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Palestine - ISM France

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Palestine -

La déportation des Palestiniens : un crime de guerre qui ne dérange pas l’ONU

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La déportation vers la bande de Gaza de la prisonnière libérée Hana’ Shalabi est le dernier exemple de déportation exécutée par l’occupant sioniste de la Palestine, il y a quelques jours. Hana’ Shalabi a dû mener une grève de la faim de 44 jours pour être libérée de la détention administrative, détention arbitraire pratiquée par l’occupant, et dont la France officielle n’a dénoncé que l’aspect excessif et systématique, mais pas le principe. Lors des derniers jours de la grève de la faim, la combattante Hana’ Shalabi a été mise en isolement, soumise à des pressions psychologiques et physiques : elle fut menottée et attachée dans sa cellule, et la visite de son avocat et de sa famille interdite. Les instructeurs sionistes l’ont menacée pour qu’elle cesse son mouvement de protestation, et face aux pressions, elle a dû céder : accepter d’être déportée à Gaza (qui est cependant son pays) au lieu de l’être vers la Jordanie, pour trois ans, si elle arrêtait la grève de la faim.

La déportation des Palestiniens : un crime de guerre qui ne dérange pas l’ONU

Hana’ Shalabi n’est pas la première à avoir été déportée vers Gaza. Depuis plusieurs années déjà, l’Etat sioniste a décidé de « se débarrasser » des prisonniers combatifs en les libérant de la prison pour les expulser du pays, ou les conduire vers le poste militaire de Beit Hanoun, séparant le territoire de Gaza de l’Etat sioniste, loin de leurs familles qui les attendaient. Sheikh Salah Arouri, déporté en Syrie, et responsable du dossier des prisonniers dans le mouvement Hamas, fait partie de ces prisonniers libérés mais déportés. De la même manière, les députés d’al-Qods, qui avaient été kidnappés en 2006 pour appartenance à la liste électorale soutenue par le Hamas, avaient été mis en détention administrative pour plusieurs années. Sitôt libérés, ils furent menacés de déportation. Ils ont protesté et se sont réfugiés dans le local du comité international de la Croix-Rouge, à Sheikh Jarrah dans al-Qods. Mais la police et les services sécuritaires sionistes n’ont que faire de la Croix-Rouge et de son local : ils violent l’immunité du lieu et s’emparent des députés. Deux sont déportés et les deux autres placés en détention administrative. Entretemps, les autorités de l’occupation retirent à ces maqdisis, qui sont nés et ont été élevés dans al-Quds, et qu’ils n’ont jamais quitté (sauf pour la prison), leurs cartes de résidence pour justifier leur déportation. Et pour couronner le tout, le CICR n’a élevé aucune protestation : il a tout simplement laissé faire, prouvant par là que la communauté internationale est sinon complice, du moins inutile quand il s’agit des droits du peuple palestinien.

Depuis l’occupation de la ville d’al-Quds et de la Cisjordanie plus globalement, plusieurs dizaines de milliers de Palestiniens ont été déportés vers les pays arabes, notamment en Jordanie. Ces Palestiniens expulsés de leur pays depuis 1967 par les forces de l’occupation s’ajoutent aux centaines de milliers de Palestiniens, expulsés à partir de 1948 et qui forment les réfugiés palestiniens, que l’Etat sioniste empêche de revenir dans leur pays.

Si l’expulsion en 1948 fut massive et représente la catastrophe suprême pour le peuple palestinien, parce qu’elle a vidé le pays de ses habitants légitimes pour les remplacer par des colons dévastateurs, l’expulsion des dizaines de milliers de Palestiniens par la suite, depuis 1948 jusqu’à présent, n’en représente pas moins un crime de guerre, étant donné que ces colons poursuivent, d’une part, leur projet de « nettoyer » le pays de ses habitants autochtones, et qu’ils cherchent d’autre part à détruire la société palestinienne, en frappant par le haut, c’est-à-dire ses éléments combatifs, son élite politique, économique et intellectuelle. Des dizaines de professeurs d’universités, des journalistes, des écrivains ont été déportés, sans que la communauté internationale ne s’émeuve de ces atteintes « aux droits de l’homme » de vivre dans son pays et sur sa terre, parmi sa famille et ses proches, ses voisins et ses amis.  

Le 10 mai 2002 déjà, les forces de l’occupation avaient banni et expulsé, sous l’égide de la communauté internationale, 39 combattants et résistants de l’Eglise de la Nativité de Bethléem, suite à 39 jours de siège de l’Eglise, 26 vers la bande de Gaza et 13 dans les capitales européennes. Certains sont décédés dans leur exil, d’autres attendent leur retour, voilà maintenant dix ans. Certains sont malades, d’autres furent absents des occasions familiales (décès, naissances, mariages, etc.) et dans les capitales européennes où ils ont été déportés, ils sont soumis à des mesures sécuritaires. Mais ils ont surtout été oubliés par l’Autorité palestinienne de Ramallah, qui ne réclame plus leur retour. Seules leurs familles poursuivent les protestations et à chaque nouvelle déportation, le comité des déportés de l’Eglise de la Nativité réclame à nouveau leur retour et l’attention des autorités de Ramallah envers leur cause.

Kifah Harb, l’épouse du martyr Abdallah Daoud, mort en déportation il y a deux ans, a déclaré lors de la commémoration de son martyre, que « Abdallah Daoud est revenu au pays, dans un cercueil. Il est temps d’agir pour un retour immédiat et rapide des déportés » et a annoncé que des demandes ont été faites à l’ONU pour activer leur retour, mais il fallait avant tout que l’Autorité de Ramallah adopte leur demande, et que les efforts officiels s’ajoutent aux efforts populaires pour mettre fin aux souffrances des déportés.

La déportation fut aussi le sort réservé à des prisonniers libérés dans le cadre de l’accord d’échange, sous l’égide des nouvelles autorités égyptiennes, du soldat criminel Shalit contre les 1045 prisonniers et prisonnières palestiniens. 40 prisonniers palestiniens furent déportés dans des capitales arabes (Syrie, Qatar, Jordanie) et musulmanes (Turquie), et 163 furent déportés à Gaza (bien que ce soit leur pays). Hana’ Shalabi avait été libérée, lors de cet accord d’échange, pour retourner dans sa famille. Mais pour les sionistes, aucun accord ne tient : les forces de l’occupation se sont immédiatement lancées dans l’arrestation des prisonniers libérés, et la combattante Hana’ Shalabi, entre autres, pour les placer en détention administrative, ce qui veut dire les arrêter parce qu’ils dérangent, par leur présence dans leur pays, les troupes de l’occupation. La lutte exemplaire de Hana’ Shalabi qui a mené la grève de la faim pendant 44 jours, suite à son compagnon politique du Jihad islamique, Sheikh Khodr Adnan, qui a refusé son arrestation et le principe détention administrative, a certes abouti à sa libération, mais l’occupant est parvenu cependant à y glisser ce qu’il considère comme sa vengeance, contre les prisonniers libérés et surtout contre les grévistes de la faim, la déportation.

Ni l’ONU, ni l’Union européenne, ni les organismes des droits de l’homme ou tout autre organisme international, n’ont protesté ni ne protestent contre ce crime de guerre que représente la déportation des Palestiniens de leur pays, de leur ville ou village. Les Palestiniens d’ailleurs le savent, puisqu’ils l’ont expérimenté depuis l’opération massive d’expulsion et de déportation en 1948 : ce n’est qu’en prenant les choses en main, par eux-mêmes, qu’ils pourront faire cesser ces crimes. C’est d’ailleurs ainsi, envers et contre tous, que la résistance palestinienne est née, contre l’occupant britannique puis l’occupant sioniste. Et malgré les souffrances quotidiennes qu’il endure, il poursuit son combat, sans relâche et avec détermination. 


Photo
Hana'a Shalabi dans sa chambre d'hôpital à Gaza, entourée de fleurs et du drapeau du Jihad Islamique


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