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USA -

Des vétérans du navire de guerre USS Liberty s’opposent au Pentagone au sujet des crimes de guerre israéliens

Par

in Washington Report on Middle East Affairs, août 2005, pages 17-18

Les survivants de l’attaque effectuée en 1967 par l’aviation et la marine israéliennes contre la vedette de guerre américaine USS Liberty ont été contraints au silence et ignorés par notre pays, pour lequel ils ont pourtant mis leur vie en balance.
Ils demandent aujourd’hui à l’administration Bush une enquête exhaustive.

Ces rescapés, accompagnés d’amis et de membres de leur famille se sont réunis au cimetière d’Arlington, le 8 juin dernier, pour honorer la mémoire des trente-quatre marins de l’USS Liberty tués lors de la scandaleuse attaque navale et maritime contre leur bâtiment, voici trente-huit ans de cela.


Tandis qu’un marin faisait tinter un triangle, rompant le silence régnant sur un océan de pierres tombales, ses camarades de navire énuméraient les noms des victimes. Un survivant, dont l’état de santé ne lui a pas permis d’assister à cette cérémonie, suivait son déroulement, au loin, grâce à son téléphone portable.

Tandis que les rescapés regardaient la mère d’un des héros disparus et la sœur d’un autre déposer une gerbe sur la plaque commémorative indiquant la tombe où reposent onze membres de l’équipage, ces hommes, ainsi que leurs compagnes, firent silencieusement le vœu de continuer à mener leur combat jusqu’à ce que les crimes et l’opération d’occultation qui leur fit suite soient dénoncés et exposés à l’opinion publique.

Une atmosphère palpable, quasi électrique, présidait à cette cérémonie particulière, dans le cimetière militaire de Washington. Lors des réunions passées, les survivants s’échangeaient des nouvelles sur leurs dernières opérations de chirurgie réparatrice et leur lutte contre les séquelles de leurs blessures.

Sur l’équipage originel de 294 officiers et civils, 34 hommes furent tués et 173 blessés au combat, en ce jour fatal de juin 1967.

Les quelques survivants indemnes ayant dû recueillir les fragments humains de leurs camarades, personne n’a quitté ce navire totalement indemne.
Plus dure à supporter encore que les douleurs physiques et l’anxiété morale qu’ils ont subies, toutefois, fut pour eux la trahison de leur gouvernement et le silence qu’on leur a imposé durant près de quarante ans.

Lors de leur réunion, cette année, les membres de l’équipage ont entamé le procès dont ils espèrent qu’il ouvrira la voie vers la première enquête digne de ce nom sur l’attaque israélienne.

Durant une conférence de presse tenue à l’hôtel Washington, le 10 juin, les survivants du Liberty présentèrent un résumé du "Rapport sur les crimes de guerre" rédigé par James R. Gotcher, conseiller général légal de l’Association des Vétérans de l’USS Liberty [USS Liberty Veterans Association, USS-LVA].

Le 8 juin, journée anniversaire de l’attaque, Gotcher a remis ce rapport de trente-cinq pages, étayé de nombreuses notes de bas de page, au Secrétaire général de l’armée Francis J. Harvey, agissant en qualité d’agent exécutif pour le secrétaire d’Etat à la Défense Donald H. Rumsfeld.

Après avoir reçu le rapport, débordant de preuve des crimes de guerre perpétrés par Israël contre du personnel militaire des Etats-Unis, le secrétaire à la Défense ne peut faire à moins que de susciter une enquête officielle.

Le rapport passe en revue les lois de la guerre qu’Israël a foulées aux pieds, et fournit des témoignages cruciaux de survivants, ainsi que des citations pertinentes des déclarations de dirigeants politiques de l’époque des faits.

Pour examiner ce rapport dans son entièreté, connectez vous au site ouèbe de l’USS Liberty : http://www.ussliberty.org.
Il est vital que tous les Américains ainsi que leurs représentants officiels élus lisent ce document irréfutable et concluant.

Moe Shafer, membre du conseil d’administration de l’association USS-LVA, a indiqué à des journalistes que si les victimes de l’attaque israélienne ont mis trente-huit ans à rédiger ce rapport, c’est uniquement parce que leur gouvernement ne leur a jamais demandé de témoigner, pas plus d’ailleurs qu’il n’a procédé lui-même à une enquête complète. "Il n’y a pas de prescription, en matière de crimes de guerre", a-t-il rappelé.

"Il incombe désormais au gouvernement américain d’agir afin de venger les survivants de cette agression", a déclaré Shafer, en particulier et avant tout pour ceux qui ont perdu la vie. Continuer à ne rien faire envoie au reste du monde le message qu’on peut attaquer le personnel militaire américain sans crainte d’aucunes représailles.

"Absolument toutes les autres attaques maritimes ont fait l’objet d’enquêtes, y compris les incidents des navires Pueblo, Stark et Cole. Cet événement, seul (celui de l’USS Liberty) demeure inexploré. Il est plus que temps de démasquer l’opération de couverture", a-t-il conclu.

Le responsable suivant à s’adresser à la presse fut un ancien ambassadeur des Etats-Unis en Arabie Saoudite, James Akins, qui prend la défense, depuis des années, des survivants de l’USS Liberty.

Akins a fait observer que son ami, son excellence Dwight Porter, ambassadeur au Liban en 1967, avait déclaré à deux éditorialistes, Rowland Evans et Robert Novak, ainsi qu’à Akins et à d’autres connaissances (dont le directeur et le rédacteur en chef du Washington Report, ainsi que l’auteur de ces lignes) qu’il avait vu des transcriptions des enregistrements d’échanges radio au cours de l’attaque.
Les radaristes américains ont entendu un pilote israélien reconnaissant le drapeau américain de l’USS Liberty. Ses supérieurs lui ont néanmoins donné l’ordre d’attaquer le navire.

Dans son livre intitulé The Liberty Incident, A. Jay Cristol, historien improvisé et autoproclamé qui fait aujourd’hui profession de juge des liquidations d’entreprises, affirmait que Porter avait retouché ce témoigne. "S’il l’a modifié, il n’aurait pu le faire que sous des pressions ou sous l’effet d’un chantage", fit observer son vieil ami Akins. Il est temps d’enregistrer une bonne fois pour toutes les témoignages de tous les témoins, a déclaré Akins. "La justice doit passer, tant que les victimes sont encore parmi nous", a-t-il dit aux journalistes.

Le vice-amiral Merlin Staring, de l’US Navy, à la retraite, ancien justice avocat général de la marine, qui fut impliqué dans la cour d’enquête initiale, en 1967, expliqua ensuite qu’il avait dû lire en toute hâte près de 607 pages de témoignages dactylographiés.

Après qu’il eut remit en cause certaines des conclusions de cette cour, le rapport lui fut retiré, et il fut remis prestement à des officiels de Washington (afin de l’escamoter).

Joe Lentini, un expert ès communications, qui fut blessé sur le Liberty, a présenté ensuite un synopsis détaillé de l’attaque. Il a montré à l’assistance que le Liberty était manifestement un navire espion équipé de la technologie dernier cri et qu’il arborait le drapeau américain au moment de l’attaque.
Il a dédié sa présentation réalisée au moyen du logiciel Power Point au capitaine du Liberty, William McGonagle, sans lequel, a-t-il insisté, "nous ne serions pas ici aujourd’hui".

Lentini a indiqué qu’il fournira volontiers des copies de sa conférence en Power Point, complète, avec les photos et les autres preuves du caractère planifié et délibéré de l’attaque israélienne, à tout ceux qui le désirent, dans quelque pays que ce soit.

"Je ne sais pas pour quelle raison Israël a attaqué un vaisseau neutre, évoluant dans des eaux internationales, sans avertissement et sans motif", a déclaré Lentini. Il aimerait bien le savoir, expliqua-t-il, parce que quatorze, sur les trente-quatre tués, faisaient partie de ses hommes.

Lentini poursuivi en énumérant une litanie de crimes de guerre israéliens : les forces israéliennes ont tiré sur les blessés et sur ceux qui leur portaient secours. Des torpilleurs israéliens ont tiré sur les soldats du feu, réduisant leurs lances en charpie.
"Les mêmes torpilleurs ont tiré sur les radeaux de sauvetage de l’USS Liberty", a-t-il expliqué "après que ces radeaux aient été déposés sur la mer aux côtés du Liberty, et qu’ils étaient prêts à être utilisés par les survivants naufragés".

L’attaque israélienne fut une violation des conventions de Genève réglementant la conduite de la guerre, a fait observer Lentini. Mais les agissements de son propre gouvernement, qui allaient s’ensuivre, sont tout aussi insupportables que l’offense originelle d’Israël.
"Pourquoi les Etats-Unis ont-ils donné la précellence à des intérêts étrangers sur nos propres intérêts nationaux ?" s’est-il interrogé.

Ken Halliwell, un ingénieur en télécommunications et en systèmes d’information en préretraite, a été troublé en découvrant les photos utilisées par Cristol dans son livre, en particulier la photo de couverture, a-t-il indiqué. Alors il a joué au détective.
Utilisant la cane du rescapé Warren Haney en guise de règle improvisée de conférencier, il a montré à l’auditoire la preuve que les clichés de Cristol ont été traficotés.

Après qu’il eut présenté ses découvertes à ce sujet à un archiviste de l’armée israélienne, expliqua Halliwell, ce responsable officiel convint que les photos de Cristol, que ce juge liquidateur affirmait avoir été prises par la caméra de tir de l’avion qui dirigea l’attaque israélienne, étaient des faux.

Ces photos sont en réalités des clichés américains, outrageusement retouchés, d’un bâtiment au mouillage, a expliqué Halliwell.

Produire et utiliser des preuves controuvées afin de soutenir la cause d’Israël inscrit en doute l’affirmation de Cristol, selon qui le navire USS Liberty aurait été attaqué par erreur, conclut Halliwell.

[Après avoir décrit les terribles blessures dont lui et ses compagnons souffrent depuis des années, Larry Weavers doit être réconforté par son épouse, Pam, lors du banquet organisé par le Club de la Marine militaire (photo : Michael Keating).]

Richard Larry Weaver, qui était de faction sur le pont du Liberty durant l’attaque, a décrit son calvaire dans un témoignage bouleversant.
"C’était comme si le pilote fonçait droit sur moi", a-t-il dit. On ne pensait pas qu’il survivrait jusqu’au lendemain matin, a-t-il ajouté, avant de remercier du fond du coeur le Dr Richard Kiefer, le courageux chirurgien du navire (trop malade pour pouvoir assister à cette réunion), qui lui a sauvé la vie.

Weaver a expliqué qu’il n’oubliera jamais sa convalescence et sa rééducation, à l’hôpital, ni comment on a dû le transporter en fauteuil roulant pour qu’il puisse rencontrer un amiral trois étoiles, qui commença par enlever ses étoiles, après quoi il l’interrogea sur l’attaque israélienne.
Après quoi l’amiral remit ses étoiles, disant : "Si vous dites à qui que ce soit ce qui vous est arrivé, vous serez mis en taule, et nous perdrons la clé !"

Les déserteurs, soit on les flingue, soit on les met en taule, a dit Weaver à l’assistance, médusée. "L’USS Liberty a été déserté par notre gouvernement, et cela fait trente huit ans que cela dure !"

"Depuis ce jour-là, j’ai vécu dans la douleur, jour et nuit", a-t-il poursuivi.
"J’ai subi vingt-neuf interventions chirurgicales lourdes, au fil des années… Des fils et des filles de mes amis à bord du Liberty sont venus me demander comment était leur papa, quel genre de type c’était…" poursuivit Weaver, des sanglots dans la voix. "Chaque président, chaque gouvernement a tourné le dos à cette tragédie ; je demande au président Bush de faire quelque chose et de réparer cette terrible injustice !"

Le vice-président d’USS-LVA, Ernie Gallo, qui a travaillé à la CIA durant trente ans après l’attaque du Liberty, s’est présenté en disant : "Avant tout, je suis un Américain loyal à son pays".

Il expliqua qu’il avait choisi de commencer ainsi son intervention, parce que les survivants sont souvent réduits au silence à coups d’accusations d’"antisémitisme", pour la simple raison qu’ils disent la vérité. La présentation de Gallo s’est centrée sur la dissimulation, par les officiels américains, de l’attaque menée par Israël contre son navire.
"Pourquoi les avions américains ont-ils été rappelés à leurs bases, pourquoi n’ont-ils pas été autorisés à nous porter secours ? Pourquoi le Congrès n’a-t-il jamais enquêté sur l’attaque", a demandé Gallo, se tournant vers les journalistes.

"Nous pensons que le gouvernement américain est au service du peuple et qu’il vient du peuple", observa-t-il. "Mais quand il s’agit du Moyen-Orient et de nos relations avec Israël, notre pays viole délibérément ses propres lois et falsifie ses archives !"

Après toutes ces années, a dit Gallo, la vérité continue à être étouffée. La plupart des documents sont tombés dans le domaine public ; ils ont été déclassifiés, après le délai normal des vingt-cinq ans, a-t-il noté.

Mais jusqu’à aujourd’hui, beaucoup de documents demandés aux services d’archives par des survivants sont occultés, ou encore non communiqués, parce qu’ils restent top secret.

Le panel de discussion organisé sur l’attaque en janvier 2004 par le Département d’Etat [équivalent des Affaires étrangères, aux Etats-Unis, ndt] n’a pas même daigné associer ne serait-ce qu’un seul rescapé !

"Impossible de qualifier ce dont nous avons été les témoins et les victimes d’accident", a-t-il affirmé. "Et pourtant, aucun membre de l’équipage n’a été amené à témoigner de ce qu’il avait vécu aux autorités américaines".

Gallo a lui aussi demandé qu’une enquête soit diligentée portant sur la question de savoir qui fut responsable de l’attaque dont a été victime l’USS Liberty, et pour quelle raison ?

S’adressant aux médias présents à la conférence, il a dit : "Nous avons besoin de vous : aidez-nous à ce que notre histoire soit rendue publique !"


Voir le film "Death in the Water" – durée : 1 hr 8 min 32 sec
Ce film explique la vérité qui se cache derrière l'attaque apparemment inexplicable.
Il donne une reconstitution dramatique des événements et interviewe d'anciens officiers des forces armées et des renseignements américains et israéliens dirigeants qui ont décidé de donner leur propre version des événements dont Robert Mc Namara, le Secrétaire d'Etat à la Défense du Président Lyndon Johnson, l'amiral Shlomo Errell, l'ancien chef de la marine israélienne et des membres de l'équipage de l'USS Liberty..

Source : http://www.wrmea.com/

Traduction : Marcel Charbonnier

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