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Palestine - ISM France

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USA -

Bush deviendrait-il sérieux sur le processus de paix ?

Par

Henry Siegman, ancien membre du Conseil pour les Relations étrangères au Proche-Orient, est un ancien dirigeant du Congrès Juif Américain). Article paru dans le International Herald Tribune le 21 juin 2005

Pour la plupart d’entre eux, les supporters et les détracteur de la manière dont le président George W. Bush gère le processus de paix au Proche Orient, ont loupé un changement significatif dans la politique des Etats-Unis - au moins sur le plan rhétorique - tel que Bush l’a exprimé quand il a rencontré Mahmoud Abbas, le président de l'Autorité Palestinienne à la Maison blanche le 26 mai.
Il a déclaré explicitement qu’aucun changement ne se ferait sur la frontière de Ligne Verte sans l’accord palestinien.

Au cours d’une conférence de presse, Bush a déclaré que la politique des Etats Unis est que les négociations constantes entre Israël et les Palestiniens commencent à la ligne d’armistice de 1949, communément appelée frontière pré-1967 ou Ligne Verte.

Il a déclaré explicitement qu’aucun changement ne se ferait sur cette frontière sans l’accord palestinien.

"C’est la position des Etats-Unis aujourd’hui et ça restera la position des Etats-Unis au moment du statut final des négociations." A-t'il dit


Bush a aussi appelé Israël "à ne pas prendre d’initiatives qui enfreignent les obligations de la feuille de route ou causent préjudice au statut final des négociations." C’était la première fois qu’il appliquait cette condamnation spécifiquement à Jérusalem, où le premier ministre (israélien) fait de son mieux pour empêcher la possibilité qu’aucune portion de la ville n’appartienne au futur état palestinien.


Dans son ranch du Texas en avril cette année, Bush a donné au premier ministre israélien une lettre dont le contenu a été interprété par Sharon – et par presque tous les autres – comme une assurance américaine que "de nouveaux centres de populations israéliennes" en Cisjordanie resteraient à Israël que ça plaise ou non aux Palestiniens .


Pour les Palestiniens, cela signifiait que même s’ils devaient se soumettre à toutes les obligations imposées par la feuilles de route, y compris le "démantèlement des infrastructures terroristes", ils n’obtiendraient pas un état palestinien viable puisque les colonies de Cisjordanie détruisent la continuité territoriale même qui définit la "viabilité". Les localisations des colonies ont été imaginées par un Sharon qui avait sa petite idée en tête.


La déclaration du président à Abbas disant que de telles annexions ne peuvent pas avoir lieu sans le consentement des deux parties était dès lors un rejet explicite de la construction qu’a faite Sharon de la lettre du 14 avril 2004 de Bush.

La clarification de la politique états-unienne faite par Bush concernant les changements territoriaux unilatéraux d’Israël avait suivi une clarification identique du 25 mai de cette année faite par le Conseil Européen, qui déclarait que "l’Union Européenne ne reconnaîtra aucun changement des frontières d’avant 1967 autres que ceux qui interviendront par agrément des deux parties. De fait, les responsables de l’Union Européenne ont rejeté ce qu’on croyait être l’acceptation par Bush des changements territoriaux unilatéraux créés par les colonies.


Les critiques de la manière dont Bush gère le processus de paix rejettent la signification du discours prononcé par le président le 26 mai à la Maison Blanche, pour deux raisons.

D’abord, ils pensent qu’il n’apporte rien de nouveau, puisque Bush a déjà mentionné dans sa lettre à Sharon la nécessité d’un "accord entre les parties pour les changements de la ligne d’armistice de 1949."

Deuxièmement, parce que Bush n’a jamais été prêt à utiliser son capital politique pour faire pression sur Israël et l’obliger à respecter ses obligations envers la feuille de route, et ils ne croient pas qu’il le fera dans le futur.


Même s’il est vrai que Bush a usé d’un langage similaire dans sa lettre à Sharon et lors de sa rencontre avec Abbas à la Maison Blanche, les différents contextes avaient des implications très différentes.

Etant donné que la lettre de Bush à Sharon insistait sur la probable irréversibilité de certaines "nouvelles réalités sur le terrain, y compris les principaux centres israéliens de population", il était facile pour Sharon d’insister sur ce que signifiait le message de cette lettre pour les Palestiniens : "Il faut vous y faire, les colonies sont là pour rester."



L’insistance du discours de Bush un an plus tard, pourtant, portait sur l’inadmissibilité des mesures unilatérales prises par Israël. Le message d’alors adressé à Israël : "Il faut vous y faire, des changements dans la ligne d’armistice de 1949 ne peuvent se faire qu’avec l’accord des Palestiniens."


Malheureusement, la réponse de Bush aux questions des journalistes après sa rencontre de la Maison Blanche avec Abbas a paru tout à la fois justifier le scepticisme de ses détracteurs qui disent qu’il ne mettra pas en œuvre ce qu’il dit, et va saper toute la confiance que les Palestiniens pourraient avoir eue dans sa déclaration s’opposant à l’unilatéralisme israélien.

Bush impliquait que les Palestiniens auraient à transformer le désastre économique et le chaos politique à Gaza en un modèle de démocratie, de bonne gouvernance et de prospérité avant qu’il ne se penche sur Israël qu’il arrête le vol des terres palestiniennes pour les colonies et commence des discussions de statut permanent.


Néanmoins, il serait faux d’imaginer que Bush et son administration se distancient de l’importante confirmation faite par le président sur l’indamissibilité des changements unilatéraux faits par Sharon en Cisjordanie et à Jérusalem.

Au contraire, Bush devrait s’en tenir obstinément à sa dernière déclaration sur la politique états-unienne, parce que ça fournit un repère critique pour ceux qui en Israël, aux Etats-Unis et ailleurs cherchent toujours l’équité et la justice, sans parler du droit international, dans la quête d’une solution du conflit israélo-palestinien.


La déclaration de Bush disant que les changements unilatéraux faits par Israël sans l’accord palestinien, viole la Feuille de Route et la politique des Etats-Unis reste la seule raison qu’aient les Palestiniens de conserver quelque espoir que leur rêve d’un état palestinien viable puisse se réaliser un jour.

Source : International Herald Tribune

Traduction : CS pour ISM

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