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Palestine occupée -

Israël approuve une loi sur "l'Etat juif" et pousse pour le droit à révoquer la citoyenneté

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24.11.2014 - Les lois fondamentales d'Israël ne le définiront plus comme "juif et démocratique", mais comme "la patrie nationale du peuple juif", selon une proposition approuvée dimanche par le gouvernement israélien, au milieu d'une recrudescence de violences et de discriminations contre les Palestiniens ayant la citoyenneté israélienne et les Palestiniens bédouins en Palestine occupée.

Israël approuve une loi sur 'l'Etat juif' et pousse pour le droit à révoquer la citoyenneté

Après une réunion orageuse, le cabinet a voté à 14 contre 6 en faveur d'une proposition qui ancrera, dans la législation, le statut d'Israël comme la patrie nationale du peuple juif ; les ministres des deux partis centristes ont voté contre, ont rapporté des médias israéliens dimanche.

"Le cabinet a approuvé aujourd'hui un projet de loi fondamentale : Israël est l'Etat national du peuple juif," ont déclaré des députés du parti Likoud.

La proposition signifierait qu'Israël ne serait plus défini, dans ses lois fondamentales, comme "juif et démocratique", mais comme "la patrie nationale du peuple juif."

Des critiques, dont le principal conseiller juridique du gouvernement, disent que la proposition de changement des lois qui agissent comme constitution effective d'Israël, pourrait institutionnaliser la discrimination contre ses 1 million 700 mille citoyens palestiniens.

En donnant la primauté au caractère "juif" d'Israël sur son caractère démocratique, le projet de loi dans sa forme actuelle est anti-démocratique, disent-ils.

L'Institut de la Démocratie d'Israël (IDI) a déclaré que l'identité juive de l'Etat est déjà contenue dans sa déclaration d'Etat de 1948.

"Toutefois, cette déclaration met également l'accent sur l'engagement absolu de l'Etat juif à l'égalité de tous ses citoyens - une composante essentielle manquant dans les propositions présentées au gouvernement aujourd'hui," a dit le président de l'IDI Yohanan Plesner dans un communiqué.

"Il y a ceux qui voudraient que la démocratie l'emporte sur le caractère juif et il y a ceux qui voudraient que le caractère juif l'emporte sur le caractère démocratique... ces deux valeurs sont égales et elles doivent être considérées toutes les deux au même degré," a-t-il dit.

La version de la loi de l'"Etat juif" approuvée par les ministres dimanche est un clin d’œil de Netanyahu aux éléments les plus extrémistes de son parti et de la coalition au pouvoir tandis qu'il est de plus en plus question d'élections anticipées.

Mais elle sera incorporée dans une proposition hybride approuvée par Netanyahu, a dit la déclaration du Likud.

"La loi va passer en première lecture à la Knesset ce mercredi et sera révisée pour se conformer à un projet de loi du gouvernement qui sera bientôt rédigé et approuvé par le cabinet," dit-il.

La proposition a provoqué un tollé parmi les députés et les ministres du centre et de gauche, qui craignent que le texte légalise et institutionnalise la discrimination.

Révoquer les droits des Palestiniens de 1948
source : Ma'an News

Netanyahu a déclaré dimanche que le gouvernement israélien allait requérir les pouvoirs pour dépouiller les Palestiniens de 1948 et les résidents palestiniens de Jérusalem de leurs droits de résidence et sociaux si eux ou leurs proches participent à des troubles.

Ses commentaires lors de la réunion hebdomadaire du cabinet sont intervenus alors que le ministre de l'Intérieur Gilad Erdan recourait aux lois existantes pour révoquer la résidence d'un résident palestinien de Jérusalem Est annexée qui avait déjà purgé 10 ans de prison pour son rôle présumé dans un attentat en 2001.

Netanyahu a déclaré aux ministres que la modification législative proposée donnerait le pouvoir de révoquer les droits de tout Palestinien en Palestine occupée et à Jérusalem Est qui ont participé à, ou incité à la violence, même les jets de pierres.

Il a déclaré que les propositions viendraient compléter la politique de démolition des maisons de ceux qui sont impliqués dans des attaques contre des Israéliens, que son gouvernement a adoptée pour Jérusalem Est annexée au début du mois, malgré la condamnation par les observateurs des droits de l'homme.

Cela fait des années qu'Israël démolit des maisons en Cisjordanie comme mesure punitive, mais les démolitions à Jérusalem Est annexée ce mois-ci ont attiré la condamnation des groupes de défense des droits de l'homme, qui ont dit que la pratique équivalait à une punition collective puisque les victimes n'étaient pas les auteurs des attaques mais leurs familles.

"Il n'est pas question que ceux qui attaquent des citoyens israéliens et appellent à l'élimination de l'Etat d'Israël jouissent de droits tels que l'assurance nationale - ni les membres de leurs familles, qui les soutiennent," a déclaré Netanyahu aux ministres.

"Cette loi est importante pour faire payer ceux qui se livrent à des attaques et de l'incitation, y compris des jets de pierre et de bombes incendiaires," selon ses propos cités par son bureau.

Si la proposition de "patrie juive" devient loi, cela signifierait "l'institutionnalisation du racisme, qui est déjà une réalité sur le terrain, à la fois dans la loi et au cœur du système politique," a mis en garde Majd Kayyal, du Centre juridique Adalah pour les droits des minorités arabes en Israël.

"La démocratie garantit que tous les citoyens aient les mêmes droits et soient égaux devant l'Etat, mais ce changement raciste introduit une distinction fondée sur la religion," a-t-il dit.

Le procureur général Yehuda Weinstein, conseiller juridique du gouvernement, a également critiqué la proposition, disant qu'elle affaiblit le caractère démocratique de l'Etat.

Les citoyens palestiniens d'Israël, qui représentent environ 20 pour cent de la population en Palestine occupée, sont les descendants des Palestiniens qui sont restés sur leurs terres lorsque l'Etat sioniste a été établi en 1948. La majorité des Palestiniens ont été tués, expulsés de leurs foyers ou détenus dans des camps de travail.

Le président de l'Autorité palestinienne Mahmoud Abbas a exprimé à plusieurs reprises son refus de modifier la position palestinienne de longue date contre la reconnaissance d'Israël comme Etat juif.

Les Palestiniens craignent que l'identification d'Israël en tant que tel annule le droit au retour des réfugiés palestiniens ou le droit à réparations pour les personnes lésées par la création d'Israël en 1948.

Pendant ce temps, dans un communiqué dimanche, Erdan a confirmé qu'il a annulé la résidence permanente de Mahmoud Nadi, qui a purgé une peine de prison de 10 ans pour avoir servi de chauffeur à un homme responsable d'un attentat dans une discothèque de Tel Aviv en 2001.

Nadi a été accusé de complicité de meurtre, de participation ayant entraîné des blessures graves et d'avoir aidé quelqu'un à séjourner illégalement en Israël.

La décision de révoquer sa résidence lui a été communiquée par une lettre envoyée par Erdan, qui n'a donné aucune explication sur la calendrier de l'application de la mesure.

"Dans ces circonstances, étant donné la gravité de vos actions et la violation flagrante de la confiance en tant que résident en Israël (...), j'ai décidé de faire usage de mon autorité pour annuler votre résidence permanente en Israël," a écrit Erdan.

La décision implique l'annulation de l'inscription de Nadi dans le registre de la population et la révocation de sa carte d'identité israélienne bleue, et signifie qu'il ne sera plus admissible à recevoir des avantages sociaux comme l'assurance nationale ou l'assurance santé.

L'ainsi nommée "carte d'identité bleue" est une carte d'identification israélienne délivrée par le ministère de l'Intérieur qui donne droit à l'assurance nationale et à la liberté de circulation dans tout le pays.

"Israël est confronté à une vague de terrorisme et d'incitation, dans laquelle des résidents [israéliens] mènent des attaques, les aident et les justifient, et même incitent d'autres à commettre des crimes et des assassinats," a dit Erdan.

"Ces gens ne peuvent pas continuer à bénéficier du statut permanent de résident d'Israël, et je vais utiliser tous les moyens en mon pouvoir pour annuler leur résidence et les empêcher de recevoir la moindre aide financière que procure cette résidence," a-t-il dit.

La communauté bédouine palestinienne lutte contre l'expulsion
Source : Anadolu

Après avoir vécu pendant des décennies sous occupation israélienne, les Bédouins palestiniens sont maintenant confrontés à un plan israélien de déplacement forcé vers des zones urbaines qui, disent-ils, ne conviennent pas à leur style de vie nomade.

Abu Raed, 66 ans, leader de la communauté palestinienne bédouine près de Jérusalem, a décrit le plan israélien comme "la pire menace que nous ayons jamais connue."

La zone où lui et sa famille vivent a été classée "E1" par le gouvernement israélien - l'un des plans israéliens d'expansion des colonies approuvé par les autorités israéliennes en 1999 mais qui a été retardé sous la pression internationale.

S'il est mis en œuvre, le plan E1, qui vise à construire de nouvelles colonies sionistes illégales sur un terrain de 12.000 dunams, reliera les colonies de Maale Adumim, Mishor Adumim et Kfar Adumim, en Cisjordanie occupée, à Jérusalem Est [1 dunam équivaut approximativement à 1000m²].

Pour atteindre cet objectif, les autorités israéliennes vont "délocaliser" la famille de Raed, ainsi que de nombreuses communautés bédouines, dans la Vallée du Jourdain, près de Jéricho.

"Nous avons entendu dire que les Israéliens vont amener des milliers d'étrangers sur cette terre, ce qui veut dire, pour nous, un déplacement forcé. Toutes les colonies juives autour seront reliées à Jérusalem," a dit Abu Raed à l'agence de presse Anadolu.

Il a dit que déménager dans un "township" urbain mettrait fin à leur mode de vie traditionnel, qu'ils pratiquent depuis des siècles.

"Notre vie dépend de nos bêtes. Nous ne pouvons pas vivre dans une ville. C'est contre notre mode de vie. Nous ne pouvons ni nourrir ni abreuver nos troupeaux dans une ville," a-t-il déploré.

Les Bédouins palestiniens, a-t-il dit, craignent aussi de perdre le privilège de garder un espace d'au moins 200 mètres entre leurs maisons, conformément à leurs traditions - une coutume qui deviendrait intenable en ville.

"Les femmes bédouines ne fréquentent pas des étrangers, mais dans une ville surpeuplée, elles ne pourront pas maintenir cette tradition," a-t-il dit.

"La vie urbaine est en totale opposition à notre mode de vie. Nous sommes des bergers. Nous ne savons que nourrir des animaux. Nous serons comme des brutes en ville," a-t-il ajouté.

Il a affirmé qu'ils ne refusent pas la modernité. Ils veulent juste devenir une société moderne - mais dans les montagnes, pas dans les villes.

Mohammed al-Korshan, chef de l'ONG Comité coopératif bédouin de Jérusalem, dit que les Bédouins vivant à Khan al-Ahmar se sont repliés dans la région après être devenus des réfugiés quand Israël a été créé en 1948.

Les racines du conflit Israël-Palestine remontent à 1917, lorsque le gouvernement britannique, dans la maintenant célèbre Déclaration Balfour, a appelé à "l'établissement en Palestine d'un foyer national pour le peuple juif."

L'immigration juive a considérablement augmenté sous l'administration britannique de la Palestine, consolidée par un "mandat" de la Société des Nations en 1922.

En 1948, à la fin du mandat, un nouvel Etat - Israël - a été déclaré en Palestine historique.

En conséquence, quelques 700.000 Palestiniens ont fui leurs maisons ou ont été expulsés, alors que des centaines de villages et villes palestiniens ont été rasés par les forces d'invasion sionistes.

La diaspora palestinienne est depuis devenue une des plus grandes du monde. Les réfugiés palestiniens sont actuellement dispersés dans la région et dans d'autres pays, alors que beaucoup se sont installés dans des camps de réfugiés en Cisjordanie palestinienne et la bande de Gaza.

Israël a alors occupé Jérusalem-Est et la Cisjordanie lors de la guerre au Moyen-Orient en 1967. Plus tard, il a annexé la ville sainte en 1980, la revendiquant comme capitale de l'Etat sioniste auto-proclamé - une démarche jamais reconnue par la communauté internationale.

Selon Korshan, les tribus bédouines qui ont perdu leurs terres à la suite de la création d'Israël s'étaient installées dans la région de Khan al-Ahmar, refusant - pour deux raisons principales - d'aller dans des camps de réfugiés.

"Tout d'abord, nous pensions que nous récupérerions notre terre très vite. Et la deuxième raison était de garder notre mode de vie traditionnel," a-t-il dit.

"Nous vivons actuellement près de Jérusalem ; nous ne voulons pas nous éloigner de la ville sainte en raison de sa signification religieuse et commerciale", a-t-il ajouté.

"La construction par Israël de la barrière de séparation nous a déjà isolés de Jérusalem", a déploré Korshan.

Selon le gouvernement palestinien basé à Ramallah, la barrière de "séparation" - qui serpente à travers la Cisjordanie , isolant de grands pans de territoire palestinien - coupe quelques 50.000 résidents palestiniens de Jérusalem du centre-ville.

Demandant aux pays européens de les aider contre le plan de colonisation, Abu Raed a exprimé la crainte qu'il ne resterait aucun village palestinien dans le secteur si Israël les chasse de leur terre.

"La paix est impossible avec ce genre de plan d'expulsion," a-t-il exprimé.

Le mois dernier, le quotidien israélien Ha'aretz a rapporté que l'Union européenne tente de convaincre Israël de ne pas prendre une série de mesures en Cisjordanie occupée jugées comme des "lignes rouges" par l'Union - y compris la construction de colonies dans la zone E1.

Selon l'article, l'Union européenne estime que le franchissement de l'une de ces "lignes rouges" par Israël pourrait nuire à la possibilité d'un futur Etat palestinien à côté d'Israël - un risque qui pourrait entraîner de nouvelles sanctions européennes contre Israël.

Les dirigeants palestiniens continuent d'exiger l'établissement d'un Etat indépendant dans la Bande de Gaza et en Cisjordanie , avec Jérusalem Est - actuellement occupée par Israël - comme capitale.

En novembre 1988, des dirigeants palestiniens conduits par Yasser Arafat ont déclaré l'existence d'un Etat de Palestine dans les frontières de 1967 et la croyance de l'Etat "dans le règlement des différends internationaux et régionaux par des moyens pacifiques, conformément à la charte et aux résolutions des Nations Unies."

Annoncée comme un "compromis historique", la décision impliquait que les Palestiniens seraient d'accord pour n'accepter que 22 pour cent de la Palestine historique, en échange de la paix avec Israël. On pense maintenant que seulement 17 pour cent de la Palestine historique est sous contrôle palestinien, suite à l'expansion des colonies israéliennes illégales.

Cette année, l'Autorité palestinienne (AP) a fixé à novembre 2016 la date limite pour mettre fin au retrait israélien des territoires occupés par Israël pendant la guerre d'octobre 1967 et établir une solution à deux Etats.

Selon les estimations de l'AP, 134 pays ont jusqu'à présent reconnu l'Etat de Palestine, bien que ce chiffre soit contesté et plusieurs reconnaissances par des Etats aujourd'hui membres de l'Union européenne remontent à l'époque soviétique.

Il est à noter que de nombreux militants pro-palestiniens soutiennent une solution à un Etat, en faisant valoir que la création d'un Etat palestinien aux côtés d'Israël ne serait pas durable. Ils pensent également que la solution à deux Etats, qui est la seule option envisagée par les acteurs internationaux, ne résoudra pas la discrimination existante, ni n'effacera les tensions économiques et militaires.

Source : Al Akhbar

Traduction : MR pour ISM

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