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Israël -

Ha’aretz salit la famille Tamimi pour contrer la solidarité mondiale avec Ahed, 16 ans

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Article paru en anglais sur Mondoweiss le 5 janvier 2018

"Promouvoir l’accusation de meurtre ? Fait. Glorifier le terrorisme ? Fait. Fêter les morts israéliens ? Fait. Ahed Tamimi et sa famille ne se battent pas pour la paix, et ils ne combattent pas seulement l'occupation : ils se battent pour détruire Israël, et leur combat est assaisonné de haine des Juifs." (~ Haaretz 1/4/18)
Voilà comment Petra Marquardt-Bigman commence son article publié hier par Ha’aretz, le principal quotidien libéral d’Israël.

Ha’aretz salit la famille Tamimi pour contrer la solidarité mondiale avec Ahed, 16 ans

Intitulé « Ahed Tamimi et sa famille ne sont pas les saints palestiniens que vous voudriez qu’ils soient», l’auteur monte un dossier contre toute la famille Tamimi et présente une histoire infestée de supposée haine juive, d’apologie du terrorisme et de vilénies générales anti-Israël et anti-paix.

Et comme dans toute trollerie (1) moderne et blog professionnel qui se respectent, Marquardt-Bigman l’orne d’une série de captures d’écran de Twitter (apparemment maintenant supprimés), de témoignages et de vidéos comme preuve de cette malveillance.

Comme s’il était extrait d’un manuel de hasbara(2) ou du programme de cours Polisci101 sur la propagande, l’article utilise un éventail de techniques alarmistes pour présenter un récit décontextualisé et partial dans lequel les Tamimi en général, et Ahed en particulier, méritent tout ce que les forces israéliens leur font subir.

Rien sur l’occupation ou le droit international, pas un mot sur les nombreuses tragédies vécues par les Tamimi du fait des soldats israéliens, aucune mention sur l’intégralité de l’incident qui a conduit à l’arrestation d’Ahed, à savoir la bousculade du soldat qui a précédé la fameuse gifle d’Ahed. L’article existe dans la réalité sioniste dans laquelle les juifs (représentés par les soldats israéliens) ont été brutalement traqués et attaqués par une petite vipère palestinienne, ennemi n°1 de l’Etat et du peuple juif, rien de moins – Ahed Tamimi.

Et c’est un article de propagande particulièrement efficace pour trois raisons :

1. L’article a été publié sur Ha’aretz, la principale source libérale d’informations d’Israël, juste après qu’Israël ait inculpé Ahed Tamimi d’une série d’infractions, y compris la grave accusation d’ « incitation ». Il est donc destiné à étouffer toute forme de résistance israélienne et juive à ses inculpations et à l’incarcération en cours, qui peut durer de nombreuses années, en particulier venant des libéraux et des centristes qui constituent la majorité du lectorat du Ha’aretz.

2. Contrairement à la couverture ouvertement misogyne et aux déclarations scandaleuses faites par Ben Caspit dans le quotidien de droite Ma’ariv à propos d’Ahed Tamimi elle-même, Marquardt-Bigman essaie de ternir la réputation de toute la famille Tamimi, et implicitement d’Ahed. Elle le fait en utilisant un éventail de techniques alarmistes, qui comprennent des accusations de terrorisme et de sympathie nazie. Cette technique reflète la diabolisation de tous les Palestiniens par Israël, des « terroristes », des « serpents » et même un « cancer », en omettant de présenter leur résistance dans son contexte historique approprié et d’assumer ainsi la responsabilité des crimes du sionisme.

Marquardt-Bigman essaie de salir tous les partisans d’Ahed comme soutiens terroristes en impliquant le militant israélien pro-palestinien Miko Peled. L’auteur a notamment déjà calomnié Peled par le passé.

Mais Marquardt-Bigman n’en est pas à son coup d’essai en matière d’attaque des opposants à Israël et au sionisme. En fait, elle en a fait une carrière. Comme tous les autres propagandistes, elle confond souvent antisémitisme et antisionisme et publie régulièrement de piètres articles sur des faits historiques réels et riches en exagérations et attaques ad hominem.

Dans un article récent publié par The Algemeiner, elle accuse Max Blumenthal d’avoir :
« (…) des fans sur des forums néo-nazis et nombreux autres organes médiatiques qui s’adressent à ceux qui haïssent les juifs. »

Mais c’est en fait Marquardt-Bigman qui obéit au doigt et à l’œil à la ligne sioniste qui a inspiré des groupes d’extrême-droite en Europe et des fascistes d’extrême-droite aux Etats-Unis comme Richard Spencer, qui se qualifie lui-même de « sioniste blanc ».

Elle exprime également son entichement pour les nazis dans le même article, où elle poursuit aussi l’historien de l’Université de Columbia, Joseph Massad, qui discute avec Blumenthal de la collaboration sioniste-nazie dans les années 1930 connue sous le nom d’accord Haavara. Marquardt-Bigman ne présente aucun élément de preuve pour réfuter les affirmations de Massad, mais continue à l’appeler le « professeur tourmenteur de juif » et tord méchamment ses propos, indiquant que : « L’incidence évidente de l’opinion de Massad est qu’il est dommage que les nazis aient tué seulement six millions de juifs – après tout, si ces juifs sionistes maléfiques ne s’étaient pas échappés d’Europe à temps et n’avaient pas fait tout leur possible pour permettre à d’autres de les rejoindre, les nazis auraient réussi à en tuer davantage. »

La question est pourquoi Ha’aretz, un organe soi-disant libéral, publie-t-il un article sur les Tamimi diffamatoire, partial et décontextualisé, écrit par une propagandiste connue, en ce moment, c’est-à-dire alors qu’Ahed et Nariman Tamimi sont toujours en prison ?

La réponse semble être que Ha’aretz essaie désespérément d’apparaître « équilibré » en s’adressant aux lecteurs de droite. Mais ce qu’il fait, c’est préparer l’opinion publique à la réalité potentiellement dystopique dans laquelle une adolescente palestinienne de 16 ans ira peut-être en prison pour le crime d’avoir giflé son oppresseur, pour une période beaucoup plus longue que Elor Azaria, - un soldat des forces israéliennes qui a été filmé exécutant sommairement un Palestinien désarmé et gisant au sol [Abed al-Fattah Yusri al-Sharif, ndt], et qui va être bientôt libéré et recevoir un accueil de héros.

L’article de Marquardt-Bigman est une réponse au soutien large et croissant pour les Tamimi et pour Ahed en particulier. C’est une tentative de minimiser la résistance des sionistes libéraux dans le cas d’une incarcération prolongée d’Ahed Tamimi, 16 ans. De plus, il discrédite ceux qui ont adopté Ahed comme un symbole de la résistance en tant qu’ennemis des juifs, des sionistes et de l’Etat d’Israël.

Les juifs libéraux de partout doivent faire un choix – soutenir l’oppression et la propagande sioniste alarmiste, qui se confondent ouvertement avec la montée des forces néofascistes dans le monde entier, ou embrasser l’appel à l’égalité et à la justice pour les Palestiniens et tous les peuples opprimés.


(1) Trolling : sur Internet, « troll » se dit d’une personne qui aborde et relance à plaisir des sujets polémiques.
(2) Hasbara : terme utilisé par Israël et les groupes pro-israéliens pour désigner des opérations de communication et de propagande qui cherchent à défendre le point de vue et la politique de l’État d’Israël auprès de l’opinion publique internationale. Le ministère des affaires étrangères israélien propose ainsi à la diaspora juive des cours en ligne de hasbara (Wikipédia)



Source : Mondoweiss

Traduction : MR pour ISM

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