’attitude exemplaire et unitaire de Hatem Abdel-Qader, responsable du Fateh dans la ville d’al-Quds, est une invitation à tous ceux qui, parmi les Palestiniens, ont été trompés par le passé du Fateh, à se retrouver aux côtés de ceux qui résistent à l’occupation et aux projets liquidateurs américains, européens, arabes ou onusiens, de la question palestinienne.

Source : French Moqawama

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