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Palestine - ISM France

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Russie/Palestine -

Le Hamas, Moscou et les implications de la visite d’Haniyeh

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21.12.2018 – Le ministère russe des Affaires étrangères a rejeté les objections de son homologue israélien concernant la visite prochaine du chef du bureau politique du Hamas à Moscou. Selon la chaîne israélienne Channel 10, les Russes ont répondu aux protestations israéliennes à propos du voyage d'Ismail Haniyeh en soulignant que le gouvernement de Benjamin Netanyahu était lui-même engagé dans des discussions avec le Hamas dans le but d'alléger le siège de Gaza et de conclure une trêve.

Le Hamas, Moscou et les implications de la visite d’Haniyeh

Rencontre entre Yasser Arafat, chef de l’OLP et Vladimir Poutine, alors officier du KGB
La Russie fait partie de ces pays, dont la Chine, qui a voté contre le récent projet de résolution américain à l'Assemblée générale des Nations Unies condamnant le Hamas et d'autres groupes de résistance palestiniens comme "terroristes". La résolution n'a pas réussi à obtenir la majorité des deux tiers requise pour son adoption.

Il est donc raisonnable de suggérer que le Hamas est maintenant établi et reconnu comme une réalité politique et juridique qui ne peut plus être ignorée. N'oublions pas que Moscou a déjà accueilli des responsables du Hamas, bien qu'il s'agisse d'une première en son genre en termes de niveau de représentation et d'implications de la visite d'une icône de la résistance politique peu après le vote historique de l'ONU. Cela reflète la volonté de Moscou de briser le monopole américain des interventions dans les affaires palestiniennes.

En effet, l'approche politique de la Russie vis-à-vis de la question palestinienne ne se limite pas à traiter avec le Hamas ; elle a essayé de jouer un rôle dans la conclusion d'un accord de réconciliation entre le Hamas et le Fatah. Elle tente également de jouer un rôle efficace sur la Cisjordanie occupée par Israël en discutant de l'avenir de l'Autorité palestinienne à Ramallah. Il y a environ une semaine, Moscou a accueilli Mohammed Dahlan, ancien responsable du Fatah, et lui a donné l’espace et l’opportunité de s'exprimer dans les grands médias.

En outre, il a été révélé que des projets de réunion à Moscou entre Dahlan et la ministre israélienne de la Culture, Miri Regev, étaient prévus pour discuter de l'avenir de l'Autorité palestinienne. La ministre a gardé le silence sur cette affaire, de peur de provoquer la colère de Washington, même s'il est peu probable que l'administration américaine ignore la réunion envisagée et son objectif. Il convient de noter que la ministre de droite Regev a rencontré Dahlan aux Emirats Arabe Unies lors de sa visite à Abou Dhabi en tant que chef d’une délégation israélienne participant à un championnat de judo.

La décision russe de tenir une réunion entre Dahlan et Regev est symbolique et provoquera Washington, qui estime avoir encore le monopole de la question palestinienne. L’administration Trump cherche à couronner le tout avec son « accord du siècle » chancelant.

La visite de Haniyeh à Moscou constitue une avancée importante pour les Russes et le Hamas. Le mouvement doit maintenant être considéré comme un acteur politique majeur, statut acquis grâce à ses antécédents politiques et en matière de résistance, ainsi qu’à l’évolution de l’environnement régional et international.

Le Hamas tient à établir sa présence politique et souhaite envoyer un message fort, non seulement à Israël, mais également à ceux du monde arabe engagés dans la normalisation avec l'État sioniste. Dans le même temps, Moscou souhaite dompter Israël et envoyer son propre message aux États-Unis, ce qui a donné de l’espace au Hamas et aux autres groupes de résistance pour élargir les manœuvres politiques.

Moscou réalise clairement une avancée régionale après l'autre : un avion militaire russe a récemment conduit le président soudanais Omar Al-Bashir à Damas ; il soutient, même indirectement, l'opération turque à l'est de l'Euphrate, et maintenant la visite du chef du Hamas Ismail Haniyeh. Le gouvernement de Vladimir Poutine fait savoir à Washington qu'il est capable d'étendre son engagement politique au Moyen-Orient. Cela poussera probablement les États-Unis à prendre des mesures similaires susceptibles d'ouvrir la porte à de nouvelles transformations politiques dans la région, ainsi que dans la politique intérieure des États-Unis.



Source : Middle East Monitor

Traduction : MR pour ISM

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