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Palestine - ISM France

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Palestine -

Dépendance et exploitation

Par

Ghassan Khatib est coediteur de la famille bitterlemons des publications Internet. Il est Ministre de l'Aménagement de l'Autorité Palestinienne. Il fut un analyste politique et un contact des médias pendant de nombreuses années

Le travail des Palestiniens en Israel faisait partie d'un ensemble vaste et systématique de la politique qui visait à atteindre le niveau maximum d'exploitation économique, y compris le vol de l'eau des couches aquifères palestiniennes, l'utilisation des sites touristes palestiniens au profit de l'économie israélienne, la confiscation de la terre palestinienne au profit des colons juifs, et la restructuration globale de l'économie palestinienne pour qu'elle devienne le second plus grand importateur des produits israéliens.

Le travail des Palestiniens en Israël était l'un des premiers attributs du rapport de la dépendance entre les Israéliens et les Palestiniens.

Il était également l'un des dispositifs les plus clairs de l'exploitation économique israélienne des Palestiniens occupés.

Il faisait donc partie d'un ensemble vaste et systématique de la politique qui visait à atteindre le niveau maximum d'exploitation économique, y compris le vol de l'eau des couches aquifères palestiniennes, l'utilisation des sites touristes palestiniens au profit de l'économie israélienne, la confiscation de la terre palestinienne au profit des colons juifs, et la restructuration globale de l'économie palestinienne pour qu'elle devienne le second plus grand importateur des produits israéliens.

Un chercheur palestinien a un jour décrit l'occupation israélienne comme étant le second projet le plus profitable au Moyen-Orient après le pétrole. C'est peut-être un peu exagéré, mais pas beaucoup.

La plupart des ouvriers palestiniens en Israël avaient l'habitude de venir des régions rurales. En particulier, ils avaient tendance à être des fermiers qui avaient perdu leur terre -- leur seule source de revenu – suite à une confiscation, ou des fermiers qui étaient devenus incapables de vivre de leur terre en raison de la concurrence déloyale créée par les produits agricoles israéliens.
Ironiquement, beaucoup de ces ouvriers se sont retrouvés employés comme travailleurs peu coûteux sur leur propre terre qui avait été confisquée et qui était devenue des colonies juives.


Le phénomène du travail des Palestiniens en Israël a nécessité de refuser certains droits aux ouvriers, ce qui les a rendus bon marché et pratiques.

Ils étaient bon marché parce que les Israéliens les ont privés de diverses prestations sociales auxquelles avait droit tout ouvrier en Israël. D'ailleurs, beaucoup ont travaillé sans permis officiels, permettant à leurs employeurs d'exploiter leur statut irrégulier afin de leur donner de bas salaires.

Ils étaient pratiques parce qu'Israël pouvait tirer bénéfice d'un grand nombre d'ouvriers non-Israéliens sans devoir faire face aux problèmes sociaux ou ethniques habituels expérimentés par les pays qui dépendent du travail des immigrés.
Bien que le nombre de Palestiniens travaillant en Israël ait été énorme -- atteignant même 200.000 à une certaine époque -- la plupart de ces ouvriers n'avaient pas à rester durant la nuit et ne sont donc pas devenus une communauté ethnique à l'intérieur de la société israélienne.

Au lieu de cela, ils venaient le matin et rentraient la nuit vers leurs propres communautés dans les territoires palestiniens.


Ce phénomène a posé un autre inconvénient pour l'économie palestinienne.

Il a créé artificiellement un niveau élevé de salaires qui ont mis les employeurs palestiniens en situation difficile de concurrence face aux ouvriers palestiniens.

Les employeurs palestiniens ont dû concurrencer les employeurs israéliens, qui pouvaient se permettre des salaires élevés selon les normes palestiniennes (bien que ce soit des salaires très bas pour les normes israéliennes).

Cela a diminué les incitations à l'investissement en Palestine, et a par conséquent gêné la croissance économique.


Quand les confrontations ont commencé entre les Palestiniens et les Israéliens en septembre 2000, Israël a soudain commencé à empêcher les Palestiniens de travailler en Israël.

Cette politique a coïncidé avec beaucoup d'autres mesures de punition collective économique qui a découragé l'investissement et qui a entrainé l'effondrement de nombreuses entreprises.

Le résultat a été une augmentation énorme du chômage, passant du tiers à la moitié de la main-d'oeuvre palestinienne pendant les quatre premières années des confrontations.

Avec le plan unilatéral de Désengagement israélien, Israël prévoit d'amener à zéro le nombre de Palestiniens de Gaza travaillant en Israël.

Ce pourrait être une étape positive, si Israël n'accompagnait pas cette politique d'une fermeture permanente de Gaza et une restriction des personnes et des marchandises de Gaza vers la Cisjordanie , de Gaza vers le reste du monde, et vice versa. Cette fermeture continue aboutira seulement à une autre détérioration de la situation économique et sociale.


Les intérêts de l'économie palestinienne, et plus largement le bien-être des Palestiniens, pourraient nécéssiter une réduction progressive du nombre de Palestiniens travaillant en Israël, mais seulement si elle est mise en parallèle avec l'ouverture des frontières palestiniennes vers le monde extérieur selon les besoins pour attirer des investissements afin d'augmenter la production et les exportations.


Tout pays avec un aussi petit marché que celui des territoires palestiniens suffoquerait économiquement, à moins qu'il puisse exporter sa main-d'oeuvre supplémentaire ou les produits de ses ouvriers.

L'amélioration des opportunités de travail et la réduction du chômage, et par conséquent, le rétablissement économique, sont non seulement d'un intérêt économique et social pour les Palestiniens, mais également un préalable nécessaire à la sécurité et à la stabilité politique.

C'est spécialement le cas étant donné la corrélation statistique significative entre, d'un côté, une augmentation de la pauvreté, et de l'autre, une augmentation de la radicalisation et de l'extrémisme.


.

Source : www.bitterlemons.org/

Traduction : MG pour ISM

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