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Palestine - ISM France

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Hébron -

L'oppression israélienne à Hébron – une histoire de ségrégation, de déplacements forcés et de terreur (3/3)

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Le nombre d'expulsions du Centre Ville d'Hébron n'a pas d'équivalent depuis que la Cisjordanie a été occupée en 1967. La politique israélienne montre là un profond mépris des droits des Palestiniens et une violation flagrante des lois internationale et israélienne. Pour satisfaire les colons, les Palestiniens souffrent et meurent, et c'est intolérable.

L'oppression israélienne à Hébron – une histoire de ségrégation, de déplacements forcés et de terreur (3/3)


Les filets que les Palestiniens du Centre Ville d'Hébron sont obligés de tendre dans les rues pour éviter de recevoir sur la tête les détritus des colons (photo ISM)

La politique d'Israël à Hébron d'un point de vue légal

Israël base sa politique du Centre Ville d'Hébron sur le "principe de séparation" qui viole gravement les droits des Palestiniens, touchés "dans tous les aspects de leurs vies." Elle contrevient à la loi humanitaire internationale, la loi internationale pour les droits de l'homme ainsi que la loi administrative et constitutionnelle israélienne, en tant que puissance occupante. En bref, c'est une politique injuste et scandaleuse, mais elle persiste néanmoins.

La loi humanitaire internationale fait obligation à un occupant :
- d'assurer sa sécurité légitime, et
- de garantir les besoins essentiels de la population civile occupée, comme précisé par l'Article 27 de la 4ème Convention de Genève.

Elle statue que ces populations "seront en tout temps traitées avec humanité, et seront en particulier protégés contre tout acte de violence ou menaces (…)." Cette obligation fondamentale est liée aux droits des personnes à la vie, à la liberté, à la sûreté personnelle, à la liberté de circulation et autres droits humains sacro-saints.

Ils sont aussi codifiés dans la loi internationale pour les droits de l'homme et la loi administrative et constitutionnelle israélienne, auxquelles un occupant est soumis. Ces lois exigent qu'Israël empêche ses forces de sécurité d'enfreindre les droits palestiniens en tant que peuple occupé. Elles garantissent aussi le droit à être entendu, le devoir d'agir raisonnablement, et de se soumettre au principe de proportionnalité qui requiert de respecter cette règle fondamentale : les décisions du corps administratif ne sont légitimes que si les moyens employés pour les appliquer sont proportionnés.

Les pratiques suivantes ne le sont pas :
- restreindre les mouvements palestiniens dans le Centre Ville d'Hébron,
- interdire l'ouverture des magasins palestiniens dans de larges secteurs de la zone,
- fouiller et saisir arbitrairement les logements privés, ainsi que les transformer en quartier des forces de sécurité, et
- toute infraction au droit de propriété des Palestiniens, à gagner leur vie par tout travail qu'ils choisissent, à un mode de vie adéquat, à un logement adéquat, aux soins médicaux, à l'éducation et autres services essentiels, à l'intimité et à une vie de famille sécurisée et normale.

Les autorités israéliennes refusent délibérément et volontairement d'appliquer la loi sur leurs forces de sécurité et les colons. En conséquence, les droits des Palestiniens sont ignorés et ils sont soumis à des harcèlements et indignités continuels, en violation des lois internationale et israélienne. Leurs conditions de vie intolérables représentent "un traitement cruel, inhumain et dégradant".

Elles le sont à cause de la présence des colons dans la ville, dont les exigences priment même lorsqu'elles violent la loi. Toutes les colonies israéliennes dans les Territoires Palestiniens Occupés sont illégales, selon l'Article 49 de la 4ème Convention de Genève, qui indique : "La puissante occupante ne déportera pas ou ne transfèrera pas des parties de sa propre population civile dans les territoires occupés." Ceci s'applique également à l'organisation et à l'encouragement au transfert de sa propre population dans le territoire occupé, qui déplace les habitants légaux en les obligeant à déménager.

La loi internationale condamne le colonialisme. En encourageant et finançant les colonies du Centre Ville d'Hébron et dans les TPO, Israël viole la loi internationale, ainsi que les Résolutions 465 et 476 des Nations Unies qui traitent de l'occupation illégale israélienne de la Palestine et des Hauteurs du Golan syrien. Depuis que le Conseil de Sécurité a voté les deux résolutions en 1980, Israël les viole de façon flagrante et continue de construire de nouvelles colonies dans les TPO partout où il le souhaite.

Ce n'est ni une surprise ni une nouveauté, parce que deux nations se placent au-dessus de toutes les autres comme violeurs en série des résolutions de l'ONU et des lois internationales tout au long des 50 dernières années : Israël et les Etats-Unis.

Dans le cas d'Israël, son palmarès est épouvantable : plus de 5 douzaines de résolutions de l'ONU ignorées de façon flagrante et volontaire, toutes le condamnant ou le censurant pour ses actions contre les Palestiniens et d'autres peuples arabes, ou demandant, appelant ou enjoignant l'Etat juif à y mettre fin. Israël refuse et n'a jamais dû rendre compte grâce à son puissant allié de Washington. Toutes les administrations US, au cours du demi-siècle passé, ont autorisé Israël à se comporter de façon illégale et à s'en tirer.

La Haute Cour de Justice d'Israël est également coupable d'ignorer la loi internationale et pour son soutien unilatéral de l'injustice, en dépit de quelques décisions inverses. Les lois internationale et israélienne sont claires. Pourtant, la Cour appuie les colonies illégales, le mur de séparation (qui vole plus de 10% de la terre cisjordanienne) déclaré illégal par la Cour Internationale de Justice de La Haye, les assassinats ciblés, le droit des colons à détruire les propriétés palestiniens, et le droit d'Israël à protéger les colonies sans tenir compte du prix payé par les Palestiniens.
Rien ne peut justifier la plupart des actions israéliennes, et pourtant elles persistent, avec le soutien de la Haute Cour.

Israël et la Haute Cour ont obligation, selon la loi internationale, de traiter les personnes de façon égalitaire, et pourtant ils ne le font pas. Voyez l'article 1 de la Convention Internationale sur l'élimination de toutes les formes de discrimination raciale de 1965, qu'Israël a signé en 1966 et ratifié en 1979. Elle définit la "discrimination raciale" comme : "1. Dans la présente Convention, l'expression «discrimination raciale» vise toute distinction, exclusion, restriction ou préférence fondée sur la race, la couleur, l'ascendance ou l'origine nationale ou ethnique, qui a pour but ou pour effet de détruire ou de compromettre la reconnaissance, la jouissance ou l'exercice, dans des conditions d'égalité, des droits de l'homme et des libertés fondamentales dans les domaines politique, économique, social et culturel ou dans tout autre domaine de la vie publique."

La politique d'Israël est de facto une politique de séparation et de discrimination délibérées. La loi internationale l'interdit et la qualifie de "raciste". Au regard de l'Article 3 de la Convention, qui condamne la ségrégation raciale, la politique menée dans le Centre Ville d'Hébron atteint des sommets. Pourtant, c'est la politique officielle d'Israël partout dans les Territoires Palestiniens Occupés et, en Israël, contre ses propres citoyens arabes.

La loi internationale condamne aussi la punition collective ; l'Article 33 de la 4ème Convention de Genève déclare : "Aucune personne protégée ne peut être punie pour une infraction qu’elle n’a pas commise personnellement. Les peines collectives, de même que toute mesure d’intimidation ou de terrorisme, sont interdites." Les mesures prises par Israël contre les Palestiniens après septembre 2000 constitue une peine collective délibérée et sont donc illégales.

De même qu'est illégal le transfert forcé d'un peuple occupé, par des moyens directs ou indirects ; pourtant, la politique déclarée d'Israël et ses actions qui en découlent ont déplacé plusieurs milliers d'habitants des TPO, et des milliers dans le seul Centre Ville d'Hébron. Ce qui viole également la 4ème Convention de Genève, dont l'article 49 statue : "Les transferts forcés, en masse ou individuels, ainsi que les déportations de personnes protégées hors du territoire occupé dans le territoire de la Puissance occupante ou dans celui de tout autre Etat, occupé ou non, sont interdits, quel qu’en soit le motif." Cette interdiction s'applique également aux transferts à l'intérieur du territoire occupé, comme chasser les habitants du Centre Ville d'Hébron par égard pour les colons.

Les Articles 146 et 147 vont plus loin, en considérant tout transfert illégal de personne comme infractions graves et comme crime de guerre, dont les responsables portent l'entière responsabilité.

Action israélienne actuelle pour empêcher la construction d'une clinique médicale

Les efforts prodigués en ce moment pour empêcher Israël de détruire une clinique médicale en construction dans la vallée de la Beqa'a ne font pas partie de l'étude B'Tselem-ACRI. Cette clinique est à 30 minutes de marche du Centre Ville d'Hébron. Elle sera gérée par le Secours Palestiniens et CARE International et pourra accueillir entre 600 et 700 patients, en particulier des femmes et des enfants du secteur, et fournira des soins courants, des surveillances prénatales et des vaccinations un jour par semaine.

En décembre 2007, l'Administration Civile israélienne a émis un ordre d'interruption du chantier de la clinique ; les habitants s'y sont conformés et avaient jusqu'au 10 janvier 2008 pour faire appel. Cet équipement est un besoin vital ; les ordres d'arrêt de travaux précèdent habituellement une démolition, et ils ont aussi été émis pour plus de 25 maisons en construction. A moins d'annulation ou d'interruption des travaux, la démolition sera exécutée et constituera un nouvel acte de punition collective contre les Palestiniens, qui sont dans l'impossibilité de l'empêcher.

Bush en Palestine

La visite de George Bush en Israël et en Palestine ne fait pas non plus partie du rapport B'Tselem-ACRI, mais elle mérite d'être mentionnée pour mettre en lumière la situation désespérée des gens d'Hébron et de tous les Palestiniens. Ce fut la première visite officielle de Bush en tant que Président et elle a fait partie de sa tournée de sept états, pendant neuf jours au Moyen Orient. Cette tournée n'a rien eu à voir avec la paix, la solution à deux états ou la fin de l'occupation illégale, et tout à voir avec la trahison des Palestiniens et l'affrontement avec l'Iran.

Les 9 et 10 janvier, Bush a visité Jérusalem, Ramallah et Bethléem en Cisjordanie , a fait l'impasse sur Gaza et Hébron, et s'est concentré sur du théâtre, des séances photos et des promesses réitérées, une fois de plus, pour ne pas les tenir ensuite.

Les Palestiniens le savaient, et Haaretz a exprimé leur façon de voir le 10 janvier, dans un article titré : "A Ramallah, les Palestiniens se préparent à la visite de "ce criminel de Bush".

L'amertume est tellement grande que les forces palestiniennes de sécurité ont creusé le béton à la recherche de bombes autour et sous le bâtiment qui devait accueillir Bush pour la rencontre. De plus, Israël a déployé 10.000 policiers et agents de sécurité pour sa protection, ont réservé la totalité de l'hôtel King David à Jérusalem pendant son séjour, annulé les réservations des touristes pour ce faire, bloqué les routes autour de l'hôtel, causant d'énormes embouteillages, et isolé totalement le Président du peuple qu'il était soi-disant venu aider.

Le pourquoi n'est pas un mystère.

La visite intervenait à la suite de la tragédie et la parodie d'Annapolis, qui fut une grande première. Pour la première fois dans l'histoire, le gouvernement légitime d'une des parties a été exclu des pourparlers de paix, et cette décision les a condamnés.

Le voyage comme la réunion représentaient de toutes façons plus un simulacre qu'une véritable recherche de paix parce que la sincérité des Palestiniens dans cette recherche ne colle pas avec Israël et Washington. L'administration Bush soutient fermement les colonies israéliennes illégales, et le Premier Ministre israélien Olmert le sait. Avant l'arrivée de Bush, il a déclaré : "Je ne me souviens pas d'un président qui ait montré aussi systématiquement et avec autant de constance un tel niveau d'engagement en faveur d'Israël que George W. Bush", et c'est bien ça le problème.

Que pouvaient espérer les Palestiniens de cette réunion ? Un dessin critique, que le journal Al-Quds a refusé de publier, nous le dit. Il montre Bush arrivant en hélicoptère, et qui s'exclame : "Quel refus d'entrée ? Quel mur ? Quels checkpoints ? Quelles colonies ? Mission accomplie." Les gens d'Hébron ont compris. Comme tous les Palestiniens, y compris les centaines qui ont été tués par les incursions des FDI après Annapolis lorsque la violence israélienne a fait rage dans les Territoires… au nom d'une "paix" qu'Israël et Washington ne veulent pas.

Conclusions

B'Tselem-ACRI eux aussi comprennent le problème. Leur rapport considère que "les torts graves et constants faits aux Palestiniens (dans le Centre Ville d'Hébron) sont une des manifestations les plus extrêmes de violation des droits de l'homme" commises par Israël.

En protégeant les colons par une politique fondée sur le "principe de séparation", ses actions sont racistes et illégales, comme le sont les restrictions de la liberté de circulation, les couvre-feux, les attaques des forces de sécurité et des colons violents, les saisies et les fouilles arbitraires, l'installation des soldats dans les maisons, les transferts de masse des populations et les détentions et rétentions injustifiées pour punir collectivement et harceler.

Le nombre d'expulsions du Centre Ville d'Hébron n'a pas d'équivalent depuis que la Cisjordanie a été occupée en 1967. La politique israélienne montre là un profond mépris des droits des Palestiniens et une violation flagrante des lois internationale et israélienne. Pour satisfaire les colons, les Palestiniens souffrent et meurent, et c'est intolérable.

B'Tselem et ACRI insiste sur l'exigence d'y mettre un terme, et sur la protection et le respect des droits des Palestiniens. Toutes les colonies israéliennes sont illégales dans les Territoires. La loi internationale exige qu'elles soient évacuées et, sur la situation dans le Centre Ville d'Hébron, B'Tselem et ACRI écrivent : "Israël a l'obligation légale et morale d'évacuer les Israéliens qui se sont installés ici et de les ramener en Israël." Tant que ceci ne sera pas réalisé, Israël est obligé de garantir la sécurité des Palestiniens, de manière à ce qu'ils vivent normalement, dans le respect et la protection de leurs droits civils et humains.

B'Tselem et ACRI exhortent Israël à prendre en particulier les mesures suivantes :

- permettre la libre circulation des Palestiniens dans le Centre Ville d'Hébron et retirer tous les checkpoints et les barrages,

- laisser les Palestiniens réintégrer leurs maisons,

- revitaliser la zone commerciale du Centre Ville comme zone commerciale, comme elle était avant d'être occupée,

- s'assurer que les FDI et la police appliquent la loi, préviennent la violence des colons et ne pratiquent plus aucun acte de punition individuelle ou collective,

- ordonner aux autorités policières d'examiner et d'agir avec justice à l'égard de toutes les violations de la loi par les forces de sécurité et les colons, et

- s'assurer que les forces de sécurité empêchent les colons de s'emparer d'autres bâtiments et secteurs de la ville.

Par-dessus tout, les autorités d'Etat, les forces de sécurité et les colons doivent obéir aux lois et traiter les Palestiniens occupés avec justice. Israël prétend être un Etat civilisé, il est temps d'agir en tant que tel.

Voir le documentaire ci-dessous sur la vie des Palestiniens à Hébron (traduction en français)

Pas de greffon vidéo disponible...

Source : The Peoples Voice

Traduction : MR pour ISM

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