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Palestine - ISM France

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Salfit -

Ariel, exemple de la politique de colonisation d’Israel en Cisjordanie

Par

Ariel est l’une des plus importantes colonies √©tablies par Israel en Cisjordanie, aussi bien en population qu’en surface. En termes g√©ographiques, Ariel est situ√© au cœur de la Cisjordanie.
La limite Est de la colonie est seulement √† quelques kilometres de la Route n¬į 60, qui forme la colonne vert√©brale de l’ar√™te montagneuse. N√©anmoins, Ariel est une colonie laique et urbaine qui attire des colons du centre du pays. (des “veterans” isra√©liens et des nouveaux immigrants de l’ancienne Union Sovi√©tique). En g√©n√©ral, les colons qui viennent √† Ariel esp√®rent trouver des solutions d’habitat bon march√© et une am√©lioration de leurs ¬ę qualit√© de vie ¬Ľ.

Ariel, exemple de la politique de colonisation d’Israel en Cisjordanie


En raison des caract√©ristiques mention√©es ci-dessus, Ariel est per√ßu par des parties importantes du public Juif en Isra√ęl comme “juste au autre ville isra√©lienne”, brouillant le fait qu’Ariel est actuellement une colonie dans les Territoires Occup√©s. Cette perception semble avoir une influence sue la position d’Isra√ęl concernant ses futures fronti√®res lors des n√©√©gociations avec l’Autorit√© Palestinienne.

Des reportages de m√©dias sugg√®rent que toutes les propositions effectu√©es par Isra√ęl, lors de la Conf√©rence √† Camp David en juillet 2000 et √† la conf√©rence de Taba en janvier 2001, comprenaient l’annexion d’Ariel √† l’Etat d’Isra√ęl, en d√©pit du fait qu'Ariel soit situ√© √† une distance consid√©rable de la Ligne Verte..

Le but de ce chapitre est d’examiner en profondeur l’impact et les ramifications de la colonie d’Ariel sur les communaut√©s environnantes Palestiniennes et leurs habitants.


Contexte historique

L’id√©e d’√©tablir une grande colonie urbaine au ¬ę cœur de la Samarie ¬Ľ (la r√©gion de la Cisjordanie du nord de Ramallah √† l’est de la vall√©e du Jourdain) est apparue pour la premi√®re fois en 1973 par un groupe de futurs colons comprenant des emply√©s des industries a√©riennes.

La proposition a √©t√© pr√©sent√©e au Ministre de la D√©fense de l’√©poque, Moshe Dayan. Bien que Dayan √©tait, par principe en faveur de l’id√©e, il a d√©montr√© qu’il √©tait impossible de r√©aliser les plans parce que l’emplacement propos√© par le groupe √©tait incompatible avec le Plan Alon, qui avait √©t√© adopt√© sans c√©r√©monie par le gouvernement Ma’arach.

Lorsque le Likud est arrivé au pouvoir en 1977, un changement est apparu dans la politique du gouvernement, et des initiatives ont été présentées pour établir des colonies à travers la Cisjordanie .

Le plan Drobless, qui a guid√© les activit√©s du gouvernement et l’Organisation Sioniste Mondiale ont propos√© l’√©tablissement d’une grande colonie sur la voie Trans-Samarie (voir la route No. 505 sur la carte), en partie pour des raisons strat√©giques et militaires. (Matitiyahu Drublas, The settlement in Jud√©a and Samaria).

Etant donn√© l’approche sympathique du gouvernement, le groupe de volontaires colons qui avaient contract√© Dayan, l’ont une nouvelle fois rencontr√©, s’appelant eux-m√™mes le ¬ę groupe de Tel-Aviv ¬Ľ et ont renouvell√© leur initiative. En octobre 1997, le Comit√© Minist√©riel pour les Colonies a approuv√© l’√©tablissement d’une colonie au nom de Heres (Ce nom a √©t√© chang√© plus tard en Ariel) sur un site au sud du village d’Haris.

Les membres du groupe ont en conséquence reçu la permission de coloniser cet endroit. (Esther Lévine, Ariel РCapitale de la Samarie Рpage 44)

Les 40 premiers colons sont arriv√©s sur le site approuv√© le 17 aout 1978. Selon l’instruction du Ministre de l’Agriculture de l’√©poque, Ariel Sharon, le site a √©t√© d√©fini comme une base militaire, comprenait initialement une centaine de constructions temporaires. Peu de temps apr√®s, l’Autorit√© de la Construction Rurale du Minist√®re du Logement et de la Construction a commenc√© √† construire des logements permanents..

De plus, pour implementing les travaux de construction et d’infrastructure, l’√©quipe du Minist√®re du Logement a √©galement travaill√© en coop√©ration avec le ¬ę Groupe de Tel-Aviv ¬Ľ dans tous les domaines li√©s √† l’organisation et √† l’administration de la nouvelle colonie. En 1981, Ariel a √©t√© d√©clar√© Conseil local et a commencer √† fonctionner de mani√®re autonome.

Gr√Ęce √† l’assistance g√©n√©reuse du gouvernement, la colonie s’est d√©velopp√©e rapidement. Dans les ann√©es 1980 et 1990, de nombreuses institutions officielles ont ouvert √† Ariel, y compris des √©coles √©l√©mentaires et des √©coles sup√©rieures, un coll√®ge acad√©mique, un Conseil religieux, un Tribunal municipal, un bureau de police etc….

En 1996, avec le soutien du Minist√®re du Commerce et de l’Industrie, une zone industrielle suppl√©mentaire a √©t√© √©tablie a Ariel, √† c√īt√© de la zone industrielle de Barqan. (Pour le d√©tail des institutions et les dates d’ouverture, voir le site web de la municipalit√© d’Ariel : www.Ari’el.muni.il

Suite au commencement de la vague d’immigration de l’ancienne Union Sovi√©tique au d√©but des all√©es 1990, des milliers d’immigrants sont all√©s rictement √† Ariel, augmentant consid√©rablement la population de la colonie.

En juin 1998, comme cons√©quence de cette croissance, le G√©n√©ral du Centre de Commande de l’√©poque, Uzi Dayan, a sign√© un ordre modifiant le statut d’Ariel d’un Conseil local en municipalit√©.

En septembre 2001, le Bureau Central des Statistiques a estim√© la population d’Ariel √† environ 15 900 habitants, environ 40% d’entre eux sont des immigrants de l’ancienne Union Sovi√©tique. De plus, environ 6 000 √©tudiants vont au Coll√®ge d’Ariel, certains de ces √©tudiants vivent dans la colonie de fa√ßon temporaire.



Le Contexte géographique

Comme not√©, Ariel est situ√© au centre de la Samarie, √† mi-chemin entre Naplouse et Ramallah, et √† l’ouest de la ligne de partage des eaux (les cimes de la zone montagneuse qui traverse la Cisjordanie ).

En termes de r√©seau routier, Ariel se situe √† proximit√© d’un croisement important entre la Route N¬į 5 (la route Trans-Samarie) qui s’√©tend de l’ouest √† l’est, et la Route n¬į 60 qui traverse la Cisjordanie du Nord au Sud.


Ariel est entour√© de tous les c√īt√©s par des villes et des villages palestiniens :

• Au sud, se situe la ville de Safilt (9 000 habitants)*, qui fonctionne comme centre gouvernoral, administrative et commercial pour les villages palestiniens des alentours.

• Au nord d’Ariel, et √† proximit√©, sont 4 villages : Haris (2 600 personnes), Kifl Haris (2 700 personnes), Qira (900 personnes) et Marda (1 900 personnes);

• Un peu plus loin au nord, se trouvent : Jamma’in (5 100 personnes), Zeita-Jamma’in (1 700 personnes) et Deir Istiya (3 300 personnes);

• A l’est d’Ariel, se trouvent les villages de : Iskaka (900 personnes) et ensuite Yasuf (1 500 personnes)

• Au bord ouest du secteur de la juridiction d’Ariel, se situent les villages de Brukin (3 100 personnes) et Kafr Ad-Dik (4 400) personnes.

• A l’est et √† l’ouest d’Ariel, intercal√©s entre les villages palestiniens mentionn√©s ci-dessus, il y a des colonies.

• A l’est, sur la route n¬į 60, se situent Tapuah (350 personnes) et Rehelim (pas de donn√©es disponibles sur la population), qui font partie de la bande montagneuse.

• A l’ouest d’Ariel, se situent un nombre de colonies dispos√©es en forme d’entonnoir (voir le chapitre 7) et constituent the high demand area des collines occidentales.
Les colonies les plus proches d’Ariel sont Barqan (1 300 personnes), Revava (550 personnes) et Qiryat Netafim (300 personnes).



Saisies de terre

Des recherches faites par B’Tselem montre que la majorit√© des terres comprises dans la r√©gion sous la juridiction d’Ariel ont √©t√© d√©clar√©es et enregistr√©es comme Terre d’Etat depuis des ann√©es (voir le chapitre 3).(Cette recherche est bas√©e sur des t√©moignages de r√©sidents des villages palestiniens voisins d’Ariel et sur une information fournie par la Mairie de Salfit.

B’Tselem a demand√© √† l’Administration d’Isra√ęl des terres et √† la municipalit√© d’Ariel de fournir une information permettant de clarifier le statut de la terre formant la r√©gion de la juridiction d’Ariel mais ils n’ont pas re√ßu de r√©ponse).

Bien qu’il ne soit pas possible de construire pr√©cis√©ment la situation avant l’√©tablissement de la colonie, les recherches montrent que partir substantielle de cette terre et particuli√®rement la zone sur laquelle Ariel est acuellement construit, √©tait anciennement une terre rocailleuse non-cultiv√©e utilis√©e par les villageois pour faire paitre leurs troupeaux.

Comme cela a √©t√© montr√© par les t√©moignages r√©colt√©s au cours des recherches, Isra√ęl a √©galement expropri√© des terres qui √©taient exploit√©es par des Palestiniens, revendiquant qu’elles √©taient la terre d’Etat, et que ces terres faisaient partie de la r√©gion sous la juridiction d’Ariel.

Dans d’autres cas, Isra√ęl a saisi des terres cultiv√©es - qui ont √©t√© reconnues comme √©tant une propri√©t√© Palestinienne – pour les besoins d’extension du r√©seau de routes reliant Ariel avec Isra√ęl et avec les colonies voisines (voir ci-dessous : la nouvelle Voie Trans-Samaria et la route n¬į 447).

Dans ces sas, les terres ont √©t√© saisies au moyen d’ordres d’expropriation, plut√īt que par une d√©claration de Terre d’Etat.

Les produits agricoles obtenus de la r√©colte de ces terres cultiv√©es √©taient utilis√©s par les propri√©taires de la terre, pour leur propre consommation et le march√© commercial. La saisie de ces terres ont priv√© ces familles d’une importante source de revenus – dans certains cas, leur seule source de moyen d’existence – et a s√©v√®rement alt√©r√© leur mode de vie.



Les frontieres municipales

Les fronti√®res municipales d’Ariel ont √©t√© revues √† plusieurs reprises depuis sa cr√©ation. La plus r√©cente modification a √©t√© effectu√©e en Juin 1999 au moyen d’un ordre sign√© par l’officier commandant du Centre de Commandement de l’√©poque, Moshe Ya’alon, accompagn√© d’une carte incluant une surface totale de 13 800 dunums au secteur de la colonie. De cette surface, environ 3 000 dunums ont √©t√© construits ou sont actuellement en construction – c’est √† dire 22% de la surface totale de la juridiction.

La surface de la juridiction d’Ariel s’√©tend sur plus de 11 kilom√®tres d’est en ouest avec un maximum de 2,5 kilom√®tres de profondeux. La longueur de cette zone est exceptionnelle m√™me en comparaison avec les principales villes isra√©lienne en comparaison avec sa population.

Les fronti√®res municipales d’Ariel sont compliqu√©es et d√©chiquet√©es. La terre cultiv√©e par les Palestiniens (en majorit√© des oliveraies) se situe √† l’int√©rieur de la colonie. C’est la raison pour laquelle Isra√ęl est incapable de la d√©clarer Terre d’Etat.

Cette situation a √©galement cr√©√© des ¬ę iles ¬Ľ ou des ¬ę p√©ninsules ¬Ľ de propri√©t√©s palestiniennes sous la juridiction d’Ariel qui entoure les terres palestiniennes sur les trois c√īt√©s.

L’inverse est √©galement vrai ; il y a des cas o√Ļ des parties de la juridiction d’Ariel sont entour√©es par des fermes palestiniennes. Ce ph√©nom√®ne existe √©galement partour en Cisjordanie . (Au sujet de ce ph√©nom√®ne dans le cas de Ma’ale Adummim, voir B’Tselem, p 33 – 34 , The slope of annexation

Ces ¬ę iles ¬Ľ appartenant √† des Palestiniens dans des secteurs non-construits de la juridiction seront apparemment √©limin√©s et effectivement annex√©s √† Ariel lorsque le secteur autour de ¬ę l’ile ¬Ľ deviendra construit et peupl√©.

Un exemple d’une telle annexion peut d√©j√† √™tre not√©, concernant une importante √ģle palestinienne situ√©e au Sud de la principale zone construite d’Ariel.

Alors que la carte du secteur de juridiction d’Ariel attach√©e √† l'ordre militaire montre ce secteur comme une zone palestinienne, la municipalit√© d’Ariel a construit une route de s√©curit√© entourrant ce secteur et l’a effectivement annex√© √† la colonie. De plus, les √©bauches de plans de la municipalit√© – distincte de la carte du secteur de juridiction d’Ariel attach√©e √† l'ordre militaire – a compl√®tement √©limin√© l’ile ¬Ľ. Le secteur appara√ģt comme partie int√©grale d’Ariel.




Structure de construction

Le sh√©ma 9 offre une description graphique du d√©veloppement urbain d’Ariel en termes chronologiques, comme refl√©t√© par les esquisses des plans de la colonie.

Une etude de ce digramme montre une Claire intention de la part des planificateurs de maximiser la dispersion le long de l’axe Est-Ouest, en √©tirant des ¬ę angles ¬Ľ √† chaque extr√©mit√© de la zone de juridiction et ensuite en remplissant graduellement les espaces ouverts restant √† l’int√©rieur de ces limites.

En consequence, apr√®s la consolidation du groupe de colonisation initial, environ au centre de la zone actuelle de la juridiction, le secteur maintenant occup√© par le Coll√®ge d’Ariel √† l’extr√©mit√© Est de la juridiction a √©t√© d√©velopp√©. Seulement lors des ann√©es qui ont suivi, l’espace entre le noyau central et l’extr√©mit√© Est a √©t√© graduellement remplie.

De la m√™me fa√ßon, au milieu des ann√©es 1990, ils ont commenc√© √† construire une nouvelle zone industrielle sur la limite Ouest d’Ariel. Le futur quartier r√©sidentiel qui a √©t√© pr√©vu pour la construction (voir la derni√®re photo du diagramme) est situ√© entre ce nouveau complexe industriel et le bord ouest de la zone actuellement en construction.

La longueur de la zone actuellement en construction est environ de 5 kms (du college √† la route √† l’entr√©e d’Ariel), alors que sa largeur n’est seulement que de 700 m√®tres. En termes de planification urbaine, cette dispersion est compl√®tement d√©raisonnable et illogique. Les approches de construction modernes favorisent une dispersion urbaine aussi compacte que possible, pour permettre aux habitants d’atteindre √† pied chaque partie de la communaut√©.

La nature d√©raisonnable de cette dispersion en termes d’urbanisme est encore plus prononc√©e parce que la zone de la juridiction d’Ariel comprend des zones consid√©rables limitrophes au site original de la colonie (principalement au Sud) qui pourraient √™tre utilis√©es pour son expansion.

La conclusion que l’on peut tirer de cette situation est que le systeme isra√©lien de construction a √©t√© bas√© non pas sur des consid√©rations d’urbanisme, mais sur des consid√©rations externes, comme on le verra ci-dessous. L’une de ces consid√©rations est de cr√©er une barri√®re aussi longue que possible pour s√©parer les communaut√©s palestiniennes de chaque c√īt√© de la Route Trans-Samarie et perturber la contiguit√© de la r√©gion.



Préjudice au Développement de Salfit

La localisation d’Ariel emp√™che la cr√©ation d’un espace urbain continu qui pourrait permettre le d√©veloppement de Salfit vers le Nord et le Nord-Est afin de relier Haris, Kifl Haris, Qira, Marda et Iskaka. En cons√©quence de la politique d’Isra√ęl, les limites d’Ariel constituent une sorte de barri√®re physique stoppant un tel processus et qui bloque presque totalement le d√©veloppement urbain de Salfit.

La population actuelle de Salfit est d’environ 9 000 personnes et le taux de croissance annuel est d’environ 3,5%. Selon l’ing√©nieur municipal, Samir Masri, le manque de terre disponible pour la construction empire chaque ann√©e et s’est d√©j√† traduit par un manque de logement et par la d√©cision de nombre jeunes habitants de quitter la ville.


En raison des caract√©ristiques topologiques et hydrologiques de la region de Salfit, la seule direction logique de l’expansion est vers le nord.

• Les zones au Sud, Sud-Est et Sud-Ouest sont montagneuses et extr√®mement pentues. Pr√©parer ces zones pour la construction demanderaient d’√©normes ressources financi√®res et techniques, et pourrait causer des dommages irr√©parables au paysage.

• Le secteur √† l’ouest de Salfit est riche en r√©serves d’eau souterraine qui fournit une part consid√©rable des besoins en eau des habitants (voir ci-dessous) et qui sont √©galement exploit√©es par Isra√ęl. La construction dans ce secteur pourrait endommager ces r√©serves ainsi que les cultures qui y sont plant√©es actuellement.

• Tandis que le secteur √† l'est de Salfit convient √† la construction en termes de conditions topographiques, il est actuellement cultiv√© intensivement par les habitants de la ville, qui font pousser des milliers d'oliviers ce qui repr√©sente leur source de revenu la plus importante.

Environ 15% du secteur de la juridiction de Salfit (dont le bord nord est délimité par la frontière du secteur A) est actuellement libre pour la construction, mais la moitié de ce secteur environ appartient à un nombre restreint de résidants de Salfit et est donc non disponible pour la construction.


L'influence n√©gative d'Ariel sur les habitants de Salfit n'est pas seulement confin√©e √† la question de la terre et au manque de logements, mais comprend √©galement des aspects tels que la pollution des sources d'eau souterraines fournissant Salfit. La majeure partie des eaux d'√©gout cr√©√©es par Ariel coule dans un lit de fleuve √† l'entr√©e ouest de la colonie, et qui s’√©coule ensuite vers le sud-ouest.

Ce canal d'eaux d'égout, qui s'infiltre dans le sol et se mélange aux eaux de source stockées dans la couche aquifère, passe juste à quelques mètres d'une station de pompage fournissant une grande proportion de l'eau utilisée pour la consommation domestique par les habitants de Salfit.

Selon l'ing√©nieur de l'eau de Salfit, Salah Afani, ce canal d'eaux d'√©gout pollue l'eau des puits, et il est de temps en temps oblig√© de donner l’ordre √† la municipalit√© de cesser de pomper apr√®s que les inspections de routine indiquent un niveau particuli√®rement √©lev√© de la pollution.




Le réseau routier de la région


Comme not√© ci-dessus, la ville de Salfit fonctionne comme centre administratif et commercial pour les villages de la r√©gion, et en particulier pour les villages situ√©s au nord : Haris, Kifl Haris, Qira, Marda, Jamma’in, Zeita-Jamma’in et Deir Istiya. La pr√©sence d'Ariel limite de mani√®re significative les route d'acc√®s pour aller et sortir de Salfit.


Jusqu'au soul√®vement de l'Intifada Al-Aqsa, la principale route d'acc√®s utilis√©e √† cette fin √©tait la route qui bifurque de la route d'entr√©e vers Ariel, tourne √† l'ouest et puis m√®ne au sud de Salfit. Depuis le d√©but de l'Intifada, l’IDF a bloqu√© l'acc√®s √† cette route au moyen de blocs de b√©ton et de tas de salet√©. Si l'expansion pr√©vue d'Ariel √† l'ouest est effectu√©e, cette route traversera le secteur construit d'Ariel et le trafic palestinien le long de cette art√®re sera compl√®tement interdit.


Le volume restreint de trafic qui passe actuellement entre Salfit et les villages du nord a lieu √† l'est, sur une route immonde qui part de la route N¬į 60 au sud de la colonie de Tapuah, et qui va vers l’ouest par les villages de Yasuf et d'Iskaka.

Bien que l'entrée à cette route ait été également bloquée depuis le soulèvement de l'Intifada, les habitants palestiniens atteignent le point de blocage Рle barrage routier -(à l'est de Yasuf), le contournent à pied, et ils continuent ensuite vers Salfit.

M√™me sans les barrages actuels, cette route est longue et peu raisonnable dans sa d’art√®re principale du trafic entre Salfit et les villages au nord.

Cependant, comme not√©, c'est probablement la situation qui √©mergera si Ariel s’√©tend √† l’Ouest comme cela est pr√©vu.

Les nombreuses restrictions au d√©placement des Palestiniens et le r√©seau routier minimum qui leur est disponible sont particuli√®rement frappantes en raison des √©normes ressources investies par Isra√ęl afin de satisfaire les besoins de transport des colons en g√©n√©ral, et des r√©sidants d'Ariel en particulier.

Ceci est illustré efficacement par deux routes récemment construites à proximité d'Ariel.


Le premier exemple est le nouvel alignement de la route Trans-Samarie, qui relie Ariel et les colonies voisines √† Tel Aviv et √† la m√©tropole de Tel-Aviv. La vieille route Trans-Samarie (route N¬į 505) traverse les villages de Masha et de Biddya, et Isra√ęl a donc d√©cid√© de construire une nouvelle route quelques centaintes de m√®tres plus au sud afin d'√©viter ces villages, et d’am√©liorer la route en une route √† quatre-voies.

Afin de construire la route, Isra√ęl a expropri√© une quantit√© de terre consid√©rable aux habitants palestiniens de la r√©gion et a caus√© des dommages environnementaux consid√©rables par la coupure en deux de toutes les collines situ√©es le long de la route.

Depuis le d√©but de l'intifada, en tant qu'√©l√©ment de la politique d’Isra√ęl de nettoyage du territoire, l’IDF a d√©racin√© de nombreux oliviers de chaque c√īt√© de cette route afin de r√©duire les dangers que pourraient affronter les colons en utilisant la route (voyez les bords de la route √† l'ouest d'Ariel sur la photographie a√©rienne).

Un autre exemple est la route n¬į 447, qui doit √™tre r√©alis√©e sous peu. Cette route relie le bord Est d'Ariel √† la route n¬į 60 pr√®s de la colonie de Revava.

Pour sa construction, environ 75 dunums appartenant aux habitants d'Iskaka et de Salfit ont été expropriés et plus de 1.000 oliviers ont été déracinés, la plupart d'entre eux étaient extrêmement vieux et fortement productifs.

Cette route est cens√©e servir le bloc de colonies se composant d'Eli, de Shilo (y compris Shevut Rahel) et de Ma’ale Levona, et raccourcira le voyage vers Ariel de quelques minutes.

Les Palestiniens dont la terre a √©t√© expropri√©e ont pr√©sent√© une p√©tition devant la Haute Cour de Justice, pour tenter d’emp√™cher la construction de la route. La cour a rejet√© la p√©tition, sans donner de d√©tails sur ses raisons.
La d√©cision laconique de la Justice d√©clare simplement : ¬ę Nous sommes arriv√©s √† la conclusion, concernant ce probl√®me, que la Cour ne peut pas intervenir dans la d√©cision des r√©pondants. ¬Ľ




Conclusions

Isra√ęl a cr√©√© dans les Territoires Occup√©s un r√©gime de s√©paration a bas√© sur la discrimination, en appliquant deux syst√®mes de loi s√©par√©s dans la m√™me r√©gion et en basant les droits des individus sur leur nationalit√©. Ce r√©gime est le seul de ce type dans le monde, et est r√©miniscent des r√©gimes affligeants du pass√©, tel que le r√©gime de l’Apartheid en Afrique du Sud.

La discrimination envers les Palestiniens est √©vidente dans presque tous les champs d’action des Autorit√©s de l’occupation, depuis les m√©thodes utilis√©es par Isra√ęl pour prendre de contr√īle de la terre sur laquelle les colonies sont √©tablies, jusqu’aux institutions d’am√©nagement s√©par√©es pour les Palestiniens et pour les Isra√©liens, √† l'application de la loi isra√©lienne aux colons et aux colonies tandis que les Palestiniens restent sous la l√©gislation militaire.


Sous ce r√©gime, Isra√ęl a vol√© des centaines de milliers de dunam de terre aux Palestiniens. Isra√ęl a utilis√© cette terre pour √©tablir des dizaines de colonies en Cisjordanie et pour les peupler avec des centaines de milliers de citoyens isra√©liens.

Isra√ęl interdit les Palestiniens en tant que groupe d'entrer et d'utiliser ces terres, et utilise ces colonies pour justifier de nombreuses violations aux Droits de l’Homme des Palestiniens, tels que le droit au logement, de gagner leur vie, et le droit √† la libre circulation.

Comme le rapport l’a d√©montr√©, le changement drastique effectu√© par Isra√ęl dans la carte de la Cisjordanie emp√™che toute v√©ritable possibilit√© de la cr√©ation d'un Etat palestinien ind√©pendant et viable en tant qu'√©l√©ment du droit √† l'autod√©termination des Palestiniens.

Les colons, au contraire, tirent b√©n√©fice de toutes les droits disponibles aux citoyens isra√©liens vivant √† l’int√©rieur de la Ligne Verte, et, dans certains cas, ils se voient m√™me accord√©s des droits suppl√©mentaires. Le grand effort qu'Isra√ęl a investi dans l'entreprise de colonisation - en termes financiers, l√©gaux et bureaucratiques - a transform√© les colonies en enclaves civiles dans un secteur sous Loi militaire, avec les colons qui ont un statut prioritaire.

Pour perp√©tuer cette situation, qui est √† priori ill√©gale, Isra√ęl a, sans interruption, viol√© les droits des Palestiniens.


Particuli√®rement √©vidente est l'utilisation calcul√©e des outils l√©gaux par Isra√ęl afin de donner √† l'entreprise de colonisation une impression de l√©galit√©.

Quand la l√©gislation jordanienne servait les objectifs d'Isra√ęl, Isra√ęl a adh√©r√© √† cette l√©gislation, arguant du fait que le droit international l'oblige √† respecter la l√©gislation en application avant l’occupation ;
dans la pratique, cette législation a été employée d'une façon cynique et partiale.

D'autre part, quand cette l√©gislation a interf√©r√© avec les projets d'Isra√ęl, elle a √©t√© chang√©e d'une fa√ßon cavali√®re par la l√©gislation militaire et Isra√ęl a √©tabli de nouvelles r√®gles pour servir ses int√©r√™ts.
Ce faisant, Isra√ęl a pi√©tin√© de nombreuses restrictions et prohibitions √©tablies dans les conventions internationales auxquelles il adh√®re, et qui ont √©t√© pr√©vues pour limiter les infractions aux droits de l'homme et pour prot√©ger des populations sous occupation.

La responsabilit√© de la transgression des droits de l'homme cr√©√©s par l'existence des colonies repose, en premier lieu, sur tous les gouvernements isra√©liens depuis que l’occupation a commenc√©.

C'est le gouvernement qui a initi√© l'√©tablissement des colonies, avec le soutien politique, administratif et √©conomique, et qui a encourag√© leur perp√©tuelle expansion. Les juges de la Cour Supr√™me isra√©lienne sont les pricipaux associ√©s dans cette responsabilit√© : dans leurs jugements, ils ont fourni √† l'entreprise de colonisation un timbre l√©gal d'approbation en approuvant des actes inconvenants √† un gouvernement et √† l’IDF dans certains cas, et en refusant d'intervenir dans d'autres pour emp√™cher des pr√©judices aux r√©sidants palestiniens.


Depuis le soul√®vement de l'Intifada Al-Aqsa, les colons ont √©t√© les cibles perp√©tuelles des attaques des Palestiniens. En cons√©quence, quelques colons ont ont voulu retourner vivre √† l'int√©rieur d'Isra√ęl et ont demand√© au gouvernement de les aider √† se reloger.

En d√©pit de la responsabilit√© des autorit√©s r√©sultant de leurs politiques de longue date concernant les colonies, l'Etat a refus√© de fournir la moindre assitance aux colons pour qu’ils retournent en Isra√ęl aussi longtemps que leur relocalisation ne fait pas partie d'un r√®glement politique. Ce refus transforme ces colons qui souhaitent partir en otages de la politique ill√©gale poursuivie par l'Etat d'Isra√ęl.


Puisque les colonies √©taient, d√®s le d√©but, un acte ill√©gal, et √©tant donn√© l'infraction aux droits de l'homme caus√©e par leur pr√©sence, B’Tselem demande que le gouvernement isra√©lien agisse pour d√©manteler toutes les colonies. Le d√©mant√®lement doit avoir lieu de fa√ßon √† respecter les droits de l'homme des colons, y compris le paiement d’une compensation.

L'√©vacuation de toutes les colonies est clairement une t√Ęche complexe qui demandera du temps. Cependant, il y a des mesures int√©rimaires qui peuvent √™tre prises imm√©diatement pour ramener au minimum l'infraction faite aux droits de l'homme et √† la violation du droit international. Le gouvernement isra√©lien doit prendre, entre autres, les mesures suivantes :

• Cesser toute nouvelle construction dans les colonies, ou de construire de nouvelles colonies ou d’accroitre les colonies existantes
• Geler l’am√©nagement et la construction de nouvelles routes de contournement, et de stopper l'expropriation et la saisie de la terre √† ces fins
• Rendre aux communaut√©s palestiniennes toutes les zones non-construites dans les limites municipales des coloniess et des conseils locaux
• Supprimer les comit√©s d’am√©nagement sp√©ciaux dans les colonies, et par cons√©quent le pouvoir des autorit√©s locales pour pr√©parer les plans d'ensemble et pour √©mettre des permis de construire
• Cessez la politique de fourniture d’incitations qui encouragent les citoyens isra√©liens √† venir vers les colonies, et transformer ces ressources pour encourager les colons √† se relocaliser dans les r√©gions √† l’int√©rieur des fronti√®res de l'Etat d'Isra√ęl.


Source : www.btselem.org

Traduction : MG pour ISM-France

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