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Liban -

L’Amérique et la résistance armée

Par

Intervention de Mounir Chafiq dans le cadre de la Rencontre internationale et arabe pour le soutien à la résistance, Beyrouth, du 15 au 17 janvier 2010

Pour la majorité des politiciens, des intellectuels, des académiciens, et des théoriciens américains il n’y a pas de référence, y compris la Constitution, en matière d’autorité et de jugement, plus fiable, dans toutes les controverses, que les Pères Fondateurs. Les Pères Fondateurs des Etats-Unis d’Amérique sont la première référence sur laquelle se fonda le consensus américain ou ce qui y ressemble.

On se réfère à ces Pères Fondateurs car ils ont libéré l’Amérique de la colonisation britannique, unifié ses Etats, jeté les bases de sa Constitution et établi l’orientation de sa construction générale. Bien plus, ils ont défini l’orientation de sa trajectoire depuis l’indépendance jusqu’aujourd’hui.

Cependant, ces Pères Fondateurs n’auraient pas pu accomplir ce qu’ils ont accompli s’ils n’avaient pas eu recours à la résistance armée, acharnée, contre la colonisation britannique. La résistance armée laissa derrière elle, sans en supporter la responsabilité, nombre de destructions, de morts, de blessés et de drames humanitaires. Il suffit de citer Washington (1), qui fut incendiée entièrement par les colonialistes britanniques en représailles à la résistance armée. La résistance armée n’avait d’objectif que la réalisation de l’indépendance et de l’unité qui sont les conditions pour la renaissance, la croissance, le développement et la prospérité. Ainsi, la première référence que les Pères Fondateurs de l’Amérique établirent, était la résistance armée pour la libération du pays, l’acquisition de sa liberté, son indépendance et son unité. C’était la mère des réalisations sans laquelle les Etats-Unis d’Amérique n’existeraient pas.

De là, on ne peut considérer la position officielle américaine - qui décrit la résistance armée contre l’occupation étrangère ou en réponse à l’agression extérieure comme étant terroriste – que comme un désaveu de ce que conçurent les Pères Fondateurs en matière de modèle, de doctrine, de principe et de tradition.

La conséquence, pour celui qui utilise la politique du deux poids deux mesures en ce qui concerne la résistance armée, contre l’occupation étrangère ou en réponse à l’agression étrangère, est qu’il sort du chemin de l’intégrité, du principe, de la confiance. S’il est américain, il ne respecte pas la référence des Pères Fondateurs.

Ainsi, on ne peut respecter le Président Barack Obama, et avant lui le Président Georges W. Bush, lorsqu’ils considèrent la résistance armée en Palestine et au Liban comme étant terroriste, de même que la résistance en Iraq et en Afghanistan qui est une résistance à l’agression et à l’occupation américaines. Comment l’Amérique peut-elle légitimer le soutien qu’elle a apporté à la résistance armée en Europe contre l’occupation nazie alors qu’elle utilise la politique du deux poids deux mesures lorsqu’il s’agit des résistances en Palestine, au Liban, en Iraq, en Afghanistan et qu’elle les considère comme étant terroristes ?

Il suffit de se demander si la résistance armée dans laquelle se sont engagés les Pères Fondateurs, contre la colonisation britannique, était terroriste – c’est ainsi que la dénommaient les colonisateurs à l’époque avec toutes les descriptions semblables ?

Une question de ce genre peut être posée avec la même force au Président français Nicolas Sarkozy, au Premier ministre italien Silvio Berlusconi et au Premier ministre britannique Gordon Brown.

Comment peuvent-ils se vanter de ce qu’a accompli la résistance armée dans leur pays contre l’agression et l’occupation nazies et nier en même temps le droit à la résistance armée et à la ténacité du peuple contre l’ennemi sioniste au Liban en 2006 ? Ou le droit à la résistance armée et à la ténacité du peuple contre l’agression sioniste sur la Bande de Gaza ou contre la poursuite du blocus qui est une action militaire agressive ?

Le pire, lorsqu’ils la décrivent comme étant terroriste et qu’ils couvrent l’agression et ce qu’elle commet en matière de crimes de guerre, est que - le moins que l’on puisse dire - la politique du deux poids deux mesures manque d’honnêteté, de principe, de sincérité et d’estime de soi.

(1) Note de la traductrice : Pendant la guerre anglo-américaine de 1812 (18 juin 1812 – 12 février 1815), les forces britanniques et canadiennes reçoivent l'ordre de brûler les édifices publics de Washington, le 24 août 1814. Les Britanniques souhaitaient se venger de la destruction de la capitale du Haut-Canada (aujourd'hui Toronto) par les Américains après la bataille de York, le 27 avril 1813.

Source : With Resistance

Traduction : Souad Khaldi

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