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Palestine - ISM France

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USA -

Corrie contre Caterpillar: La lutte pour la Justice continue

Par

Emily Schaeffer, UC Berkeley School of Law (Boalt Hall), J.D. Candidate 2006; Garrett Wright, UC Berkeley School of Law (Boalt Hall), J.D. Candidate 2007, Law Students for Justice in Palestine

Le meurtre de l'activiste américaine Rachel Corrie le 16 mars 2003, a apporté chez nous les réalités terrifiantes de l'occupation israélienne des territoires palestiniens. Craignant qu'une guerre des Etats-Unis en Irak entraine une augmentation de la violence israélienne, Rachel, une jeune femme d'Olympia âgée de 23 ans, native de WA, a choisi de passer son trimestre d'hiver d'Evergreen State College avec le Mouvement International de Solidarité (ISM) à Rafah, une ville au sud de la Bande de Gaza située le long de la frontière avec l'Egypte.

Corrie contre Caterpillar: La lutte pour la Justice continue


Rachel vient d'être écrasée par le bulldozer. Voir les photos du meurtre de Rachel Corrie


L'ISM est un mouvement nonviolent basé en Cisjordanie et dans la Bande de Gaza qui font venir des activistes des Droits de l'Homme du monde entier pour se joindre en solidarité avec les Palestiniens qui résistent aux effets de l'occupation militaire israélienne.

Au printemps 2003, de nombreux activistes de l'ISM étaient concentrés dans la Bande de Gaza en réponse au lancement d'une large campagne de démolitions de maisons à Rafah.

Sous prétexte que la ville de frontière avec l'Egype servait de canal de contrebande d'armes entre les deux Etats, Israël a commencé à détruire des centaines de maisons pour nettoyer une "Zone de couture" le long de la frontière.

Le 16 Mars 2003, convaincue que la destruction des maisons des personnes innocentes ne pourrait jamais être justifiée, Rachel s'est tenue de façon non violente entre la maison appartenant à la famille du Dr. Samir Masri et un bulldozer Cartepillar D9.

Rachel portait une veste orange fluo et demandait par un mégaphone aux soldats de stopper la démolition. Le bulldozer ne s'est pas arrêté, mais il est passé sur Rachel, en écrasant son corps sous sa lame et ses chenilles.

Une enquête criminelle israélienne sur sa mort a conclu que Rachel avait été tuée par les gravats produits par le bulldozer et n'a trouvé aucune faute au soldat qui conduisait le D9. Cependant, les témoins oculaires déclarent que le conducteur avait en effet vu Rachel et l'avait écrasée intentionnellement.

Depuis1967, les soldats israéliens ont détruit au moins 10.000 maisons palestiniennes et ont laissé environ 50.000 Palestiniens sans-abri.

Pendant le deuxième Intifada, environ 2.370 maisons palestiniennes ont été détruites et plusieurs habitants ont été tués seulement dans la Bande de Gaza.

Contrairement aux déclarations faites par le gouvernement israélien, la majorité de démolitions de maisons ont été effectuées pour des besoins administratifs et stratégiques, tels que la saisie de terres pour le Mur de Séparation et établir plus de colonies israéliennes en Cisjordanie .

En mars dernier, les parents de Rachel ont intenté un procès civil contre l'entreprise Cartepillar devant une cour fédérale du District de Washington, en affirmant que l'entreprise avait facilité et encouragé sciemment des crimes de guerre israéliens et des violations aux droits de l'homme dans les Territoires Palestiniens Occupés.

Le procès cherche à obtenir des compensations pour les préjudices et un ordre pour sommer Carterpillar à cesser de vendre des bulldozers jusqu'à ce qu'Israël arrête sa pratique de démolitions de maison.


Les Corrie ont associé à leur plainte cinq familles palestiniennes dont les parents ont été tués ou blessés pendant les démolitions de maisons dans lesquelles des bulldozers Caterpillar avaient été utilisés.

Des bulldozers Caterpillar ont été utilisés régulièrement par les militaires israéliens depuis le début de l'occupation de la Cisjordanie et de la Bande de Gaza en 1967, en les modifiant pour des besoins militaires avec du blindage et des armements tels que des mitrailleuses et des lanceurs de grenades.

Avec l'augmentation du nombre de démolitions de maisons au cours des cinq dernières années, les activistes américains et internationaux, les consommateurs intéressés, et plusieurs églises ont invité Caterpillar à cesser de fournir aux militaires israéliens des bulldozers pour les démolitions de maisons.


L'entreprise a toujours défendu ses décisions de ventes parce qu'elle n'est pas responsable de ce que Israël choisit de faire avec les produits Caterpillar. Il y a de nombreuses raisons pour lesquelles Caterpillar devrait être tenu pour responsable de sa conduite.

Comme les concepts de la complicité et de la "complicité à la responsabilité" dans le droit pénal américain, le droit international considère comme un crime la complicité dans des violations aux droits de l'homme.

Par exemple, les principes de Nuremberg, qui sont issus du tribunal de crimes de guerre de la Seconde Guerre Mondiale, fournissent une bonne base juridique pour juger des entreprises responsables quand elles permettent à des Etats de commettre des abus des droits de l'homme.
En continuant à vendre ses bulldozers aux militaires israéliens, Caterpillar profite directement des nombreuses violations aux droits de l'homme.

Cela donne également une bonne image aux entreprises qui se tiennent à l'écart en tant que fermes défenseurs des droits de l'homme.

La responsabilité des entreprises n'est pas un nouveau concept. Depuis le début des années 70, les consommateurs ont de plus en plus été vigilants à l'attitude des entreprises face aux droits de l'homme, à l'environnement et aux conditions de travail.

En réponse, de nombreuses sociétés multinationales ont adopté volontairement des codes de conduite et ont accepté de ne pas travailler avec des gouvernements ne respectant pas les droits de l'homme tels que l'Afrique du Sud et l'Irlande du Nord.

De façon identique, Caterpillar devrait s'engager envers les consommateurs pour cesser de fournir à Israël un équipement utilisé pour commettre des violations aux droits de l'homme internationaux.
Malheureusement, ces codes de conduite sont auto-imposés et auto-appliqués, laissant le soin aux citoyens privés de faire pression sur les entreprises afin de protéger les droits de l'homme ici et ailleurs.

Heureusement, une campagne nationale contre le soutien de Caterpillar à l'occupation israélienne et aux démolitions de maisons prend de l'ampleur.

En même temps, un nombre de plus en plus important des actionnaires de Caterpillar exigent que l'entreprise cesse de vendre des bulldozers aux militaires israéliens. Et bien que la première étape du procès de Caterpillar n'ait pas réussi, les Corrie et les familles palestiniennes font actuellement appel à la décision de la cour.

Puisque c'est une frontière juridique relativement nouvelle, les plaignants peuvent s'attendre à une bataille difficile.

Cependant, alors que la demande du public pour une responsabilité des entreprises augmente, il y a un espoir que les sociétés multinationales prennent des mesures pour s'assurer que leurs produits n'alimentent pas les abus des droits de l'homme.


Lire les emails de Rachel Corrie

Source : Electronic Intifada

Traduction : MG pour ISM

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