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Palestine - ISM France

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Palestine -

L’envergure très large du lobby israélien

Par

Hasan Abu Nimah est un diplomate jordanien à la retraite. Il a occupé de nombreux postes, dont celui de représentant aux Nations-Unies. Il parle là de l’influence du lobby israélien sur les politiques de l’Union Européenne. Influence exercée de manière douce mais tout aussi dévastatrice.

Bien que ne s’écartant jamais beaucoup de l’influence des Etats-Unis, l’Union Européenne a réellement essayé de peser sur Washington pour un petit peu plus d’équidistance.
Raison pour laquelle Israël et son lobby ont décrit l’Union Européenne comme ouvertement hostile à Israël et a cherché à l’exclure de toutes les négociations politiques de résolution du conflit, comme ils l’ont fait pour les Nations Unies.
L’Union Européenne, prête à tout pour jouer un rôle, a accepté le seul que lui laissaient Israël et les Etats-Unis : celui de financier de l’occupation.

Quelle est la portée du lobby israélien ?
Suscité par l’étude publiée par John Mearsheimer, de l’Université de Chicago, et Stephen Walt, d’Harvard, un nouveau débat fait rage sur cette question.

La thèse de Mearsheimer-Walt est que l’énorme pouvoir politique d’un réseau d’organismes, qu’ils regroupent sous le vocable de "lobby israélien" exerce une influence si prépondérante qu’il a constamment poussé les Etats-Unis à agir contre ses propres intérêts nationaux.

Les auteurs font la preuve de l’étendue du contrêle de ce lobby sur les dirigeants politiques US en étouffant impitoyablement toute discussion libre sur les relations US-Israël et, parmi d’autres tactiques, en qualifiant quiconque ose remettre en question ces relations de "fanatique antisémite".

Walt et Mearsheimer concluent que les Etats-Unis ont placé les intérêts d’Israël avant les leurs, avec comme résultat la désastreuse mésaventure dans laquelle ils sont plongés en Irak, la colère et la cible du terrorisme dont ils sont l’objet de la part des musulmans et des arabes.
Les coûts financier, politique et diplomatique du soutien à Israël, disent-ils, ne peuvent se justifier ni sur des bases pratiques, ni morales, ni stratégiques.

La réponse prévisible à cet essai est que les auteurs, parmi les théoriciens les plus reconnus internationalement des Etats-Unis, se font traiter à leur tour d’antisémites dans de nombreux articles des grands journaux.


On pense, dans notre région, qu’en dépit de décades de duplicité et de parti-pris américains, la politique américaine sera un jour corrigée ; non qu’elle soutienne clairement nos droits, mais au moins qu’elle ne soutienne plus aussi aveuglément leurs violations par Israël.
Je sais, bien sûr, depuis longtemps que les Etats-Unis ne sont pas confrontés au choix entre Israël et les Arabes.

Il n’y a aucune raison pour que les Etats-Unis ne soutiennent pas Israël autant qu’ils le souhaitent, à condition que ça n’aille pas jusqu’à soutenir l’agression avérée d’Israël contre ses voisins, son mépris manifeste des lois internationales et la règle militaire cruelle qu’il impose à des millions de Palestiniens.


Le rapport Walt-Mearsheimer n’est pas capital à cause de son contenu – déjà globalement connu – mais beaucoup plus à cause de qui l’a écrit et le moment choisi pour ce faire. Sa parution a ouvert la porte à un débat hautement nécessaire.

Beaucoup d’Américains sont troublés que des gens, dans cette partie du monde, croient à une théorie de la conspiration et voient la main d’Israël derrière toutes les actions des Etats-Unis.

Mais en l’absence de libres discussions sur le rêle joué par Israël dans la politique des Etats-Unis, pourquoi ceux-ci défendent toujours Israël quoiqu’il fasse, et pourquoi les dirigeants états-uniens semblent avoir si peur de critiquer Israël, il n’est pas surprenant que les gens croient le pire.


Ce qui est très inquiétant, c’est que la tactique de très lourde pression du lobby, qui ont si longtemps intimidé le Congrès américain, semblent être maintenant ressenties en Europe.
Jusqu’en 1967, Israël a majoritairement compté sur l’aide et les armes européennes.

Mais depuis l’occupation de Jérusalem-Est, de la Cisjordanie et de Gaza, l’attitude européenne a commencé à évoluer.

Dans la Déclaration de Venise de 1980, la Communauté Européenne a reconnu pour la première fois le droit des Palestiniens à l’autodétermination, avec tout ce que cela implique. Ce fut un changement politique majeur.


Bien que ne s’écartant jamais beaucoup de l’influence des Etats-Unis, l’Union Européenne a réellement essayé de peser sur Washington pour un petit peu plus d’équidistance.
Raison pour laquelle Israël et son lobby ont décrit l’Union Européenne comme ouvertement hostile à Israël et a cherché à l’exclure de toutes les négociations politiques de résolution du conflit, comme ils l’ont fait pour les Nations Unies.

L’Union Européenne, prête à tout pour jouer un rêle, a accepté le seul que lui laissaient Israël et les Etats-Unis : celui de financier de l’occupation.

L’argent européen, pendant les années Oslo, a eu une double contribution : en soutenant l’Autorité Palestinienne dans le contexte de non-pression sur Israël, il a légitimé l’occupation et en répondant aux premiers besoins des Palestiniens, il a subventionné l’occupation, soulageant efficacement Israël du poids du coût de la répression des Palestiniens.


Ironie de l’Histoire, les milliards européens qui auraient dû aider les Palestiniens à construire leurs institutions ont servi à nourrir la corruption, à financer l’accroissement des colonies israéliennes et à consolider l’occupation des Territoires.


La capacité de l’Union Européenne à affirmer une politique cohérente a été affaiblie par l’ascension de nombreux Etats d’Europe de l’Est, dont la politique étrangère était proche de celle des Etats-Unis et qui se trouvaient sous leur influence.

Ce qui signifie que l’Union Européenne a été paralysée par le débat sur le soutien ou non à l’invasion US en Irak.

Le Royaume-Uni, l’Espagne et l’Italie ont suivi, alors que la France et l’Allemagne s’y sont opposées.
Un processus similaire existe au sujet d’Israël, et le résultat sera encore plus dommageable pour l’Europe.


Est-il étonnant qu’aux Etats-Unis ce soit le groupe pro-israélien le plus important qui a pris la position la plus dure contre l’Iran, en dépit des efforts européens pour trouver une solution non-militaire ?

Et est-ce vraiment une coïncidence si la faillite de l’indépendance de la politique de l’Union Européenne coïncide avec les campagnes véhémentes des groupes états-uniens pro-israéliens dépeignant les pays européens comme le nouveau berceau de l’antisémitisme et de terrorisme musulman ?

Beaucoup, dans cette région, voient une connexion directe entre le pouvoir du lobby israélien et le ralliement de l’Europe aux vues mondiales israéliennes.


L’Union Européenne suit maintenant Israël et les Etats-Unis en punissant les Palestiniens pour avoir démocratiquement élu le Hamas.
L’Union a le droit d’appeler le Hamas à la paix et la non-violence, mais une approche plus équilibrée exigerait les mêmes appels envers Israël à en terminer avec l’occupation et cesser l’usage de la violence.

Depuis qu’il a été élu en janvier, en fait depuis l’élection de Mahmoud Abbas en tant que Président de l’Autorité Palestinienne, le Hamas n’a jamais usé ou appelé à la violence.

Il a strictement observé la trêve unilatéralement déclarée par les Palestiniens alors que les attaques israéliennes, les incursions, les tirs d’artillerie (300 par jours sur Gaza) ont fait 20 morts, semé la terreur et causé d’énormes dommages aux biens.


Plutêt que d’intervenir pour stopper l’agression d’Israël dans les Territoires Occupés, le Secrétaire Général des Nations-Unies, Kofi Annan, a fait de son mieux pour apaiser les soutiens à Israël, annonçant son propre boycott des Palestiniens, sans mandat ni autorité pour le faire.


Dans notre région, beaucoup se demandent de quelle position de principe il s’agit là, et si ce n’est pas tout simplement une position de peur et d’autodéfense politique.

L’étendue du soutien aveugle est telle que nombre de personnes croient que quelque chose d’insidieux est en gestation.

Le débat autour de l’ampleur du rêle du lobby israélien continuera. Mais ce qui ne nécessite aucun débat, c’est que pour quelques raisons que ce soit, la politique des Etats-Unis est trop pro-israélienne et que tant que ceci ne changera pas, le conflit ici ne fera qu’empirer.

Source : http://jordantimes.com

Traduction : MR pour ISM

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25 avril 2006