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Palestine - ISM France

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Palestine -

Juste parler

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Malgré ses grandes déclarations au sujet de l'engagement de George Bush à "mettre fin au problème palestinien", le Secrétaire d'Etat américain Condoleezza Rice n'a pas réussi grand chose lors de sa dernière visite au Moyen-Orient.
Rice, qui est arrivée le 14 octobre en Israël suite à sa visite en Russie où elle avait exhorté le Président Vladimir Poutine à soutenir les efforts américains destinés à isoler l'Iran, a cherché à réduire ses attentes.

Juste parler

"Je ne m'attends pas à une avancée particulière au sujet du document", a-t-elle dit, en faisant référence aux efforts déployés par Israël et l'Autorité Palestinienne pour parvenir à un projet de document commun présentant les principaux éléments d'une éventuelle solution pour un accord définitif au conflit israélo-palestinien.
"Je voudrais juste prévenir à l'avance de ne pas vous attendre à cela, parce que c'est précisément les travaux en cours", a-t-elle ajouté.

Alors que le "travail" est peut être "en cours", il y a très peu ou pas de résultats tangibles, ce qui indique que l'administration Bush, et en particulier Rice, ont peut être sérieusement sous-estimer la complexité des problèmes qui entravent un accord palestino-israélien.
Photo : Thaer Ganaim, Maan Images

Rice a rencontré le Premier ministre israélien Ehud Olmert, qui lui a dit : "J'aimerais beaucoup avoir une déclaration commune lors du sommet, mais la déclaration ne constitue pas une condition, et n'a jamais été une condition à la tenue de cette conférence en novembre."

Olmert also resorted to another notorious Israëli tactic, asking Rice to stop pressuring Israël given the "stiff opposition" he said he was facing from within his government as well as from the Knesset, the Israëli parliament.

Pour appuyer sur ce sujet, Olmert a organisé des rencontres entre Rice et deux de ses ministres les plus extrémistes, Avigdor Lieberman, le va-t'en guerre ministre des Affaires Stratégiques, et Eli Al-Nahar qui représente le parti ultra-orthodoxe, le Shas.



Les Etats-Unis ne devraient pas suivre Israël

Lieberman aurait averti Rice que le gouvernement Olmert s'effondrerait si les principales questions du statut final telles que Jérusalem et les réfugiés étaient examinées lors de la conférence d'Annapolis.

C'est le même homme qui a déclaré la semaine dernière à l'envoyé du Quartet, Tony Blair, que tout accord de paix entre Israël et l'Autorité Palestinienne devrait inclure une "solution" pour les citoyens arabes d'Israël.

Lieberman a expliqué à Rice que "la priorité devrait être accordée au rétablissement de l'économie palestinienne."
Venant d'un homme qui, il ya quelques semaines, exhortait l'armée israélienne à étrangler les centres de population palestinienne et à couper les approvisionnements en nourriture, eau et électricité aux 1,5 millions d'habitants de la Bande de Gaza, cette déclaration est, au mieux, curieuse. Rice l'a remercié pour ses "idées d'une grande valeur"

Yeshai à fait une référence analogue à l'économie palestinienne et aussi aux "divisions politiques palestiniennes", en ignorant le fait qu'Israël a fait tout son possible pour détruire l'économie palestinienne et pour attiser la guerre entre le Fatah et le Hamas.

Rice, hésitante ou probablement incapable d'affronter les icônes de l'extrémisme israélien, a déclaré que la conférence d'Annapolis n'avait aucun sens sans discuter des questions liées au statut final.

Elle a réitéré ce point avec plus de force à Ramallah, où elle a exhorté le Président de l'Autorité Palestinienne, Mahmoud Abbas, "à faire tout son possible pour assurer le succès de la conférence d'Annapolis".

"Nous avons franchement mieux à faire que d'inviter les gens à Annapolis pour une photo", a-t-elle déclaré, en ajoutant que "les Palestiniens et les Israéliens faisaient les plus gros efforts depuis des années afin de résoudre le conflit. Franchement, il est temps d'établir un État palestinien. "

Au cours de sa brève visite à Ramallah, Mahmoud Abbas a exhorté Rice de veiller à ce qu'il y ait un "calendrier" pour la mise en œuvre de tout accord de statut final avec Israël. Israël rejette l'idée avec véhémence, en expliquant que tout accord conclu nécéssiterait des mesures de mise en confiance, ce qui prendra du temps.

Les Américains sont sûrement très familiarisés avec les tergiversations d'Israël, mais ils refusent d'imposer quoi que ce soit à Israël, en particulier à la lumière de la proximité des élections présidentielles américaines.

En plus du problème de calendrier, Abbas a déclaré à Rice que s'il n'y avait pas d'accord général sur les questions clés, dont Jérusalem, les réfugiés et les frontières, la prochaine conférence serait un échec.

Entre-temps, des responsables palestiniens ont accusé Israël de chercher à faire échouer la conférence de paix, mais paraître être responsable de son échec.

Ahmed Qurei, l'ancien premier ministre qui a été nommé négociateur en chef palestinien, a prévenu cette semaine que sila prochaine conférence sur la paix ne donnait pas de résultats, une troisième Intifada serait imminente.

Le Ministre palestinien de l'Information et des Affaires Etrangères Riyad Al Maliki, a lui aussi fait remarquer que, "sans un document pour résoudre ce conflit, nous ne pouvons pas aller à la conférence du mois prochain."

Il a ajouté : "Olmert est à la recherche d'une campagne de relations publiques et d'une conférence qui permettra une normalisation des relations avec les pays arabes. Nous ne pourrons pas l'aider dans cela. "

Ce ne sont pas seulement les paroles des dirigeants israéliens qui rendent les Palestiniens sceptiques au sujet des intentions israéliennes. Israël n'a pas ménagé ses efforts pour saper toute une atmosphère propice au succès de la conférence.

L'armée d'occupation israélienne continue à envahir les villes palestiniennes, presque quotidiennement, infligeant la mort et le chaos à des civils innocents.

Lundi, l'armée israélienne a tué un homme de 70 ans et un jeune militant du Fatah dans le centre de Naplouse. Les assassinats, disent les observateurs locaux, donnent l'impression qu'Israël n'a pas le moindre respect pour Abbas et son gouvernement.

Au mieux, de tels incidents donnent l'impression qu'Israël considère Abbas plus comme un collaborateur que comme un partenaire égal.

Plus précisément, Israël a menacé de lancer une vaste incursion dans la bande de Gaza qui pourrait aboutir à la mort de nombreux Palestiniens. Une telle invasion, si elle est menée avant la conférence de novembre, ternirait certainement l'image d'Abbas puisqu'il sera vu en train de fraterniser avec les dirigeants israéliens à Annapolis.
Pour les Israéliens sans scrupules, d'un point de vue stratégique, cela rendrait Abbas encore plus faible qu'il ne l'est déjà dans ses négociations.

Au vu de la triste réalité sur le terrain et des déclarations souvent optimistes de certains responsables de l'Autorité Palestinienne annonçant l'avènement imminent d'une paix définitive, certains intellectuels palestiniens ont critiqué les dirigeants basés à Ramallah, qu'ils ont qualifié de "naïfs, stupides et irresponsables".


Ali Jerbawi, un éminent universitaire palestinien et professeur de relations internationales à l'Université de Birzeit, a qualifié l'optimisme de l'Autorité Palestinienne au sujet des intentions américaines et israéliennes de "mensonger et déplacé".
"Ceux qui pensent que l'Amérique et Israël ont changé de position sont infiniment naïfs", a-t-il déclaré.

Jerbawi a accusé les dirigeants de l'Autorité Palestinienne de tenter de compenser le déséquilibre avec Israël, d'abord avec des formalités superficielles et des réunions et des rencontres qui font beaucoup de bruit, et, d'autre part, avec la création de faux espoirs et des hautes attentes du processus actuel.

"Les Palestiniens sont dans la pire des situations. Il existe une séparation géographico-politique entre la Cisjordanie et la Bande de Gaza, la pauvreté est omniprésente et l'effondrement de l'économie a lieu dans tous les domaines, et les efforts des Israliens visant à effacer la présence des Palestiniens à Jérusalem se poursuivent sans relâche alors que le soutien arabe à la cause palestinienne est au plus bas. "

Et Jerbawi demande : "Quand cesserons-nous de courir après le mirage, en pensant qu'il s'agit d'eau?"

Source : Al Ahram

Traduction : MG pour ISM

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