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Palestine - ISM France

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Liban -

La résistance comme choix stratégique

Par

Intervention de Mounir Chafiq dans le cadre de la Rencontre internationale et arabe pour le soutien à la résistance, Beyrouth, du 15 au 17 janvier 2010

La résistance à l’occupation étrangère ou à l’agression militaire extérieure est un droit reconnu par le droit international, les traditions des peuples et les traités internationaux. De même, les religions célestes et les gens honnêtes, dans la compréhension de la religion et de la foi, reconnaissent ce droit. Celui-ci se joint, ou est partie intégrante, du droit des hommes à la liberté et à la dignité et du droit des peuples à la souveraineté, à l’indépendance et à l’égalité.

La résistance comme choix stratégique

Cependant, la résistance armée ne peut être considérée uniquement comme un droit. C’est aussi une méthode dans le traitement et l’intervention relative à la stratégie pour atteindre un objectif. En conséquence, il ne suffit plus de traiter la résistance seulement sous l’angle du droit acquis. Il faut soutenir la résistance en la considérant comme une méthode efficace qui permet d’atteindre l’objectif d’éloigner l’occupation, de s’opposer à l’agression et de la faire échouer. Cet aspect de la résistance comme stratégie constitue plus un champ pour la lutte politique, intellectuelle et théorique que l’aspect de la résistance en tant que droit.

Pour cette raison, beaucoup, parmi lesquels ceux qui sont favorables à l’occupation et à l’agression, évitent de discuter de la résistance en tant que droit. Pourtant, ils n’ont pas de difficulté à reconnaître le droit en tant que théorie. C’est ce dont ont l’habitude nombre d’individus, parmi lesquels beaucoup de journalistes et de politiciens arabes, qui, sur la question palestinienne, ont abandonné la stratégie de la résistance. Ils allèrent dans le sens de l’adoption de la stratégie de négociation, et de négociation seulement, afin d’atteindre l’objectif qui fut réduit à son minimum.

Bien sûr, il n’y a qu’un seul résultat, d’une part, pour celui qui nie le droit à la résistance lorsqu’il prétexte qu’il est, par principe, contre la violence sous toutes ses formes, et d’autre part pour celui qui reconnait uniquement le droit à la résistance théoriquement ou verbalement. En fin de compte, ce dernier a omis le droit à la résistance et l’a échangé par la stratégie des négociations et des adjurations et par l’imploration des consciences des dirigeants des grandes puissances ou des dirigeants de l’occupation et de l’agression afin de rendre justice au peuple opprimé. Il veut pour ce peuple quelques-uns de ses droits.

Cette dernière partie est répandue sur les scènes palestinienne et arabe ainsi que dans un grand nombre d’organisations non-gouvernementales dans le monde. Certaines d’entre elles affichent leur sympathie pour le peuple palestinien, en proie à l’injustice, et pour sa contestation de l’occupation. Cependant, elles ne soutiennent pas la résistance armée et n’arrivent pas à comprendre l’importance de la stratégie de l’arrachement des droits qui ne se réclament pas par les voies politiques pacifiques.

Cette longue expérience, inefficace, s’est confirmée dans l’histoire palestinienne. Celle qui a été appliquée au cours de l’histoire durant des décennies, par exemple, entre 1949 et 1965. Mais si l’on compte les périodes qui n’ont pas connu de résistance armée pour des raisons objectives, on remarquera qu’elles couvrent la partie la plus importante de l’histoire de la cause palestinienne. Au cours des discussions et des résolutions, aucune avancée n’a été réalisée, par exemple, dans le sens du retour des réfugiés.

Quiconque examine l’histoire de l’expansion des colonies, de la judaïsation et du mur, se rend compte qu’elle s’est accentuée avec la stratégie des Accords d’Oslo et des négociations. Par exemple, durant 26 ans, entre 1967 et 1974 d’une part, et après les Accords d’Oslo de 1993 à aujourd’hui d’autre part, on constate que le nombre des nouveaux colons a été multiplié par cinq en Cisjordanie et à Jérusalem-Est tandis que le nombre de détenus est passé de 3 000 à 11 000. De même, les terres confisquées ou que l’on veut confisquer représentent 60% de la superficie de la Cisjordanie ; et cela sans parler des découpages, des barrières, du changement de la vie des gens et de leur transfert en enfer.

Nous pouvons affirmer, sans grandes difficultés, que la résistance sous ses deux formes, l’Intifada par les pierres et la résistance armée, est seule en mesure de répondre à l’agression, à l’occupation et à la colonisation. Cela les a obligé en 2005 à se retirer de la Bande de Gaza et à démanteler les colonies sans condition et a permis de repousser l’agression de la Bande de Gaza en 2008/2009.

Cela s’est confirmé auparavant, avec de grands mérites, et continue à se confirmer au Liban où la résistance armée a obligé la colonisation à se retirer, sans condition, de la majorité du Sud, infligeant ainsi une défaite militaire à l’armée de l’Entité sioniste durant la guerre d’agression au mois d’août 2006. L’armée de l’Entité sioniste perdit son prestige d’armée invincible.

C’est aussi le cas pour la résistance armée et populaire irakienne qui a mis à mal le prestige des forces occupantes américaines. Bien plus, elle a porté un coup sévère au projet du Grand Moyen-Orient qui était l’objectif de la stratégie américaine adoptée par les néoconservateurs sous l’administration de Georges W. Bush.

Enfin, et ce n’est pas le moins significatif, le monde observe comment l’occupation américaine-atlantique est ébranlée et brisée par la résistance en Afghanistan.

En un mot, l’importance de la résistance prend sa source dans sa qualité de droit des peuples qui subissent l’occupation étrangère et l’agression extérieure et dans son importance en tant que méthode efficace pour repousser l’occupation et l’agression.

La résistance est un droit sacré et une stratégie nécessaire pour la libération des peuples de l’occupation et de l’agression. C’est un choix stratégique.

Lire les deux autres interventions de Mounir Chafiq, sur la Résistance, lors du Forum de Beyrouth :

- L’Amérique et la résistance armée
- Le droit de résister à l’occupation et à l’agression




Source : With Resistance

Traduction : Souad Khaldi

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