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Palestine - ISM France

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Gaza -

Gaza a choisi : elle continuera à résister

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Nous avons passé des nuits blanches sous les bombes israéliennes auparavant - en 2006, 2008, 2012, 2014 et 2018. Samedi, Israël-apartheid a décidé de lancer une nouvelle campagne meurtrière de bombardement contre l'une des régions les plus densément peuplées de la planète.

Gaza a choisi : elle continuera à résister

Encore une fois, les victimes furent des enfants et des femmes. Siba Abu Arrar, un petite fille palestinienne âgée de 14 mois, a été tuée avec sa tante enceinte, Falastine, qui a succombé à ses blessures peu après que des avions de guerre israéliens de fabrication américaine eurent pris pour cible leur maison située dans le quartier de Zeitoun.

Vendredi, comme tous les 57 vendredis précédents, j’ai rejoint des milliers de manifestants pacifiques devant la clôture orientale du camp de concentration de Gaza, où des tireurs d’élite israéliens ont tué quatre Palestiniens et en ont blessé 51 autres, y compris des enfants. Un des jeunes tués, Raed Abu Teir, âgé de 19 ans, avait été blessé lors de manifestations précédentes, et se déplaçait avec des béquilles.

Des appels à un cessez-le-feu ont été lancés, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu ayant promis de lancer des "frappes massives" dans l'espoir de tuer le plus grand nombre possible de Palestiniens en visant des zones résidentielles.

Comme pour les précédentes initiatives de trêve, cette fois encore, Israël et les Palestiniens - l'oppresseur et les opprimés – furent assimilés à "deux parties en conflit" et ce qui constitue une résistance légitime au regard du droit international fut placé au même niveau qu’une occupation illégale brutale. Le fait qu’Israël dispose d’une véritable armée, d’une puissance de feu disproportionnée et soit un occupant a été négligé comme d’habitude, de même que la différence frappante entre le nombre de victimes : 24 Palestiniens et quatre Israéliens.

Comme tous les précédents cessez-le-feu négociés par les autorités égyptiennes et les Nations Unies, celui-ci visait également à maintenir la "stabilité" dans le camp de concentration à ciel ouvert qu'est Gaza, aussi longtemps que possible, en exigeant que toute forme de résistance soit maîtrisée.

Dans ce cas, le gouvernement israélien est impatient de calmer Gaza avant les occasions généreuses que les pays européens lui donnent de blanchir ses crimes de guerre en organisant le concours de la chanson Eurovision à Tel Aviv, à une heure de route de la bande de Gaza.

Comme par le passé, on attend maintenant des Palestiniens qu’ils acceptent avec gratitude une "période de calme" dans laquelle les bombes d’Israël ne pleuvent pas sur leurs maisons et où son blocus continue à étrangler Gaza.

En fait, on demande régulièrement aux Palestiniens de se comporter comme des "Palestiniens de maison" et de remercier leurs maîtres ashkénazes blancs pour les miettes qu'ils leur laissent pour survivre à peine.

Ils doivent succomber à une mort lente, mourir comme des cafards, ne montrer aucune forme de rébellion, et accepter que s'ils meurent en résistant, alors ce serait de leur faute.

Mais trop c'est trop !

Les Palestiniens n'accepteront plus les dictats de la prétendue "communauté internationale" qui continue de favoriser Israël et de couvrir ses crimes de guerre. Parler d'améliorer les conditions de l'oppression à la lumière des grands sacrifices consentis par notre peuple est une trahison des victimes palestiniennes.

Nous n’accepterons aucun accord de cessez-le-feu n’entraînant pas la levée immédiate du blocus sur la bande de Gaza et la réouverture du point de passage de Rafah, ainsi que de tous les autres points de passage de manière à permettre l’entrée de carburant, de médicaments et de tous autres biens de première nécessité, et n'incluant pas de dispositions pour mettre fin à l'occupation israélienne et l'apartheid.

Nous ne permettrons plus que Gaza soit séparée de la Palestine et du contexte historique derrière les souffrances de son peuple. Ce n'est pas un "conflit", comme les Israéliens aiment le présenter, avec un groupe armé hostile.

Il s’agit d’une colonisation de peuplement lancée par une puissance coloniale qui a entrepris de purifier ethniquement toute une population autochtone afin de consolider et de légitimer sa colonie. Ce qui se passe à Gaza est un génocide progressif, pas une "opération de sécurité".

Les massacres barbares commis par Israël-apartheid depuis 2006 ont coûté la vie à des milliers de Palestiniens, dont la majorité sont des civils, y compris de nombreux enfants. Des familles entières ont été exterminées en plein jour en même temps que la destruction systématique de centaines de maisons palestiniennes ; des médecins et des ambulanciers ont été tués dans l'exercice de leurs fonctions, de même que des journalistes. Des dizaines de milliers de personnes ont été handicapées de manière permanente dans ces guerres.

Nous, Palestiniens à Gaza, avons déjà fait notre choix. Nous ne mourrons pas de façon honteuse d'une mort lente en remerciant nos assassins, au faux prétexte que la soumission à l’occupant est un fait accompli.

Non, nous continuerons à nous battre pour notre dignité, pour nous-mêmes et pour nos enfants. Nous, membres de la société civile palestinienne, soutenons depuis longtemps que la marche à suivre doit être le pouvoir du peuple - la seule force capable de lutter contre l'énorme asymétrie du pouvoir dans la lutte contre Israël.

Et notre grande marche du retour l'a démontré. Nous avons réussi à rompre les tentatives visant à séparer intentionnellement le "conflit" de Gaza de ses racines et à faire entendre nos revendications dans le monde entier. Nous ne voulons pas d'un autre cessez-le-feu à court terme ou d'une "légère" amélioration des conditions de vie dans le "deal du siècle". Nous ne voulons pas de miettes. Nous voulons retourner sur nos terres, nous voulons que nos droits en vertu du droit international soient reconnus.

C’est pourquoi, chaque vendredi, nous continuons d’appeler au boycott, au désinvestissement, aux sanctions (BDS) contre Israël et nous saluons les efforts de divers groupes et individus du monde entier - la véritable communauté internationale - qui se sont associés à nos efforts.

Nous appelons maintenant tous les artistes de l'Eurovision à renoncer à leur participation à l'assassinat du meurtre de tout-petits, de femmes enceintes, de médecins, de journalistes et de musiciens et à la destruction de maisons, civils, hôpitaux, écoles et centres culturels.

Voulez-vous vraiment divertir les soldats israéliens qui abattent des manifestants non armés ? Voulez-vous vraiment jouer à 60 km de Gaza, où la famille de la petite Siba, 14 mois, n’en finit pas de la pleurer ? Voulez-vous vraiment chanter en Israël-apartheid ?

Il est temps que vous-même, ainsi que le reste du monde de l'art, vous teniez du bon côté de l'histoire - comme ce fut le cas il y a quelques décennies à l'époque de l'apartheid en Afrique du Sud - et que vous boycottiez Israël.

Source : Al Jazeera

Traduction : MR pour ISM

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