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Palestine - ISM France

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Israël -

Choix des Palestiniens? Des demandes réciproques sont la clef de la paix

Par

Moshe Behar possède un Doctorat en politique comparative de l'Université de Colombia et enseigne à Sderot. Il peut être joint à l'adresse suivante : shikobehar@hotmail.com

Sdérot : Dans et autour de la capitale israélienne des "roquettes Qassam", où j'enseigne, la victoire du Hamas aux élections palestiniennes a laissé les Israéliens aussi divisés que d'habitude.
Tandis que certains pensent que ce peut être un développement positif - car le Hamas est probablement le seul parti palestinien capable de procurer un accord Israélo-Palestinien respecté par les deux parties - d'autres estiment que c'est prendre ses désirs pour des réalités et pensent que le blocage Israélo-Palestinien existant se poursuivra pendant les années à venir.

Un sondage récent reflète cette ambivalence avec 48% des Israéliens privilégiant le dialogue avec le Hamas et 43% contre.

Dans ce débat israélien interne, les Etats-Unis, l'Union Européenne, la Russie et les Nations Unies - le soi-disant Quartet pour le Moyen-Orient - ont fourni un message peu utile.

Faussement convaincus qu'ils devaient 's'aligner en solidarité' avec nous, les Juifs israéliens, le Quartet n'a pas perdu de temps pour déclarer que le Hamas "devait s'engager dans la non-violence, reconnaître Israël et accepter les accords et les engagements précédents."

Que ces mots soient appropriés ou non, même les nouveaux étudiants de Sderot comprennent que, dans tout tango politique, il faut être deux pour réussir et que choisir un traitement spécial pour le Hamas ne bénéficiera ni aux Israéliens ni aux Palestiniens sur cette terre troublée.

Pourquoi, alors, le Quartet n'a-t-il jamais déclaré qu'"Israël devait s'engager dans la non-violence, reconnaitre un Etat palestinien et accepter les accords et les engagements précédents"?

Les individus qui s'auto-proclament "pro-Israéliens" sont susceptibles de dire que cette proposition est absurde; pourtant ceux qui parmi eux sont honnêtes doivent se rappeler deux faits empiriques.

D'abord, un examen de la "violence" au cours des cinq dernières années indique que la proportion des décès entre Palestiniens et Israéliens est de 4 pour 1.

Donc, la fin de cette violence dépend autant de la conformité d'Israël avec les termes du Quartet qu'avec ceux des Palestiniens.

Le deuxième fait à se rappeler est que – l'ensemble du parti israélien du Likud – que ce soit Ariel Sharon, puis Ehud Olmert (maintenant Premier Ministre), et Benjamin Netanyahu, ils ont tout travaillé de concert pour saper ce qui est connu comme étant le 'Processus de Paix' pendant les années 90 (tout comme le Hamas);

Ils ont tous voté contres les Accords d'Oslo en septembre 1993 et l'Accord d'Oslo II en novembre 1995, quand ils ont été présentés pour ratification à la Knesset.

En outre, Netanyahu s'est bruyamment opposé à la Feuille de Route de 2003 – avec les quatorze réserves israéliennes qui conditionnent réellement le plan - mais pour des raisons stratégiques; il s'est abstenu pendant le vote.


Quant au premier ministre par intérim Olmert, pas plus tard que le 5 décembre 2003 (alors qu'il était vice Premier-Ministre), il a déclaré dans le Yedi'ot Ahronot, le quotidient le plus distribué en Israël :
"Si j'avais cru qu'il y avait une véritable chance de conclure un accord (avec une Autorité Palestinienne sans le Hamas), j'aurais recommandé de faire un effort. Mais ce n'est pas le cas."
Ce qui est nécessaire, c'est "une vaste action unilatérale. Par ce type d'action, nous définirons nos frontières, qui, dans aucunes circonstances, seront identiques à la Ligne Verte (de 1967) et incluront Jérusalem comme ville unifiée sous notre souveraineté
."


Le Quartet n'a jamais été embarrassé par le fait que les notions d'Olmert sont impossibles et ne cadrent même pas avec le premier paragraphe de l'Accord d'Oslo de 1993 (qu'on demande maintenant au Hamas d'accepter) qui déclare ce qui suit : " Les négociations israélo-palestiniennes menées dans le cadre de l'actuel processus de paix au Moyen-Orient ont pour but notamment d'établir une autorité palestinienne intérimaire autonome... pour une période transitoire n'excédant pas cinq ans, en vue d'un règlement permanent fondé sur les résolutions 242 (1967) et 338 (1973) du Conseil de sécurité."

À la lumière de l'appel récent du Quartet au Hamas, et simultanément de son silence permanent vis-à-vis de la politique et des pratiques du Likud de Netanyahu – et de son rejeton, le Kalima de Sharon et d'Olmert - il semble que le Quartet s'inquiète en fait très peu du principal objectif d'Oslo.

Les accords d'Oslo étaient supposés être basés sur une application de la résolution 242 du Conseil de sécurité des Nations Unies de 1967 acceptée mutuellement qui, entre autres, stipule l'inadmissibilité de l'acquisition de territoire par la guerre et affirme le retrait des forces armées israéliennes des territoires occupés pendant la guerre de 1967.

Pour sûr, c'est le droit démocratique de toute Gauche ou Droite Palestinienne ou tout Parti/circonscription électorale israélienne d'accepter ou de rejeter les accords précédents.

Mais si le rejet du Hamas est maintenant un non-départ absolu pour le Quartet - et peut même mener à conditionner ou à couper l'aide à l'Autorité Palestinienne - alors la logique semble exiger que cela devrait être le cas également en ce qui concerne Israël.

Depuis ces quatre dernières années, le parti élu au pouvoir d'Israël - dont les principaux membres continueront très probablement à diriger Israël sous le nouveau parti reformulé Kadima après les élections prochaines en mars - n'a montré que du mépris pour les précédents accords négociés au cours de la dernière décennie, dans les sphères officielles ou non-officielles de l'action sociopolitique.

Si le Quartet - ou qui que ce soit d'autre - s'inquiète véritablement de notre bien-être, les Israéliens et les Palestiniens, ils devraient cesser de jouer le jeu des demandes assymétriques.

Pour qu'il y ait un espoir de nous rapprocher d'un accord juste et pacifique, des demandes réciproques devraient être faites non seulement aux représentants démocratiquement élus de la société occupée apatride, mais également sur ceux de l'Etat occupant.
Finalement, ce serait la position la plus pro-Israélienne de toutes.

Et s'il n'y a pas la paix à Beit Hanoun, il n'y aura certainement pas non plus la paix à Sderot et vice versa.

Source : Electronic Intifada

Traduction : MG pour ISM

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