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Palestine - ISM France

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Gaza -

Gaza : Un autre checkpoint sur la route vers nulle part

Par

Hasan Abu Nimah est l'ancien représentant permanent de la Jordanie auprès des Nations Unies. Ali Abunimah est co-fondateur d'Electronic Intifada

Une constante dans le long conflit concernant la Palestine est qu'Israel et ses partisans ont toujours une excuse pour éviter les questions centrales qui empêchent la paix.
Israel s'adapte et crée des complications qui absorbent et épuisent toute l'énergie diplomatique et politique, pendant qu'il utilise le temps pour s'enfoncer toujours plus profondément dans les territoires occupés.

En lançant son plan de "Désengagement" de Gaza en 2003, Ariel Sharon pouvait exploiter habilement l'appétit pour les distractions politiques qui permettent à des diplomates et à des politiciens de sembler profondément engagés dans le "processus de paix" tout en ne faisant réellement rien d'utile.

Des troupeaux d'entre eux se sont précipités pour embrasser le plan de Gaza, qui serait devenu la clef pour faire avancer 'le processus de paix'.

De nouveaux clichés ont été conçus pour l'occasion : retirer les colons de Gaza briserait les taboos psychologiques des Israéliens et serait un précédent pour la Cisjordanie .

Après tout, on prétend que seuls les faucons peuvent mettre en place une paix véritable, comme Menachem Begon l'a fait avec l'Egypte, ou Nixon avec la Chine.


Toutes les discussions publiques ou officielles qui disaient en Israël que le désengagement de Gaza était censé tuer ce qui restait du processus de paix, plutêt que de le faire avancer, et mettre un terme final à tout rêve d'un état palestinien ont été totalement ignorées.

Ont été également ignorées les déclarations claires faites par les responsables israéliens disant qu'ils retiraient les colons de Gaza principalement parce que cela leur permettrait de se débarrasser de toute responsabilité sur les 1,4 millions de Palestiniens qui y vivent et pour renforcer leur mainmise sur la Cisjordanie et traiter les problèmes démographiques.

Alors que les colons Juifs étaient trainés de façon mélodramatique hors de Gaza, Shimon Peres, l'adjoint au Premier Ministre israélien a expliqué, "Nous nous désengageons de Gaza en raison de la démographie. Le désir de maintenir une majorité juive en Israël est vu par la plupart des Israéliens juifs comme une aspiration libérale plutêt que raciste, comme cela pourrait apparaître ailleurs."


Avant le "Désengagement", c'était seulement un argument pour faire de la politique de salon, ce l'était d'autant plus que Sharon pouvait faire partir de Gaza les 8.000 colons et cela a mis sur lui une pression supplémentaire avant que le retrait de Gaza soit futile et probablement contreproductif.

Mais une fois que le retrait des colons fut achevé, alors ce fut l'heure d'examiner les intentions d'Israël et celles de la communauté internationale.

Cela n'a pourtant pas pris longtemps pour que Gaza "libérée" ne soit réellement vue comme une future "prison géante", pour employer les mots de l'envoyé du Quartet, James Wolfensohn.

Pourtant, récemment, l'industrie du processus de paix a célébré une autre "percée", un accord sur l'ouverture de la frontière entre l'Egypte et Gaza qui était fermée depuis août.

L'Union Européenne, à une époque l'espoir de nombreux Palestiniens, a abandonné toute prétention de défier l'intransigeance israélienne ou d'imposer ses propres lois contre les violations israéliennes des Droits de l'Homme.

Au lieu de cela, elle a accepté de façon inexplicable, de fournir des gardes-frontières pour contrêler les entrées et sorties des Palestiniens de Gaza vers l'Egypte, en appliquant les instructions d'Israël exactement comme Israël l'avait demandé.

Après le retrait des colons, Israël a déclaré que sa frontière avec Gaza était une "frontière internationale."

Si c'est le cas, alors pourquoi Israël devrait-il avoir un rêle quelconque dans le contrêle de la frontière entre Gaza et l'Egypte, qui devrait être également une frontière internationale exempte de toute interférence israélienne?

Au lieu de mettre fin à l'occupation, l'accord cache Israël derrière un sourire européen.
Toute l'entreprise de Gaza a été réduite à un peu plus qu'une dispute sur encore un autre checkpoint.

Pendant ce temps, juste quelques semaines après le retrait des colons de Gaza, Sharon a donné son feu vert pour démarrer le travail sur E-1 (carte de E-1), un projet pour doubler la taille de Ma'ale Adumim, déjà la plus grande colonie de Cisjordanie , qui, une fois achevé, éliminera toute possibilité d'un Etat palestinien contigu.

Dror Etkes, un expert en matière de colonies du groupe Peace Now (La Paix Maintenant) a déclaré que la construction dans E-1 "équivaut à se tenir au-dessus de la Feuille de Route et à pisser dessus."


Le Guardian indiquait le 18 octobre dernier que : "Au cours du premier trimestre de cette année, les nouvelles constructions dans les colonies juives ont augmenté de 83% par rapport à la même période en 2004.
Il y a environ 4000 maisons en cours de construction dans les colonies israéliennes de Cisjordanie , et des milliers d’autres maisons ont été approuvées dans les blocs d’Ariel et de Maale Adumim qui pénètrent profondément dans les territoires occupés.

Le nombre total des colons a augmenté encore cette année avec l'installation en Cisjordanie d'environ 14 000 colons, à comparer avec les 8500 colons obligés d’évacuer Gaza
."

Nombreux de ces nouveaux colons en Cisjordanie ont tout simplement été transférés de Gaza.

L'article ajoutait que : "Israël continue aussi à agrandir la quantité de territoires qu’il a l’intention de s’accaparer. Pour le seul mois de juillet, il a saisi plus de terres en Cisjordanie qu’il n’en a rendu à Gaza : Il s’est retiré d’environ 30, 57 Km2 de territoires tout en isolant 38 km2 en Cisjordanie autour de Maale Adumim."

En septembre, Sharon a déclaré qu'il était important d'agrandir les colonies sans attirer l'attention du monde. "Il n'y a pas besoin d'en parler. Nous devons construire, et nous construirons sans rien dire."

Pendant que la vie dans Gaza revient à sa sinistre normalité et qu'Israël continue sa campagne d'exécutions extrajudiciaires de Palestiniens à Gaza et en Cisjordanie , ces dures réalités ne sont présentées nulle part dans les discussions sur l'avancée vers la paix et aucune de ces actions n'est jamais considérée comme des crimes ou des menaces pour la hudna (trêve), qui ne peut être menacée apparemment que par des réactions de Palestiniens.
Au lieu de cela, l'attention s'est concentrée sur la nouvelle distraction d'une élection générale israélienne.

Le Sécrétaire général des Nations Unies, Kofi Annan, n'a pas perdu de temps pour enlever la pression sur Israël en déclarant le 21 novembre que : "Pendant cette période d'élection, il y a peut-être certaines propositions ou questions qui ne pourront pas avancer et les choses vont subir un arrêt pendant un moment."

Annan faisait référence au processus de paix mais naturellement il n'a pas osé mentionner qu'il n'y aurait pas d'arrêt pour les bulldozers israéliens qui se précipitent pour construire de nouvelles colonies.

Quand les élections israéliennes seront terminées, les Palestiniens devront encore être plus patients.

Le sénateur Hillary Clinton, favori pour représenter le Parti Démocrate, a donné un coup d'envoi pour la prochaine campagne présidentielle aux Etats-Unis avec une visite à Jérusalem ce mois-ci, où elle a félicité le Mur d'Apartheid israélien à l'intérieur des territoires occupés.

La première fois que le monde a soutenu Israël après que les accords d'Oslo aient été signées en 1993, cela a été suivi par le doublement du nombre de colons en Cisjordanie .

Cette fois-ci encore, alors qu'Israël déclare ouvertement ses projets, les leaders mondiaux ne voient rien, n'entendent rien, ne disent rien et n'ont apparemment appris rien.

Peut-être feindront-ils également d'être étonnés quand, en conséquence, la violence et la misère augmenteront encore plus. Naturellement, seuls les Palestiniens seront blâmés.


Source : http://electronicintifada.net/

Traduction : ISM

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27 novembre 2005