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Palestine - ISM France

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Palestine -

La question de l’Eau

Par

Le Moyen-Orient est l’une des régions au monde la plus soumise à des contraintes vis à vis de l’Eau. Il est donc essentiel que l'eau soit partagée de manière équitable par tous dans la région.
Depuis son occupation en 1967 de la Cisjordanie et de la bande de Gaza (Les « Territoires Occupés Palestiniens »), Israel a presque totalement contrôlé l'eau disponible pour la population palestinienne.

Alors qu'Israël reconnaissait en théorie les Droits à l'eau des Palestiniens en Cisjordanie dans l'accord intérimaire d'Oslo II (annexe III, annexe 1, article 40), cet accord n'a pas mis en application et Israël continue à priver les Palestiniens de leur part équitable en eau.




Ressources en Eau


Les principales sources d'eau disponibles aux Israéliens et aux Palestiniens sont (i) le fleuve du Jourdain et (ii) les eaux souterraines de la Cisjordanie Occupée et des régions côtières. (carte: Sources D'Eau)



Le Fleuve du Jourdain


Les eaux en amont du Jourdain coulent au Liban, en Israël et en Syrie (y compris sur le Plateau du Golan occupé par Israël depuis 1967). Celles-ci se rejoignent pour former le fleuve du Haut Jourdain qui se jette dans le lac Tiberiade (également appelé la mer de Galilee).

Après avoir quitté le lac Tiberiade, le Bas Jourdain forme la frontière entre Israël et la Jordanie et puis entre la Cisjordanie Occupée et la Jordanie, avant de se jeter dans la Mer Morte. Il y a ainsi cinq parties riveraines du fleuve Jourdain : Le Liban, Israël, la Jordanie, la Syrie et la Cisjordanie occupée.


Israël prend l’eau de sa partie nord-ouest du lac de Tibériade et l’achemine à l’extérieur du bassin du Jourdain par son Réseau National de Transport d’Eau vers les villes côtières et le désert de Negev.
La quantité de l'eau extraite est telle que très peu d'eau sort naturellement du lac Tiberiade. Ceci signifie que seul un filet passe le long de la Cisjordanie dans le lit du fleuve du Jourdain.
De plus, Israël a refusé aux Palestiniens l'accès à la partie inférieur du Jourdain depuis 1967.

Après le début de l’occupation militaire d'Israël en 1967, Israël a déclaré « zone militaire fermée » la partie de la Cisjordanie près du fleuve du Jourdain et seuls quelques colons israéliens en ont l’accès.


Eau souterraine

Un large basin aquifère souterrain repose sous la Cisjordanie et fournit une eau de très bonne qualité à la fois aux israéliens et palestiniens. Il est composé de bassins aquifères à (i) l’Ouest, à (ii) l’Est et au (iii) Nord-Est.

Les trois bassins sont approvisionnés principalement par les pluies tombant sur la Cisjordanie . Un autre système aquifère, le bassin Aquifère Côtier, repose sous les zones côtières d’Israël et le de la bande de Gaza occupée.
La zone aquifère de Gaza est une partie de ce bassin.



Consommation d’eau


La quantité moyenne d’eau douce(renouvelable) disponible en Israël et sur les Territoires occupés Palestiniens est légèrement au dessus de 2.4 milliards de mètres cubes par an. Israël alloue approximativement 90% de ce montant à elle-même, laissant la population palestinienne avec juste un peu plus de 10%. Si les ressources en eau étaient divisées équitablement, en fonction de la population, les Palestiniens devraient recevoir approximativement 45%


Résultant des sévères restrictions israëliennes sur les sources d’approvisionnement palestiniennes en eau (décrites ci-dessus), chacun des près de 3.3millions de Palestiniens vivant sur les Territoires Palestiniens Occupés reçoit en moyenne moins de 100 litres par personne par jour pour tous usages.
Ceci est loin des 150 litres par jour recommandés en tant que minimum par personne en eau par l’Organisation Mondiale de la Santé. Par contre la moyenne israëlienne, avec 353 litres d’eau par jour par personne, est au dessus de 3.5 fois du montant d’eau que les Israëliens allouent aux Palestiniens.

Les colonies israëliennes vivant illégalement sur les territoires occupés palestiniens utilisent jusqu’à neuf fois le volume d’eau fournit aux palestiniens par personne. Cette discrimination par Israël viole les droits de l’homme à disposer de l’eau, ce qui a été récemment reconnu par les Nations Unies.



Le contrôle israëlien de l’eau

Pendant les, presque, 4 décades d’occupation militaire, Israël a eu un contrôle presque total sur toutes les sources palestiniennes d’eau, privant ainsi les Palestiniens de leur droit à contrôler leur propres ressources naturelles. Les mesures discriminatoires adoptées par les authorités d’occupation israëlienne comprennent :
-Restrictions des forages de nouveaux puits palestiniens
-Pompage des puits existants

Le contrôle israëlien sur les ressources palestinienne en eau a débouché sur la destruction ou la fermeture de centaines de puits palestiniens et sur de sévères restrictions au pompage des puits existants. Selon l’Administration Palestinienne de l’Eau, les Palestiniens furent autorisés à creuser seulement 13 puits entre 1967 et 1996, moins que le nombre de puits qui s’épuisèrent pendant la même période à cause du refus israëlien d’approfondir ou de réhabiliter les puits existants. [1] Même l’accord temporaire d’Oslo II a été insuffisant pour maintenir les allocations d’eau par personne aux Palestiniens, vu que l’eau additionnelle était insuffisante afin de suivre le rythme de la croissance démographique de la population palestinienne.



Restriction à l’accès palestinien aux ressources en eau


Les terres adjacentes au Jourdain furent déclarées « zones militaires fermées ». Dès lors les fermiers palestiniens ne purent plus utiliser ce secteur pour l’irrigation. Les zones avec des sources d’eau furent classées « réserve naturelle » dont l’accès est limité ou est payant. [2] De plus, les colonies illégales israëliennes sont fournies en eau potable en se raccordant au « Israëli National Water Carrier » réseau national d’eau israëlien – pendant qu’Israël refuse de fournir de l’eau courante à de nombreux villages sur les terres desquels sont contruites ces colonies.


Les Droits Palestiniens à l’eau

Selon le droit international relatif aux occupations belligérentes, Israël en tant qu’occupant a l’obligation d’utiliser les ressources palestiniennes en eau seulement pour les besoins existant au maintien de l’occupation militaire. Il n’est pas permis de s’approprier l’eau des territoires occupés pour l’usage de ses propres civils, encore moins pour des colonies illégales. C’est précisemment ce qu’a fait Israël en violation de ses obligations envers le droit international.

Le Secrétaire général des Nations Unies, en confirmation du droit du peuple palestinien à l’auto-détermination[3], a reconnu que le peuple palestinien dispose d’une souveraineté permanente sur ses ressources naturelles, comprenant les ressources en eau, dans les Territoires Occupés par Israël depuis 1967. [4]


La position palestinienne sur l’eau

L’OLP reconnaît le droit international et la façon dont il règle l’allocation des ressources en eau partagées entre Israël et les territoires occupés palestiniens. Selon le droit des cours d’eau internationaux, tel que retranscrit dans la Convention des Nations Unies de 1997 qui lui est relatif, l’Etat de Palestine a droit à une allocation équitable et raisonnable des sources d’eau potable partagées, incluant celles des 4 principaux bassins aquifères et de la rivière Jourdain [5]


L’allocation juste des droits à l’eau est un élément sensible pour le futur de la stabilité politique de la région. Finalement, selon le droit international, Israël doit payer des compensations pour l’usage illégal passé et toujours en cours des ressources d’eau palestinienne.




[1] Tel que reporté dans B’Tselem Le Centre d’Information Israëlien pour les Droits de l’Homme dans les Terrtoires Occupés, Soif d’une solution - 42 (2000)


[2] Id. à 43

[3] Le droit du peuple Palestinien à l’auto-détermination a été consacré par les résolutions de l’Assemblée Générale des Nations Unies 2672C (1970), 2787 (1971) et 3098D (1980). Ce droit a été également expressément reconnu par de nombreux Etats dont les Etats-Unis ainsi que par tous les membres de L’Union Européenne.

[4] Le droit à la souveraineté permanente est une règle du droit coutumier international. Il est aussi incorporé dans de nombreux instruments internationaux dont la Résolution de l’assemblée Générale des Nations Unies 1803 (1962 et dans l’article 1(2) de la Convention des Nations Unies sur les Droits de l’Homme de 1966 qui dispose que : « Pour atteindre leurs fins, tous les peuples peuvent disposer librement de leurs richesses et de leurs ressources naturelles, sans préjudice des obligations qui découlent de la coopération économique internationale, fondée sur le principe de l'intérêt mutuel, et du droit international... »


[5] Dans le “Gabcikov-Nagymaros Project case » (1997) entre la Hongrie et la Slovaquie, la Court Internationale de Justice statuât que les Etats ont « un Droit inaltérable à une répartition équitable et raisonnable des ressources d’un cours d’eau international » (Paragraphe 78)

Source : www.nad-plo.org/

Traduction : AG pour ISM-France

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