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Palestine - ISM France

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Cisjordanie -

La politique de la Verticalité : 2 - Cartes des colonies israéliennes

Par

Eyal Weizman est un architecte basé à Tel-Aviv et à Londres. Pour sa propre clientèle à Tel-Aviv, Eyal est actuellement en train de reconstruire le Ashdod musée de l’Art d’Ashdod (avec Rafi Segak et Manuel Herz) et une scène pour la compagnie de théatre Itim (avec Rafi Segal). Il mène également des recherches pour l’organisation des droits humains B'tselem sur les aspects de la planification de l’occupation israélienne en Cisjordanie. Eyal enseigne à l’Ecole d’Architecture Bartlett de Londres et au Technion à Haifa. Il collabore avec Zvi Hecker à Berlin sur un quartier général dans l'Aéroport Schipol à Amsterdam. Il développe la Politique de la Verticalité en une thèse, un livre et un film. Il a écrit deux livres et a exposé à Vienne, New York, Berlin, London et Jérusalem.

Des cartes en deux dimensions, fondamentales pour la compréhension des frontières politiques, ont été dessinées encore et encore au sujet de la Cisjordanie. A chaque fois, elles ont échoué à reproduire ses divisions verticales.

La politique de la Verticalité : 2 - Cartes des colonies israéliennes


Carte : plan Allon – de 1967 à 1970

Dans la conpréhension et la maitrise de territoires, les cartes ont été les pricipaux outils. L’histoire de leur fabrication rassemble les biens de propriété, la souveraineté politique et le pouvoir.

Mais les cartes sont en deux dimensions. En essayant de présenter la réalité en deux dimensions, non seulement elles la réflètent mais elles dessinent aussi les choses qu’elles représente. Elles décrivent le monde tout autant qu’elles le créent


La géopolitique est un discours plat. Elle ignore largement la dimension verticale et elle a tendance à regarder à travers plutôt que de couper le paysage. C'était l'imagination cartographique héritée des spatialités militaires et politiques de l'état moderne. Depuis, la politique et la Loi comprennent les sites seulement en termes de carte et de plan.

Les revendications territoriales marquées sur des cartes supposent que les revendications sont applicables aussi bien au-dessus qu’en-dessous

De 1967 à aujourd’hui, les technocrates israéliens, les idéologues et les Généraux ont dessiné des cartes de la Cisjordanie . Faire des cartes est devenu une obsession nationale. Quelle que soit la nature de la spatialité palestinienne, elle était subordonnée à la cartographie israélienne. Même si elle avait cessé d’exister. Un grand nombre de constructions dispersées et de petits villages ont disparu de la carte et n’ont jamais été reliés aux services de base.
Carte : Plan Drobless - 1977


Les ambitions expansives des créateurs de cartes ont nourri une préoccupation de révélation "toujours plus complète" du terrain. Chaque carte était liée à un plan stratégique : Celle du plan Allon (1967-70), en passant par celles de Drobless (1977), Dayan (1978-79), et Sharon (1981), aux cartes produites pour Oslo (1993–99), et celle proposée par Barak à Camp David (2000).

Dans les deux propositions de paix d’Oslo et de Camp David, le patchwork de territoires entrecroisés a rendu impossible de tirer une frontière continue réalisable entre les Israéliens et les Palestiniens sans le démantèlement des colonies
Carte : plan Dayan : 1978-1979


Ce fut seulement en introduisant la dimension verticale, par des systèmes au-dessus et des passages souterrains que les liaisons ont pu être achevées entre les colonies et Israël, entre Gaza et la Cisjordanie . Ces solutions ne rejetent pas la carte comme un outil géopolitique. Au contraire, elles superposent les cartes discontinues les unes au-dessus des autres.


L’horizon est devenu une frontière politique, séparant l’air du sol. En même temps, une autre frontière est apparue – séparant la croute du sol à la terre en-dessous. En Cisjordanie , le sous-terrain et l'air doivent être vu comme séparés, plutôt que continu et organique, de la surface de la terre
Carte : plan Sharon 1981


Les frontières traditionnelles internationales sont des outils politiques divisant la terre sur des plans et des cartes. Leur forme géométrique, suivant les principes des Lois sur la propriété, peut être décrite comme des plans verticaux, allant du centre de la terre au ciel. Le départ d'une division plate d'un territoire à la création de frontières tri-dimensionnelles à travers des volumes souverains redéfinit le rapport entre la souveraineté et l'espace

La “Politique de la Verticalité” entraine une nouvelle vision des techniques de cartographie existantes. Elle demande une représentation de l’espace du type Escher, un hologramme territorial dans lequel les actions politiques de manipulation et de multiplication du territoire transforme la surface à deux dimensions en un volume à trois dimensions.
Voir la carte : plan Oslo 1993 - 1999

Copyright © Eyal Weizman, 2002. Publié par openDemocracy.





Index de la Politique de la Verticalité

1 - Introduction

2 - Cartes

3 - Collines et vallées de la Cisjordanie

4 - Colonies de la Cisjordanie

5 - Urbanisme optique

6 - Le paradoxe de la double vision

7 - De l’eau à la merde

8 - Excavation du sacré

9 - Jérusalem

10 - Routes – dessus et dessous

11 - Contrôle du ciel

Source : www.opendemocracy.net/

Traduction : MG

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