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Palestine - ISM France

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Palestine occupée -

Intifada al-Quds en Palestine : Poursuivre le chemin de la libération N° 9 – Avril 2016

Par

« Nous marchons tels des lions sur notre terre pure et nous ne craignons pas notre ennemi, quelle que soit sa puissance » (martyr Bashar Massalha, 22 ans, de Qalqilya, qui a mené l’opération à Yafa).
L’Intifada al-Quds qui a commencé début octobre 2015, avec l’opération menée par le martyr Muhannad Halabi, se poursuit et entame son 7ème mois, balayant toutes les tentatives d’étouffement. Les appareils de l’occupation, qu’ils se nomment civils ou militaires, ont avoué leur incapacité à maîtriser la colère palestinienne et à mettre un terme aux opérations des résistants.

Intifada al-Quds en Palestine : Poursuivre le chemin de la libération N° 9 – Avril 2016

Manifestation de Palestiniennes contre la politique de démolition systématique des maisons dans les "villages non reconnus" dans le désert du Naqab [Reuters]
Leurs analyses, leurs exécutions, leurs mesures répressives, leurs menaces, leurs lois demeurent incapables de toucher la question essentielle : la colonisation de la Palestine et l’expulsion de son peuple. S’ils continuent à exécuter les résistants ou tout simplement des Palestiniens sur le chemin de leur travail ou leur école, leurs mesures répressives touchent de larges couches de la population, même dans les territoires occupés en 1948. Même si les dirigeants sionistes essaient de distinguer entre la répression qui devrait s’abattre, selon eux, sur les Palestiniens des territoires occupés en 48, et celle devant s’abattre sur les Palestiniens des territoires occupés en 67, en limitant les martyrs parmi les premiers, cette répression n’est que plus sournoise, car elle essaie de se faire justifier « légalement », en espérant qu’elle suffira à briser la volonté de lutte des Palestiniens : les habitants du village al-Araqib, dans le Naqab occupé, continuent à reconstruire leurs maisons démolies, mais les sionistes exigent à présent que les villageois paient eux-mêmes les frais des démolitions. Dans le village de Ramieh, dans la Galilée occupée, les habitants poursuivent leur lutte, refusant d’être avalés par la colonie monstre de Carma’il. Les Palestiniens de Akka, au nord, refusent d’être chassés vers une nouvelle ville qui serait construite spécialement pour eux sur les vestiges du village Tantoura, pour laisser la place dans la vieille ville aux promoteurs et touristes sionistes. Ils réclament le retour des réfugiés de Tantoura à leur village et ils resteront dans leur ville Akka.

L’exécution d’un résistant palestinien blessé, Abdel Fattah Sharif, dans la ville d’al-Khalil, par un soldat de l’armée sioniste, a suscité l’émoi dans la communauté internationale, mais pas dans l’entité coloniale, puisque ce soldat a été remis en liberté, après des manifestations, des articles, des déclarations venant du public colonial. La communauté internationale n’a réagi que parce que l’exécution avait été filmée par un journaliste amateur palestinien et largement diffusée dans le monde, car tous les autres crimes commis par l’entité sioniste demeurent invisibles pour elle. Comme pour les sionistes, les crimes devraient être faits en silence. C’est pourquoi l’occupant colonial poursuit les journalistes, ferme les chaînes de télévision et les radios palestiniennes, pensant pouvoir faire taire la voix de la révolte. Comme tout pouvoir colonial, il reste incapable de comprendre que face à lui, c’est tout un peuple qui se soulève et que même les réfugiés palestiniens, en situation difficile pourtant, jouent un rôle non négligeable pour faire connaître la lutte de leur peuple. Les débats suscités par les médias palestiniens sur la manière de soutenir la résistance suivent les choix politiques de ces médias : faut-il insister sur les crimes sionistes afin de pouvoir traduire en justice les criminels de l’occupation (les médias et journalistes proches de l’Autorité) ou bien faut-il insister sur les multiples actes de la résistance afin de mettre en valeur la vitalité et le courage d’un peuple soumis à la tyrannie coloniale (les médias de la résistance). A la base du débat, gît la conviction ferme et inébranlable du droit du peuple palestinien à résister et à lutter pour la libération de la Palestine, par tous les moyens à sa disposition.

Martyrs palestiniens tombés depuis début mars 2016 :
190 – Amani Sabatin (34 ans, Houssan), 4/3 ; 191 - Bashar Masalha (22 ans, Qalqylia), 7/3 ; 192 – Fadwa Abu Tir (50 ans, Um Touba, al-Quds) 7/3 ; 193 – Fouad Tamimi ( Issawiya, al-Quds), 8/3 ; 194 – Abdel Rahman Raddad (17 ans, Zawiya, Qalqylia), 12/3 ; 195 – Abdel Malek Abu Khoroub (19 ans, Kfar Aqab, al-Quds) ; 196 – Mohammad Kalouti (21 ans, Kfar Aqab, al-Quds) ; 197 – Ahmad Amer (16 ans, Massha, Silfit) ; 198 – Asraa Abu Khosa (6 ans, Gaza) 2/3 ; 199 – Yassin Abu Khossa (10 ans, Gaza) ; 200 – Qassem Jaber (31 ans, al-Khalil) 14/3 ; 201 – Youssef Tarayra (18 ans, Bani Na’im, al-Khalil) 14/3 ; 202 – Ameer Junaydi (22 ans, al-Khalil) 14/3 ; 203 - Nahed Mutir (24 ans, Qalandia) ; 204 – Ali Abdel Rahim al Kar Thawabta (20 ans, Beit Fujar, Bayt Laham) ; 205 – Ali Jamal Taqatqa (19 ans, Beit Fujar) ; 206 – Mahmoud Abu Fanouna (21 ans, al-Khalil) ; 207 – Abdallah Ajlouni (18 ans, al-Khalil) 19/3 ; 208 – Ramzi Qasrawi (21 ans, al-Khalil) ; 209 – Abdel Fattah Sharif (21 ans, al-Khalil) ;

Scènes de l’Intifada al-Quds

Les funérailles des martyrs ont toujours été un moment de lutte intense pour les Palestiniens. Au cours de l’Intifada al-Aqsa, les corps des martyrs sont devenus, entre les mains des pouvoirs coloniaux, un objet de pression : ils les confisquent et refusent de les rendre à leurs familles et amis. 15 corps de martyrs sont encore consfiqués par les occupants. Malgré les mesures de l’occupation, chaque corps de martyr restitué, même après plusieurs mois, est l’occasion pour les Palestiniens d’organiser des funérailles importantes dans les villes et villages de la Cisjordanie , y compris al-Quds. Au cours de ce mois, les corps des martyrs Ali Thawabteh et Ali Taqatqa ont été rendus et les funérailles se sont déroulées dans Beit Jala. Des funérailles ont eu lieu également pour le martyr Abdallah Ajlouni, 19 ans, et le martyr Mahmoud Abu Fanouna, dans la ville d’al-Khalil.

Les familles des martyrs participent à la journée de la Terre, du 30 mars, en plantant des arbres sur un terrain menacé de confiscation et judaïsation dans la région d’al-Bireh, chaque arbre portant le nom du martyr tombé pour que vive la Palestine. Ont participé à cette journée la mère du martyr Iyad Sajdiyeh, du camp de Qalandia et le père de la martyre Ashraqat Qatnani, qui a voulu planter des arbres également pour le martyr Alaa Hashash, 14 ans, du camp Askar, de la martyre Maram Hassouna, et du martyr Salah Bassim, dont les parents n’ont pu participer à cette Journée, avant de planter un arbre au nom de sa fille. 

Les martyrs de l’Intifada al-Quds sont souvent des jeunes, qui aiment rire et amuser les enfants. Ils s’occupent de leurs petits frères et sœurs, les aident à accomplir leurs devoirs scolaires, visitent les membres de la famille. Alaa, le frère de Bashar Massalha, dit que son frère était toujours optimiste, il était actif et aimait la vie, il trouvait les plaisirs simples dans tout ce qu’il faisait, il aimait même s’habiller à la mode.

Le martyr Mahmoud Fanouna, 20 ans, était très attaché à sa mère, racontent les autres membres de la famille. Il lui apportait souvent des cadeaux et disait qu’il voulait que la fête soit quotidienne dans la maison familiale. Son père Mohammad, membre dirigeant dans le mouvement du Jihad islamique, est prisonnier. « Mon mari a été arrêté 7 fois, il a été détenu pendant 10 ans, et il est aujourd’hui en prison. Il a été arrêté le 22 octobre dernier, et détenu administratif. Mahmoud lui avait rendu visite un mois avant son martyre ». Mahmoud travaillait dans une boulangerie, près de la maison.

Le martyr Qassem Jaber, 31 ans, était un membre des Brigades d’al-Qassam, dans la ville d’al-Khalil, de 2004 à 2006. Au cours de cette période, il avait participé à plusieurs opérations armées contre les colons. Il a été poursuivi par l’occupant pendant plusieurs années avant qu’il ne parvienne à l’arrêter. Mais sans preuve aucune de sa participation aux opérations armées, il avait été condamné à 42 mois de prison, alors que ses frères de combat avaient été condamnés à plusieurs perpétuités. Dès sa libération, il avait ouvert un magasin de ventes de fruits et légumes.

Résistance

Même lorsque le président palestinien Mahmoud Abbas annonce que ses services sécuritaires ont fouillé les cartables des écoliers et ramassé les couteaux qui y traînaient, les jeunes Palestiniens ont poursuivi leurs opérations contre l’occupant. Même si les services de sécurité palestiniens (Majed Faraj) sont fiers de collaborer avec les sionistes et désarment leur peuple, celui-ci affirme qu’il poursuivra malgré tout sa résistance et trouvera mille manières d’abattre les colons assassins qui profanent la Palestine. Même lorsque les services sécuritaires de l’Autorité palestinienne mènent un raid contre 5 prisonniers libérés du Mouvement du Jihad islamique, dans la ville d’al-Khalil, sur ordre des sionistes, les jeunes de la résistance décident de n’orienter la boussole de leurs opérations que vers l’occupant. Les statistiques sionistes annoncent que 1300 opérations ont été menées depuis le mois d’octobre en Cisjordanie , et 360 dans al-Quds, et 61 dans les territoires occupés en 48. Ces opérations ont tué 34 sionistes et blessé plus de 300, dont 80 gravement.

Vers le 10 mars, plusieurs opérations héroïques de la résistance ont été menées par des Palestiniens, souvent jeunes, dans al-Quds, dans la colonie Petah Tikva, dans la ville occupée de Yafa, et près de Silfit. A Yafa, le jeune Bashar Massalha a poursuivi pendant un quart d’heure les colons pour les poignarder avant d’être exécuté par les forces coloniales. Le bilan des pertes pour les sionistes est un tué et 13 blessés, dont 5 gravement.

Les commentateurs sionistes commencent à craindre que les opérations de la résistance ne soient plus individuelles, mais menées à deux, ce qui signifie qu’elles sont préparées. D’autre part, ils parlent de plus en plus d’opérations avec des armes à feu et non plus seulement de couteaux, poignards ou écrasement par les voitures. Ils pensent que les Palestiniens sont en train de fabriquer leurs propres armes, comme les « Karlo », imitation de la mitraillette « Karl Gustav », que le Shabak avait refusé de prendre en compte, selon le quotidien sioniste Haaretz, avant ces derniers mois.

Dans al-Quds, le martyr Fouad Tamimi a réussi à blesser gravement deux soldats de l’occupation, en tirant sur eux des coups de feu. Il se trouvait en moto et après le premier coup de feu contre un soldat, il a été poursuivi, et dans sa fuite, il est parvenu à blesser un autre soldat, avant d’être exécuté.

Un bus de colons a été attaqué par les pierres lancées par de jeunes palestiniens, sur la route 431 près de Ramleh occupée. Le même jour, les jeunes ont lancé des bouteilles incendaires en direction de la colonie Bet Orot, implantée sur les terres d’at-Tur, dans al-Quds.

Un Palestinien a tenté d’écraser un colon, près de la route coloniale 60 dans la province d’al-Khalil, le 29 mars. Il a pris la fuite. Un colon sioniste a été blessé par un coup de poignard, dans la ville d’al-Quds, le 10 mars. Le résistant a été arrêté. Trois autres Palestiniens ont été arrêtés.

Des affrontements entre Palestiniens et soldats sionistes ont eu lieu à Selwad, près de Ramallah et à Beit Furik, à l’est de Nablus, le 24 mars, et à Issawiya, dans al-Quds, et dans le village de Kfar Dik, Silfit, le 21 mars. D’autres affrontements ont eu lieu dans le bourg de Takouh, le 15 mars, dans la province de Beit Laham et à Beit Ummar, dans la province d’al-Khalil, où des colons avaient organisé une manifestation aux cris de « mort aux Arabes ». Près de Jénine, au point du « Triangle des martyrs », à l’entrée du village de Burqin, des affrontements ont opposé les jeunes aux sionistes, le 10 mars, qui avaient installé des barrages de contrôle de la population.

Un rapport sioniste paru au début du mois de mars signale que les soldats devant protéger la colonie  de Barakha, au sud de Nablus, se sont enfuis en abandonnant leurs armes, sitôt que des résistants ont mené une attaque au couteau. Les résistants avaient attaqué et blessé des soldats, et pris la fuite mais ils furent plus tard poursuivis par les forces sionistes et exécutés (les martyrs Labib Azzam et Mohammad Zaghlouan, de Qariout, au sud de Nablus). Les sionistes étaient en train de jouer, au moment de l’attaque. 

Répression et purification ethnico-religieuse

Khalil Tafaqji, chercheur spécialiste sur les questions de la colonisation dans la ville d’al-Quds, a affirmé que le gouvernement de l’occupation vise à diviser la Cisjordanie en plusieurs cantons séparés les uns des autres, sans possibilité de liaisons sauf en passant par l’occupant sioniste. Il a déclaré que l’occupant a l’intention de regrouper le bloc colonial de Gush Atzion à la zone de la ville d’al-Quds occupée, par le biais de routes, tunnels et chemins de fer coloniaux. Il a ajouté que l’occupant sioniste ne pense qu’à un seul Etat, l’Etat juif, et par conséquent, il exécute ses plans de routes coloniales en Cisjordanie , qui contournent les villages palestiniens, tout comme il mène une politique d’épuration ethnique dans la vallée du Jourdain, où il expulse sa population. L’occupant ne se satisfait pas des colonies, mais construit des infrastructures et élargit les colonies comme Maale Adomim, qui a avalé 10% de la superficie de la Cisjordanie .

Les troupes de l’occupation ont mené des incursions quasi-quotidiennes dans plusieurs villes et villages palestiniens de la Cisjordanie occupée.

Le jeune Nu’man Bassal, 14 ans, a été blessé suite à son écrasement par une jeep militaire de l’occupant, près de Yata, au sud de la ville d’al-Khalil le 29 mars.

Les autorités coloniales légalisent les pratiques répressives : contre les enfants, qui pourraient être jugés et condamnés avant qu’ils aient atteint l’âge de 14 ans, et contre tous les Palestiniens qui peuvent être arrêtés et fouillés de manière humiliante, partout et sans nécessairement être accusés de quoi que ce soit.

Le 26 mars, l’occupant tire sur les Palestiniens de Gaza, et 6 Palestiniens ont été  blessés, à Beit Hanoun, et à l’est de la bande de Gaza. Les Palestiniens manifestaient en soutien à l’Intifada al-Quds. Le 18 mars, 10 Palestiniens de Gaza ont été blessés par les tirs des soldats sionistes.

Le gouvernement sioniste étudie la possibilité d’expulser les familles des Maqdissis ayant mené des actes de résistance contre l’occupant, vers Gaza ou ailleurs. Abbas Zaki, membre de la direction du mouvement Fateh et l’un des dirigeants soutenant l’Intifada, a déclaré : « nous ne permettrons pas l’expulsion des familles des martyrs ». Mais avant de légaliser cette pratique, les sionistes ont effectivement expulsé des familles de combattants, prisonniers ou martyrs, de la ville d’al-Quds. La mère du résistant Fouad Tamimi, d’al-Issawiya, a été convoquée au siège des services de renseignements sionistes dans al-Moskobiyya, où elle a subit un interrogatoire dur, où les instructeurs ont lancé des insultes et des menaces à Maysa’ et ses deux filles. Le soir même, elles ont été conduites vers le barrage de Qalandia pour les expulser hors de la ville d’al-Quds. La rapidité de l’expulsion a été interprétée comme une nouvelle politique sioniste pour stopper l’Intifada al-Quds. Le mari de Maysa’ a été arrêté, il n’a pas le séjour « maqdissi » puisqu’il est de la Cisjordanie .

Les autorités sionistes refusent de rendre les corps des martyrs à leurs familles. Pour les sionistes, il s’agit de dissuader les Palestiniens de se révolter et d’approuver la révolte. La presse sioniste n’hésite pas à dire que les funérailles sont responsables des opérations de la résistance (il faut bien trouver des responsables autres que l’occupant !). Après la remise du corps du martyr Omar Iskafi, 21 ans, dans des conditions inhumaines (le corps gelé), et avec des conditions tout aussi inhumaines (funérailles réduites et surveillées), la famille de Hassan Manasra a refusé ces conditions humiliantes, de même que plusieurs familles maqdissies, qui se sont organisées en comité pour réclamer la restitution des corps de leurs enfants, sans conditions.

Considérant que les médias palestiniens sont les initiateurs de la révolte actuelle, les autorités coloniales ont poursuivi leur répression contre les médias palestiniens, en fermant les locaux de la chaîne palestinienne « Falastin al-Yom », chaîne d’information, la plus populaire parmi les Palestiniens de la Cisjordanie , al-Quds y compris. Elles ont arrêté son directeur à Ramallah et deux journalistes qui y travaillent. Les autres reporters de la chaîne, en Cisjordanie , ont reçu des menaces directes, au cas où ils poursuivraient leurs reportages. Le lendemain, les Palestiniens ont infiltré la chaîne 2 des sionistes et ont diffusé des passages visuels de l’Intifada al-Quds. La chaîne poursuit son activité et son « incitation » à la révolte.

Le pouvoir colonial sioniste démolit les maisons des martyrs et des résistants blessés et emprisonnés. Il a pris les mesures de la maison de la martyre Amani Sabatin, 34 ans, à Hussan, le 10 mars, en vue de la détruire et a détruit la maison du martyr Ayhab Meswada, à al-Khalil le 31 mars.

Mais les démolitions des maisons et des villages non reconnus se poursuivent, selon un plan sioniste établi pour vider la terre palestinienne de ses habitants et y installer des colons. En deux mois, selon des organismes de l’ONU, l’occupant a démoli 480 installations dans la Cisjordanie , dont celles qui abritent les villageois de Tana, non reconnu par les sionistes, et situé dans la région d’al-Khalil. Un plan de judaïsation vise le village de Atir Um al-Hiran, dans al-Naqab, après celui d’al-Araqib, que les sionistes détruisent pour la 90ème fois. Les villages de Umm al-Hiran sont menacés d’expulsion pour que les sionistes puissent installer une colonie juive.

Des centaines de Palestiniens de la Cisjordanie ont été arrêtés dans les territoires occupés en 48 ces dernières semaines, et notamment dans la région du Naqab, où ils seraient « clandestins », selon les normes sionistes, c’est-à-dire n’ayant pas obtenu des autorisations de travail dans la colonie sioniste. L’occupant mène un double objectif en poursuivant les « clandestins » palestiniens : il craint les opérations de la résistance que des travailleurs palestiniens ont mené contre ses colons, et tente d’asphyxier les Palestiniens de la Cisjordanie , en les empêchant de travailler.

Profanation de la mosquée al-Aqsa dans al-Quds occupée : plus de 1100 colons et membres des services sécuritaires ont profané la mosquée al-Aqsa, au cours du mois de mars 2016, en deux temps, le matin et le soir. De nombreux colons ont pratiqué des rites talmudiques dans la mosquée, et notamment devant la porte al-Rahma. Ils furent pourchassés par les gardiens de la mosquée. Avant les fêtes juives, la police sioniste a lancé une campagne d’arrestations des fidèles, pour laisser la place aux profanateurs juifs. 24 fidèles ont été interdits de s’approcher de la mosquée, dont des Palestiniens de 48, et les bus qui transportaient les fidèles ont été arrêtés.

Concernant les cars chargés de transporter les fidèles des territoires occupés en 48 vers al-Quds et la mosquée al-Aqsa, le mouvement islamique – branche sud (qui participe aux élections du Knesset sioniste) a protesté contre la répression sioniste, qui a touché les responsables associatifs de ces cars, certains ont été menacés d’autres arrêtés avec menaces de détention. Le mouvement a cependant déclaré qu’il poursuivait son action pour la défense d’al-Aqsa et continuerait à transporter les fidèles quotidiennement vers la mosquée visée par la judaïsation.
  
La presse palestinienne

Editorial du bi-hebdomadaire al-Istiqlal (Gaza) : « le meurtre… fondement et doctrine de l’armée de l’occupation ». La propagande sioniste a réussi jusqu’à présent à faire croire au monde que le fondement de l’armée d’occupation est d’être une « armée morale », c’est ce que répètent les sionistes à longueur de journée, alors qu’elle ne fait que tuer les Palestiniens. Au cours de ses trois guerres contre la bande de Gaza, cette armée a tué des centaines d’enfants, sous prétexte de viser les résistants. Cette pratique criminelle de l’armée n’est pas nouvelle, elle est le résultat de la culture diffusée parmi les sionistes depuis l’enfance et dans les écoles. Les diverses unités combattantes de cette armée sont connues pour leur sauvagerie, qu’elles ne craignent pas d’avouer sur leurs pages facebook, d’ailleurs. Les crimes commis par l’armée sont couverts par la classe politique et soutenus par un large public, populaire et officiel. C’est pourquoi les illusions sur de possibles négociations doivent être balayées et plutôt agir  pour unifier les rangs palestiniens élaborer un programme politique unifié pour affronter l’occupant.

Communiqués et déclarations

Hassan Khraysheh, deuxième vice président du conseil législatif palestinien, a affirmé la nécessité de stopper la coordination sécuritaire entre l’Autorité palestinienne et les services de répression sioniste, et de traduire en justice tous ceux qui y sont impliqués car les instances politiques palestiniennes avaient décidé de stopper toute coordination avec l’occupant. Il a confirmé que plus de 140 réunions ont eu lieu aveec l’occupant depuis le début de l’Intifada al-Quds.

Le communiqué du Mouvement du Jihad islamique en Palestine, après l’arrestation de 5 de ses membres, dans al-Khalil, par les services sécuritaires palestiniens, fait porter la responsabilité à l’Autorité palestinienne de tout ce qui pourrait arriver. Le communiqué accuse ces appareils de suivre les directives de l’occupant, qui veut limiter la portée de l’Intifada al-Quds. Il a mis en garde l’Autorité palestinienne de poursuivre sa répression et a réclamé la fin de la coopération sécuritaire avec l’occupant.

Sheikh Ikrima Sabri a dénoncé, ainsi que plusieurs personnalités palestiniennes, la tenue de festivals musicaux et autres par les sionistes dans la ville d’al-Quds. Il a déclaré que ce genre de festival tend à montrer au monde que l’occupant assure une forte présence dans la ville. L’autre but des sionistes est d’ajouter des vernis juifs à la ville, de provoquer les sentiments des musulmans et d’entretenir une tension dans la ville. L’occupant veut attirer les touristes dans des lieux anciens, comme l’ancienne ville, et il essaie d’enterrer les vestiges musulmans et chrétiens de la ville, pour mettre en valeur ce qu’il invente comme « vestiges » juifs.

Sheikh Tayseer Tamimi, secrétaire du haut conseil islamique dans al-Quds a déclaré que l’irresponsabilité arabe et islamique envers la ville d’al-Quds a encouragé l’occupant à installer son projet nommé « Kidim », un des plus dangereux pour judaïser la mosquée al-Aqsa. Ce projet devrait être installé dans Selwan, le quartier de Wadi Helwa, est composé d’un immeuble de 6 étages sur 12.000 m2. Il a déploré le manque d’intérêt pour la ville d’al-Quds, au sein de la nation.

Du côté des sionistes

Dans Haaretz (15 mars), l’ancien ministre de la guerre, Moshe Arens, signale que deux faits vont creuser la séparation entre « Juifs » et « Arabes » dans l’entité sioniste. Le premier est le refus des partis arabes (Front démocratique et Rassemblement démocratique) de considérer le Hezbollah comme une organisation « terroriste », comme l’a fait la Ligue arabe. Pour l’auteur, que penseront les juifs d’une telle position, alors que le Hezbollah représente une menace contre eux ? Le second fait est la réponse positive de près de la moitié du public sioniste concernant l’expulsion des Palestiniens de 48. Selon l’auteur, la question n’a pas été clairement posée, d’où le taux élevé de réponses approuvant l’expulsion. 

Dans Maariv (14 mars), la député Livni donne des leçons de démocratie au monde « libre ». Pour elle, toute organisation armée doit être considérée « terroriste » car les armes doivent être entre les mains des Etats (et quand son entité bombarde et massacre, et au cours des années 47-48, quand ses bandes criminelles tuaient et massacraient, ce n’était pas du terrorisme, selon elle). Livni défend les « valeurs », contre l’extrémisme. Elle n’approuve pas le candidat américain Tremp, et considère que les extrémistes musulmans veulent détruire les « valeurs » de Livni. Elle conclut en disant que l’entité sioniste, à cause de ses valeurs et de ses alliances avec les Etats-Unis, se tient aux côtés du « monde libre ». Pour elle, « le conflit entre nous et les Palestiniens n’est pas la cause de l’extrémisme dans le monde » en espérant que son entité trouve sa place dans des alliances régionales naissantes (les pays arabes du Golfe).

Sur le site Ynet (9 mars), le commentateur militaire Ron Ben Yachaï décrit l’incapacité des sionistes à prévoir comment l’Intifada va se poursuivre, et les divers services sécuritaires de l’entité ne peuvent agir comme au cours des précédentes intifadas. Les résistants « terroristes » agissent de manière très différente, et cette « manière anarchique » ne peut être affrontée. Face à l’Intifada, les sionistes ne peuvent agir, et « prient pour qu’un miracle arrive ». L’auteur souhaite bien « fermer tous les réseaux sociaux et faire taire les médias palestiniens et arabes, qui incitent (à la violence) ». Ce qu’il faudrait faire, selon lui, c’est transformer la conscience des Palestiniens en les convainquant que ce genre de « terrorisme » n’est pas un « acte héroïque, mais une bêtise ». Il faudrait se faire aider par l’Autorité palestinienne et les membres du Fateh dans les prisons sionistes, et annoncer l’arrêt des constructions de colonies (annoncer et non pas arrêter).


Source : Cirepal

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