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Palestine - ISM France

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Jérusalem -

Des habitants de Jérusalem combattent contre le mur

Par

L’arrivée d’une jeep de l’armée israélienne dans le quartier Kahf al-Hawa, dans la ville de Dahiet Al-Barid, dans la banlieue de Jérusalem, en Cisjordanie, n’est plus un spectacle de nature à surprendre les habitants.
De fait, cela fait partie du paysage, et cela signifie que les travaux de construction du mur qui partage d’ores et déjà le quartier en deux se poursuivent inexorablement.

Fin avril, les autorités israéliennes ont communiqué le tracé de la section nord du mur, qui non seulement divisera Dahiet Al-Barid, mais confisquera environ 26,2 dunums à Beit Hanina et à Dahiet Al-Barid, et empêchera l’accès au nord de Jérusalem à environ 100 000 résidants de Jérusalem qui habitent à Al-Ram, à Dahiet Al-Barid, à Bir Nabala, à Kufr Aqab, à Sameer Amis et dans d’autres banlieues nord.


Quand les résidents ont vu les projets, on aurait presque pu entendre un soupir de soulagement collectif, poussé par ceux qui se trouvaient d’un côté, ceux dont les maisons tomberaient "du côté de Jérusalem".

Alors que les autres découvrirent, consternés, qu’ils seraient isolés par le mur, et dans l’impossibilité de se rendre à Jérusalem.



Le tracé quasi définitif du mur était prévu de manière à donner aux habitants de Kahf al-Hawa le temps nécessaire pour faire appel. Les résidents se sont donc rapprochés afin de tenter d’obtenir la modification du tracé du mur qui allait passer dans leurs quartiers.



La dernière réunion de quartier se tint au début du mois de mai, avec des ingénieurs de l’armée israélienne.

Les résidents s’étaient donné rendez-vous devant l’immeuble Shaloudi, où arrivèrent trois jeeps de l’armée israélienne.
Un officier druze, "Moussa", dit aux habitants que l’armée n’était pas impressionnée par leurs objections au tracé retenu.
Naturellement, ajouta-t-il, cela leur laissait une dernière chance : faire appel à la Cour Suprême israélienne afin de s’opposer à ce tracé en faisant appel à la loi.



S’ensuivit un échange d’arguments entre les habitants et l’officier israélien. « Que voulez-vous ? Vous voulez nous voler nos terres ? » s’écria Shaludi Bahjat. « Mes frères et moi, nous avons trimé pendant vingt ans pour nous acheter un terrain qui soit bien à nous ! »



Les autorités israéliennes prévoient de faire du terrain des frères Bahjat un parking. En fonction du nouveau tracé du mur, la rue principal et le parking principal doivent être supprimés. Aussi une nouvelle route devait être tracée.
C’est fait. L’ingénieur militaire a montré des cartes faisant apparaître d’étroites allées entre les maisons.
Si, d’après lui, des terrains étaient confisqués autour de ces allées, cela permettrait de créer la route.



Cette nouveauté n’a fait que créer un supplément d’indignation chez les Palestiniens rassemblés, surtout lorsqu’ils ont appris l’étendue des confiscations nécessaires à cette fin.

Un habitant, Saif Al-Ghatiti, a dit à l’ingénieur : "Nous ne voulons pas de votre mur, par ici. Aller voir ailleurs si nous y sommes. Tout le monde, ici, a la carte d’identité bleue [la pièce d’identité des résidents de Jérusalem]".


Bien entendu, l’ingénieur répondit – ses propos étant traduits en arabe par Moussa – qu’il n’y avait pas d’autre choix. Le mur serait construit dans le quartier.


D’autres se résignèrent à l’idée que le mur continuerait, quelque soit leur opposition à cette idée. Aussi, ils se mirent à négocier au sujet du tracé de la rue planifiée, afin de tenter d’échapper aux expropriations nécessaires.


Un résident fit observer qu’il y avait une bande de terrains inoccupées, dans le voisinage, qui pourrait servir de route, au lieu de celle que proposaient les Israéliens. Mais cela ne fit que soulever des palabres entre les habitants eux-mêmes.

Abu Anas Qasrawi, qui se trouvait dans le groupe de Palestiniens assemblés autour de l’ingénieur israélien se mit à pousser des hurlements et à agonir Moussa Skafi, celui qui avait suggéré l’utilisation de ce qu’il croyait être un terrain vague.

Qasrawi dit alors qu’il avait acheté ce terrain et qu’il n’avait absolument pas l’intention d’en faire cadeau pour y construire la nouvelle route.



La controverse se poursuivit, jusqu’à ce qu’ils finissent par tomber d’accord sur le recours à un avocat, afin qu’il assure la défense de leur quartier devant les tribunaux israéliens.



Beaucoup de choses ont changé, à Kahf al-Hawa, depuis le début mai.

Il y a eu un boom de la construction dans la partie du quartier qui est appelée à se retrouver du côté israélien du mur. Le but, disent les habitants, est de tirer parti du moindre mètre carré de terrain avant que le mur n’arrive, en raison des difficultés auxquelles sont confrontés les habitants de Jérusalem Est pour obtenir des permis de construire à l’intérieur des frontières municipales imposées par les Israéliens à Jérusalem.

Ils escomptent qu’une fois qu’ils se retrouveront enfermés par la nouvelle frontière de facto, leurs nouvelles maisons seront d’ores et déjà construites.

Du côté droit de cette même rue, les gens ont gelé tout projet de construction ou de rénovation, parce qu’ils savent que leurs terrains seront isolés de Jérusalem.


Majed Hamdan, l’avocat qui représente les habitants les plus affectés par le nouveau tracé du mur à Kahf Al-Hawa, nous a dit qu’en fonction des consignes de l’armée et des cartes afférentes, de vastes superficies de terrain seront confisquées et des milliers de Hyérosolomitains seront coupés de leurs lieu de travail à Jérusalem, ainsi que des services sanitaires, sociaux et éducatifs, de leurs lieux de culte, pour ne pas parler de leurs familles et de leurs amis…

Maître Hamdan a insisté sur le fait que les « compromis » faits par l’armée israélienne, en ce qui concerne le nouveau tracé du mur, qui serpentera entre les maisons, ne satisferont en rien aux besoins les plus élémentaires des résidents.

Pire, cela leur coûtera une part léonine en matière de construit et de valeurs foncières, et cela les privera de leur liberté de se déplacer.

C’est le cas, en ce qui concerne Majdi Amouri, qui sera séparé de la maison de son frère, juste au bout de sa rue, par le mur. Amouri dit qu’il y a beaucoup de cas similaires, sinon pires, dans son quartier.



L’avocat Mohammed Dahleh, qui a exposé le cas devant le tribunal, dit que la décision finale sera que le mur longera l’Association Welfare, à Dahiet Al-Barid, tout en continuant à serpenter entre les maisons, en direction du camp militaire, à l’est.


Dahleh dit que la carte montre le mur s’enfonçant dans certaines zones de Cisjordanie , et aussi à l’intérieur de la zone urbaine de Jérusalem, où sont situées notamment la Banque Mondiale et plusieurs écoles, ainsi que des maisons privées.

Dahleh dit que ce tracé modifié n’a été obtenu que grâce aux pressions de certaines instances internationales, dont l’Eglise catholique et certaines personnalités au sein de l’administration américaine.


D’après Dahleh, auquel les autorités militaires ont envoyé une carte du mur, l’armée a également envoyé une réponse détaillée aux recours de la Cour Suprême contre le tracé prévu du mur à Al-Ram et à Dahiet al-Barid.

Maintenant, les pétitionnaires doivent répondrent à ces récriminations de l’armée, après quoi la Cour Suprême tiendra une session spéciale afin d’examiner les recours.


Entre autres choses, a indiqué Dahleh, l’armée a réaffirmé que le mur ne modifierait en rien le statut légal d’un quelconque citoyen, ni le statut légal des terrains ou des personnes, y compris les titulaires de la carte d’identité de Jérusalem et qui se retrouveraient de l’autre côté du mur.


Dahleh a également indiqué que les autorités militaires israéliennes ont l’intention d’installer un check point militaire à l’ouest de celui de Qalandiya, au nord de l’aéroport [de Jérusalem], tout près de la route 60 [checkpoint d’Atarot], qui permettra la liberté des déplacements entre Al-Ram, Ramallah et Bir Nabala.

Il a dit qu’une unité spécialisée, appartenant à l’armée israélienne, serait chargée de contrôler ce checkpoint en attendant qu’il passe sous la supervision des autorités civiles israéliennes chargées des frontières.

Les travaux se poursuivent afin de construire des installations annexes, au checkpoint, sous la supervision de l’autorité militaire israélienne (dite "administration civile") destinées aux Cisjordanie ns désireux d’obtenir des laissez-passer. Il dit que les travaux vont commencer bientôt et seront terminés à la fin de l’année.



D’après le projet israélien, indique-t-il, les habitants d’Al-Ram pourront eux aussi pénétrer dans Jérusalem via le nouveau checkpoint militarisé qui sera construit près du rond-point Jaba (Kikar Adom), afin d’alléger la pression sur le check d’Atarot.

Ainsi, les habitants d’Al-Ram et de Dahiet Al-Barid détenteurs de la carte d’identité "Jérusalem" seront contrôlés à bord de leurs voitures lorsqu’ils entreront à Jérusalem et en sortiront, par les nouveaux checkpoints. Ceci implique qu’il leur faudra au minimum deux heures pour aller à Jérusalem – alors qu’actuellement, ce trajet prend moins d’une demie-heure.



Sarhan Salaymeh, président du conseil municipal d’Al-Ram et du comité de protestation contre le mur, dit que le projet israélien "vise à empêcher la vie sociale et économique des Palestiniens de Jérusalem.

La plupart des habitants des banlieues de Jérusalem doivent se rendre au centre-ville, pour leur travail, les écoles, ou parce qu’ils doivent suivre un traitement médical. Beaucoup d’entre eux ont de la famille en ville. Ceci, les autorités israéliennes le savent pertinemment."

"Les banlieues d’Al-Ram, Dahiet Al-Barid et Bir Nabala, de plus, qui comptent des dizaines de milliers d’habitants, ne peuvent faire face seules à leurs besoins économiques, sanitaires et éducatifs. La plupart de ces services se trouvent à Jérusalem, et les citoyens, dans toute la région, sont liés à cette ville. Imaginez à quel point les choses seront difficiles quand quelqu’un, tombé malade à Al-Ram, devra être hospitalisé à Jérusalem", dit Salayméh.


"Le pricipal but est de transformer en ghettos les villages et les banlieues autour de Jérusalem, de les isoler les uns des autres et de les isoler du centre de la ville. Cela signifie isoler et séparer de leur ville les grands secteurs résidentiels dans lesquels vivent 170.000 personnes, ce qui implique aussi pour eux la perte de leurs droits de résidence ainsi que leurs droits sociaux et économiques."


"Cela", dit Salaymeh, "c'est vraiment l'objectif". "Si les gens perdent leurs droits de résidence, le pourcentage de résidants palestiniens à Jérusalem sera sérieusement diminué.
Nous parlons de l'isolement de plus de 70.000 habitants, diminuant ainsi le pourcentage de Jérusalemites palestiniens à entre 20 et 25% de la population de Jérusalem, ce qui est encore inférieur aux 28% que les gouvernements israéliens successifs ont essayé de maintenir pendant des années.
Géographiquement, cela signifie la prise de contrôle des terres restantes à Jérusalem au profit de 16 colonies juives en construction actuellement sur plus de 35 % de la zone totale de Jérusalem-Est Arabe."

1 dunum = 1000 mètres carré

Source : http://www.palestinereport.org

Traduction : Marcel Charbonnier

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