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Palestine - ISM France

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Jérusalem -

Colère contre la loi israélienne de la citoyenneté

Par

Nous savons que nous ne sommes pas égaux , nous souffrons de cette politique de discrimination depuis 1948 , et nous nous sommes même habitués à ça. Mais quand ils commencent à dire que vous n’êtes même pas un être humain, que vous n’avez pas même le droit de vivre avec votre famille, que vous ne pouvez pas choisir avec qui vous marier, c’est la ligne rouge

Des associations pour les Droits de l’Homme ont renouvelé leur protestation contre la loi qui empêche les Palestiniens de rejoindre les membres de leur famille en Israël.


Le gouvernement israélien a fait passé cette loi il y a un an et l’a prorogée pour six mois de plus. Elle impose l’interdiction globale d’accorder un permis de séjour ou la citoyenneté aux Palestiniens des territoires occupés mariés à des citoyens israéliens.

Israël prétend que cela fait partie des mesures de sécurité pour combattre les quatre ans du soulèvement palestinien.

Les Palestiniens et les autres critiques disent que c’est une législation raciste qu viole la loi internationale.

Depuis quelques minutes Murad et Abir sont occupés à faire des grimaces et des bruits bizarres pour essayer de faire cesser les pleurs de leur bébé.

Ils sont parents d’un bébé de deux mois. Leur fils est une joie et une distraction bienvenue qui leur permet sortir un peu de cette anxiété qui définit leur vie.

Israélien arabe, Murad est un citoyen d’Israël.
Abir est une Palestinienne de Cisjordanie .
"Parce qu’il est simplement israélien et moi Palestinienne, nous n’avons pas le droit d’être ensemble" dit Abir.
« Et simplement parce que nous choisissons de vivre ensemble, nous subissons maintenant comme une malédiction, celle de ne pas être auprès des gens que nous aimons, sa famille et ma famille ».


Choquées, les associations palestiniennes pour les Droits de l’Homme disent que des milliers de familles sont touchées, mais qu’il y en a probablement beaucoup plus. Israël a un million de citoyens arabes – un cinquième de la population.

Eux sont Palestiniens ainsi que leur progéniture restée sur leur terre au moment de la création d’Israël en 1948.

Murad vit ici depuis toujours, il a été traumatisé par cette loi.

"Ce que je ressens, c’est qu’ils me disent : vous êtes un citoyen arabe en Israël mais vous n’êtes rien" dit-il
"Nous savons que nous ne sommes pas égaux , nous souffrons de cette politique de discrimination depuis 1948 , et nous nous sommes même habitués à ça. Mais quand ils commencent à dire que vous n’êtes même pas un être humain, que vous n’avez pas même le droit de vivre avec votre famille, que vous ne pouvez pas choisir avec qui vous marier, c’est la ligne rouge".



« Condamnation et discrimination »

Pour le gouvernement israélien les choses sont claires : c’est une mesure légale mais temporaire pour protéger. Ses citoyens.

Au cours des premières années du soulèvement palestinien, dit-il, 23 Palestiniens qui avaient été autorisés à rejoindre leur famille en Israël ont aidé à des attaques contre des israéliens.

En dépit des demandes répétées, aucun responsable israélien n’a voulu répondre à cette enquête.

Le Ministre de l'Intérieur a seulement communiqué cette déclaration écrite : « Le but de la loi est d’empêcher l’union de familles. Il ne fait aucun doute que cette loi n’est pas simple en raison du nombre d’actes terroristes découverts l’état d’Israël doit se défendre. Il faut espérer que lorsque le processus de paix se remettra sur les rails espérés, la loi sera abolie ».

Les militants qui protestent contre cette loi disent que c’est un non-sens.


Adalah, association israélienne pour les Droits de l’Homme, l’a dénoncée comme inconstitutionnelle, et a saisi la Haute Cour pour la faire abroger.

Une des avocates de Adalah, Orna Kahn, dit que cette loi n’est pas seulement raciste, mais superflue parce qu’Israël possède déjà un système rigoureux pour contrôler ou évacuer les menaces contre sa sécurité.

« Le ministère (de l’intérieur) a toujours eu toute (latitude) nécessaire pour les questions de sécurité dit-elle , et en fait, des milliers de familles ont aussi été déchirées avant cette loi, parce que les vérifications au ministère de l’intérieur étaient vraiment très difficiles. Ce n’est donc pas comme si le vote de cette loi signifiait que c’était la seule mesure possible. Ils disposaient de mesures très fortes auparavent. Et ils les utilisaient. ».



Amnesty International s’est joint aussi aux critiques dans un rapport condamnant cette loi.

La rédacrice, Donnatella Rovera, dit qu’elle viole les principes de la loi internationale et qu’elle est motivée plus par des considérations de démographie que par la sécurité.

« Le problème principal avec cette loi c’est qu’elle impose une discrimination globale contre un groupe particulier de personnes en raison de leur origine et de leur race » dit-elle.

« ainsi après examen de la situation, de l’usage, de la loi existante, il est très difficile de ne pas conclure que le gouvernement d’Israël est en train d’essayer par toutes sortes de moyens de faire diminuer le pourcentage de la population arabe israélienne en Israël. »



« Déterminés à rester »

La semaine dernière des immigrés français juifs se sont vus dérouler le tapis rouge, le Premier Ministre les a même accueillis personnellement..

Israël offre à tous les Juifs partout (dans le monde) le droit de devenir citoyen, ce qui après tout est la raison d’être de l’Etat juif.. Mais en même temps, les citoyens arabes d’Israël doivent faire face à des choix terribles : s’ils veulent vivre avec leurs partenaires palestiniens ils risquent de devoir quitter le pays.

Pour Abir la déportation est une menace suspendue sur sa tête.

Contrairement à l’habitude dans ces cas, elle s’est organisée pour obtenir injonction temporaire pour arrêter ce qui arrive jusqu’à ce que la Cour décide si la loi est constitutionnelle.


Qu’importe la loi, Murad est décidé à rester.
« Nous vivons sur notre terre et si nous allons ailleurs ce sera temporaire » dit-il. « Nous reviendrons chez nous. C’est ici chez nous, c’est notre terre, et c’est ici qu’est notre famille et notre clan, mon peule, mon école et mon travail. Et je me vois ici et nulle part ailleurs dans le monde ».

Source : http://news.bbc.co.uk

Traduction : CS pour ISM-France

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