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Palestine - ISM France

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Qalqilia -

Kufr Qaddom : un village étranglé en raison du manque d'accès aux routes

Par

> iwps@palnet.com

Rapport des Droits de l’Homme n° 179 de l'International Women's Peace Service, Haris, Salfit, Palestine. Tel:- (09)-2516-644. Mob:- : 067-870-198

Ce rapport des Droits de l'Homme ne dévoile pas un incident unique.
Il traite de la souffrance d'un village entier étranglé en raison du manque d'accès aux routes.
Le problème existe depuis 4 ans, depuis le début du deuxième Intifada avec une brusque détérioration au cours de l’été 2002 : Depuis cette date, les gardes de sécurité des colonies vérifient les cartes d'identité des gens qui passent en voiture sur la vieille route. Seuls les habitants du village ont le droit de passer.

Date de l’incident : Après les fortes pluies du début de février 2005

Endroit : Kufr Qaddom

Témoin(s) : Conseil du village de Kufr Qaddom

Détails de contact : l’IWPS tient cette information à la disposition de ceux concernés; nous ferons de notre mieux pour vous fournir toute l'information appropriée dont vous pourriez avoir besoin pour commencer l'action.


Description de l’incident

Ce rapport des Droits de l'Homme ne dévoile pas un incident unique.
Il aborde l'histoire de la souffrance continuelle d'un village entier étranglé en raison du manque d'accès aux routes.
Le problème existe depuis 4 ans, depuis le début du deuxième Intifada avec une brusque détérioration au cours de l’été 2002.

"Le professeur doit venir enseigner en tracteur", nous a dit Abu Arab, en montrant le tracteur à l'entrée de l'école secondaire des garçons à Kufr Qaddom, un village situé à l'ouest de Naplouse et à l'est de Qalqilya.
Les deux villes sont très proches géographiquement mais presque hors d’atteinte pour la plupart des gens, la majeure partie de l'année.

L’aggravation la plus récente remonte aux fortes précipitations du début de février 2005 où la seule route temporaire à l’extérieur du village a été rendue impraticable, parce que le débordement du wadi, qui évacue l'eau les montagnes et des zones voisines, a transformé la vallée dessous Kufr Qaddom en un lac énorme.

Cette seule sortie du village, une route agricole que les gens sont forcées d’utiliser pour se déplacer, en raison du harcèlement des gardes de sécurité des colon sur l'autre route, est une route très mauvaise, trop étroite pour être utilisée par les camions du village et trop boueuse d'être employée pour tout autre voyage urgent.


L'autre route, en fait la route principale du village, est située un peu plus loin de la grand route entre Qalqilya et Naplouse datant de l’époque Turque et qui relie Kufr Qaddom au village voisin de Jiit, à 2 kilomètres à l'est.

Deux villages distants de deux kilomètres peuvent être inaccessibles les uns des autres s'ils s'avèrent justement être séparés par deux colonies.

Qdumim, a été établie par l'armée israélienne sur un ancien camp militaire jordanien en 1978, et après la confiscation de 5.000 dunums de terre supplémentaires au village de Kufr Qaddom, elle a été agrandie pour devenir une colonie, une action illégale selon le droit international.

La deuxième colonie, Qdumim Ilit, sur le haut d’une colline comme son nom le suggère, a été construite en 1982 après la confiscation d'encore 3.000 dunums de terres de Kufr Qaddom. C’était une région agricole, commente un membre du conseil du village.

Les deux colonies coupent le village de leurs terres situées à l’Est et, bien plus insupportable pour la vie quotidienne, elles coupent la seule route de l’accès à la route principale.



Parmi les gardes de sécurité des colonies, il y a 'Dany' qui est tout particulièrement brutal, se comporte rudement aussi bien avec les femmes que les hommes, et dont les manières sont spécialement inacceptables pour des personnes de foi islamique.

Comme tous les colons, il est armé, mais il a le privilège d’ouvrir et de fermer une porte qui est censée garantir la sécurité des habitants des colonies.

Les civils armés qui font la loi et qui l'imposent avec une arme entre les mains sont un danger dans toutes les sociétés.

Ici, il est normal qu'un homme armé décide qui va passer ou non. Avec son arme, son incroyable patience etsa crainte des Palestiniens, il 'est respecté'.



Dimanche, le 13 février, deux femmes de l’IWPS, Gabriele et Dorothee, ont attendu avec un membre du conseil municipal de Kufr Qaddom à la porte, entre 9 et 10 h. On nous avait dit que la porte s'ouvrait pendant cinq minutes toutes les heures.

À environ 300 mètres de la porte, nous étions sortis de la voiture qui nous avait ammenées ici depuis Funduq, un petit village situé à quelques kilomètres.

Nous avons marché jusqu’à la porte et un homme corpulent nous a montrés en faisant des gestes avec son arme que nous ne pouvions pas passer.

Nous sommes entrés dans un véhicule du Croissant Rouge qui attendait à la porte, afin de nous mettre à l’abri.

Ils attendaient depuis une demi-heure, nous a dit le docteur, et devaient attendre une autre demi-heure afin de passer pendant les cinq minutes où la porte est ouverte toutes les heures.

Tandis que nous attendions, quelques voitures avec des plaques jaunes – des voitures de colons - passaient à proximité.

La barrière s’est ouverte puis s'est à nouveau fermée. Nous avons continué à attendre.



Après une autre demi-heure la barrière s’est ouverte, le garde de sécurité a laissépasser les voitures qui venaient du village pour intervenir. Nous, qui venions de la grand route, devions passer ensuite.

Un garde de sécurité dans une voiture avec les phares allumés s'est approché, a garé sa voiture juste devant nous, a marché vers nous et, comme il avait été apparemment informé que deux étrangers attendaient dans l'ambulance, il a demandé nos papiers d'identité.

Il voulait connaître le but de notre visite.
Nous avons dit que nous venions nous enquérir de la situation de santé dans le village. Il a accepté cette raison quand il a entendu qu'un de nous était docteur, ce qu’il avait explicitement demandé.



Attendre que la porte s’ouvre 5 minutes toutes les heures entre 6h et 18 h. est nouveau. C'était le résultat de nombreux appels téléphoniques et réclamations faits par le Conseil municipal au bureau du DCO palestinien (officier de coordination du District) de Qalqilya, la capitale du District.

Le DCO israélien a alors ordonné à une jeep de l’armée israélienne de vérifier si les pluies avaient vraiment rendu impraticable la route temporaire agricole.

Quand le rapport de l'armée a confirmé que, en effet, même une jeep ne pouvait pas passer, un nouvel arrangement a été mis en place de sorte qu'on permette aux villageois de Kufr Qaddom, professeurs, étudiants, employés des autorités palestiniennes, commerçants, de passer par la vieille route pendant cinq minutes toutes les heures du matin au soir.



Depuis 1992, la vieille route a été déclarée non-officiellement : route des colons. Le signe STOP sur les routes latérales de la colonie, à l’ouest et à l'est de la vieille route, ont été déplacés sur la vieille route afin de signaler que : "Nous, les colons, sommes maintenant ici sur notre terre, et nous avons le droit de passage", a expliqué le docteur dans l'ambulance.
Un changement symbolique.



Et depuis l'été 2002, les gardes de sécurité des colonies vérifient les cartes d'identité des gens qui passent en voiture sur la vieille route. Seuls les habitants du village ont le droit de passer. Avec ce harcèlement, les villageois ont commencé à utiliser la route agricole incroyablement difficile qui mène au village plus au sud, Hajja.



Kufr Qaddom est un village de 4.200 habitants, possédant 20.000 dunums de terres selon les statistiques de l'Autorité Palestinienne en 1997. Il a deux écoles primaires et secondaires pour les filles, et des écoles primaires et secondaires pour les garçons.

A l'école de garçons, il n'y a pas de spécialité scientifique de sorte que 6 étudiants finissent leur études secondaires à Hajja.

L'école des filles possède un département scientifique. En ce moment, 40 personnes travaillent en Israël et 250 sont employés à l’extérieur du village, 180 étudiants vont à l'université (Naplouse et Jérusalem, tous doivent y aller chaque jour).

Le directeur de l'école des garçons nous a montré sa nouvelle école et a dit qu'il avait 425 garçons. Nous avons été invités à voir la bibliothèque et la salle de classe de chimie, de physique et de biologie. 'Quelques matériaux dont nous avons besoin pour enseigner la science ne sont pas disponibles parce que les raisons de sécurité israéliennes ne nous permettent pas de les introduire dans le village' nous a dit le professeur.

Dorothee et Gabriele ont pu prendre des photos des terres autour de Kufr Qaddom, des colonies, du nouvel avant-poste au-dessus de Kufr Qaddom comportant quelques containers ou caravanes, si souvent vus en Cisjordanie , et des villages de Kur, de Baqat, de Hajja Beit Lid, Baqat, Hajja et de Jiit, qui sont accessibles par la route cahoteuse ou à certains moments de la journée selon le bon vouloir des colons.

Le conseil de village a demandé à Dorothee et à Gabriele de les soutenir :
• en informant le monde et spécialement les organisations des Droits de l'Homme de leur souffrance afin que cesse cet emprisonnement inhumain dans leur propre petit village,
• en trouvant un avocat israélien ou international qui défendrait leur cas,
• et également en demandant à une personne ou deux de rester dans le village pour voir et surveiller la situation difficile quotidienne des villageois, dont les pires aspects sont le traitement agressif des colons et l'impossibilité d'utiliser la route librement.

Une présence israélienne ou internationale à la porte serait un soulagement particulier.

Le journal Al Hayat a publié un article concernant le village dans son édition du 13 février 2005.


Numéros de telephone du Conseil Rural de Kufr Qaddom
Bureau : 09 299 42 66
Président, Asaad Shtewi: 0522 910 660
Président-adjoint, Anaser Aqel : 0522 410 635


Demandes :

1. Envoyer la demande d'un avocat aux cabinets juridiques et aux ONG israéliennes ou internationales,

2. Publier des articles dans les journaux et autres médias et

3. Parler à Mahsom Watch d’une surveillance permanente de la voie d'accès.


16.02.2005

L'armée a nivelé la route agricole entre Kufr Qaddom et Hajja qui a été tellement détériorée par les précipitations.
La route principale qui passe entre les colonies est à nouveau complètement bloquée pour les Palestiniens.


17.02.2005

Depuis 6h30, les voitures attendent et l’armés empêche les gens d’aller travailler, étudier, etc...
À 8 h, il y a environ 130 personnes dans 30 voitures.


19.02.2005

Manifestation “Libérez notre seule route” qui a débuté à 9 h au centre du village



Source : http://www.womenspeacepalestine.org/en/articles/article.php?id=642

Traduction : MG pour ISM-France

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