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Jénine -

La lutte pour l’autonomie

Par

Salam Max, de Grande-Bretagne travaille à Bethléem comme rédacteur en chef adjoint de « News for Within » (Nouvelles de l’Intérieur) et il collabore au Behtleem Blogger ;.

Pourquoi tellement d’enfants sont-ils nés avec des handicaps physiques et mentaux à Jénine ?
C’est la question à laquelle l’équipe du Comité Local pour la réinsertion des Handicapés (LOCORE) cherche une réponse après plus de dix ans de travail avec les enfants handicapés et leurs familles.
J’ai eu récemment le privilège de rencontrer cette équipe au centre médical, pour apporter l’argent collecté à l’intention du centre par un collectif londonien.

La lutte pour l’autonomie

Photo : Abdullah Said, un an et demi, au cours d’une session de thérapie par le jeu au LOCORE.
Electronic Intifada

Ils font un énorme travail avec des enfants handicapés physiquement et mentalement.
Les cas les plus difficiles sont ceux des enfants nés avec des paralysies motrices centrales (CP), une situation qui touche la vue, l’audition et la motricité des membres du patient.

La LOCORE a conduit des recherches pour déterminer ce qui provoque tellement de handicaps dans cette région.

Ils ont interrogé 215 mères de patients atteints de CP, et ont découvert quelque chose qu’ils n’avaient pas observé auparavant : 70% d’entre elles (150 de ces mères) avaient utilisé les mêmes contraceptifs bon marché.

Y a-t-il un lien entre ces contraceptifs et les CP ? Au mieux, c’est une méthode de contraception inefficace, mais il est possible qu’il y ait pire que ça.
Nous ne pouvons pas répondre à cette question ici, et il faudra poursuivre les recherches pour se faire une opinion claire.

Les recherches ont porté sur des travailleurs agricoles et alors qu’ils espéraient trouver un certain type de réponse, ils n’avaient pas idée de ce qui les attendait.


Si on établissait ce lien, alors ce serait un scandale national dans tout autre pays (à en juger par le scandale de la Thalidomide en Grande Bretagne).

Mais ça se passe en Palestine où l’état israélien a "cartographié" les zones où les maladies graves sont en progression, mais ne s’occupe que des centres peuplés de Juifs, et ignorent les grandes villes palestiniennes comme Nazareth ou Sakhnin, soi-disant par "manque de financement".



On ne peut qu’espérer un suivi.

La LOCORE est une organisation qui a sérieusement besoin d’argent. J’ai eu la chance de le découvrir grâce à un de mes amis de Jénine.
Heureusement, parce qu’ils n’ont pas de site web et qu’ils en auraient bien besoin pour les aider à collecter plus de fonds.

C’est une association locale installée dans le camp de réfugiés de Jénine qui a ouvert son premier centre médical en 1991 pour aider certains des enfants qui avaient été les plus handicapés et les plus blessés pendant la première Intifada.

Très vite, ils se sont mis à aller voir des familles à leur domicile et les ont aides à modifier leurs habitations pour en faciliter l’accès aux enfants handicapés, changer la disposition de la salle de bains, mettre des rampes et enlever les murs inutiles.


Dès le départ, la LOCORE a eu des difficultés financières et ils n’ont pu louer que deux petites salles dans le camp.

En 1995, ils ont reçu leur première subvention du Fonds des Nations Unies pour l’Enfance et le Travail (UNRWA) pour les réfugiés Palestiniens.

Avec cet argent, ils ont construit le centre actuel. Il y a maintenant une salle de jeux pour les enfants, une pour des thérapies par le jeu, un centre médical avec trois lits et d’autres équipements médicaux de base, une salle d’ordinateurs, un bureau etc.

Les murs sont couverts des peintures et des poèmes faits par les enfants, et les murs de la salle de jeu sont pleins de décorations de toutes les couleurs.

Ce bureau de deux étages s’enorgueillit de la seule bibliothèque pour enfants du camp de réfugiés de Jénine ;

Comme presque tous les bâtiments du camp, le bureau de la LOCORE a été attaqué en avril 2002 quand toutes les autres villes palestiniennes de Cisjordanie ont été envahies et mises sous couvre-feu.

Nous ne saurons jamais combien de gens ont été tués dans l’invasion et dans les démolitions de grandes portions du camp de Jénine.

Le bâtiment de la LOCORE, en tout ca, est resté debout. Mais ils n’ont jamais récupéré les disques durs de leurs ordinateurs qui ont été volés au cour de l’invasion ; des graffitis racistes outrageux laissés sur les murs par les soldats israéliens, recouvrant les dessins d’enfants, étaient inexplicables ; et les dommages, les impacts de balles dans le bâtiment ont demandé deux ans de réparations ou pour les recouvrir (et encore aujourd’hui on peut voir des impacts de balles sur la façade).


La "salle des ordinateurs" n’est aujourd’hui qu’une simple salle où les enfants peuvent s’asseoir devant un bureau pour dessiner et peindre, depuis que l’invasion a mis hors d’usage les ordinateurs, jusqu’à aujourd’hui.
Et la Palestine est remplie d’histoires semblables mais on ne pleure pas sur le passé et les gens continuent leur travail à leur manière.

Le travail de la LOCORE consiste principalement à permettre aux familles qui ont des enfants handicapés physiques, mentaux, ou souffrant des deux handicaps à la fois, de devenir autonomes.

Des médecins spécialistes de CP, par exemple, sont chers et ont du mal à passer, l’objectif est donc de former les familles pour qu’elles puissent elles-mêmes s’occuper de leurs enfants et les soigner le mieux possible.

De même que pour les paralysies motrices, le LOCORE s’occupe des enfants qui souffrent de handicaps physiques tels ceux qui ont perdu un membre. Ils ont une panoplie de chaises roulantes modifiées, de béquilles, d’aides à la marche, et proposent des formations adaptées aux besoins de chacun.

La demande pour de membres artificiels corrects en Palestine est tristement en augmentation, à cause du taux important de blessures causées par l’invasion militaire. Mais pour être traité dans un hôpital bien équipé, il faut aller soit à Jérusalem soit à la Société Arabe pour la Réinsertion de Bethléem à Beit Jala.

Et tandis que la Cisjordanie est morcelée par les barrages israéliens, les murs, les barrières et les routes pour Juifs seulement qui relient les colonies entre elles, aller d’un bout de la Palestine occupée à un autre est impossible pour la plupart des Palestiniens.

Nick Pretzlik, de Grande-Bretagne, avait une fois accompagné Hassan, un garçon de 11 ans, porteur d’un spina bifida à Jénine, à l’hôpital de Beit Jala pour y être traité.

C’était en janvier 2003 et il a décrit comment il avait vu les progrès de Hassan cinq mois plus tard, dans son livre émouvant "Trois Semaines en Juin" : "Je peux dire d’après le sourire d’Hassan qu’il était content de me voir. Il n’avait pas de visites parce que beaucoup de Palestiniens ont l’interdiction de circuler, aucun des membres de sa famille ne peut venir de Jénine. Ils lui manquent terriblement et s’inquiète pour ce qui se passe chez lui .. » .

En 2003, la LOCORE a proposé d’ouvrir un centre médical pour enfants ayant des membres artificiels. Ils ont envoyé deux spécialistes en Jordanie pour qu’ils soient formés à l’adaptation de membres artificiels.

Après leur stage de formation l’an dernier, ils sont revenus à Jénine, mais la LOCORE n’a pas les moyens de d’offrir l’équipement du nouveau centre. Ils ont déjà reçu des fonds pour ce projet de TAMEKEN, de l’USAID, de l’UNRWA et de la communauté de Jénine même.
L’argent collecté pourtant, 7.000$, ne suffit pas.

Comme vous pouvez donc l’imaginer ils ont été rudement contents de me voir arriver un dimanche matin avec plus de mille dollars en liquide.

Un de mes amis m’avait contacté pour me demander si je pouvais les aider à trouver une bonne organisation locale à laquelle donner l’argent qu’ils avaient collecté pour la Palestine. La LOCORE a toujours besoin de plusieurs milliers de dollars pour fournir l’équipement nécessaire au démarrage du centre médical.

Après 2001, la LOCORE s’est rapidement agrandi avec quatre bureaux régionaux, réponse directe à la restriction de circulation de la deuxième Intifada qui empêche d’allers voir les famille des villages autour de Jénine. En tant que seul centre médical de ce genre dans le nord de la Cisjordanie , la nouvelle s’est rapidement propagée et il y a eu plus de familles qu’il était possible de prendre en charge.

La LOCORE s’est efforcé de constituer une équipe qualifiée qui a rapidement compté 150 infirmières et propose régulièrement des stages de formation en physiothérapie pour les familles et une assistance générale. L’équipe de la LOCORE est aussi en mesure de délivrer des diplômes en matière de relations locales, de finances et d’organisation.

Les enfants nés handicapés représentent l’un des plus importants paris que nous ayons à relever dans la région. Ils sont, dit le directeur de la LOCORE, Amer Rahhal, les cas les plus difficiles pour l’équipe du centre médical, pour les familles de ces enfants et pour les enfants eux-mêmes.

En 1999-2001, 30 de ces patients venaient du seul camp de Jénine.

En 2001, la LOCORE a découvert qu’il y avait 150 cas de plus dans les 15 villages isolés autour de Jénine, ce qui signifiait qu’il fallait agrandir les limites de sa capacité à apporter de l’aide.

La contribution de la LOCORE consiste à apporter des aides à la marche et à former les parents d’enfants handicapés pour qu’ils les utilisent bien..
Un des principaux objectifs, c’est de réinsérer l’enfant à l’école ou au jardin d’enfant.

Mohammed Sa’es, sept ans, a, de ce point de vue, une histoire exemplaire. Après cinq ans de traitement pour handicap physique, et avec le constant soutien de sa famille et du centre médical, il va entrer maintenant en classe de 5ème dans son école.

Abdullah Said, un enfant d’un an et demi, est aussi handicapé physique.
Il est en physiothérapie, en rééducation de la parole, et reçoit une éducation spécialisée au LOCORE. Le but, c’est de pouvoir un jour le réinsérer à l’école avec d’autres enfants.

En 2004, la LOCORE a traité 330 enfants dans 35 régions, a formé 183 femmes pour qu’elles sachent s’occuper de leurs enfants, et a publié un guide pour la vie quotidienne, avec des conseils pour le bain, la nourriture de l’enfant handicapé et pour fortifier les muscles.

Sans le travail que fait la LOCORE, à la maison ou au centre, les familles et les victimes d’une série de handicaps mentaux et physiques ne seraient pas soignés.

Avec l’aide d’organisations extérieures, la recherche qu’ils ont menée pourra peut-être durer, permettre qu’un plus grand nombre de handicapés de Jénine soient à leur tours aidés, et empêcher que n’augmente ce mal effrayant.

Sans argent pour équiper le nouveau centre médical, les enfants sans membres de Jénine n’auront pas de bras ou de jambes artificiels pour compenser cette perte.

En ouvrant un nouveau centre médical à Jénine, il n’auront plus à compter sur le hasard d’une rencontre avec des gens comme Nick Pretznik, qui malheureusement est mort l’été dernier.

Les gens de Jénine, quand ce centre médical sera terminé, pourront devenir un peu plus autonomes.




Si vous voulez aider la LOCORE, collectez l’argent dont ils ont besoin pour équiper le nouveau centre d’adaptation de membres artificiels, prenez contact avec eux pour plus de détails :

Depuis l’étranger téléphoner à : 00972 4243 5640,
Localement : 04 243 5640
Par mail :
Locore2003@yahoo.com


Source : http://electronicintifada.net/

Traduction : CS pour ISM

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