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Palestine - ISM France

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Moyen Orient -

La stratégie du "Déstabilisons et régnons" - Le Moyen-Orient se dirige-t-il vers le chaos ?

Par

> gibran44@hotmail.com.

Salim Nazzal est un historien palestinien. Il a beaucoup écrit sur la question sociale et politique au Moyen Orient.

Depuis que le Sunday Times ait publié, en janvier 2007, qu'Israël entraînait deux escadrons aériens pour attaquer l'Iran, les rapports sur une attaque de l'Iran par les Etats-Unis ou par Israël, ou par les deux, se sont intensifiés au cours de ces dernières semaines.

La stratégie du 'Déstabilisons et régnons' - Le Moyen-Orient se dirige-t-il vers le chaos ?

Selon Chomsky, la guerre américano-israélienne sur le Liban en juillet 2006 fait partie de la politique américaine "de liquidation de la dissuasion pour libérer les Etats-Unis et Israël en vue d'une éventuelle attaque sur l'Iran". (1)

Certains rapports ont établi un lien entre la dernière visite de Rice dans la région et la préparation de frappes sur les installations nucléaires iraniennes, ce que ni Washington ni Israël n'ont confirmé ni démenti. Mais le langage utilisé par les deux Etats montre que la question n'est pas loin de leurs pensées.

La dernière information selon laquelle Israël aurait obtenu la permission de trois pays arabes d'utiliser leur espace aérien pour attaquer l'Iran permet de comprendre non seulement l'intention d'Israël, qui a toujours été claire, mais confirme la politique israélienne de "s'intégrer" dans la région en jouant sur les divergences partisanes, ce qui est une vieille pratique israélienne, selon Innam Raad, feu le secrétaire du parti syrien : "Le journal de Moshe Sharette a révélé une correspondance entre les trois hommes d'Etat israélien, David Ben Gourion, Moshe Sharette et Eliaho Sasson en février et mars 1954, sur la partition du Liban et de toute la région en pays "sectarisés", qui émergeraient en cas de guerre civile et d'agitation". (2)


Il y a quelques années, certains au Moyen Orient pensaient qu'en dépit de l'alliance entre les Etats Unis et Israël pour opprimer la voix de la résistance arabe, les deux Etats appréhendaient la question régionale de façon différente.

Ce point de vue postulait que les USA avaient intérêt à soutenir les Etats "démocratiques" arabes bananiers qui suivaient la politique américaine dans son projet de Grand Moyen Orient, alors qu'il était évident que le cadet des soucis d'Israël est la démocratie dans les pays arabes pour deux raisons :

• la première parce que des Etats arabes démocratiques seraient plus enclins à résister à Israël car leurs peuples seront davantage à leurs côtés que dans des régimes à parti unique.

• la deuxième parce que la création de pays arabes démocratiques retirerait d'Israël son label auto-proclamé de seul pays démocratique de la région.

Pourtant l'évolution ultérieure montre une adhésion américaine plus importante dans le projet de déconstruction israélien, qui a pour but d'éliminer les points de résistance dans la région.

Les observateurs arabes au Moyen Orient soulignent que les USA ont modifié leur politique et reculé par rapport à leurs positions antérieures, qui critiquaient timidement les pays arabes dont le défaut de respect des droits de l'homme les empêchait de consolider leurs amitiés.

La position américaine a été évidente quand ils ont fait le siège du gouvernement élu en Palestine, alors qu'en même temps ils soutenaient des régimes arabes non élus, qui approuvaient leurs politiques.

La "nouvelle" approche américaine est basée sur qui soutient sa politique et qui ne la soutient pas, ce qui confirme l'analyse des forces démocratiques arabes, à savoir que les USA n'ont pas coupé avec leur politique historique fondée sur le soutien à des régimes oppressifs qui servent leurs intérêts.

Sur cette base, les USA ont inventé les termes "les pays arabes modérés" (!) vis-à-vis "des pays arabes extrémistes" (!) pour différencier les pays qui acceptent leur politique et les autres.

Politique de déconstruction américano-israélienne pour diviser la région entre les modérés et les extrémistes, comme si réclamer les droits des Palestiniens contenus dans les résolutions des Nations Unies 224, 181 et 194 était une position extrémiste, alors que le silence sur les violations quotidiennes israéliennes en Palestine serait de la modération.

L'écrivain politique américain Seymour Hersh se réfère au glissement de la politique américaine vers l'adoption d'une politique dont le but est de monter les divergences partisanes les unes contre les autres dans la soi-disant "redirection" politique des Etats-Unis d'isolement et d'attaque probable de l'Iran. (3)

Il est clair que les USA ont rejoint la position israélienne qui consiste à monter les unes contre les autres les divergences partisanes, et ont opté pour l'encouragement de toutes sortes de divisions pour affaiblir les forces qui résistent aux projets de domination des Américains et des Israéliens dans la région.

Néanmoins, à part la question de la crédibilité du "communiqué sur l'autorisation d'utiliser l'espace aérien" qui a été démenti par le Secrétaire Général de la Ligue Arabe, le problème est que cela consolide les analyses précédentes de déconstruction de la région, postulat qui résume la politique israélienne depuis l'époque de Ben Gourion, et que l'administration Bush est en train d'adopter.

Toutefois, le déni du Secrétaire Général arabe ne dédouane pas les dirigeants arabes de prendre une position ferme contre toute attaque possible contre l'Iran. Ils doivent se souvenir que leur soutien à l'invasion américaine en Irak a aidé les USA et Israël à jouer sur les divisions partisanes dans la région et que cela constitue une menace pour l'intégrité et la stabilité de chaque pays arabe.

Les dirigeants arabes doivent revoir leurs positions à la lumière de la politique US-israélienne clairement appliquée en Palestine, à savoir pousser et encourager les divisions inter-palestiniennes, manœuvre confirmée par le rejet de l'accord d'unité palestinienne atteint à La Mecque, en Arabie Saoudite. Manœuvre également matérialisée en Irak où les Etats-Unis ont nourri et joué sur les conflits entre factions pour affaiblir la résistance iraquienne, et cela a été aussi visible au Liban en nourrissant les différences entre les coalitions en conflit, poue déstabiliser le Liban et affaiblir les forces anti-sionistes du pays.

Depuis qu'Israël joue le rôle fonctionnel historique de soutien des intérêts impérialistes, il est temps que les militants du camp de la paix israéliens prennent leurs responsabilités et intensifient leurs efforts pour se lever contre le gouvernement sioniste qui les entraîne d'une guerre à une autre. Israël doit choisir entre des guerres continuelles et une paix durable, parce qu'avec chaque guerre, les graines de la prochaine sont plantées.

Israël doit penser à la leçon donnée par les sud-africains blancs, qui ont dû se rendre à l'évidence qu'une politique de domination et de répression finit toujours par disparaître.

Si Israël veut s'intégrer dans la région, sa seule voie est de reconnaître les droits palestiniens et d'abolir les lois d'apartheid, qui ont été imposées par la force en Palestine.

La révolte qui a éclatée récemment parmi les Juifs britanniques contre l'obéissance aveugle à l'Etat d'Israël doit être un bon exemple de ce que les Israéliens doivent faire.

Si quelques riches Israéliens sont déjà partis au Canada, en Amérique et en Europe pour échapper à une possible guerre, la majorité des Israéliens paiera le prix aux côtés des arabes et des iraniens si Israël attaque l'Iran.

L'attaque de l'Iran ou de la Syrie n'est pas une hypothèse qui doit être prise à la légère. Il est évident que la question de la puissance nucléaire de Iran peut être résolue pacifiquement, à condition que les USA apprennent la leçon irakienne et à condition qu'Israël comprenne que le feu ne sera pas localisé en un seul endroit une fois qu'il sera enflammé.

Quelques analystes arabes ont prévenu que l'utilisation de l'arme nucléaire pour attaquer l'Iran constituerait une invitation à tous les arabes pour se doter des armes de destruction massive parce que cette attaque créera un état d'insécurité et de chaos dans tout le Moyen Orient.

En d'autres termes, une telle attaque engendrera le chaos, et personne ne peut prédire où il mènera la région.

Notes de lecture :
(1) http://www.fpif.org/fpiftxt/3999

(2) Le journal de Moshe Sharette


(3) The redirrection par Seymour M Hersh

Source : Wa3ad

Traduction : MR pour ISM

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4 mars 2007