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Palestine - ISM France

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Palestine -

Antoine Shalhat et l'oasis de la Shabak

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Nous n'avions pas besoin de la signature du premier ministre par intérim, Ehud Olmert, de l'ordre d'interdiction de voyager pendant un an pour l'écrivain et critique, notre collègue Antoine Shalhat, pour être certains du mensonge de la prétendue démocratie israélienne, et du mensonge de la phrase "la seule oasis dans le Moyen-Orient que les Israéliens vantent sur toutes les tribunes.

La signature d'Olmert et celle de Sharon avant lui, ont prouv√© ce fait, d'une part, que la d√©mocratie isra√©lienne, si elle existe, n'est que pour une cat√©gorie des habitants de ce pays, et d'autre part, qu'elle n'est qu'un slogan mensonger par lequel Isra√ęl d√©fend sa politique de discrimination raciale pratiqu√©e envers la minorit√© arabe palestinienne √ɬ† l'int√©rieur depuis plus d'un demi-si√®cle.


L'ordre d'interdire au coll√®gue Shalhat de quitter le pays rappelle la politique de gouvernement militaire qui fut impos√© sur la minorit√© arabe palestinienne √ɬ† l'int√©rieur, pendant pr√®s de 20 ans, apr√®s la Nakba, lorsque les Palestiniens ont √©t√© interdits de se d√©placer, m√™me d'un village √ɬ† un autre, sans autorisation du gouverneur militaire, tout comme il rappelle la sinistre politique de la censure, o√Ļ le censeur avait la libert√© d'interdire la publication d'un auteur ou m√™me d'un morceau litt√©raire, ou un journal sous pr√©texte d'un pr√©tendu danger s√©curitaire, tel que c'est le cas actuellement pour le coll√®gue Antoine Shalhat.

En r√©alit√©, nous n'avons jamais entendu, depuis la cr√©ation de l'Etat d'Isra√ęl, de l'√©mission d'un ordre semblable √ɬ† celui paru contre le coll√®gue Antoine Shalhat contre un √©crivain ou un auteur juif, ni m√™me contre un citoyen juif, √ɬ† l'exception de quelques-uns desquels Isra√ęl craint qu'ils ne d√©voilent ce qu'ils ont dans le coeur √ɬ† propos de la d√©mocratie et de sa politique d'agression, comme cela s'est pass√© pour le savant nucl√©aire Mordecha√Į Vanunu, par exemple.

Prétendre que l'ordre d'interdire au collègue Antoine Shalhat de voyager est justifié parce que son voyage pourrait porter atteinte à la sécurité de l'Etat n'est qu'un grossier mensonge, qui devient vite ridicule lorsque nous savons qu'il s'agit d'un écrivain qui a consacré à sa vie à ses écrits, à ses traductions littéraires, politiques et théoriques, traduisant de grands auteurs israéliens comme Amos Oz, par exemple.

De quel danger sécuritaire, parlent Olmert , et avant lui Sharon et les hommes des appareils de la Shabak sur lesquels s'est appuyé cet ordre ?

La campagne contre le coll√®gue Antoine Shalhat ne le vise pas personnellement, et ne s'arr√™te pas √ɬ† lui. Nous avons √©t√© t√©moins au cours des ann√©es pr√©c√©dentes d'autres campagnes organis√©es contre les auteurs palestiniens en Isra√ęl, leur interdisant de se rendre dans les r√©gions palestiniennes occup√©es apr√®s 1967, leur interdisant de se rendre √ɬ† l'√©tranger, leur interdisant de publier des oeuvres libb√©raires, des articles de presse, pour les pr√©textes mensongers.

Au cours des derniers mois, plusieurs journalistes arabes ont √©t√© soumis √ɬ† des interrogatoires men√©s par les appareils de la Shabak et de la police isra√©lienne, √©galement pour des pr√©textes mensongers, comme la relation avec des parties hostiles ou la publication de mati√®res qu'Isra√ęl juge incitatrices.

Plusieurs rédacteurs du site arabs48 furent soumis à ce genre d'interrogatoires, le dernier en date étant le président administrateur du site, l'écrivain Ahmad Abu Hussayn.

Il ne faut pas non plus oublier le jugement au tribunal actuel du rédacteur en chef de la revue Sawt al-Haqq wal Hurriya et de l'un de ses rédacteurs, accusés d'incitation lorsqu'ils ont publié une explication d'un verset du saint Coran.

L'interrogatoire a même touché l'un des journalistes correspondant d'une revue arabe, un autre écrivain qui a publié un article sur l'Intifada palestinienne à ses débuts.

Il faut également rappeler les poursuites auxquelles furent soumis plusieurs écrivains et poètes palestiniens de l'intérieur au temps du gouvernement militaire, lorsqu'ils ont été emprisonnés parce qu'ils avaient publié des poèmes et d'autres oeuvres littéraires que la censure a jugée incitateurs.

Par cons√©quent, l'ordre d'interdiction visant le coll√®gue Antoine Shalhat et la poursuite engag√©e contre les coll√®gues journalistes visent l'ensemble du mouvement litt√©raire palestinien de l'int√©rieur, ils visent la libert√© de parole et d'expression qu'Isra√ęl pr√©tend appliquer, tout comme ils visent toutes les plumes dans le monde cens√©s √™tre prot√©g√©s par les accords des droits de l'homme sign√©s par Isra√ęl qui pr√©tend les appliquer.


Dans un Etat démocratique réel, il serait possible d'avancer des prétentions telles que celles avancées par le Shabak, concernant le "danger sécuritaire" que représente "le voyage à l'étranger", seulement si cette prétention est prouvée, par les preuves et les indices, et au tribunal de décreter si ces prétentiosn sont justes ou fausses.

Mais dans un Etat dirigé par le Shabak, l'accusation de "rencontre avec une partie hostile" peut être lancée contre toute personne sans qu'il soit nécessaire de le prouver, la loi et la justice sont uniquement des masques levés par l'oasis de la démocratie pour cacher ses crimes contre le droit à la parole écrite.

Lorsque le premier ministre s'appuie sur de telles prétentions, et refuse de les dévoiler, arguant du "secret", il se met lui aussi dans le box du doute et de l'accusation.

La Cour suprême israélienne ne nous a pas étonnés lorsqu'elle a décidé de rejeter l'appel concernant le collègue Antoine Shalhat, préférant écouter les prétentions des hiboux de l'obscurité au lieu d'écouter la voix de la raison et de la logique, représentée par les lettres de l'écrivain

Sami Mikha'il et le professeur Sassoun Soumig, accompagnant l'appel.

Il est probable que les mots de l'écrivain Sami Mikha'il, considérant l'écrivain Antoine Shalhat "l'un des ponts importants reliant les cultures israélienne et arabe" demeurera un cri dans une profonde vallée, tout comme d'autres cris perdus dans l'"oasis de la démocratie de la Shabak".



Revenons sur cette interdiction de se rendre à l'étranger, prononcée contre l'écrivain Antoine Shalhat.

C'est le 25 d√©cembre dernier que le premier ministre Sharon envoie pour cadeau de no√ęl √ɬ† l'√©crivain Shalhat un ordre d'interdiction de se d√©placer √ɬ† l'√©tranger, pour une semaine.

Le prétexte invoqué étant que son départ "met en danger la sécurité de l'Etat". La note au bas de l'ordre précise que cet ordre pourrait être renouvelé.

Antoine Shalhat a reçu cet ordre par la poste, en recommandé.

Antoine Shalhat est rédacteur de "la scène israélienne" au centre palestinien pour les études israéliennes, "Madar", et avait été rédacteur en chef du journal Fasl al-Maqal, organe du Rassemblement National démocratique.


Le 2 janvier 2006, L'écrivain Shalhat reçoit une prolongation de l'interdiction, jusqu'au 15 janvier, par la poste ordinaire. Ce qui étrange dans l'affaire, c'est que Shalhat n'avais pas du tout l'intention de sortir du pays.

L'avocat à l'association Adalah, Marwan Dallal, envoie une lettre à Katsir, du département dépendant du ministère de l'Intérieur, une lettre notifiant que le renouvellement est nul étant donné qu'il viole les droits fondamentaux touchant à la dignité et la liberté de la personne, et que les motifs ne sont pas précisés.

En réponse, l'écrivain reçoit une lettre le 17 janvier lui signifiant l'interdiction de voyager pendant un an, signé par le premier ministre par intérim, Ehud Olmert. Cette lettre lui fut remise au bureau du ministre de l'intérieur à Akka, au lieu de résidence de l'écrivain.

Dans la lettre, Olmert écrit : "En vertu de mes prérogatives basées sur les lois d'urgence de 1948, et après avoir été convaincu du danger représenté par tout déplacement à l'étranger d'Antoine Shalhat, pour la sécurité de l'Etat, j'émets l'ordre de prolonger l'ordre d'interdiction de quitter le pays jusqu'au 31 décembre 2006".


Suite √ɬ† ces menaces sur la libert√© de d√©placement de l'√©crivain, l'Union des associations civiles arabes, Ittijah, bas√©e √ɬ† Ha√Įfa, adresse une lettre explicative √ɬ† la responsable dans l'ONU de la d√©fense des droits de l'homme.

La r√©ponse est rapide : le d√©partement de l'ONU d√©cide de s'occuper de la question et de consid√©rer tout le dossier des interdictions administratives dans l'Etat d'Isra√ęl.

Fida Abu Ata, responsable dans Ittijah, a d√©clar√© qu'Isra√ęl essaie de para√ɬģtre dans les instances internationales comme un syst√®me d√©mocratique et un Etat de droit, en cachant toutes les violations des droits de l'homme palestinien et les violations des accords internationaux.

Pour Fida Abu Ata, il n'est pas possible de considérer cette affaire comme individuelle, il s'agit de la même politique des poursuites politiques et de la grave tentative de délégitimer l'expression et l'action politique des Palestiniens.


Source : www.arabs48.com

Traduction : Centre d'Information sur la Résistance en Palestine

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