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Gaza -

L'embarras d'Israël face au dilemme permanent de Gaza

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Deux mois après la fin de la dernière agression israélienne sur Gaza, Israël a admis qu'il n'y a pas de solution simple à la situation dans la bande. L'instabilité du cessez-le-feu actuel oblige Israël à discuter d'un certain nombre de mesures nécessaires pour affaiblir le Hamas et ramener l'Autorité palestinienne (AP) à Gaza.

L'embarras d'Israël face au dilemme permanent de Gaza

Une importante délégation du Hamas, dirigée par Rawhi Mushtaha, membre du bureau politique, a rendu visite au Front populaire de libération de la Palestine à Gaza - Commandement général, pour présenter ses condoléances suite au décès du secrétaire général fondateur Ahmed Jibril "Abou Jihad". Ils ont été reçus par le responsable du Front dans la bande de Gaza, le Dr Louay Al-Qaryouti, avec une délégation de premier plan du Front (source Maan News)
Le ministre de la défense, Benny Gantz, et les hauts responsables s'accordent à dire qu'un cessez-le-feu durable à Gaza nécessite de renforcer l'AP et de lui permettre de participer à la reconstruction de Gaza, mais le fossé entre la Cisjordanie et Gaza est profond.

Depuis le début de la guerre, l'Égypte a cherché à mener une stratégie alternative basée sur l'hypothèse que l'AP reprenne progressivement le gouvernement à Gaza. Cette hypothèse trouve un écho aux États-Unis et en Israël comme un changement fondamental qui permettrait de coordonner les efforts israélo-égyptiens et américains. L'idée principale de cette stratégie est de soutenir le renforcement de l'AP et son retour à Gaza. Cependant, le défi actuel consiste à transformer cette idée de la théorie à la pratique, sur le terrain.

Le plus grand dilemme auquel Israël est confronté à Gaza est l'argent qui parvient au Hamas et la manière de concevoir un mécanisme de reconstruction qui garantisse que le mouvement n'en bénéficie pas. Nous parlons d'un mécanisme qui a été établi après la guerre de 2014, mais qui a besoin d'être actualisé pour parvenir à la stabilité à Gaza. Toutefois, cette mesure ne suffira pas à elle seule à modifier l'équilibre des forces entre le Hamas et l'AP. Pour renforcer l'AP et faciliter son retour au pouvoir à Gaza, Israël doit entreprendre cinq étapes fondamentales.

La première étape consiste à améliorer les chances de succès de cette idée. Les deux parties n'accepteront pas de participer ou de conduire une démarche vouée à l'échec. À cette fin, Israël devrait assouplir les restrictions à la circulation des biens et des personnes à Gaza et soutenir de grands projets, notamment la planification, la construction et l'exploitation d'un port maritime sous la supervision de l'AP, en tenant compte des besoins d'Israël en matière de sécurité.

Dans un deuxième temps, l'Autorité palestinienne doit permettre au Fatah et au Hamas de mieux s'entendre sur la répartition du pouvoir et des responsabilités entre eux. Israël doit soutenir la formation d'un gouvernement technocratique, et ne pas y opposer son veto. Ce gouvernement, dirigé par l'AP, serait chargé de gérer les affaires civiles à Gaza, sous réserve d'un mécanisme de garantie selon lequel le Hamas n'aurait pas accès aux fonds gérés par ce gouvernement.

La troisième étape concerne l'absence de moyens de défense et de sécurité efficaces à Gaza. Israël ne blâmera pas l'Autorité palestinienne et ne la tiendra pas pour responsable de toute violation du cessez-le-feu par une tierce partie.

En ce qui concerne la quatrième étape, l'Autorité palestinienne n'est pas censée coopérer avec une stratégie qui n’améliore les conditions qu’à Gaza ; l'approche proposée implique donc de veiller à ce que la situation en Cisjordanie s'améliore également, quelle que soit la distance qui sépare Gaza de la Cisjordanie .

Enfin, la cinquième étape consiste à éviter toute provocation israélienne dans les lieux saints de Jérusalem et de ses environs, à maintenir le statu quo dans la mosquée Al-Aqsa et à ne pas expulser les Palestiniens de leurs maisons à Jérusalem-Est. Ce sont toutes des mesures qui ne dépassent pas les limites idéologiques du nouveau gouvernement israélien, et aucun des membres de la coalition ne s'oppose à des mesures concernant directement la qualité de vie, la stabilité ou la sécurité en Cisjordanie .

Prendre ces mesures présente un certain nombre d'avantages pour Israël ; en premier lieu, elles empêcheraient le Hamas de prétendre qu'il représente les Palestiniens. Plus important encore, le gouvernement israélien ne veut pas être entraîné dans la réoccupation de Gaza, et a donc besoin d’urgence d'un gouvernement palestinien dans cette région. Israël doit savoir que les développements en Cisjordanie et à Jérusalem affectent la stabilité à Gaza, et vice versa.

Cela signifie que deux mois après la guerre de Gaza, la situation sur place est toujours instable et dangereuse. Jusqu'à présent, les négociations sur l'accord d'échange de prisonniers semblent être au point mort, et la reconstruction de Gaza reste un rêve lointain. Certes, le Hamas a beaucoup souffert de la guerre, mais il en est sorti victorieux. Pendant les jours de combat, ses combattants semblaient confiants, et certains d'entre eux sont même devenus des stars des médias sur les réseaux arabes. Cependant, en réalité, ils savent qu'ils devront bientôt soit obtenir énormément d'aide pour la reconstruction de Gaza, soit provoquer une nouvelle escalade de la situation si leurs revendications ne sont pas satisfaites, comme ils l'avaient promis à leurs partisans.

Au cours des 14 dernières années, Israël a estimé que la politique de "diviser pour mieux régner" entre la Cisjordanie et la bande de Gaza, et entre le Fatah et le Hamas, servait ses intérêts. Or, rien de tout cela ne s'est produit. Lors de la dernière guerre de Gaza, Israël a compris qu'il était impossible de réprimer le Hamas ou de parvenir à un accord avec lui. Le Hamas est une organisation idéologique aux objectifs clairs.

Il ne fait aucun doute que le Hamas veut devenir le maître de maison de l'Organisation de libération de la Palestine (OLP) et obtenir une reconnaissance internationale, de sorte que la prochaine série de combats avec le Hamas semble inévitable. Cela peut se produire maintenant, en pleine chaleur de l'été, ou à une autre occasion. Il faut que les Israéliens comprennent que, cette fois, les combattants du Hamas augmenteront la production de roquettes pour refaire leurs réserves et creuseront des tunnels.

La force accrue du Hamas dans la rue palestinienne, notamment en Cisjordanie , et l'insistance d'Israël à vouloir une nouvelle équation avec le mouvement à Gaza, augmentent les chances d'une nouvelle escalade militaire à venir. Si les Israéliens essaient de décrire clairement la situation à Gaza et de résumer les résultats de la guerre, ils risquent d'avoir du mal à le faire, ou à trouver des réponses. Ce qui confirme que Gaza est un problème complexe pour Israël, et il semble que la dernière guerre ne soit qu'une petite pause. Ainsi, les dirigeants de l'armée d'occupation continuent d’en examiner les événements, d'en tirer des leçons et de se préparer à la prochaine.

Source : Middle East Monitor

Traduction : MR pour ISM

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