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France / Israël -

L’entité sioniste ou la France : le record de l’infamie

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Comparer les pratiques d’un pays, même impérialiste et colonialiste, avec celles d’une entité coloniale de peuplement, dont le fondement est associé à d’horribles massacres, à l’expulsion d’un peuple et à une entreprise méthodique de purification ethnico-religieuse, toujours en cours, n’est pas entièrement justifié. Il est vrai que la France n’est pas une colonie, les Français qui y vivent n’ont pas chassé un peuple et volé ses terres et ses biens, pour s’y installer. La France n’a pas inventé une histoire mythique datant de plusieurs milliers d’années pour justifier la création de son Etat.

L’entité sioniste ou la France : le record de l’infamie

Karim Younes, résistant palestinien, détenu dans les geôles de l'Etat colonial depuis juin 1983
Mais la France porte un lourd passé d’Etat colonial, qui a commis des massacres partout dans le monde, au nom de la « liberté », des « droits de l’homme » et de la « supériorité raciale ».  Malgré les crimes commis par ses colons et militaires ailleurs que sur son sol, la France persiste à légitimer son histoire criminelle en adoptant ce qu’elle nomme « les bienfaits de la colonisation », c’est-à-dire la destruction des sociétés et leur acculturation, l’exploitation économique de leurs pays, la provocation de conflits inter-ethniques et inter-religieux, et la formation d’élites « indigènes » soumises à ses politiques. Cette politique coloniale se traduit aujourd’hui, sur divers plans, par le racisme anti-arabe et l’islamophobie, par une politique impérialiste et dominatrice, par un soutien inconditionnel à l’entité coloniale sioniste, et par le maintien en otage de George Ibrahim Abdallah.

Au moment où le militant libanais George Ibrahim Abdallah entame sa 30ème d’incarcération dans les prisons de l’impérialisme français, l’entité coloniale sioniste se prépare à libérer 26 prisonniers, des combattants palestiniens ayant été condamnés à plusieurs perpétuités, parmi les 104 qu’elle a promis de faire libérer, non par humanisme, mais pour que les négociations entre l’Autorité palestinienne et les dirigeants de la colonie reprennent, sous l’égide de l’impérialisme américain. Ce fut une condition de l’Autorité palestinienne, formulée à cause de la pression exercée par le peuple palestinien. Ces combattants prisonniers sont détenus par l’occupant depuis les années 80, et le plus ancien prisonnier, Karim Younes, est détenu depuis 1983 (juin), soit comme George Ibrahim Abdallah, depuis plus de 30 ans !

Si l’entité sioniste a finalement accepté de faire libérer ces combattants, suscitant diverses réactions hostiles à l’intérieur même de son establishment, pourquoi la France refuse-t-elle de faire libérer l’otage libanais qu’elle détient, et poursuit-elle une attitude de hors-la-loi, elle qui affirme tout haut respecter le droit international, la communauté internationale et tout ce qui s’ensuit, et qui se targue de donner des leçons dans ce sens au monde entier ?

Si l’entité sioniste a rompu, rompt et rompra toujours avec ses propres principes d’Etat voyou et colonial, à cause des pressions exercées par la résistance palestinienne et le peuple palestinien et ses amis dans le monde, pourquoi la France semble-t-elle si arrogante en maintenant l’otage George Ibrahim Abdallah en captivité ?

Certains avancent l’idée que la France n’est pas un pays souverain. Elle est, comme l’entité sioniste, soumise à l’impérialisme américain. Dans le cas de l’otage George Ibrahim Abdallah, ce sont les Etats-Unis qui refusent sa remise en liberté, alors que dans le cas des combattants palestiniens devant être libérés, l’entité sioniste a dû se plier au désir américain, pressé de régler la « question palestinienne » au détriment du peuple palestinien !

Photo
Rassemblement national contre la séquestration de Georges Ibrahim Abdallah le samedi 16 octobre à Lannemezan


D’autres avancent l’idée que la France a durci le ton envers tout ce qui peut représenter la culture de la résistance dans la région arabe, dont George Ibrahim Abdallah est le symbole, car, en libérant l’otage qui a refusé, tout au long de trente années de « s’excuser » ! de son appartenance anti-impérialiste et qui a refusé de « tourner sa veste », elle craint de satisfaire et d’appuyer le camp de l’anti-impérialisme et de la résistance au sionisme dans la région. Au moment où la France prétend être du côté de la liberté des peuples, armant par-ci des « rebelles » et intervenant militairement par-là pour tuer ou « libérer », la France craint en réalité le soulèvement des peuples contre la domination impériale qu’elle représente aux côtés des Etats-Unis et d’autres puissances européennes. Libérer l’otage George Ibrahim Abdallah serait, pour la France, renforcer le camp anti-impérialiste et les mouvements de libération. Cela est sûrement contraire à sa vision du monde.

D’autres enfin avancent l’idée que la pression internationale n’est pas assez puissante pour que la France libère son otage. D’abord, Le Liban, son propre pays, est soumis et divisé, et maintenant plus qu’hier. Ce pays dont une grande partie de son peuple est « colonisable » (comme dirait Malek Bennabi) vit dans l’illusion d’une souveraineté acquise par le jeu des puissances mondiales et régionales. En France, la pression de la « rue » a pris de l’ampleur, depuis que George Ibrahim Abdallah a été libéré avant d’être pris en otage, il y a moins d’un an, mais elle reste insuffisante pour rabattre l’arrogance de l’impérialisme français.

Photo
Manifestation pour la libération de Georges Ibrahim Abdallah devant l'Ambassade de France à Tunis le 24 octobre 2013


Même si la résistance palestinienne en Palestine occupée se prépare tous les jours et mène sans cesse des tentatives pour libérer les combattants palestiniens, la libération de George Ibrahim Abdallah, comme celle des combattants palestiniens, anciennement ou récemment détenus, est également possible grâce à l’internationalisation de la question de sa détention, non seulement auprès des instances internationales (si l’entité sioniste ne les craint pas, la France peut y être sensible), mais surtout auprès des peuples, dans les pays arabes et ailleurs dans le monde. Une victoire contre l’impérialisme français et l’occupation sioniste n’est pas impossible, au contraire. Elle est nécessaire car l’infamie est à son comble.

Photo
A Buenos Aires le 24 octobre 2013


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