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Palestine - ISM France

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Egypte -

Jimmy Carter accueilli comme une star au Caire : «Ce que Israël fait aux Palestiniens est une abomination»

Par

Après avoir rencontré des leaders du Hamas venus de Ghaza, Jimmy Carter a fait une intervention à l’Université américaine du Caire, où il a été accueilli par un public très nombreux et tout aussi chaleureux.
C’est dans une salle immense et archicomble, en présence de ministres, ambassadeurs, hommes d’affaires, universitaires, étudiants et journalistes, que s’est présenté, jeudi soir, l’ex-président américain Jimmy Carter.

Et c’est comme un seul homme que le public s’est levé pour longuement l’applaudir. L’information de son intervention à l’Université américaine du Caire avait circulé dans la matinée comme une traînée de poudre, et déjà, en début d’après-midi, une file d’attente impressionnante s’était formée à l’entrée de l’université, alors que son intervention n’était pas prévue avant 20h.

Et Jimmy Carter n’a pas déçu. Il n’a pas fait dans la langue de bois, et n’a pas utilisé de circonlocutions diplomatiques, qu’on attendrait d’un ex-président, pour parler de la situation en Palestine occupée et évoquer les efforts qu’il accomplit en son nom propre et au nom du Centre Carter.

Il essaye de créer des émules, de donner un exemple que d’autres suivraient, en discutant aussi avec le Hamas et la Syrie, car il est impossible d’aboutir à un accord dans la région sans impliquer le Hamas, qui a gagné les élections, et la Syrie, dont le territoire du plateau du Golan est occupé par Israël.

M. Carter, qui a suscité la désapprobation de Condoleezza Rice en annonçant son intention de rencontrer les dirigeants du Hamas, a ironisé sur l’accueil glacial qui lui a été fait en Israël, où aucun représentant du gouvernement n’a accepté de le rencontrer, «en dépit du fait que je sois le seul président américain à leur avoir ramené la paix», faisant allusion aux accords de Camp David qui ont abouti au traité de paix entre Israël et l’Egypte en 1979.

Mais au Caire de 2008, c’est surtout l’auteur de Palestine : La paix, pas l’apartheid, que les gens sont venus écouter et acclamer. Son livre, publié en 2006, avait suscité une telle controverse à sa sortie aux Etats-Unis que tous les mentors du parti démocrate américain avaient tenu à se distancier publiquement de lui.

«Le mot apartheid a choqué, mais avant la parution de mon livre, il n’y avait jamais eu de débat public sur cela aux Etats-Unis ; apartheid est pourtant l’exacte description de ce qui se passe aujourd’hui en Palestine», a commencé par dire l’ex-président américain.
Il a ensuite évoqué son entrevue avec des leaders du Hamas qu’il devait initialement rencontrer à Ghaza, mais qui ont fini par traverser la frontière par Rafah pour le rencontrer au Caire, après le refus israélien de le laisser pénétrer à Ghaza.

De cette rencontre, il a dit être sorti avec «le sentiment que les leaders du Hamas montrent une attitude positive». Ils seraient prêts, selon lui, à accepter un accord de paix avec Israël, négocié par Mahmoud Abbas, à condition que cet accord soit approuvé par référendum par les Palestiniens ; la divergence entre les deux partis porterait sur le vote des réfugiés palestiniens hors des territoires occupés, souhaité par le Hamas et refusé par le Fatah.

A un étudiant américain, qui reprenait les mêmes termes du reproche de Condoleezza Rice, à savoir «rencontrer des terroristes qui tuent des civils innocents», Jimmy Carter a eu une réponse qui a suscité une pluie d’ovations : «En sept ans, il y a eu 13 personnes tuées par les roquettes, et je considère que tuer des civils innocents est du terrorisme, mais ces roquettes sont rudimentaires, et si tu vivais toi à Ghaza, tu verrais que pour un Israélien tombé sous les roquettes palestiniennes, 30 à 40 Palestiniens sont tués par les militaires israéliens, ce qui, selon moi, relève aussi du terrorisme »

L’ex-président américain a également affirmé que tous ses efforts sont consacrés à faire lever le siège sur Ghaza.
Un siège qui, a-t-il précisé, est le résultat d’une «stratégie américaine et israélienne qui vise à vouloir accentuer la différence entre la vie en Cisjordanie et à Ghaza, mais qui aboutit au résultat contraire du but escompté et renforce la popularité du Hamas au détriment du Fatah».

Ce qui se passe à Ghaza à cause du blocus israélien, a-t-il ajouté, «est une atrocité perpétrée en guise de punition contre la population, réduite à mourir de faim… c’est un crime… j’estime que c’est une abomination que cela continue

Après Le Caire, Jimmy Carter se rendra à Damas, puis à Amman, ensuite il retournera une dernière fois en Israël, «en espérant que quelqu’un veuille bien me rencontrer enfin».

Jimmy Carter a fait une intervention qui n’a pas duré plus de 20 minutes ; il a ensuite tenu à répondre aux questions, repartant sous les applaudissements nourris d’un public impressionné par la franchise de son langage, la clarté de sa pensée et le courage de ses positions.

Avant de partir, un jeune étudiant égyptien a d’ailleurs tenu à clamer au micro : «Monsieur Jimmy Carter, je me lève pour vous dire que je suis un parmi les 70 millions d’Egyptiens qui vous portons dans notre cœur»…

Rarement un homme politique américain ne s’est entendu dire un compliment égyptien aussi sincère.

Source : http://www.elwatan.com

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