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Palestine - ISM France

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Palestine -

Cela finira-t’il un jour ?

Par

> sbahour@palnet.com

Sam Bahour est Palestinien-Américain. Il vit dans la ville d'Al-Bireh occupée par les Israéliens en Cisjordanie. On peut lui écrire à l'adresse mail suivante : sbahour@palnet.com. Il est co auteur d'un livre intitulé "Patrie: histoires orales de la Palestine et des Palestiniens" (1994).

Une réconcilation historique est possible. Regardez les relations mutuelles constructives qui existent aujourd'hui entre Israel et l'Allemagne. Israel et la Palestine ne sont pas destinés à être des ennemis éternels, mais ignorer les droits inaliénables des Palestiniens ne rapprochera pas les deux peuples. Plutôt que de voir encore une nouvelle génération de Palestiniens et dIsraéliens vivre de faux espoirs dans le cadre d'un accord "intérimaire" ou "définitif" supposé rendre leurs vies normales, nous serions tous bien plus assurés si Israel faisait face, et le plus tôt possible, à la nécessité d'assumer en fin de compte sa responsabilité historique incontournable à l'égard des populations palestiniennes autochtones.

Le monde a enfin retrouvé son bon sens collectif en acceptant ouvertement qu'on mette rapidement fin aux 37 ans d'occupation militaire israelienne de la Cisjordanie , la Bande de Gaza et Jérusalem-Est, pour que l'instauration d'une paix au Moyen-Orient ait une chance de succès. Cet éveil tardif met en avant une question juste et franche :

Les Palestiniens acceptont-t-il la fin de l'occupation comme le signal pour cesser, une fois pour toute, leur combat de 5 décennies pour corriger les injustices historiques qui leur ont été infligées? la réponse facile est non.


55 ans d'injustices historiques ne peuvent s'apaiser par la signature d'un traité de paix, officiel ou non officiel, quelque soit l'investissement en relations publiques fait pour cela. Les perspectives de paix doivent commencer en mesurant les efforts de justice déployés, et non les bruits faits autour d'elles.

Le fait est que, beaucoup d'Israéliens, certains disent la majorité silencieuse, sont maintenant vraiment convaincus que l'occupation illégale par leur pays des Palestiniens, doit cesser, mais ils se retiennent , certains disent qu'ils tiennent les Palestiniens en otages, en demandant des garanties précises, qu'après le retrait d'Israël sur la ligne d'armistice de 1967, chaque citoyen Israélien bénéficiera d'une sécurité absolue.

La sécurité absolue est un mythe. C'est un mythe politique, tellement bien perfectionné par la machine de propagande israélienne, que dès que les Palestiniens essaient d'attirer l'attention sur sa nature mythique, ils sont accusés de développer le cycle de la violence. Personne ne peut répondre à cette exigence sécuritaire.
Israël, et tout particulièrement le Premier Ministre israélien Sharon , ont utilisé ce mythe de la sécurité absolue, comme stratégie afin de fuir leurs responsabilités historiques.

Ni les Etats Unis, ni Yasser Arafat, ni un premier ministre palestinien à la solde, personne, pas même un futur Etat palestinien démilitarisé, peuvent garantir aux Israéliens, ni à aucun autre peuple sur la planète, la sécurité absolue. Plus vite Israël arrivera à la conclusion que sa sécurité ne peut co-exister avec une occupation illégale d'un autre peuple, plus proche sera, alors, le temps où Palestiniens et Israéliens pourront affronter leurs craintes et travailler ensemble à les soulager.

D'un autre côté, il n'y a pas de réponse simple au Moyen Orient.

La réalité de la région, en particulier le conflit israélo-palestinien, conflit qui est la pierre angulaire de tout conflit dans la région, c'est que l'occupation illégale par Israël, est l'un des torts parmi de multiples, qu' Israël doit aborder. Aujourd'hui, dans une approche globale de la résolution du conflit utilisant une mémoire à court terme, l'ONU, les Etats Unis, l'Europe et la Russie, visent à résoudre seulement le plus récent des torts historiques causés par Israél : l'occupation en 1967 de la Cisjordanie , de la Bande de Gaza, et de Jérusalem-Est.

Cependant, le tort initial qui a culminé avec l'expulsion en 1948 de centaines de milliers de Palestiniens de ce qui constitue aujourd'hui Israël, est volontairement négligé, dans l'espoir que la société palestinienne harcelée, oubliera, en quelque que sorte, que ses droits inaliénables ont été violés.

Les Palestiniens demandent ce droit, le droit au retour. C'est un droit inclus dans le Droit International, un droit appartenant aux individus, un droit qu'aucun gouvernement, même un gouvernement palestinien reconnu, ne peut annuler.

Bien que les initiatives de paix les plus récentes, c'est-à-dire l'accord de Genève et la déclaration Nusseibeh-Ayalon, préfèrent écarter ce droit, il faut être politiquement et moralement naif pour croire qu'en procédant ainsi, cela rapprochera les deux peuples en conflit d'une vraie solution de paix définitive - une qui aura une véritable chance d'apporter la sécurité aux deux peuples. Seule une honnête et sérieuse prise de responsabilité historique - avec toutes les vérifications internationales nécessaires- pourrait permettre qu'on commence à se réjouir d'un vrai début de réconciliation entre les Palestiniens et les Israéliens.

Se dégager de 37 ans d'occupation israélienne cela veut dire, entre autres choses :
• Rééduquer les Palestiniens blessés,
• Réinsérer les milliers de prisonniers palestiniens politiques pour qu'ils puissent devenir des éléments productifs de la société,
faire le nécessaire pour établir un gouvernement central palestinien agissant sans entrave,
• Construire des milliers d'appartements et des centaines d'écoles, et,
• Installer massivement des infrastructures de base,
• Absorber des centaines de milliers de Palestiniens vivant dans la diaspora et,
• Réétablir les droits de propriété pour ceux des Palestiniens qui ont perdu leurs terres à cause des colonies israéliennes, des installations militaires et du mur de séparation, depuis trois décennies.

Tout ceci ne va pas demander des mois, des années, mais des générations.
Cela demandera des centaines de milliards, peut-être des milliers de milliards de dollars.
Les Palestiniens seront très occupés à rattraper leur retard par rapport au monde, tout en avançant simultanément pour être compétitif dans le monde globalisé d'aujourd'hui. Cependant, ce gigantesque effort de développement ne saurait leurer les acteurs du conflit et laisser croire que les droits historiques des Palestiniens, violés par Israël avant 1967, seront oubliés, pardonnés ou mis de côté, surtout pendant que les 22% de la Palestine historique (Cisjordanie, Bande de Gaza, Jérusalem-Est) restent illégalement occupés par Israël.

Une réconcilation historique est possible. Regardez les relations mutuelles constructives qui existent aujourd'hui entre Israël et l'Allemagne. Israël et la Palestine ne sont pas destinés à être des ennemis éternels, mais ignorer les droits inaliénables des Palestiniens ne rapprochera pas les deux peuples. Plutôt que de voir encore une nouvelle génération de Palestiniens et d'Israéliens vivre de faux espoirs dans le cadre d'un accord "intérimaire" ou "définitif" supposé rendre leurs vies normales, nous serions tous bien plus assurés si Israël faisait face, et ce le plus tôt possible, à la nécessité d'assumer en fin de compte sa responsabilité historique incontournable à l'égard des populations palestiniennes autochtones.

Revenons à la question originale posée, les Palestiniens accepteront-t-ils la fin de l'occupation israélienne comme le signal pour cesser, une fois pour toutes, leur combat de 5 décennies pour corriger les injustices historiques qui leur ont été infligées?

La réponse la plus réaliste se trouve quelque part dans les ombres grises entre le non et le oui. Pour mettre les Palestiniens et les Israéliens sur la voie d'une réconciliation historique, Israël doit arrêter de prendre la région en otage.Il doit commencer par mettre fin unilateralement à l'occupation des Palestiniens et travailler à établir un Etat palestinien ayant une légitimité internationale et avec des frontières reconnues internationalement.

L'Etat palestinien émergeant, ayant appris des dures erreurs des accords d'Oslo, peut être à même de créer une autorité morale et politique pour sortir les Palestiniens de l'abîme dans lequel ils ont plongé. Refuser aux Palestiniens le droit à une souvereineté nationale entière, basée sur des frontières reconnues internationalement - dans l'espoir qu'une direction palestinienne semi élue et anachronique puisse balayer 20 ans d'histoire- serait de la part d'Israël et des Etats Unis faire preuve d'une ignorance totale des leçons de l'histoire.

Si le futur Etat palestinien réussit, le conflit peut se terminer sans déclaration de presse ou poignée de main finale. S'il échoue, alors Israël, la super puissance militaire du Moyen Orient, dispose de toute la force brutale nécessaire pour défendre ses frontières d'une attaque future. Si la réconciliation l'emporte, alors les deux peuples, ensemble, pourront démolir les murs entre eux, et pourront vraiment être, séparément ou ensemble, une lumière pour les nations.

Sam

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2 décembre 2003