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Palestine -

Criminaliser le Hamas

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Suite à la récente réunion des ministres arabes des affaires étrangères au Caire, les lumières sont restées allumées jusqu'à l'aube dans le bureau du premier ministre palestinien limogé, Ismail Haniyeh, situé sur la rue Ahmed Zaydiyeh, à l'ouest du quartier Al-Nasr dans la ville de Gaza.

Criminaliser le Hamas


Le Président palestinien Mahmoud Abbas prie avec les membres de son gouvernement au cours d'une réunion du Comité exécutif de l’OLP à Ramallah (photos: AFP)

Ghazi Hamed, chargé de la coordination des relations entre le gouvernement limogé et le monde arabe, a contacté des responsables dans un certain nombre de capitales arabes pour tenter de connaître les décisions prises par le Conseil des Ministres des Affaires Etrangères de la Ligue Arabe afin de régler les problèmes inter-palestiniens, et a mis en contact Haniyeh avec les ministres arabes des affaires étrangères dont les pays sont d’accord avec le Hamas sur certaines positions.

Hamed a déclaré à Al-Ahram Weekly qu'il était clair pour le gouvernement limogé et les dirigeants du Hamas que, depuis le début, certains milieux palestiniens et arabes ont l’intention de criminaliser le Hamas et de le tenir responsable de la poursuite de la scission entre Palestiniens.

Hamed considère que la déclaration finale de la réunion des ministres est pleine de problèmes, y compris sa mention à la légitimité nationale représentée par le Président Mahmoud Abbas. Hamed se demande pourquoi les ministres arabes ont ignoré d'autres organes légitimes des Palestiniens, dont le gouvernement dirigé par Haniyeh qui a été formé à la suite d'élections démocratiques.

La référence des ministres arabes au respect des institutions nationales affiliées à l'Organisation de Libération de la Palestine (OLP) est particulièrement provocatrice pour Hamed.
"Quelle légitimité a l'OLP?" demande-t-il. "Elle est morte il y a longtemps et est devenue un club pour des groupes et des organisations qui ont perdu leur représentation populaire. Quel type de légitimité a cette organisation qui n'a pas produit d'institutions par les élections et ne tient pas compte du Conseil Législatif Palestinien qui a été choisi à travers des élections que tous les témoins ont considérées comme équitables ?"


Pourtant, Hamed et Haniyeh pourraient avoir une raison d'être optimistes. Hamed souligne que les ministres des Affaires étrangères arabes ont accepté que l'Égypte continue ses communications avec les factions palestiniennes dans le but de déterminer un moyen de résoudre la scission inter-palestinien et de le présenter à la Ligue Arabe en vue de son adoption.

Hamed est optimiste parce que les ministres des Affaires Etrangères Arabes se sont mis d'accord sur la formation d'une commission de six membres pour examiner la vision égyptienne avant de la présenter à la Ligue Arabe.

Selon le Hamas, cette commission sera composée des ministres des Affaires Etrangères de l'Égypte, de l'Arabie Saoudite, de la Jordanie, du Qatar, du Liban et de la Syrie. Hamed estime que la commission est équilibrée, ce qui signifie qu'il est peu probable que le Hamas soit confronté à des décisions incompatibles avec ses positions. "Passer au crible" la vision égyptienne par une commission de six membres est considéré par Hamed comme un succès pour le Hamas et le fruit de la diplomatie avant et pendant la réunion.


Quant aux dirigeants du Hamas, ils ne ressentent pas le besoin d'attendre que l'Égypte achève ses consultations avec les factions palestiniennes pour connaître les grandes lignes de la vision égyptienne.

À l'exception du Hamas et du Jihad islamique, toutes les factions qui sont allés au Caire ont recommandé la formation d'un gouvernement de technocrates, ce qui constitue un moyen d'éliminer du pouvoir le Hamas dans la bande de Gaza. Ils ont également recommandé d’avancer la date des élections législatives, entraînant la dissolution de l'actuel Conseil Législatif Palestinien (CLP).

Le fait que le mandat d’Abbas en tant que président de l'Autorité Palestinienne se termine le 9 Janvier complique encore plus les choses. Le Hamas a annoncé qu’Abbas avait deux options : organiser de nouvelles élections présidentielles ou présenter sa démission.

Le porte-parole du Fatah, Fahmi Al-Zaarir, estime que les Etats arabes devraient prendre des distances vis-à-vis de la position du Hamas, en l'accusant de "planifier une implication du peuple palestinien dans une bataille constitutionnelle qui achèverait le renversement qui a eu lieu dans la bande de Gaza".

Dans ses déclarations à Weekly, Al-Zaarir dit que la formation d'un gouvernement de technocrates et la tenue d'élections "garantiraient le retour de l'unité pour le système politique palestinien». Al-Zaarir a ajouté qu’Abbas avait été le premier à montrer sa volonté d’avancer les élections législatives et présidentielles : cette initiative est une exigence pour la réunification de la Cisjordanie et de la bande de Gaza.

Al-Zaarir dit que si un accord n'est pas trouvé sur la tenue d'élections anticipées, les élections législatives et présidentielles auront lieu en même temps, ce qui implique une extension automatique du mandant du Président Abbas jusqu'en Janvier 2010.

Al-Zaarir estime que la question des élections présidentielles sera abordée indirectement dans les discussions sur un gouvernement d’accord national et la tenue d'élections anticipées. La question est de savoir comment les régimes arabes se comporteront avec Abbas après le 9 Janvier.

Personne à la direction du Hamas ne doute que la plupart de ces régimes continueront à traiter Abbas comme s'il était le président légitime de l'Autorité palestinienne. De leur côté, les dirigeants du Hamas exploiteront la fin de son mandat pour souligner qu'il a usurpé la notion de légitimité.

L’éminent dirigeant du Hamas, Mahmoud Al-Zahhar, dit que la position du Hamas sur le dialogue national est basée sur quatre principaux principes inébranlables : le respect de la légitimité de toutes les factions palestiniennes, le respect des résultats des élections législatives, le respect de la Loi fondamentale palestinienne, et la réforme de l'OLP.

Dans ses déclarations faites à Weekly, Al-Zahhar a expliqué que le Hamas refusait de former un gouvernement de technocrates et de tenir des élections anticipées, parce que cela signifierait renforcer les mesures prises par Abbas en vue d’un bouleversement.

Al-Zahhar a ajouté que le calendrier des élections ne pouvait pas être reporté sans coordination avec le Hamas, qui contrôle la bande de Gaza, ou sans créer les conditions qui permettraient des élections en Cisjordanie et la fin de l’oppression du gouvernement Fayyad envers les dirigeants du Hamas.

Al-Zahhar a également des doutes sur l'objectivité des positions prises par les factions de l'OLP qui se sont rendues au Caire, en ajoutant que leur représentation de la rue palestinienne était extrêmement limitée. Al-Zahhar souligne que la Ligue Arabe, et notamment l'Égypte, doit être en contact avec la réalité et comprendre les sensibilités politiques impliquées dans l’arène politique palestinienne.


Jamil Al-Majdalawi, qui est membre du Politburo du Front Populaire pour la Libération de la Palestine (FPLP), est optimiste quant à l'intervention arabe. Il nie les allégations que son organisation adopte les positions d’Abbas, pourtant en examinant de près la position d’Al-Majdalawi, il semble qu’elle soit en conformité avec celles d'Abbas.

Dans ses déclarations faites à Weekly, Al-Majdalawi parle d’un gouvernement "d’accord national" plutôt qu’un gouvernement de "technocrates" et souligne qu'il y a consensus palestinien sur la formation d'un gouvernement d’accord national, la reconfiguration des organismes de sécurité palestiniens sur une nouvelle base, et la reconstruction de l'OLP et de ses institutions comme indiqué dans l'accord du Caire et le document de dialogue national.

Il dit que le gouvernement d'accord national devait être responsable de la supervision de la réunification des institutions de l'Autorité Palestinienne et de la préparation des élections.


Yehia Al-Daabseh, le chef du comité de suivi du CLP estime que les positions du FPLP et des autres factions de l'OLP sont des reproductions de la position d’Abbas. Il dit que la Gauche palestinienne a échoué au test de neutralité il y a longtemps quand elle a adopté la position d’Abbas sur la légitimité du gouvernement Fayyad, même s’il n'a pas la confiance du CLP. Pourtant, Al-Daabseh est plus intéressé à encourager les dirigeants arabes à ne pas aider Abbas à enfreindre la loi fondamentale palestinienne. Il considère qu'il s'agit d'un test de l'intégrité arabe dans la médiation entre le Fatah et le Hamas.


Al-Daabseh souligne que le Hamas insiste sur la tenue des élections, y compris sur la tenue d'élections présidentielles dans les délais prévus. Il rejette les appels effectués par un certain nombre de dirigeants de l'Autorité Palestinienne et arabes pour un report de l'élection présidentielle aux élections législatives de Janvier 2010 et considère cette mesure comme un «bouleversement de la loi et de la constitution».

Al-Daabseh dit qu’Abbas a déjà commis "des massacres contre la constitution en retirant le pouvoir au dixième gouvernement formé après la victoire du Hamas et au gouvernement d'unité nationale formé suite à l'accord de La Mecque, ainsi que par la publication de décrets visant à empêcher le travail du gouvernement d'une manière qui révèle ses véritables intentions."

Al-Daabseh estime également qu’Abbas pense et agit conformément à la politique des États-Unis et le considère comme un larbin des Américains. Il met en garde les Arabes contre la présentation d'une solution en faveur d'Abbas, car cela constituerait une aide indirecte aux intérêts israéliens et américains.

Il y a un sentiment profond chez les dirigeants du Hamas qu’Abbas, et avec lui les factions de Gauche et certains régimes arabes, souhaitent que la Ligue Arabe publie une résolution condamnant le Hamas en le tenant pour responsable de la scission interne. Donc, le Hamas s'emploie à recruter ce qu'il considère comme "des contre-forces" dans le monde arabe pour faire échouer ce plan.

Selon les dirigeants du Hamas, il y a des chances pour que l'équilibre des forces au sein de la Ligue Arabe rende difficile à Abbas et à ses alliés arabes de donner suite à leurs intentions.

Source : http://weekly.ahram.org.eg/

Traduction : MG pour ISM

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