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Israël -

Hasbara 101 : Comment Israël oblige les étudiants qui veulent étudier à l'étranger à suivre un cours de "propagande"

Par

Jessica Buxbaum est une journaliste basée à Londres spécialiste du conflit israélo-palestinien.

Le ministère de l'Éducation israélien demande à tous les élèves du secondaire de suivre un cours en ligne qui parle de ce que les critiques nomment des idées « racistes » sur les Arabes avant de partir en voyage scolaire à l'étranger. Une école palestinienne dans le nord d'Israël exhorte actuellement le gouvernement à laisser tomber ce cours.

Hasbara 101 : Comment Israël oblige les étudiants qui veulent étudier à l'étranger à suivre un cours de 'propagande'

« Ce que la propagande israélienne veut que vous croyiez »
Le Centre juridique Adalah pour les droits des minorités arabes en Israël a envoyé une lettre au ministère le mois dernier au nom de l'Institut Masar pour l'éducation, demandant aux autorités de mettre immédiatement fin à ce cours. La lettre précise que le cours obligatoire communique aux étudiants « un contenu essentiellement politique, partial et transmis selon une perspective unilatérale et étroite ».

L'organisation à but non lucratif gère l'école Masar Alternative à Nazareth. Plutôt que d'obliger leurs élèves à « apprendre une idéologie raciste », l'école a depuis annulé son programme d'échange annuel avec la Suède.

Transformer les étudiants en 'agents de propagande'

Le programme comprend une série de vidéos en hébreu, avec l'option de sous-titres en arabe, suivie d'un questionnaire à choix multiples. Les réponses correctes aux questions de l’épreuve sont des idées discriminatoires à propos des minorités arabes, déclarant en particulier que les Arabes et les Palestiniens sont dangereux.

« Ces questions cadrent avec une vision politique du monde radicale et raciste qui considère les Palestiniens, les Arabes et les Musulmans comme des terroristes ou comme une menace », a écrit Nareman Shehadeh-Zoabi, l'avocate d'Adalah, dans la lettre au ministère.

Selon Adalah, le cours enfreint des dispositions de la loi israélienne sur l'éducation, « qui impose de prendre en compte le caractère unique de la minorité arabe, citoyens d'Israël, reconnaissant sa langue, sa culture et son patrimoine ». Adalah affirme que le programme enfreint également « le principe d'égalité [et] est en contradiction avec la loi fondamentale israélienne : Dignité humaine et liberté ».

Une question demande : « Comment les organisations palestiniennes utilisent-elles les réseaux sociaux numériques ? ». La bonne réponse est « pour encourager la violence ». Et une autre question demande aux étudiants de nommer les origines de l'antisémitisme moderne. La réponse correcte est « les organisations musulmanes » et le mouvement BDS (Boycott, Désinvestissement et Sanctions).

« Le ministère israélien de l'Education tente de transformer les lycéens en agents de propagande chargés de propager une idéologie raciste extrémiste », a déclaré Shehadeh-Zoabi. « C’est particulièrement grave pour les adolescents arabes palestiniens qui, avec cet examen, sont obligés d'intérioriser des déclarations humiliantes sur eux-mêmes et sur leurs familles. »

Un cours de 'hasbara'

Le cours relève de la campagne israélienne de ‘hasbara’, un mot hébreu traduit de manière approximative par ‘explication’. Certaines interprétations de ‘hasbara’ suggèrent qu'il ne s'agit que d’une forme de diplomatie publique d’Israël. D'autres indiquent cependant que la ‘hasbara’ fait partie des initiatives de propagande d'Israël et vise à diffuser des informations positives sur l'État à un public international. Pour les partisans de la ‘hasbara’, la critique d'Israël n'est pas due à l'occupation de la Palestine, mais au fait qu'Israël est simplement "incompris".

Le cours a été mis en place en 2015 lorsque la critique d'Israël s'est intensifiée à la suite de la guerre de Gaza en 2014.

« Les étudiants qui ont voyagé à l'étranger ont rencontré des questions sur ce qui se passait en Israël. On leur a posé des questions sur la barrière de séparation, sur les frontières du pays. Ils ne savaient pas quoi répondre », a déclaré Hadara Rosenblum, responsable au ministère de l'Éducation.

Le cours vise à former des adolescents à agir en tant qu’« ambassadeurs » d'Israël à l'étranger et à présenter une image positive de l'État face aux questions des étrangers.

L’homme politique religieux d’extrême-droite Naftali Bennett a rendu le cours obligatoire en 2017, lorsqu'il était ministre de l'Éducation.

« Un véritable lavage de cerveau »

La description du cours indique qu'il fournit aux étudiants « des outils et des informations de base » leur permettant de circuler facilement à l'étranger.

Bennett explique aux étudiants dans une vidéo qu'ils « rencontreront des gens qui ne savent peut-être rien d’Israël, et que s'ils en connaissent quoi que ce soit, c’est seulement comme le pays de l'Intifada où des soldats israéliens tirent sur des Palestiniens ».

Bennett énumère ensuite les réalisations d'Israël en matière de technologie et d'irrigation.

« Il y a un énorme fossé entre l'image d'Israël et la réalité », déclare-t-il.

Shehadeh-Zoabi est en désaccord et dit : « Les vidéos sont une sorte de véritable lavage de cerveau qui tente de façonner la vision du monde des étudiants ».

Bien que toutes les questions de l'examen ne soient pas d'ordre politique, un assez grand nombre discute de questions politiques controversées et présente un récit tout fait aux étudiants. Une question demande : « Quels sont les défis auxquels Israël est confronté ? » Les bonnes réponses sont : « la menace iranienne », « la délégitimisation » et « les groupes terroristes à l'ouest, à l'est, au nord et au sud ».

D'autres questions concernent également la délégitimisation, la diabolisation et l'antisémitisme.

Shehadeh-Zoabi décrit comment « d'autres questions sont au cœur du conflit palestino-israélien et représentent un différend politique », comme le retrait par Israël de ses forces armées et des colons de Gaza en 2005.

« Il convient également de noter que certaines parties des vidéos contiennent des informations inexactes et que d'autres présentent des sujets ‘controversés’ comme des ‘faits’ », écrit-elle.

Pour Adalah, le programme empêche les étudiants de développer leur esprit critique et décourage la pensée indépendante.

« Cela implique la transmission de messages trompeurs aux étudiants et empêche toute tentative de les inciter à dialoguer et à examiner des problèmes complexes dans tous leurs aspects avant de formuler une position », a déclaré Shehadeh-Zoabi.

Action en justice à venir

Adalah a demandé au ministère de l'Éducation de répondre dans les 30 jours à la lettre du 18 juin. Shehadeh-Zoabi a déclaré à The New Arab que les autorités n'avaient pas encore répondu et qu'elle prévoyait d'envoyer un rappel le 29 juillet.

Si le ministère ne répond toujours pas au rappel au bout de deux semaines, Shehadeh-Zoabi dit qu'Adalah portera l'affaire devant les tribunaux.

Le ministère de l'Education n'a pas répondu à la demande de commentaires que lui a adressée The New Arab.








Source : The New Arab

Traduction : MR pour ISM

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