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Palestine - ISM France

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Jérusalem -

Expulser les Palestiniens de Jérusalem, maison par maison

Par

Salah Shweiki est l'un des 1500 habitants qui sont menacés d'expulsion de leurs maisons par la municipalité israélienne de Jérusalem.
(...) Shweiki ignore toutes ces affirmations, disant que l’ordre d'expulsion relève d'un programme plus large pour Jérusalem, qui est d'expulser le plus grand nombre possible de Palestiniens.
Au vu des récentes actions d'Israël à Jérusalem, je dirais que Shweiki voit juste.

Expulser les Palestiniens de Jérusalem, maison par maison

Carte ARIJ : Secteur menacé de démolition à Jérusalem (agrandir la carte)

Il y a des gens dont les visages trahissent les difficultés qu'ils ont rencontrées tout au long de leur vie. Salah Shweiki est l'un d'eux. Assis sous la grande tente installée dans le quartier Bustan de Silwan, à la recherche de la chaleur du bois qui brûle dans une vieille brouette, Shweiki dégage l'aura d'un vieux sage. Pendant ses 56 années de vie, il a vu beaucoup de choses, peut-être trop, mais aujourd'hui, il est concentré, son visage est déterminé et sa volonté est de fer.

Salah Shweiki est l'un des 1500 habitants qui sont menacés d'expulsion de leurs maisons par la municipalité israélienne de Jérusalem. Selon l'ordre d'expulsion distribué aux résidents du quartier de Bustan, les démolitions seront effectuées sous le prétexte de l'absence de permis de construire. Lorsque les maisons seront démolies, Israël a l’intention d’y construire un parc national, un parc, qui selon des experts en archéologie, fait partie de l'ancienne ville de David.

Shweiki ignore toutes ces affirmations, disant que l’ordre d'expulsion relève d'un programme plus large pour Jérusalem, qui est d'expulser le plus grand nombre possible de Palestiniens.
Au vu des récentes actions d'Israël à Jérusalem, je dirais que Shweiki voit juste. Silwan a beaucoup souffert des ordres de démolition émis par Israël depuis des années, dont beaucoup ont été remis en 2005.

Les habitants de Silwan disent que l'affirmation selon laquelle leurs maisons ont été construites sans permis de construire israéliens est absurde étant donné que la plupart d'entre elles ont été construites avant même qu’Israël se soit emparé de la ville en 1967.

Par exemple, Shweiki dit qu'il est en possession des actes notariés pour sa maison et la terre qui remontent au Mandat britannique, ce qui prouve que la maison a été construite avant. "En outre, dit-il, «C’est la terre du Waqf», faisant référence à la fondation islamique qui gère les affaires administratives des secteurs musulmans de Jérusalem. "Les terres du Wafq ne peuvent être ni achetées ni vendues", ajoute-t-il, ce qui discrédite toute affirmation que les Palestiniens ont vendu leurs terres aux colons qui ont établi leur résidence en plein coeur de Silwan.

Si ces ordres de démolition sont mis à exécution, Israël affirme qu'il réimplantera les habitants dans d’autres secteurs de Jérusalem-Est, principalement dans la banlieue de Beit Hanina et de Shufat. Cependant, les habitants du quartier Bustan de Silwan ne le veulent pas, en disant qu’ils se battront becs et ongles contre cette décision d’Israël. "Avant de prendre notre terre, ils devront prendre nos vies", dit Shweiki d’un air de défi.

Il n'est pas le seul à penser de cette façon. Assis avec lui sous la tente, il y a au moins dix autres hommes, tous blottis autour du feu à boire du café et du thé. Un homme, Abed Shaloudi, dit que les habitants ont créé le Comité Public pour la Défense du quartier Bustan de Silwan afin d'attirer le plus d’attention possible des médias et internationale sur leur sort.

Shaloudi a dû lui aussi faire face à des difficultés. Il a passé 10 ans dans une prison israélienne dans les années 90 pendant lesquels des colons juifs ont revendiqué sa maison. Il est toujours dans sa maison, mais admet qu'il ne sait pas quand le jour viendra où les colons le forceront à partir avec un ordre du tribunal.

La jeunesse de Shaloudi se reflète dans ses convictions passionnées. Il dit que des représentants de divers médias sont venus leur rendre visite sous leur tente, ainsi que des émissaires de l'ambassade d'Egypte et des groupes européens. Il a un livre d'or, il demande à tout le monde de le signer comme preuve de ceux qui sont venus en solidarité. Il pense très fortement que leurs activités feront la différence.
"Nous prévoyons une marche de Sheikh Jarrah à Al Bustan", dit-il, en faisant référence à un autre quartier de Jérusalem-Est qui est constamment menacé d’attaques et de confiscation par les colons israéliens. "Nous espérons également former une chaîne humaine d’enfants autour Silwan".

Ce sont des efforts louables et cela pourrait certainement attirer l'attention sur l'injustice dont est victime Silwan. La question est, cela sera-t-il suffisant pour arrêter les démolitions ? Si l'on se réfère à l’histoire, cette possibilité est très mince.

Prenez Sheikh Jarrah par exemple. Pendant des années, les colons se sont emparés de maisons dans ce quartier en affirmant être en possession des actes propriétés qui datent d’avant 1948. Même si Israël insiste pour que les familles palestiniennes dont les maisons ont été prises aient recours au système judiciaire israélien, ce n'est pas facile.
Le mieux qu'elles puissent espérer, c’est une suspension de l'ordre d'expulsion ou de démolition pour quelques mois, au mieux des années, mais jamais un renversement de la situation. La dernière prise de colons a été la maison d’Um Kamel, qui dormait sous une tente avec son mari âgé (qui est décédé peu de temps après leur expulsion), tandis que les colons s'étaient installés dans leur maison.

A Silwan, Jabal Al Mukabber et dans la Vieille Ville, les histoires ne diffèrent que dans les détails. Les revendications des Juifs de propriété d’origine l'emportent presque toujours sur les années de propriété familiale des Palestiniens. Le problème avec cette logique, c’est d'abord et avant tout le fait qu'elle soit partiale.

Pas plus tard qu’en 1948, les Palestiniens étaient propriétaires et vivaient dans des maisons dans ce qui est aujourd'hui Jérusalem-Ouest, qui leur avaient été transmises par leurs parents et grands-parents. Le fait qu'ils possèdent les documents originaux et authentiques de ces maisons situées de l'autre côté de la ligne de couture de la ville est totalement indifférent à Israël, qui ignore toute revendication des Palestiniens dans ce qui est maintenant Israël.

Si seulement ça s'arrêterait là. Israël a systématiquement refusé d'accepter le principe même du droit de retour sur la base que tout afflux majeur de réfugiés palestiniens en Israël modifierait le caractère juif de l'État. Ses aspirations, hélas, vont bien au-delà d’Israël.

En Cisjordanie et à Jérusalem-Est, Israël a construit des dizaines de colonies juives au coeur des terres palestiniennes occupées et les a remplies avec un demi-million de colons juifs.

À Jérusalem, la plus épineuse de toutes les questions relatives au statut final, Israël continue à empiéter sur le territoire palestinien et sur le droit de résidence dans le but de faire partir de la ville le plus grand nombre possible de ses habitants arabes palestiniens.

Ainsi, il est difficile de ne pas être d'accord avec Salah Shweiki. Quand il affirme que la bataille ne concerne pas Silwan mais Jérusalem, il a raison. Quand il affirme que la question ne concerna pas les bâtiments, mais la terre, je ne peux qu’être d'accord.

A Jérusalem, Israël ne cache pas ses intentions. Pour faire de Jérusalem la capitale éternelle des Juifs, il doit débarrasser la ville de ceux qui osent défier cette affirmation. Malheureusement, comme chacun peut le voir, il fait exactement cela, maison par maison.

Source : http://www.miftah.org/

Traduction : MG pour ISM

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