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Palestine - ISM France

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Israël -

Je ne veux pas connaître leurs noms : Le plan pour un Génocide à Gaza et la judaïsation de la Galilée

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Ce qu’on appelle le retrait de Gaza se déroule comme un drame soigneusement mis en scène, accompagné par un chœur de colons porteurs d’un ruban orange.
Les unités militaires désignées pour faire partir les colons sont soumises à un entraînement psychologique préparatoire très intensif pour éviter qu’elles ne réagissent accidentellement avec leur brutalité habituelle contre les colons récalcitrant de Gaza lors du processus d’évacuation.

Le plan de retrait se présente, comme toute la propagande sioniste, sur deux niveaux en fonction du public auquel elle s’adresse.

Pour la consommation internationale, le discours du retrait est destiné à distraire et à influencer l’opinion publique internationale, en le présentant comme un effort unilatéral et de bonne foi venant d’Israël pour faire avancer le processus de paix pendant que se ternit une image de Sharon que Bush a vendue comme un "homme de paix".

Même le mot de "retrait" a été choisi pour donner l’impression qu’Israël va cesser par altruisme son engagement dans un conflit égal entre deux parties, au lieu de (dire qu’il) se retire des terres qu’il occupe illégalement.


La terminologie à son tour donne une légitimité aux 57 années d’occupation passées et au nettoyage ethnique.


En interne, Sharon insiste sur le fait que les colonies vont être déménagées, mais non démantelées. Quand Israël s’est retiré du Sinaï en 1982, un grand nombre de colons ont été réinstallés à Gaza et ils vont maintenant être réinstallés, avec d’autres colons, en Cisjordanie .

La généreuse compensation américaine, qui devrait se monter, annonce-t-on, jusqu’à 277 000 dollars par colon, sera l’huile qui a facilitera l’ensemble du processus.

Les colons de Gaza ont soigneusement étudié leurs positions et sont en train de jouer le rêle de victimes angoissées jusqu’à l’os, formulant non seulement leur détresse en termes « justes », mais montrant aussi qu’il est impossible de faire partir les colons de tout autre portion de la Palestine occupée.

En plus, en adoptant l’orange comme couleur symbole de leur refus d’obéir aux ordres, les colons prennent le manteau à la couleur codée des récentes "révolutions" du monde, parrainées par les américains, voulant ainsi faire croire qu’ils sont du cêté de la "liberté" et pas de l’oppression raciste, du vol et du génocide .


En interne, Sharon a aussi indiqué que le retrait de Gaza est nécessaire pour (pouvoir) se concentrer sur le renforcement de la domination israélienne "en Galilée (Jaleel) et dans le Negev (Naqab), le Grand Jérusalem, les blocs de colonies et les zones de sécurité".

Comme un rapport secret de 1976, - le rapport Koenig - l’avait montré, l’importante population arabe de ces régions prises pour cibles a longtemps été une épine dans le pied des sionistes ; malgré les efforts pour augmenter la colonisation juive, les Arabes restent aujourd’hui majoritaires dans des portions clef de Jaleel et de Naqab.

Israël a clairement l’intention d’utiliser les ressources libérées par le retrait pour intensifier la campagne de "judaïsation" de ces deux importantes régions, pour terminer en même temps la construction du mur d’apartheid et isoler définitivement la Cisjordanie palestinienne à l’intérieur d’un canton de prisons. (le Rapport Koenig a été publié intégralement dans "The Journal of Palestine Studies" - Vol. 6. N°1)


Devant la résistance palestinienne dans des endroits comme Gaza et Al Khalil, le modèle historique de la colonisation sioniste reposait sur des colonies collectives, militarisées, et sur des blocs d’habitations pour contrêler, une méthode qui s’est révélée extrêmement coûteuse.

Après le retrait un nouveau modèle de "colonie privée" s’étirera dans le Naqab, et les colons particuliers ou les familles de colons auront les commandes et contrêleront de grandes zones de territoire, faisant penser à ce modèle américain des pionniers/fermiers face aux indigènes d’Amérique. Le redéploiement augmentera alors le taux de retour sur investissement de la colonie.


Israël n’a pas caché son intention de ne pas transformer en état Gaza et ce qui restera de la Cisjordanie . Un analyste israélien de renom déclarait en toute franchise en 2002 que Gaza servirait de "colonie pénitentiaire" pour Israël, (serait) son "île du Diable, Alcatraz".

Cette prison palestinienne est déjà terminée, entourée de barrières électriques cêté terre et bloquée cêté mer par la marine israélienne. Une bande de 100 mètres sur la frontière égyptienne, où les maisons palestiniennes ont été systématiquement détruites, restera gardée et contrêlée par Israël, et l’Egypte sera forcée d’aider à maintenir l’ordre dans la prison.

Pour rendre ce plan pleinement efficace, les colons ont dû être mis hors d’état de nuire.


Ran Ha’Cohen a écrit au début de 2004 : "Il n’y a ainsi aucune raison pour qu’Israël s’installe à Alcatraz, avec son insondable pauvreté et son rationnement d’eau, son chêmage et son désespoir ; que les prisonniers vivent leur vie pendant que nous serons tranquillement installés tout autour et regarderons les prisonniers dépérir".


Récemment des universitaires israéliens de gauche, y compris Ilan Pappe, ont publié un avertissement urgent contre l’extrême violence pendant et après l’évacuation de Gaza, et comme preuve des intentions meurtrières imminentes, ils ont relevé qu'un général israélien avait déclaré qu’Israël peut utiliser "un matériel de guerre causant d’importants dégâts collatéraux, hélicoptères et avions compris, avec une menace grandissante pour les gens des environs"


Comme dit ce proverbe arabe percutant, "Ils croient avoir découvert l’eau chaude". L’alerte des universitaires n’est pas seulement naïve, elle est tardive.


En 2004 A.B. Yehoshua, l’écrivain israélien et militant de la paix, avait déjà amélioré le plan décrit par Ha-Cohen : "Nous déplaçons tranquillement les colonies et après nous cessons d’être une armée d’occupation, toutes les lois de la guerre seront différentes. Nous déploierons toute notre force. Nous n’aurons pas à courir partout à la recherche de tel terroriste ou de tel instigateur. Nous ferons usage de notre force contre tout un peuple. Nous utiliserons totalement la force. Parce qu’à la minute même où nous nous serons retirés je ne veux pas connaître leurs noms. Je ne veux pas de relations personnelles avec eux. Je ne suis plus dans une situation d’occupant, de maintien de l‘ordre, de B’Tselem (organisation des Droits de l’Homme). Au contraire, je serai opposé à eux, dans la position de nation contre nation".
(Avec l’œil d’un sioniste toujours attentif à la perception extérieure opposée à la perception intérieure, cette courageuse citation de la déclaration de Yehoshua a été entièrement publiée dans l’édition hébreu du Ha’aretz, reprise de l’édition en anglais).


Si les artistes israéliens et les "militants de la paix" s’engagent ouvertement dans ce discours de "guerre de purification", comme Yehosuha le fait, il n’est pas de signe plus évident qu’Israël est un état fasciste, décidé à un génocide.

Tout comme les universitaires israéliens et leur avertissement tardif, l’échec des progressistes occidentaux à s’opposer résolument à Israël en tant qu’état raciste et génocidaire a permis que la situation atteigne cette extrémité.

Source : http://al-awdacal.org/resources.html

Traduction : CS pour ISM

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