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USA -

La besogne de Chuck Hagel‏

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Il se tient modestement, affecte une mine presque renfrognée qu’accentue une mèche rabattue sur un front large et haut souvent plissé.
Il est peu loquace, ne multiplie pas ses interventions publiques.
Sa nomination a été marquée par l’hostilité ouverte du Sénat qui le soupçonnait d’être un vulgaire pacifiste puisqu’il a été un Républicain hostile à la politique militaire de Bush. Il s’est singularisé en commettant sur le Washington Post, après la défaite de son parti aux élections de mi-mandat en novembre 2006, un éditorial où il préconisait un retrait planifié des troupes américaines.

La besogne de Chuck Hagel‏

Chuck Hagel, Secrétaire d'Etat à la Défense US, pendant la conférence sur la sécurité à Munich, le 1er février 2014 (Brendan Smialowski / Getty Images)
De plus, il avait la réputation d’être un "anti-nucléaire" mais surtout de n’être pas entièrement favorable à la politique israélienne. Quand Obama a fini par l’imposer à la tête du Département de la Défense au prix de longues et humiliantes justifications d’être pur de ces deux péchés, il y a été vu une baisse de l’influence de l’AIPAC .
Cet homme à l’allure presque effacée a présenté avec une relative clarté le programme qu’il entend mener au sein du Département de la Défense ce 1er février 2014 lors de la Conférence sur la Sécurité qui s’est tenue à Munich. Il faisait part des prémisses du futur de sa stratégie militaire qui sera publiée dans les prochains mois dans le Quadrennal Defence Review.
 
Le Nucléaire rien que pour les Us(a) et le jeu de Go autour de Moscou

Il expose tout d’abord que deux axes de développement seront prioritaires, le nucléaire et le système anti-missile.
- Concernant le nucléaire, les Us(a) pourtant signataires du protocole de non-prolifération ne subiront jamais de contrôle de l’AIEA alors même qu’ils annoncent qu’ils investissent pour perfectionner leur arsenal. Il est donc lavé du premier soupçon/première accusation.
- Pour le système anti-missile et son installation face à la Russie, Victoria Nulland le déclare en toute simplicité [voir la vidéo à partir de 7'30], les Us(a) ont consacré depuis 1991 5 milliards de dollars pour les outils de la démocratie. Ils ont financé en particulier le parti nationaliste Svoboda fondé dans le sillage et à l’image du parti national-socialiste allemand. Son chef, Stepan Bandera exfiltré par les Occidentaux après la victoire soviétique sur le front de l’Est avait travaillé pour le MI6 britannique jusqu’en 1959, date à laquelle il fut exécuté par le KGB.
 
La diplomatie ou les sales besognes

Cette intrication Défense-Affaires Étrangères, Charles Timothy Hagel la revendique et l’envisage comme  une évolution nécessaire qui devrait signaler un virage par rapport à l’ère Bush où tout était exclusivement affaire de guerre. La diplomatie est une manière soft de la poursuivre. Il se félicite de coordonner son action avec celle de son collègue Kerry.
Hagel vient juste de terminer fin janvier une visite en Pologne, elle sera dotée d’intercepteurs de missiles sous peu. On espère faire avancer l’encerclement de la Russie avec une grande fermeté diplomatique.

L’activisme diplomatique étasunien après la prise en charge de la Géorgie, actuellement de l’Ukraine et bientôt en direction de la Biélorussie n’épargne pas l’Orient arabe. Kerry autant voire plus que ses prédécesseurs débarque à Tel Aviv pour tenter d’obtenir un gel de la colonisation des derniers mètres carrés palestiniens non encore volés par l’occupant.
Sa danse impuissante à charmer un Netanyahu plus que sûr de son fait, n’a-t-il pas reçu l’exceptionnel hommage du Congrès américain lors d’une de ses visites sous la forme d’une standing ovation ? Netanyahu reste insensible à ses avertissements des succès inattendus de la campagne de boycott pris pour de l’antisémitisme qu’il a pris acte du reflux étasunien dans cette partie du monde. Les offres de service sionistes se font ouvertement envers la Chine populaire. Netanyahu est agacé par le désordre non contrôlé en Syrie. Ce que les nationalistes arabes espéraient du débordement possible de la résistance irakienne vers le front palestinien n’avait pas eu lieu. En effet Abou Ghraïb et les milliards de dollars investis dans les prisons et le paiement des interrogateurs traducteurs israéliens l’ont empêché. L’arrivée en grand nombre de mercenaires plus ou moins volontaires du monde entier aux côtés des forces militaires anti-Assad même s’ils sont chapitrés avant même leur arrivée pour occire l’hérétique musulman et préserver le juif inquiète malgré tout car des têtes brûlées mal disciplinées pourraient étendre leur domaine de lutte.
 
Le partenariat ou le rêve éveillé d’une hégémonie

Le troisième point éminent abordé au cours de sa conférence est celui de la coopération entre les partenaires de l’Otan. Il préconise sur un ton dénué de l’arrogance impérative de Robert Gates que chaque membre de l’OTAN doit apporter sa contribution à la politique de défense commune dans une convergence harmonieuse des moyens. En raison des difficultés budgétaires de chacun et des restrictions dans les dépenses militaires, une coordination s’impose. Dit en des termes amicaux, les perspectives stratégiques et les programmes Recherche et Développement seront soumis à la maison mère. Hagel cite comme exemple emblématique de l’avenir commun l’aide apportée au Royaume-Uni pour adapter son prochain porte-avions à recevoir une flotte faite de F35 catapultés construits par Boeing.
Il a omis de citer la tentative ratée de confier à une entreprise privée étasunienne la fonction d’acheteur des fournitures, des armes et de l’équipement pour l’armée britannique, ce qui représente 14 £ milliards annuels et 16.000 employés. Dans le consortium pressenti figurait Bechtel, connu pour ses échecs de ‘reconstruction’ en Irak en dépit des sommes énormes qui lui ont été allouées par le gouvernement Bush et son insuccès à faire aboutir le projet d’un tunnel à Boston.
 
Les principes de réalité : agonie du dollar

Au total, le mot d’ordre serait ‘faire de pauvreté vertu’ ou feignons d’être maîtres de notre orientation alors que nous y sommes contraints économiquement.
L’épisode du plafond de la dette, son relèvement et la séquestration qui a tenu en haleine les investisseurs qui ont douté jusqu’au dernier moment de la solvabilité du Trésor américain, ne se reproduira pas cette mi-février car les Républicains vont le voter à nouveau sans se faire prier.
Il a laissé quelques traces et plus que mnésiques.
Les responsables de l’économie chinoise avaient promis face au risque renouvelé d’un défaut de la dette américaine que la finance internationale serait désaméricanisée. Des accords de swap de devises ont été signés entre la Banque Centrale Chinoise et et la BC de divers pays, dont le Royaume Uni et l’Union Européenne, encourageant l’internationalisation du rimimbi et court-circuitant le passage par le dollar américain en 2013 s’ajoutant aux accords de swap déjà entrepris avec les BRICS et une vingtaine de pays de l’ASEAN.

Par ailleurs, la Chine passée premier consommateur mondial de pétrole et premier client de l’Arabie Séoudite continue d’acheter de l’or. Le cours du métal précieux est manipulé à la baisse, elle ne se décourage pas et poursuit assidûment ses achats. Si les Us(a) continuent d’opposer leur veto à une réforme des institutions financières mondiales en faveur des émergents et en direction de l’adoption d’une autre forme de monnaie internationale d’échange et de réserve, la monnaie chinoise pourrait-elle assurer sa convertibilité en or et s’imposer ainsi ?
Les Us(a) ne sont capables que de s’offrir des guerres à moindre coût, Pakistan et Yémen, au Mali c’est la France qui a accompli le travail (l’utilisation des drones s’est largement démocratisée tant leur prix a baissé), l’affrontement a lieu sous une autre forme.
Le ralentissement économique des pays émergents avec tension sur leurs devises traduit leur recentrage sur leur marché intérieur en même temps que l’hyperliquidité induit une instabilité financière. Les BRICS ont résisté à l’orage financier et aux retraits des capitaux étrangers grâce aux fortes réserves qu’ils ont accumulées ces dernières années. Nous n’assisterons pas à un nouvel effondrement comme celui de 1998.
Le bilan de la Fed atteindra bientôt 4000 milliards, plus de trois fois celui de 2007. Il est fait de ses achats de la dette publique pour une bonne moitié, pour l’autre de ceux des organismes de crédit garantis par le gouvernement pour l’immobilier. Ce faisant, elle permet de maintenir des taux de crédit très bas sans quoi les intérêts de la dette seraient insupportables mais ponctionne toute l’épargne indisponible pour la consommation et la production. Bernanke a certes sauvé les institutions financières sans améliorer l’emploi et en aggravant les inégalités.
Les BRICS de leur côté tentent maintenant de créer leurs classes moyennes.
 
Hagel joue bien son rôle contraint d’étouffoir aux ambitions bellicistes primaires des néocons.
Il passe la main volontiers à Kerry et Nulland.
Les Us(a) n’ont rien pu faire en Ossétie du Sud.
Ils ont été privés d’une attaque aérienne sur la Syrie.
La démocratie sera promue grâce au financement et au soutien logistique apportés au parti ouvertement nazi et authentiquement antisémite ukrainien et à la myriade de groupuscules armés dits islamistes en Syrie, en Irak, au Liban et en Afrique sahélienne.
Tant que le dollar aura du crédit.
 
Badia Benjelloun
12 février 2014


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