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Palestine - ISM France

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Jérusalem -

La police des frontières provoque délibérément les Palestiniens à Jérusalem-Est, disent des rapports internes

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12.07.2016 - Les policiers des frontières créent des "frictions" avec les habitants de Jérusalem Est pour provoquer une réponse violente de leur part, selon des rapports de police. C'est ce genre de provocation qui a apparemment eu lieu à Isawiyah au début de l'année, provoquant des affrontements au cours desquels un garçon a été grièvement blessé.

La police des frontières provoque délibérément les Palestiniens à Jérusalem-Est, disent des rapports internes

Officiers de la police des frontières à Jérusalem-Est occupée (photo AFP)
Le 6 janvier, des affrontements ont éclaté entre des Palestiniens et des troupes de la police des frontières qui entraient dans le village à l'Est de Jérusalem. Pendant les confrontations, Ahmed Abu Humus, 12 ans, a été blessé à la tête par une balle en éponge [balles en mousse à pointe dure composées d’une base en aluminium et d’une excroissance de mousse dense, qui blessent et tuent autant que les balles en acier recouverte de caoutchouc (ruber-coated bullet) quand elles sont tirées à courte distance, ndt]. Souffrant de graves lésions cérébrales, il a été mis sous sédation et a été branché à un respirateur pendant trois semaines, et depuis il ne communique plus avec sa famille.

Celle-ci, représentée par l'avocat Eitay Mack, a déposé une plainte auprès des services du ministère de la Justice pour l'enquête des officiers de police. Il y a deux mois, le service a dit à Mack qu'il a décidé de clore l'affaire parce que "il n'y a aucun élément de preuve de la commission d'une infraction." Mack a essayé d'interjeter appel de cette décision, mais quand il a demandé le dossier du service, il a constaté qu'il était pratiquement vide.

Mack n'a obtenu le dossier complet que la semaine dernière. Il comprenait 10 rapports rédigés par les policiers qui étaient impliqués dans les affrontements. La quasi-totalité d'entre eux ont déclaré que les événements ont commencé par "une activité de friction" ou par "le lancement d'une activité de friction". Un policier nommé Timor a dit, "Pendant le quart de l'après-midi, nous avons lancé une activité à Isawiyah pour créer des frictions avec les habitants." Deux autres policiers ont rapporté qu'ils "ont été invités à venir à la station service Menta, à Isawiyah, pour une activité de friction dans le village," et qu'on leur a donné les instructions avant de commencer.

Photo
Ahmad Abu Humus, 12 ans, dans le coma depuis janvier 2016


La police des frontières affirme que ce ne sont pas des provocations délibérées, mais des activités spécifiques visant à arrêter des suspects suite à des événements antérieurs, ou sur la base d'informations reçues du service des renseignements. Pourtant, les rapports indiquent que le
6 janvier, il n'y avait pas d'incidents à Isawiyah, bien que la veille il y ait eu 4 cas de jets de pierres dans et à proximité du village.

Isawiyah est considéré comme l'un des endroits les plus tendus à Jérusalem-Est, et pendant de longues périodes, il y eut des affrontements presque quotidiens entre les policiers et les résidents qui jetaient sur eux des pierres et des bombes incendiaires. Les habitants du village, comme ceux d'autres zones de la partie arabe de la ville, affirment que la violence est souvent délibérément provoquée par la police. Les affrontements dans lesquels Abu Humus a été blessé n'ont commencé que lorsque la police est entrée dans le village, ont indiqué les habitants.

"C'est un comportement irresponsable et les résidents en paient le prix," a dit Mack. "Ce ne sont pas des actions nécessaires. Ensuite les policiers prétendent que leurs vies étaient en danger et ils utilisent leurs armes. C'est extrêmement grave que ce soit de cette façon que ça se termine."

L'avocate Anne Suciu, de l'Association pour les droits civils en Israël, a ajouté, "C'est une conduite fondamentalement inadmissible qui contredit totalement le rôle et l'autorité de la police. Initier des actions qui visent à créer des situations qui conduisent les forces de police à faire usage de moyens mortels comme le Ruger [pistolet] et les balles en éponge reflètent un mépris grave de la vie humaine et la création du risque calculé de porter atteinte à des personnes innocentes, comme cela fut en effet prouvé dans le cas d'Abu Humus, 12 ans."

La police de Jérusalem a dit, "Cet événement doit être examiné par les services du ministère pour l'enquête des officiers de police et nous n'avons pas l'intention de nous en occuper. La police fait face à de graves émeutes, avec des délinquants qui vivent dans le village et qui jettent des pierres et des bombes incendiaires sur les forces de police et des civils innocents (1) qui roulent sur la route qui mène à Ma'ale Adumim. Par conséquent, nous utilisons divers moyens, et des forces visibles et clandestines, pour préserver la sécurité et le bien-être de la population."

(1) Les "civils innocents" sont en fait des colons installés en toute illégalité, en totale infraction du droit international, en territoire palestinien, et qui ne peuvent y demeurer et y proliférer que grâce à la lâcheté et à l'hypocrisie des gouvernements occidentaux (note ISM-France).



Source : Haaretz

Traduction : MR pour ISM

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