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Palestine - ISM France

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Palestine -

Deir Yassin : Comment la Palestine est devenue Israel.

Par

> paul@eisen.demon.co.uk

Paul Eisen est le directeur de Deir Yassin Remembered. Conférence de Paul Eisen au Goldsmith College – Grande Bretagne le 5 mai 2006

Deir Yassin était le village palestinien où a eu lieu un massacre le vendredi 9 avril 1948 dans lequel ont été tués entre 100 et 120 personnes.
Ce ne fût pas le seul massacre à se dérouler à l'époque – des deux côtés – ce ne fût pas non plus le pire.
Mais il est important parce que, pour différentes raisons historiques et morales, Deir Yassin est devenu un symbole de la tragédie des Palestiniens, de leur dépossession et de leur exil.

Merci de m'avoir invité ce soir. Je suis le responsable en Grande Bretagne de Deir Yassin Remembered, une organisation internationale, qui n'a qu'un objectif : construire un mémorial aux victimes du massacre de Deir Yassin.

Deir Yassin était le village palestinien où a eu lieu un massacre le vendredi 9 avril 1948 dans lequel ont été tués entre 100 et 130 personnes. Ce ne fût pas le seul massacre à se dérouler à l'époque – des deux côtés – ce ne fût pas non plus le pire.

Mais il est important parce que, pour différentes raisons historiques et morales, Deir Yassin est devenu un symbole de la tragédie des Palestiniens, de leur dépossession et de leur exil.


Qu'est-il arrive à Deir Yassin? (voir la vidéo sur Deir Yassine)

A l'aube du vendredi 9 avril 1948, le village paisible de Deir Yassine a été attaqué par une troupe composée de deux milices sionistes dissidentes, l'Irgun et le Groupe Stern.

Je dis `paisible' parce que Deir Yassin avait signé, peu avant l'attaque, un pacte de non-aggression avec la colonie Juive voisine de Givat Shaul. En fait, quelques jours auparavant, selon ce pacte, les aînés du village avaient expulsé quelques guérilleros Arabes qui s(y étaient installés provisoirement.

Mais Deir Yassin était, pour son grand malheur, situé de façon stratégique sur la route de toute première importance Tel-Aviv-Jérusalem et sur la terre affectée par la Haganah (la milice sioniste officielle), à la construction d'un terrain d'aviation, mais il avait également par malchance attiré l'attention de certains qui avaient quelque chose à prouver. Parce que l'Irgun et le Groupe Stern n'étaient pas des combattants.

Lancer une bombe sur un marché Arabe bondé : pas de problème, tendre des pièges à des soldats britanniques sans armes : assez facile, mais quand il s'agissait d'un véritable combat, ces deux gangs ne s'en sortaient pas vraiment bien et, le matin de l'attaque, les choses ne sont pas bien passées.

Le village a livré une forte résistance et au milieu de la matinée le village n'était toujours pas maitrisé et les attaquants avaient plusieurs victimes.

Mais une unité de Palmach (les troupes d'élite de la Haganah) passait justement par là et, à l'aide d'un mortier, ils ont réussi à prendre le village en très peu de temps, ce que n'avaient pas réussi à faire les deux gangs et le village est tombé.

L'unité Palmach s'est ensuite retirée et c'est alors que le massacre a eu lieu.

A la fin de la journée, entre 100 et 120 villageois palestiniens, principalement des hommes âgés, des femmes et des enfants avaient été tués.

Notez les chiffres : pas 254 comme cela a largement été indiqué. Ce chiffre plus important et faux provenait des criminels qui, le soir du massacre, se sont vantés d'avoir tué 250 personnes dans la "bataille".

Le chiffre a également été bêtement repris par les responsables palestiniens qui étaient impatients de maximiser la valeur de l'atrocité de l'incident.

Naturellement tout en racontant leur acte de bravoure, les criminels ne faisaient pas mention des Palestiniens qu'ils avaient fait monter dans des camions au toit ouvert et qu'ils avaient exhibé dans un défilé grotesque de victoire sous les acclamations de la foule à travers les rues de la partie Juive de Jérusalem, puis ils les avaient emmenés dans la carrière du village et abattus.

Ils ne mentionnaient pas non plus les enfants de Deir Yassin, qu'ils avaient tiré de sous les corps de leurs parents pour les mettre également dans des camions qu'ils ont déchargé, stupéfaits et recouverts du sang de leurs familles assassinées, dans une allée de Jérusalem.

Et l'effet ? Les nouvelles du massacre se sont répandues comme une trainée de poudre ainsi que celles de la panique qui l'ont accompagnée. Alors que les gangs se vantaient de leur action et juraient de le "refaire", les Palestiniens succombaient aveuglément à la terreur.

Un filet d'eau est devenu un ruisseau, un ruisseau est devenu un torrent, et un torrent est devenu une inondation alors que les Palestiniens s'enfuyaient pour sauver leurs vies. La direction Sioniste a condamné le crime qu'elle affirmait n'être qu'un incident isolé et une terrible tache dans les annales Sionistes - ils ont même envoyé une lettre des excuses au Roi Abdullah de Trans-Jordanie.

Mais ainsi que les Palestiniens l'avaient toujours su, et alors que le reste du monde commence maintenant à le découvrir, pendant qu'ils proféraient leurs condamnations, ils utilisaient à fond les massacres, encourageaient ses effets et continuaient à en commettre.

Nous connaissons les attaques contre les villages terrorisés et sans défense, entourés de tous les côtés sauf un – toujours celui donnant vers l'Est.

Nous connaissons les fourgons avec des haut-parleur circulant à travers les campagnes diffusant les cris de mort et, le pire de tous, les gémissements des femmes violées.

Et nous connaissons maintenant les massacres.

Le résultat fut la dépossession des Palestiniens, connue des Palestiniens sous le nom d'Al Nakba - la Catastrophe.



Comment la Palestine est devenue Israël ?

Maintenant, l'idée que les Palestiniens sont juste partis en courant ou que leurs leaders leur ont dit de partir, principalement, a été dissipée, mais il nous reste encore beaucoup d'histoires, d'obscurcissements et de purs mensonges au sujet de la responsabilité de ce nettoyage ethnique.

La question critique porte maintenant sur la question de l'intention L'ont-ils fait intentionnellement ou était-ce juste une opportunité – "le miraculeux nettoyage de la terre" de Chaim Weizman - saisie dans la confusion de la guerre.

Il me semble que les objectifs du Sionisme politique ont toujours été clairs : établir, sur toute la Palestine, un Etat pour les Juifs. La Palestine pour les Palestiniens devait être transformée en Israël pour les Juifs.

Mais je ne pense pas que les Sionistes avaient sciemment prévu de nettoyer éthniquement la Palestine.

Non, le Sionisme était bien plus auto-illusoire que cela. Comme nous tous, les Sionistes aiment se ranconter des histoires pour avoir l"impression d'être meilleurs (leur dégénération morale a été achevée quand ils ont cessé de raconter des histoires mais ils sont toujours poursuivis par leurs actes).

D'abord, ils ont dit qu'il n'y avait personne sur cette terre.
La terre était vide - vraiment une terre sans peuple pour un peuple sans terre.

Alors ils se sont dits que qu'il y avait des gens mais que ce n'était pas vraiment des gens - juste un groupe de mendiants ambulants.
Alors ils se sont dits qu'il y avait de vraies personnes mais qu'ils seraient heureux de faire partie d'un Etat Juif éclairé et utopique – ect, ect...

Naturellement, ils savaient qu'il devait y avoir une majorité juive mais ils ont rêvé qu'ils pourraient le faire par l'immigration.

Cependant, quand il est devenu clair que cela n'allait pas se produire - beaucoup de Juifs étaient heureux là où ils étaient, et pour un nombre croissant qui ne venaient pas, il y avait des destinations bien plus séduisantes que la Palestine - ils ont dû faire face au fait que pour garantir la majorité juive nécessaire des deux-tiers, ils allaient devoir perdre beaucoup de Palestiniens.


Cela a été illustré admirablement le dimanche 9 avril 2006 au Théâtre Bloomsbury, où, en tant qu'élément de nos commémorations de la Journée de Deir Yassin, nous avons mis en scène une pièce dont le titre du débat de ce soir est dérivé: "Comment la Palestine est devenue Israël".

D'un côté, la scène du complot Sioniste pour s'accaparer la terre et d'un autre côté la scène des Palestiniens feignant que cela ne se produit pas.

Ainsi la Palestine était perdue.

Mais c'est quand David Ben-Gurion apparaît sur la scène que nous commençons à voir l'ensemble de la moralité semi-consciente et auto-illusoire de l'entreprise sioniste - et son effondrement moral inévitable.

Ben-Gurion est un homme qui a abandonné depuis longtemps son Dieu Juif et adore maintenant un nouveau Dieu : Le Dieu du Socialisme, du Sionisme et du peuple Juif.

Mais surtout, Ben-Gurion est un homme qui `saît'. Il `sait' ce qui est le mieux pour les ouvriers du monde, il `sait' ce qui est le mieux pour les Juifs d'Europe et il `sait' certainement ce qui est le mieux pour les Palestiniens de la Palestine. Les Palestiniens veulent seulement ce qu'il veut : le sécularisme et le socialisme ou au moins, des réfrigérateurs et des automobiles.

Et pas une fois, il voit une objection morale au changement sioniste.

"Nous ne reconnaissons pas la propriété absolue d'un pays. Le seul droit par lequel un peuple peut prétendre posséder une terre est le droit conféré par la volonté de travailler. La Palestine est encore peu développée ..... puisque le travailleur Juif est plus intelligent et plus appliqué que l'Arabe, alors la terre est à nous."

Comme c'est commode.

Mais l'immigration massive des Juifs rêvée par Ben-Gurion ne s'est pas produite. Lui et ses camarades déplorent le fait que, après près de soixante ans de construction de l'Etat Juif, les Juifs ne viennent tout simplement pas.

"Où sont les Juifs ?" "Où sont les Juifs ?" "Pourquoi ne viennent-ils pas ?" Nous avons créé une Utopie ici ! "Où sont les Juifs ?"

La dure vérité apparaît à Ben-Gurion et à ses collègues que, pour avoir leur Etat Juif, ils doivent perdre un million de Palestiniens.

Mais comment ?

La réponse, selon la recherche effectuée par le directeur artistique de DYD, Razanne Carmey, et les professeurs Ilan Pappe et Salman Abu-Sitta, est le massacre

"Nous savons ce qui doit être fait. Nous avons besoin de quelques massacres - fortement publicisés, des journaux avec des histoires de mort, de viol et d'incendie. Dès que vous le pouvez, tirez sur la place du village – c'est comme ça que vous videz un village."
Parfait. Et, le mieux de tous, la moralité de personne n'a besoin d'être compromise.

"Personne n'a besoin de donner l'ordre. Quand les soldats sont assez chauds, il n'y a pas besoin de donner un ordre."

Je crois que le nettoyage ethnique de la Palestine, comme tous les exemples de nettoyage ethnique, était intentionnel, prémédité et programmé - et la planification était brillante. Surtout, les Sionistes ont su attendre.

"Le Negev ne partira pas" a dit Chaim Weitzman et ni le reste de la Palestine.

Mais pourquoi attendre ? Pour ce que Ben-Gurion appelait "une situation révolutionnaire", signifiant une situation de période de guerre, sous couvert de laquelle un changement de la Palestine pourrait être accompli.

La première de ces "situations révolutionnaires" s'est présentée en 1947 et 1948. D'autres se sont produites en 1967.

Et nous n'avons pas besoin de prendre la peine de rechercher de la documentation, (bien que le projet Sioniste pour la conquête de la Palestine, le Plan Dalet, soit une lecture fascinante).

Bien qu'il y ait abondance de preuves pour les désirs et les intentions des dirigeants Sionistes de nettoyer des Palestiniens la terre de Palestine, les architectes de la Nakba n'ont laissé aucune 'trace'. Aucun ordre direct n'a été trouvé parce qu'il n'y avait pas besoin d'ordre direct.

Comme nous l'avons vu, quand les soldats sont assez chauds il n'y a pas besoin de donner un ordre.

Comme la plupart des exemples de nettoyage ethnique, l'expulsion des Palestiniens a été faite sur des impressions. Chaque commandant local de la Haganah et tous les hommes sous leur commandement dans chaque ville et village savaient exactement ce que l'on attendait d'euc. Parfois les tirs se faisaient en l'air et parfois un véritable massacre était nécessaire. Mais le résultat était identique.

Nous l'avons vu à Bloomsbury - une image animée projetée de la marche du nettoyage ethnique à travers la carte de la Palestine. Pendant que la carte devenait progressivement rose, la Palestine Arabe s'est transformée en Israël Juif, accompagné en permanence de flashs de lumière : Chacun des soixante-dix massacres connus participait à la transformation de la Palestine en Israël.

Quelque soit la façon dont vous la regardez, la société palestinienne a été brisée par l'impact Sioniste et un mode de vie a totalement été effacé. Au moins 750.000 Palestiniens ont été sortis de leurs maisons et 'exilés. Plus de 450 de leurs villes et de leurs villages ont été détruits ou dépeuplés et pillés et un peuple qui vivait de façon désentaire depuis des générations a fini dans des tentes au Liban, en Syrie ou en Jordanie, ou en tant que Diaspora dépossédée et traumatisée aux quatres coins de la terre. Et donc la Palestine était perdue.

Et revenons à Deir Yassin. Vers la fin de l'année, le village dépeuplé avait été repeuplé par des immigrés Juifs Orthodoxes de Roumanie et de Slovaquie. Le cimetière avait été rasé. Le nom de Deir Yassin n'existait plus.



Deir Yassin Maintenant

Bien que le village existe toujours, le nom de Deir Yassin n'est sur aucune carte. La partie centrale du village est un hôpital pour handicapés mentaux. À l'est, c'est la zone industrielle de Givat Shaul.
Au nord, on trouve Har Hamenuchot, un cimetière Juif Orthodoxe, et à l'ouest, c'est Har Nof une colonie Juive Orthodoxe. Mais, au sud, il y a une vallée, et de l'autre côté de cette vallée, il y a le Mémorial Juif de l'Holocauste de Yad Vashem.

Vous pouvez trouver Deir Yassin mais ce n'est pas facile de le visiter. Il n'y a aucune pancarte, aucune plaque, aucun mémorial d'aucune sorte.

Le cimetière a en grande partie disparu ; les ruines du deir (monastère) ne sont pas indiquées ; et la carrière dont vivaient les habitants et dans laquelle les corps de ceux qui ont été massacrés ont été empilés et brûlés est probablement enterrée sous un dépôt de stockage de carburant du côté du sud de la montagne. Mais Deir Yassin est toujours là et toujours à portée de vue de Yad Vashem.


Yad Vashem

Il y a plus de 30 ans, j'ai visité Yad Vashem.

Les quelques souvenirs esposés ne sont nombreux mais vifs. L'exposition narrative de l'histoire : Concentration. Déportation. Sélection. Extermination. Le tombeau lui-même avec son plancher métallique.
La flamme - un monde détruit.

Mais pour moi, le plus mémorable de tous, vient du Musée des Enfants. Vous partez de l'obscurité, vous montez quelques marches et vous arrivez sous le soleil lumineux et là devant vous, il y a une vue panoramique sur Jérusalem. Maintenant, je pense que la vue n'est pas un accident.

Je pense que le panorama a été mis là dans un but. Après l'Holocauste, devant vous est le futur - Jérusalem Juif et l'Etat Juif. Mais ce que je ne savais quand je me tenais là à regarder ce panorama, et ce que je crois que les concepteurs de ce panorama ne savaient pas, c'est que lorsqu'on se tient comme je l'ai fait, en regardant cette vision d'un futur Juif, vous regardez droit sur le village palestinien de Deir Yassin.

Donc vous avez là : D'une part le symbole universellement connu de la souffrance des Juifs - Yad Vashem, et de l'autre, le symbole pratiquement inconnu de la souffrance des Palestiniens - Deir Yassin.

Au cours des années, Deir Yassin Remembered, et moi-même en particulier avons fait beaucoup d'efforts pour attirer l'attention des gens sur la proximité entre Deir Yassin et Yad Vashem et nous l'avons fait comme symbole de ce que nous avons vu comme une proche relation atroce entre la souffrance des Juifs et la souffrance infligée aux Palestiniens.

Les Juifs ont été encouragés à visiter Deir Yassin, le point de départ symbolique de près de six décennies de dépossession palestinienne, et de là regarder en direction de Yad Vashem.

Les Palestiniens (si seulement ils le pouvaient !) ont été également invités à visiter Yad Vashem - le symbole de la souffrance des Juifs, et à regarder de l'autre côté de la vallée vers le lieu de naissance de leur propre tragédie.

Tout le monde était content. Les Juifs de conscience étaient naturellement heureux de revoir la souffrance des Juifs au coeur du discours mais également heureux de prolonger leur récit de la souffrance pour inclure les Palestiniens.

Les Palestiniens étaient peut-être moins satisfaits d'avoir - encore une fois – à reconnaître la souffrance des Juifs pour aider à obtenir leur propre libération, mais ils ont reconnu l'importance de la publicité que le lien entre Deir Yassin et Yad Vashem a apporté à leur cause.

Naturellement, nous avons eu nos problèmes. Les Juifs de conscience ont été assez heureux de se souvenir de Deir Yassin mais souvent à un certain prix.

Ils ont dit : "Oui, nous nous joindrons aux Palestiniens dans leur commémoration de Deir Yassin quand les Palestiniens nous rejoindront dans la commémoration de Maalot" ou "Nous nous souviendrons de Deir Yassin quand les Palestiniens se souviendront de la plus récente attaque de la Pizzeria Sbarro".

Nous avons alors précisé que nous ne commémorions pas Deir Yassin parce que c'était un massacre. (Si nous le faisions, nous commémorerions beaucoup de fois par semaine, chaque semaine de l'année puisqu'il y a eu de nombreux massacres, des deux côtés).

Nous faisons cette commémoration parce que Deir Yassin est un symbole de la catastrophe palestinienne comme Anne Frank est un symbole de l'Holocauste. Après tout, comme Anne Frank était juste une enfant, Deir Yassin était juste un village.

Alors ces juifs ont dit, "Ok, nous commémorerons Deir Yassin quand les Palestiniens commémoreronst Auschwitz".

À cela, nous avons dû répondre : "Oui, mais les Palestiniens n'ont pas fait Auschwitz aux Juifs ; Les Juifs ont fait Deir Yassin aux Palestiniens".

Alors ces Juifs de conscience ont dit : "C'est un conflit tragique et les deux côtés ont souffert terriblement. Si seulement les deux côtés comprenaient la souffrance de l'autre, tout irait bien."

Et ils ont dit qu'ils viendraient à Deir Yassin et, une fois là, ils diraient aux Palestiniens : "Ok, nous avons souffert ; vous avez souffert, parlons".

Ce à quoi, nous avons dû répondre : "Non, ce n'est pas : nous avons souffert, vous avez souffert, parlons"; C'est : "Nous avons souffert et nous vous avons fait souffrir ; MAINTENANT parlons."

Mais ces jours et ces problèmes sont terminés. Il y a eu trop de déceptions et trop de morts et tout ce qui semble rester, c'est la résistance et la méfiance.

Donc, je voudrais faire juste quatre remarques, et c'est par là que je clôturerai :

D'abord, d'après tous les récits, et selon n'importe quelle version des événements, ce qui a été fait aux Juifs d'Europe a eu lieu loin de Yad Vashem, alors que ce qui a été fait aux Palestiniens a bien eu lieu dans le village de Deir Yassin et dans l'ensemble de la Palestine.

En second lieu, les responsables des atrocités contre les Juifs n'ont rien à voir avec la Palestine ou les Palestiniens, alors que les responsables de la tragédie palestinienne étaient et sont des Juifs et des Israéliens.

Troisièmement, les responsables des atrocités contre les Juifs ont été condamnés au cours des années et punis pour leurs crimes, et ils ont la plupart du temps montré de la contrition, alors que les responsables du massacre de Deir Yassin n'ont pas été punis. Au lieu de cela, ils ont été honorés pour leurs crimes, continuent à en être fiers et les crimes vivent de l'idéologie et des actes.


Quatrièmement, ce qui est arrivé aux Juifs a eu un début, un milieu et une fin, alors que l'attaque contre les Palestiniens continue à ce jour à ne pas avoir de fin en vue.

Et un dernier point : La commémoration 2006 de la journée de Deir Yassin à Bloomsbury s'estterminée avec les mots suivant : Malgré la Nakba, les Palestiniens survivent.
Si les Palestiniens ici dans cette salle me le permettent, je terminerai de la même manière.

Merci.

Source : http://indaily.net/?p=894

Traduction : MG pour ISM

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15 mai 2006