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Palestine - ISM France

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Jérusalem -

La ville d’al-Quds en 2012 : analyse de la situation

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Ce rapport rédigé par l’Institution Internationale al-Quds décrit les grandes lignes de la politique de l’occupation au cours de l’année 2012 vis-à-vis de la ville – capitale de la Palestine, des lieux saints et de la population maqdisie. Celle-ci résiste, seule, par des moyens rudimentaires, la crise politique palestinienne pesant de tout son poids pour empêcher une quelconque résistance massive et conséquente. S’ajoute à la situation palestinienne le silence ou la connivence de la « communauté internationale » qui a décidé que la force militaire pouvait décider du sort des peuples colonisés, alors qu’elle abreuve le monde, par les ondes et les images, de ses exploits « humanitaires ». Seule la première partie du rapport a été traduite.

La ville d’al-Quds  en 2012 : analyse de la situation

Al-Quds sous la neige, janvier 2013

L’année 2012 a été marquée par une accentuation de la judaïsation de la ville d’al-Quds et de la mosquée al-Aqsa, que ce soit par les incursions répétées contre la mosquée ou la construction effrénée de colonies dans la ville palestinienne occupée. Le projet de judaïsation vise à transformer la ville en une vlle exclusivement juive, tant par la religion, la culture, la langue et la construction, et à en faire la capitale de l’Etat sioniste, ou même la capitale juive du « peuple juif », du nom de Urshalim. Ce projet porté par toutes les institutions de l’Etat est commun à toutes les formations politiques, il bénéficie du soutien international et du soutien de tous les sionistes dans le monde, juifs ou chrétiens, qui le financent très largement.

De l’autre côté, les maqdisis tentent de préserver leur entité et leur existence en tant que société, en préservant leur identité, leur langue et leur culture, tout comme ils tentent de protéger leurs lieux saints, musulmans et chrétiens. Leur résilience n’est ni méthodique, ni organisée, elle n’est pas portée par une direction politique et ne bénéficie que d’un soutien verbal. Seul le soutien des Palestiniens vivant dans les territoires occupés en 48 permet aux Maqdisis de résister et de défendre leur présence dans la ville – capitale de la Palestine.

1 – Sur le terrain

A – la mosquée al-Aqsa : lutte autour de l’exclusivisme musulman
Après avoir réalisé la difficulté de détruire la mosquée pour construire un temple juif sur ses ruines, les milieux sionistes ont adopté un plan plus « réaliste » consistant à le partager. Au cours de l’année 2012, des pas importants ont été pris dans ce sens. Au mois de septembre dernier, le député sioniste Eldad propose la discussion d’un plan de partage de la mosquée à la Knesset, ce plan consistant à réserver 9 heures par jour aux musulmans dans la mosquée, et 9 heures aux juifs, pendant lesquels les musulmans devraient sortir de la mosquée, le vendredi serait réservé aux musulmans et le samedi aux juifs. Bien que le président du parlement sioniste ait préféré reporter la discussion pour éviter des tensions, c’est la première fois que le projet de partage de la mosquée est dit de manière aussi claire. D’autre part, les milieux sionistes oeuvrant pour la construction d’un temple juif à la place de la mosquée ont accentué leur présence dans la mosquée, quotidiennement, de manière à ce qu’une telle pratique devienne normale, en préparation à la demande d’un « droit » sur la mosquée. Soldats en tenue militaire, policiers, services de renseignement, touristes ou religieux, tous font des incursions protégés par la police sioniste. 6881 colons ont mené des incursions dans la mosquée au cours de l’année 2012, 3950 soldats en tenue militaire, 284.906 touristes étrangers, ce qui fait une moyenne de 810 juifs ou chrétiens par jour qui pénètrent dans la mosquée dans le but de disputer l’exclusivime musulman sur la mosquée.

Pour compléter le plan de judaïsation de la mosquée, les autorités sionistes tentent de judaïser également tout l’espace qui l’entoure, la vieille ville (intra-muros) et les alentours. Un grand nombre de sites juifs est en cours de construction autour de la mosquée. Il a été décidé en 2012 de construire un bâtiment à caractère juif à l’extrême ouest de la place al-Bouraq, et une synanogue, à 200 mètres seulement de la mosquée, un centre juif à la place du parking appartenant au couvent des Arméniens, à l’ouest de la vieille ville, le centre « Jaafati », en face de l’enceinte sur de la vieille ville, un autre centre pour les visiteurs et l’étude de la Torah à Selwan, tous ces sites devant assurer le caractère juif de la ville palestinienne occupée.

Les forces de l’occupation visent également la destruction de la colline des Maghariba pour modifier tout l’espace qui entoure la mosquée, du côté ouest, sud et est, en construisant une synanogue au-dessus de l’école historique Tankaziya. L’occupation a tenté de détruire la colline en novembre 2011, mais la réaction populaire l’a contraint à stopper son projet. La municipalité sioniste essaie à présent de faire pression pour briser le gel du projet. Elle a entamé de manière progressive sa destruction, dès le 22 mai 2012, mais attend le « feu vert » du gouvernement pour ôter ce qui en reste et construire un pont en fer.

Le projet de judaïsation de la mosquée al-Aqsa touche également les souterrains, où les autorités de l’occupation creusent le sous-sol, des canaux et des salles, pour fonder une ville souterraine juive. Le nombre de sites de creusement s’élèvait, au mois de septembre 2012, à 47 sites, sur les côtés ouest, sud et nord de la mosquée.

Résistance
Pour prévenir la prise de la mosquée al-Aqsa, face aux nombreuses incursions, la présence continuelle dans la mosquée fut le moyen le plus usité. Les cours d’étude dispensés dans la mosquée, pour les étudiants d’al-Quds et des Palestiniens de 48, ont constitué un bouclier de protection. Lorsque l’occupant a interdit les cours et empêché les étudiants d’y parvenir, en délimitant l’âge des fidèles, ce furent les excursions des élèves âgés de moins de 12 ans le seul moyen pour affronter la présence des juifs dans la mosquée. Quoiqu’il en soit, la présence constante de fidèles fut la seule protection pendant l’année 2012.
Malgré les pressions, les équipes des Awqaf sont parvenues à ouvrir à nouveau le dôme al-Silsila, après l’avoir rénové avec une participation turque, et ont poursuivi la rénovation du dôme du Rocher de l’intérieur, malgré les protestations des juifs extrémistes.

B - Les Maqdisis affrontent les pressions

Les autorités de l’occupation poussent les Maqdisis à l’exil « volontaire ». En 2012, les pressions se sont accrues dans le sens suivant : – paupérisation des habitants d’al-Quds, passant de 60% (2008) à 77% (2010) des familles maqdisies vivant en-dessous du seuil de la pauvreté. Les chiffres indiquent que 75% des familles maqdisies sont endettées envers la municipalité de l’occupation, qui les poursuit pour leur faire payer impôts et amendes. – La fermeture du barrage de Ras Khamis le 19/9/2012 qui relie les banlieues au nord d’al-Quds à la partie de la ville enfermée par le mur, et la poursuite de la construction du mur à sa place, afin de faire du barrage installé à She’fat une voie de passage « international » pour 55.000 maqdisis vivant dans les quartiers nord, ce qui signifie en clair que les habitants doivent ou bien se déplacer pour vivre à l’intérieur de la zone fermée par les murs ou se passer de leur droit de vivre dans leur ville. – Les extrémistes juifs ont mis la main sur de nouveaux terrains à l’intérieur des quartiers arabes. La police sioniste a expulsé les Palestiniens de maisons à Tour, à Bayt Hanina et Jabal al-Mukabber pour les remettre à des colons qui prétendent qu’elles leur appartiennent. Ces nouvelles expropriations s’ajoutent à celles de Selwan, de Ras el-Amoud et la vieille ville, où la police de l’occupation est constamment présente.

Il faut noter également la recrudescence des crimes haineux et des agressions sauvages de la part des colons contre les Maqdisis. 17 agressions ont eu lieu en 2012, la plus grave étant celle qui a atteint Jamal Joulani, agressé par 40 jeunes juifs dans un centre commercial le 16/8/2012.

Les lieux saints chrétiens ont également été les cibles des agressions israéliennes. Des fortes pressions s’exercent sur le patrimoine de l’église orthodoxe, qui a été mis sous séquestre, prétextant les dettes de l’église envers la compagnie d’eau, alors que depuis les temps ottomans, les lieux saints sont dispensés de payer ces factures.

Du côté des prisonniers, la grève de la faim des prisonniers dès le mois de mai 2012 et les mouvements de solidarité, ainsi que l’arrestation à nouveau du prisonnier libéré Samer Issawi au mois de juillet 2012 et la grève de la faim qu’il mène depuis ce jour sont les faits marquants de l’année. La famille de Samer Issawi a été attaquée et son domicile assiégé par les forces de l’occupation et la maison de son frère démolie le 1 janvier 2013. Le 23/01/2012, le député maqdisi Mohammad Tawtah a été kidnappé, ainsi que l’ancien ministre Khaled Abou Arfa, de la tente de protestation installée à l’intérieur du siège du CICR. Ils sont tous les deux prisonniers.

Résistance
Toutes ces agressions et pressions sur les Maqdisis ont suscité un mouvement de colère le 30 mars 2012 (commémoration de la Journée de la terre et date de la marche internationale vers al-Quds). Une autre mobilisation importante s’est déroulée au cours de l’agression sur la bande de Gaza entre le 16 et 20 novembre. Mais des affrontements quotidiens se déroulent un peu partout dans la ville occupée, notamment à Issawiya qui a été le théâtre de 21 affrontements, où les Palestiniens ont utilisé les pierres et les cocktails molotov contre les forces de l’occupation. A Selwan, 14 affrontements ont eu lieu, et dans le camp de She’fat, 12 affrontements, dans la vieille ville 11 affrontements, et 10 affrontements au cours de l’année au barrage de Qalandia. Au total 78 affrontements, sans compter les opérations d’attaque à l’arme blanche et autres opérations ayant entraîné des blessures dans les rangs de l’occupation.

Au mois de juin 2012, ce fut la vague des incendies dans al-Quds, où les autorités de l’occupation ont accusé les jeunes Palestiniens de les avoir provoqués. Plusieurs jeunes ont été arrêtés.

C - Le quartier al-Bustan

C’est le second quartier d’al-Quds menacé par l’expulsion massive de sa population, après le quartier de Sheikh Jarrah. Les autorités de l’occupation ont pris la décision en 2009 de détruire 88 immeubles dans le quartier. La population a eu recours aux tribunaux pour protester contre cette décision, tout en menant des protestations populaires. Une tente de protestation a été érigée où se rendent régulièrement tous ceux qui s’associent à leurs protestations. Les prières collectives du vendredi y sont menées, ce qui a constitué un véritable frein au projet de l’occupation. C’est pourquoi l’occupant à inauguré une autre politique, celle de diviser les habitants menacés, en proposant la destruction de 29 immeubles au lieu des 88. De plus, les forces de l’occupation ont visé des militants du comité de défense de Selwan, comme le sheikh Moussa Awdeh, qui fut condamné à trois mois de prison au cours de l’année 2012, et son jeune fils Muslim (12 ans) qui a été arrêté 12 fois. Pendant ce temps, la municipalité a envoyé au cours de l’année ses équipes 15 fois de suite à Selwan pour distribuer et coller les ordres de démolition ou pour mesurer les lieux, sans cependant pouvoir détruire une seule maison dans le quartier.

La destruction du quartier al-Bustan dans Selwan est devenue la « boule de feu » que se lancent la municipalité de l’occupation, le gouvernement sioniste et la Knesset, sans qu’aucun de ces organismes n’ose prendre la décision, par crainte d’une révolte généralisée. La seule garantie pour protéger le quartier reste l’unité de sa population et la poursuite de leurs protestations populaires.


Pour télécharger le rapport, en arabe, 16 p., format PDF, cliquez ici

Source : Institution Internationale al-Quds (QII)

Traduction : Baladi

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