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Palestine - ISM France

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Hébron -

En Palestine occupée, l'appréciation du commandant prévaut

Par

Article paru dans Haaretz le 18 mai 2007

"Il existe une politique de l'armée qui a pour but de faire partir la population arabe du centre d'Hebron.
Le projet est clair, c'est un fait. Tout irait bien s'ils pouvaient le dire ouvertement, si notre politique était de créer une contiguïté juive à Hebron et que le gouvernement avait dit à l'armée d'agir ainsi : nous repartirions pour des élections après cela. Mais ce n'est pas la politique de l'état d'Israel.
Le problème c'est que, sous juridiction militaire, l'appréciation du commandant est plus forte que toute autre chose."

En Palestine occupée, l'appréciation du commandant prévaut


Photo ISM : Dans la Vieille Ville d'Hébron où tous les commerces ont été fermés en raison du harcèlement des colons et de l'armée, les soldats israéliens patrouillent toutes les demi-heures

Haggai Alon a dit ces paroles dans le contexte de son travail.

En tant que conseiller du ministre de la Défense sur les questions de "tissu social", Alon se rend à Hebron rendre visite à l'armée, à l'Administration Civile, ou qui que ce soit d'autre.

Dans le cadre de son travail, il parle avec des hauts responsables des "Forces de la Défense Israélienne", il se promène dans le secteur, il rencontre des officiers et est censé leur dire quoi faire au nom de son patron, le Ministre de la Défense.

Il réussit ici et là, dit-il.
La route de la Vallée du Jourdain n'est plus une route pour "Israéliens seulement", les heures de travail au passage de Karni ont été doublées, augmentant la quantité de produits qui le franchit -- mais la situation globale est déprimante.

L'expérience qu'Alon a accumulée après avoir passé un an à ce poste lui a appris que la politique officielle du gouvernement israélien est une chose, et que les actions de l'armée sur le terrain c'est autre chose, parfois l'opposé. . . .

Alon, 33 ans, est devenu un problème pour l'establishment de la Défense.

Quand, de sa propre initiative, le chef démissionnaire du Commandement Central a publié un ordre interdisant les Israéliens d'emmener des Palestiniens dans leurs voitures, Alon a haussé le ton et hurlé et l'ordre a été finalement annulé.

Quand il a découvert que l'IDF essayait d'éviter de respecter une décision de la Haute Cour de Justice, il a envoyé des lettres et a causé beaucoup d'embarras dans le système.

Quand il révèle comment les officiers de l'armée essayent de déplacer la barrière afin qu'elle s'accorde avec la carte des colonies, il se dispute ouvertement avec des hauts gradés.

Le document Benchmarks récemment élaboré par les Américains, qui présentait à Israël un agenda pour démanteler les barrages routiers en Cisjordanie et pour l'ouverture d'un passage sécurisé entre la Cisjordanie et Gaza, a causé beaucoup de colère en Israël.

Quelques officiers de l'IDF ont affirmé que les Américains n'avaient pu écrire le document qu'avec des informations venant d'"éléments dans l'establihsment de la Défense."

Une source de la défense indique les origines de ce document réside dans le fait que les Américains ont cessé de croire Israël parce que "ils se sont présentés avec des cartes totalement fausses."

Alon dit que bien qu'il travaille au Ministère de la Défense et qu'il est censé avoir accès aux données, il a de la difficulté à connaître le nombre exact de checkpoints. "La seule chose qui est claire, c'est qu'ils en ont doublé le nombre depuis le désengagement. …"


Il dit que l'IDF met en place un tracé pour la barrière qui ne permettra pas l'établissement d'un Etat palestinien et elle se permet d'éluder des ordres de la Cour Suprême pour changer le tracé.

Il affirme que l'armée "effectue une politique d'Apartheid" qui vide Hebron des Arabes, en installant des barrages routiers sans que personne ne sache où et combien, en judaisant la Vallée du Jourdain et en coopérant ouvertement avec les colons.

Prenons par exemple la route 317, qui relie plusieurs colonies des collines du sud d'Hebron. Il y a environ un an, l'IDF a construit une barrière en béton le long de la route, dont l'emplacement n'est pas une coïncidence.
La barrière empêche les Palestiniens d'accéder à leurs terres de l'autre côté de la route.

Selon le plan approuvé par Ariel Sharon il y a environ trois ans, la barrière de séparation devait longer la route 317 et donc annexer les colonies locales à Israël, ainsi que des centaines de kilomètres carrés du sud de la Cisjordanie méridionale situés entre la route et la Ligne Verte.

Ensuite, il s'est avéré qu'il serait impossible de défendre ce tracé devant les tribunaux, il a donc été décidé de changer le tracé pour coïncider avec la Ligne Verte.

Et maintenant, miraculeusement, la barrière en béton qui a été construite l'année dernière est exactement conforme au tracé original de Sharon.

Il y a environ 6 mois, la Cour Suprême a ordonné son démantèlement, mais l'IDF n'a pas été impressionné.

Pendant des mois, elle a ignoré l'ordre spécifique, jusqu'à ce que le conseiller juridique de la division de Judée et Samarie (ndt : Cisjordanie occupée) ait annoncé il y a environ un mois et demi que l'IDF n'avait pas l'intention de démanteler la barrière.

C'était une annonce étrange, non seulement parce qu'elle contredit apparemment un ordre de la Cour Suprème, mais également parce que, selon Alon, aucun haut fonctionnaire au Ministère de la Défense n'était au courant de l'intention de ne pas déplacer la barrière : ni le Ministre de la Défense et ni même le directeur général du Ministère, qui est l'officier responsable de la barrière.

Le commandement central a décidé de construire la barrière comme dans l'esprit de Sharon, et c'est comme ça.
Exactement, dit Alon, ce qu'il appelle "le projet criminel" est destiné à relier Gush Etzion à Jérusalem, ou à annexer des dizaines de kilomètres de désert dans la région de Maale Adumin : ces projets, s'ils sont appliqués, élimineront la possibilité d'établir deux états pour deux nations, comme écrit dans la plateforme de gouvernement.

Après avoir découvert il y a quelques semaines que l'IDF n'avait pas l'intention de démanteler la barrière, Alon a envoyé une lettre de colère au Ministre de la Défense, dans laquelle il a affirmé que l'armée "faisait tout ce qui était en son pouvoir pour éviter d'obéir à la décision de la Cour Suprème."

Il dit que : "ce qui est incroyable, c'est que les officiers de l'armée disent que le tracé de la barrière aurait dû passer là (le long de la route 317, M.R.), parce qu'est ce ce que Sharon voulait". Ils ne sont pas embarrassés.
Ils disent : "La Cour Suprème nous a demandé de déplacer la barrière, donc nous l'avons déplacée, et maintenant nous construisons une mini-barrière (la barrière, M.R.).' Comme ils le voient, il y avait un problème, la Cour Suprème les a bien eus.

Alon a plusieurs exemples actuels des relations étroites entre l'armée et les colons : par exemple, la montée à Homesh le jour de l'Indépendance.

Le Ministre de la Défense n'avait pas approuvé le projet. Pourtant, des milliers de manifestants ont célébré la fête sur la colline près de Naplouse.
"A Homesh, il y avait une coopération flagrante avec les colons", dit Alon.
"Au début, l'armée leur a donné la permission de monter. Après que la permission ait été révélée, ils l'ont annulée, et puis, en apparence par surprise, les colons ont "embrouillé" l'armée et sont partis à Homesh avec des dizaines d'autobus."

Quelque chose de semblable s'est produit à Hebron. Alon a du mal à croire que l'armée ne connaissait pas l'intention de centaines de colons d'entrer dans "Beit Hameriva" ("la maison de controverse").
Il dit : "Quand un système est préparé à l'avance pour permettre que de telles choses se produisent, elles se produisent."

Comme exemple, il cite une lettre envoyée par le conseiller juridique de la Division de "Judée et Samarie" (ndt : Cisjordanie occupée) en réponse à une demande du Conseil Pour la Paix et la Sécurité d'ouvrir le centre d'Hebron au déplacement des Palestiniens.

Est-ce que quelqu'un pense qu'il est possible de protéger les habitants des colonies juives dans les quartiers de colonisation juive quand ces quartiers sont isolés les uns des autres, et quand ils sont séparés par un secteur dans lequel un style de vie palestinienne est une habitude ?

Comment est il possible d'empêcher une attaque provoquée par des frictions dans les quartiers mentionnés ci-dessus quand la vie commerciale palestinienne a lieu devant leurs portes ?"

Cela pourrait être une excellente réponse, mais ni Alon ni le Ministre Peretz ni ses collaborateurs n'ont informé la Division de Judée et Samarie qu'il y avait une politique de séparation au centre d'Hebron.

"Il n'y a aucun ordre écrit pour vider Hebron de sa population Arabe", dit Alon, "mais c'est l'énormité de la juridiction militaire. On peut simplement s'abstenir de le faire : on peut s'abstenir d'imposer la loi aux colons et on peut s'abstenir d'autoriser les Palestiniens à se déplacer. Dans l'ensemble des violations de la loi dans les territoires, l'appréciation du commandant est le facteur déterminant. Elle est plus forte que n'importe quelle loi ou procédure."

Selon Alon, l'appréciation du chef du Commandement Central, Yair Naveh qui devrait partir à la retraite, était claire. "Il était "un colon au service des colons." dit-il. . . .

"La politique réelle de l'IDF, en particulier ces dernières années, a créé des changements profonds qui menacent de rendre impossible tout retrait de la Cisjordanie . Nous ne pouvons pas permettre aux soldats de nous coincer dans une situation irréversible d'état binational."

Le porte-parole de l'IDF a déclaré dans sa réponse concernant Homesh que "3.000 citoyens israéliens sont venu à Homesh, bien qu'il leur était interdit de rester dans le secteur sans autorisation. Les forces de l'IDF ont agi selon des valeurs de l'IDF afin d'assurer la sécurité des civils.'

Concernant la route 317, il a déclaré que "le Commandement Central n'avait pas essayé d'empêcher l'exécution de la décision de la Cour Suprême, mais qu'il l'a examinée et qu'il a décidé d'un modèle pour son application. En raison des réserves des habitants palestiniens, la route proposée par l'etablishment de la Défense est actuellement à l'étude."

Source : http://www.fmep.org/

Traduction : MG pour ISM

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