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Palestine - ISM France

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Gaza -

Là où la route s'arrête

Par

Leila al-Haddad est une journaliste basée dans la Bande de Gaza

En rentrant à Gaza, il y avait sur la route des piles de tomates abîmées, de concombres, de fraises, de poivrons doux alors que c'est la pleine saison maintenant.
Israel a unilatéralement fermé le passage d'Al-Mintar ("Karni") depuis près de 3 semaines maintenant, sans dire quand il réouvrirait.
Les produits laitiers ont tous disparus des étagères des supermarchés

Là où la route s'arrête


Un soldat israélien apparaît indistinctement au-dessus des fermiers palestiniens qui sont forcés de détruire leurs produits en raison de la fermeture de Karni. (Wasem Saleh: Photographer/Maan)


Hier, après un tour autour de Beit Hanun, le grenier du nord de Gaza, je me dirigeais en direction du passage d'Erez pour donner un coup de main à des amis journalistes.
Ils allaient à Jérusalem où ils sont basés, et là où je suis incapable d'aller.

Je n'étais pas allée à Erez depuis un moment, à savoir parce que je n'en ai aucune raison.

On m'interdit d'entrer en Cisjordanie suite à la décision arbitraire d'un fonctionnaire dans la matrice de sécurité israélienne.

Ou peut-être pas aussi arbitraire que ça.

Parce qu'évidemment avec un stylo dans une main, une couche-culotte sale dans l'autre, je suis une véritable menace potentionnelle à l' establishment israélien de sécurité.

Quand je suis sortie du taxi et que j'ai regardé le long couloir rempli de tourniquets, construit à la manière d'un hangar à bétail, je me suis rendue compte que pour moi, c'est, comme dans les livres de Shel Silverstein, c'est là où la route s'arrête. Les terres je ne peux atteindre sont à portée de vue, la terre dans laquelle je suis confinée, avec toute sa folle existence, est derrière moi.

Aller à Erez sert toujours de rappel sinistre de ce que Gaza est devenu.

Il est parfois facile d'oublier quand vous êtes emprisonnés à l'intérieur du globe de neige et qu'il y a un dême de verre qui vous entoure;

Erez me rappelle complètement les limites et le contrêle absolu dont je fais l'objet; du fait que je suis une prisonnière sur ma propre terre;
que je suis privée du plus fondamental des droits de l'homme : la liberté;
que plusieurs mois après le désengagement grandement encensé qui nous a été offert par rien de moins que l'"homme actuellement dans le coma" et heureusement oublié "l'homme de paix" lui-même, les choses se sont aggravés progressivement dans Gaza.

À l'ouest, il y a le village d'Al-Siyafa qui vit sous la terreur depuis la création par les Israéliens de la nouvelle zone de "no-gone" (ndt : zone interdite), comme me l'a expliqué son mukhtar, Musa al-Ghul : "Nous avons perdu tout sentiment de sécurité. Dès le coucher du soleil, nous sommes sous couvre-feu. Nous vivons dans la peur absolue."

Tout déplacement peut être mortel pour ces habitants, qui ont vécu pendant cinq ans coincés entre les colonies illégales, prisonniers et terrorisés, et coupés du reste de Gaza. Maintenant ils revivent une forme évoluée de ce cauchemar, une nouvelle occupation améliorée.

Leurs déplacements sont limités pendant la journée et ils ne se déplacent pas du tout pendant l'obscurité.



En attendant, la construction d'un mur de béton continue au nord de Beit Hanoun et de Beit Lahia, et les frontières également sont renforcées avec l'installation de nouvelles bases militaires et tours d'observation.

La partie orientale de Beit Hanun a été également déclarée "Zone Militaire Fermée" la semaine dernière, et comme nous le montre la mort brutale d'Aya al-Astal, 9 ans, qui s'est perdue en rentrant chez elle à Al-Qarrara, toute personne qui s'aventure à l'intérieur d'une ligne non délimitée de 150 mètres à vol d'oiseau, que ce soit une abeille ou une enfant de 9 ans, rencontrera une force inébranlable.


En rentrant à Gaza, il y avait sur la route des piles de tomates abîmées, de concombres, de fraises, de poivrons doux alors que c'est la pleine saison maintenant.

Israël a unilatéralement fermé le passage d'Al-Mintar ("Karni") depuis près de 3 semaines maintenant, sans dire quand il réouvrirait.

Les produits laitiers ont tous disparus des étagères de supermarché, et la seule usine locale est incapable de satisfaire la demande énorme de Gaza.

Les aliments pour bébé, les médicaments et d'autres produits de bases diminuent. Et naturellement, les récoltes des fermiers - pour être exacte : plus de 200 tonnes - restent à pourrir, entrainant une perte totale de 2 millions de dollars par jour.

Bienvenue dans le nouveau Gaza amélioré.


Source : http://electronicintifada.net/

Traduction : MG pour ISM

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