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Palestine - ISM France

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Israël -

Le Rapport Koenig

Par

Extraits de "Sous Israël, la Palestine" de Ilan Halevi, publié en 1984 aux éditions Le Sycomore. Ilan Halevi est représentant du Fatah auprès de l'Internationale Socialiste et conseiller politique du Ministère palestinien de la Coopération Internationale.

Se croyant protégé par l'intimité et le secret du circuit administratif, Israël Koenig, employé modèle qui écrit des rapports alarmistes alors que d'autres ne pensent qu'à s'en mettre plein les poches, rédigea un document volumineux qu'il déposa sur le bureau du ministre de l'Intérieur. Sa divulgation, en septembre, par le quotidien du Mapam Al Ha-Mishmar, devait provoquer en Israël un véritable scandale, mais pas la moindre réaction officielle.
M. Koenig n'a pas été suspendu de ses fonctions, ni même désavoué, et la presse s'est surtout attachée à dénoncer les organisateurs de la "fuite".

Il convient de lire attentivement le "rapport Koenig" - fenêtre ouverte sur l'intérieur de la tête d'un administrateur colonial israélien, modèle 1976.


LE RAPPORT KOENIG


INTRODUCTION GENERALE


1 - Jusqu'à une époque toute récente, les gens chargés de l'administration de la population arabe en Israël étaient généralement d'accord pour penser que les Arabes avaient pris définitivement leur parti de l'établissement de l'Etat, et se trouvaient, dans leur grande majorité, en bonne voie d'identification avec lui et d'intégration dans ses diverses institutions.

C'est ainsi, du moins, que les choses étaient présentées par les responsables et ceux qui sont proches des milieux arabes en Israël.


2 - Dernièrement, certains événements sont venus jeter un doute sur ces allégations, et mettre en question le loyalisme d'une partie importante de la population arabe à l'égard de l'Etat - au niveau de son existence même.

Il est vrai que des doutes avaient déjà été formulés, il y a plusieurs années et pour les raisons exposées plus loin, quant à cette analyse de la situation et à la manière de traiter les Arabes. Mais ces opinions étaient en contradiction avec celle des "arabistes" et ne furent pas retenues.

Il nous semble évident aujourd'hui qu'il y a lieu de discuter sérieusement des axiomes admis, tout récemment encore, comme données de base.


3 - Après la fondation de l'Etat, ce qui restait sur le territoire de population arabe, se trouvait pratiquement sans leadership. Une minorité se trouvait ainsi constituée qui devait s'adapter à la réalité de l'Etat juif - lequel était alors en état de guerre, et de guerre victorieuse, contre les Etats voisins.

Le gouvernement militaire,chargé du contrêle de cette population, fonda sa domination sur des "notables" et pénétra par leur intermédiaire dans la structure de la société arabe, basée sur les clans familiaux. L'abolition du gouvernement militaire eut pour effet d'affaiblir l'autorité de ces notables et de ceux qu'ils représentaient. La disparition progressive de la dépendance de l'individu à l'égard de l'institution (...) a permis à la jeune génération de prendre conscience de sa force, dans le cadre d'une société démocratique et dans une période de mutation où la société arabe passait du modèle agricole à celui d'une société industrielle, avec toutes les conséquences que cela implique sur le plan social.

De plus, la "révolte" de la jeune génération a souvent obligé la génération précédente à rejoindre le camp des rebelles, et c'est l'Etat qui est devenu la cible de leurs attaques, étant donné que rien n'avait été prévu pour assurer de façon adéquate leur dépendance vis-à-vis de la société juive. Il faut dire également que nous avons nous-mêmes encouragé cette tendance, par nos efforts pour attirer, par divers moyens, les rebelles de notre cêté.

Au cours des années 1950, la société arabe était totalement dépendante de l'économie juive, qui dut s'ouvrir largement aux Arabes à cause du manque de travailleurs manuels juifs. Il en résultat la création d'une couche de population économiquement solide, sur laquelle reposent maintenant dans une certaine mesure, l'économie et le fonctionnement du pays.


4 - Au moment où fut aboli le gouvernement militaire, l'Etat confia l'administration de la population arabe à des fonctionnaires parlant l'arabe, et choisit comme leaders, pour elle, des gens souvent brutaux, qui assuraient leur situation par leur capacité à obtenir des faveurs pour eux-mêmes et leurs proches.

Ce faisant, nous avons négligé de nous occuper des problèmes sociaux qui se posaient dans le secteur arabe, et de prévoir un plan à long terme susceptible de transformer les Arabes en citoyens loyaux.

Le critère adopté pour choisir ceux qui avaient à s'occuper des affaires arabes à tous les niveaux - politique, militaire, policier et civil - était basé sur leur affinité avec la mentalité arabe.

Ils ne furent pas toujours distingués pour leur efficacité et leur intelligence - qui était souvent inférieure à celle des gens dont ils avaient la charge - et n'ont pas su garder l'indépendance d'esprit qui leur eût permis d'analyser correctement les symptêmes inquiétnts d'une part et de résoudre d'autre part les problèmes de façon objective dans l'intérêt à long terme de la nation juive.


5 - Le district nord, où se trouve concentrée la majeure partie des Arabes d'Israël, apporte, du fait des relations de voisinage et l'imbrication des deux populations, une illustration des problèmes qui se posent aujourd'hui, et des perspectives d'avenir - proche et lointain.

L'un des phénomènes les plus inquiétants est l'absence de tolérance manifestée par le Juif moyen à l'égard du citoyen arabe ; dans certains cas, cela peut aller jusqu'à une véritable haine qu'une excitation quelconque peut à tout moment faire déboucher sur une explosion incontrêlée des deux cêtés, avec toutes les conséquences néfastes que cela suppose, dans le pays même comme à l'étranger.

Un facteur déterminant de la cristallisation de cet état d'esprit passionnel dans la population juive a été la rupture, dans les régions du Nord, de l'équilibre démographique au profit des Arabes - ce que chaque Juif ressent individuellement, avec une sorte d'angoisse.

Nous nous proposons ici d'aborder les points suivants :

1 - Le problème démographique et les diverses expressions du nationalisme arabe.

2 - La nature du leadership arabe et ses conséquences.

3 - L'économie et l'emploi.

4 - L'éducation.

5 - L'application de la loi.





1 - PROBLEME DEMOGRAPHIQUE ET EXPRESSIONS DU NATIONALISME ARABE

1 - Le taux de croissance de la population arabe en Israël est de 5,9 %, tandis qu'elle est de 1,5 % pour la population juive.

Le problème se pose avec une particulière acuité dans la région Nord, où se trouve concentrée une grande partie de la population arabe. Vers le milieu de 1975, cette population comptait dans cette région 250 000 âmes, tandis que la population juive se montait à 269 000 personnes.

Un examen détaillé de ces données, par circonscription, montre que les Arabes représentent en Galilée occidentale 67 % de la population totale, et 48 % dans la vallée de Jézréel. (Les deux communautés se sont accrues dans ces régions, pour l'année 1974, de 759 personnes du cêté juif, et de 9 035 du cêté arabe.)

A un tel rythme de croissance, les Arabes peuvent constituer en 1978 plus de 51 % de la population de cette région.

Face à cette situation, les nationalistes arabes ont l'impression - et c'est aussi la mienne - que leur taux de croissance en Galilée est une menace pour notre capacité à contrêler la région, et ouvre des possibilités de pénétration éventuelle à des forces militaires venues du Nord, en même temps qu'il renforce le nationalisme des Arabes d'Israël.


2 - Cette vague de nationalisme dans la population arabe israélienne date de la guerre des six jours. La politique d'échanges avec la Cisjordanie , de ponts ouverts avec la Jordanie, a favorisé les contacts entre les Arabes de Judée et de Samarie, les Palestiniens de Transjordanie et les Arabes d'Israël, ce qui les incite à relever l'échine et à se rassembler autour de slogans nationalistes dirigés contre Israël.

Ce processus, qui était inévitable, a encore été renforcé par le résultat de la guerre du Kippour et les événements qui ont suivi, et se sont traduits par la reconnaissance de l'OLP comme porte-drapeau de la lutte en ce qui concerne le problème palestinien. Récemment, on a même commencé à évoquer la résolution de l'O.N.U. de 1947, concernant les frontières d'Israël, et selon laquelle une grande partie de la région Nord n'était pas incluse dans les limites de l'Etat.

L'Arabe israélien a cessé d'être passif : il est passé à un stade du nationalisme qui s'est exprimé, de façon surtout verbale, dans des occasions telles que :

- la visite du Premier ministre à Nazareth, il y a environ un an ;

- l'adoption de slogans exprimant l'identification avec l'OLP, au cours de manifestations étudiantes et en d'autres occasions ;

- la prise de position des étudiants arabes dans les universités à propos de la question des tours de garde ;

- les manifestations nationalistes au moment des élections municipales à Nazareth ;

- la mobilisation exceptionnelle et imprévue des habitants de Nazareth pour payer leurs arriérés d'impêts locaux afin d'aider le Rakah dans sa gestion de la ville ;

- le meeting de protestation organisé dans le village de Sakhnine, le 14 février 1975, au cours duquel le président du conseil local de Tamra a déclaré qu'Israël "avait lieu de craindre les Arabes d'Israël plus encore que ceux de l'extérieur" ;

- les décisions adoptées au cours d'un meeting à Nazareth, le samedi 6 mars 1975 :

a) proclamation d'une grève générale de toute la population arabe d'Israël pendant une journée intitulée "journée de la Terre",

b) appel à la population arabe, lui enjoignant de ne pas se contenter d'une protestation passive, mais de "protester en luttant, et de ne cesser la lutte qu'une fois la victoire acquise",

c) grève de la faim devantle siège des Nations Unies, comme certains le font à propos des Juifs d'URSS,

d) déclaration selon laquelle "le gouvernement est dans une maison de verre et nous serons les premiers à jeter des pierres pour la briser",

e) déclaration du président du conseil local de Me'iliyye, Mass'ad Qassis, pourtant considéré comme un élement positif, et qui avait été élu sur une liste apparentée au Parti du travail : "De quel droit le gouvernement peut-il se prévaloir pour confisquer des terres dans une région qui, selon le Plan de partage de l'O.N.U. en 1947, ne faisait pas partie du territoire israélien ?"

Ce sont là les signes d'une évolution relativement récente, qui reflètent la volonté d'une partie déterminante de la population arabe de manifester contre l'establishment et l'administration israélienne, fût-ce verbalement - et qui marquent une aggravation certaine en regard du comportement de cette population par le passé.

Les victoires internationales des Palestiniens et les progrès du nationalisme arabe en Israël même, soulignent la nécessité de prendre à bras-le-corps le problème arabe, qui ne cessera de s'aggraver tant que le Rakah sera le seul parti à canaliser l'opposition à l'establishment. (Il faut se souvenir que le mot "Israël" ne figure pas dans le sigle du Rakah, et ce n'est pas le fait du hasard).



PREVISIONS

a) La croissance rapide de la population arabe (qui est passée de 150 000 en 1948 à 430 000 en 1975) renforce ce nationalisme et donne aux Arabes l'impression que le temps travaille pour eux. C'est le cas en particulier dans le nord du pays, où leur présence physique s'impose avec continuité sur de larges zones.

b) La conquête par le Rakah d'institutions "para-gouvernementales" telles que les conseils locaux confère une base légale à une activité politique nationaliste, qui est menée ouvertement et clandestinement, selon les méthodes qui étaient en usage parmi les colons juifs avant la création de l'Etat, ou les méthodes communistes éprouvées dans le monde entier.

En fait, bien que le Rakah soit en mesure de contrêler dès à présent un certain nombre de conseils locaux, il se garde délibérément de faire valoir son pouvoir, faute de cadres et d'organisation suffisants.

A notre avis, les étudiants originaires des villages du Nord, qui, de plus en plus nombreux, vont faire leurs études dans les pays d'Europe orientale avec des bourses du Rakah, sont destinés à devenir ces futurs cadres.

c) Il existe un danger sérieux que, dans la décennie à venir, les Arabes prennent le contrêle, démographiquement et politiquement, de St-Jean d'Acre et de la région de Nazareth.

d) Il faut envisager la possibilité de voir, à un certain stade de cette activité politique hostile à l'Etat, surgir la revendication d'un référendum dans le nord du pays où la population arabe est majoritaire. Cette action serait téléguidée de l'extérieur, mais elle pourrait être soutenue par des gauchistes nationalistes au sein de la population juive elle-même.

e) On peut également s'attendre à ce qu'à un moment donné, le Rakah ou les nationalistes se livrent à des provocations, dans le but de susciter une explosion de la part d'éléments juifs incontrêlés et de créer ainsi une situation qui introduise le problème de la situation des Arabes en Israël dans les forums internationaux, et oblige les éléments arabes modérés à s'identifier aux extrémistes, à l'intérieur et à l' extérieur de l'Etat.

f) On peut déjà discerner une action concertée des Arabes pour l'achat de biens immobiliers dans la région Nord. Le fait est flagrant à Nazareth-la-haute (Nazareth Ilith) et à St-Jean d'Acre, et des signes inquiétants existent dans la vallée de Jézréel.



PROPOSITIONS

a) Elargir et intensifier la colonisation juive dans toutes les régions où la population arabe est installée d'une manière continue, et examiner les possibilités de clairsemer les concentrations arabes déjà existantes. Une attention toute particulière doit être apportée en ce domaine aux zones qui jouxtent la frontière nord-ouest et à la région de Nazareth. Parallèlement, il importe d'appliquer rigoureusement les lois qui peuvent empêcher l'établissement de colonies arabes dans diverses parties du pays.

b) Dans le même temps, mettre en place, à St-Jean d'Acre et à Nazareth-la-haute (Ilith), un leadership juif capable de faire face aux développements inquiétants que nous venons d'exposer.

c) Instaurer une politique de récompense et de sanctions (dans le cadre de la loi) à l'égard des responsables et des localités qui manifesteraient, d'une manière ou d'une autre, leur hostilité à l'égard de l'Etat ou du sionisme.

d) Pour retirer des mains du Rakah le monopole de la lutte nationale et de la représentation des Arabes d'Israël, et pour donner aux hésitants un moyen d'expression, il faut créer un parti, qui serait le symétrique du Parti du travail, et insisterait sur les notions d'égalité, d'humanisme, de culture et de langue, et de la paix au Moyen-Orient. Les institutions israéliennes doivent se préparer à exercer une présence occulte et le contrêle dans ce parti.

e) Etablir et maintenir une coordination constante et absolue entre les divers ministères, la Histadrouth et les autorités locales, en particulier à l'échelon opérationnel sur le terrain, et appliquer les décisions prises d'une manière implacable.

f) Déployer tous les efforts possibles pour amener tous les partis sionistes à s'entendre sur un consensus national au sujet des Arabes d'Israël, afin de les exclure des conflits politiques internes.



2 - NATURE DU LEADERSHIP ARABE ET SES CONSEQUENCES

1 - La population arabe qui est restée dans le pays après la création de l'Etat s'est trouvée transportée au sein d'une société juive démocratique et ouverte, mais elle ne s'y est pas intégrée, en ce qui concerne les modes de pensée, les coutumes et l'ouverture vers l'extérieur.

Ceux des Juifs à qui fut confiée la charge de cette population, dans le but de lui inculquer la loyauté à l'égard de la société juive, échouèrent dans leur tâche. Tout semble au contraire indiquer qu'on a maintenu cette population dans une situation isolée et marginale, tout en sollicitant, d'une manière "sélective", ses attentions et ses bonnes grâces.

Mais dans le même temps, on parlait du matin au soir d'égalité et d'intégration : un langage qui était contredit par les actes. Une telle politique ne tenait pas compte du caractère arabe, levantin et superficiel, qui ne va pas au fond des choses, et dans lequel l'imagination joue un rêle plus important que l'exercice de la raison.

Cette politique ambiguë et contradictoire a trouvé son expression la plus frappante dans la manière de nommer les représentants et les dirigeants de cette population. On n'a vu jusqu'ici aucune personnalité arabe positive accéder à un poste qui dépasse le niveau local.

La société arabe en Israël, aux prises avec un processus laborieux de mutation qui fait passer au stade industriel cette société de type agricole, était hiérarchisée depuis des générations. Et dans le même temps, elle voit se désintégrer ses structures familiales, religieuses et sociales, et subit les difficultés qui se posent à l'échelon national.

Cette incertitude est grave, et elle place chaque individu devant des options qui peuvent être d'une importance cruciale. Une société en pareille mutation a besoin de dirigeants qui sachent donner l'exemple, et soient capables de répondre à ceux qui se posent des questions, et de les orienter vers des solutions raisonnables, sur le plan de la vie publique comme sur celui de la vie personnelle.

Or jusqu'ici, nous l'avons déjà dit, tels n'étaient pas les critères utilisés pour choisir ces dirigeants, et c'est souvent aux gens les plus brutaux, les plus "forts en gueule" et parfois les moins honnêtes qu'on a confié le soin de représenter les Arabes d'Israël.


2 - La seconde génération, qui a grandi dans la société israélienne et qui tente, même de façon superficielle, d'adopter le mode de vie israélien, ne peut que rejeter de tels dirigeants.

Des indices de cette attitude étaient déjà perceptibles il y a dix ans, et il eût alors été du devoir des "préposés" de dégager des personnalités qui soient à la fois acceptables pour cette jeune génération, et loyales à l'égard de l'Etat.

Qu'une telle négligence soit le fait d'une incapacité ou d'un calcul, ses conséquences risquent d'être catastrophiques. Le dégoût qu'inspirent les gens choisis pour être des leaders est l'un des facteurs principaux de la détérioration que nous constatons aujourd'hui (voir les élections de Nazareth).



PREVISIONS

a) Le conflit entre ceux qui détiennent les titres de toutes sortes et la génération rebelle ira en s'approfondissant, tandis que les premiers tenteront de s'accrocher à l'establishment, à la Histadrouth et aux partis.

b) Il en résultera que la lutte pour le pouvoir et le prestige se transformera en lutte contre le régime et l'Etat, la majorité des Arabes passant de plus en plus dans le camp de la rébellion.

c) Les éléments hostiles exploiteront au maximum cette crise interne ; ils s'appuieront sur elle pour mener leur combat, et on en verra les répercussions dans les divers forums, en Israël et à l'étranger, où elle sera présentée comme une lutte sociale et nationale.

d) A notre avis, si cette détérioration se poursuit, au rythme actuel, le Rakah pourra gagner dix sièges aux prochaines élections à Nazareth.


PROPOSITIONS

a) Agir avec audace, et écarter la plupart de ceux qui sont actuellemetn chargés des affaires arabes, dans l'appareil d'Etat, la police et les partis, y compris au niveau des centres de décision politique.

b) Se débarrasser des actuels leaders arabes, qui ne représentent pas authentiquement la population arabe, et insister sur le fait que l'establishment ne s'identifie pas à eux.

c) Ceux qui seront chargés des affaires arabes devront se mettre immédiatement à la tâche, pour trouver de nouvelles personnalités, d'un niveau intellectuel convenable, qui soient honnêtes, et douées de qulaités charismatiques. Ils devront les aider à mettre sur pied le parti arabe mentionné plus haut.

d) Charger une équipe spéciale (Services de renseignements généraux) de faire des enquêtes sur la vie personnelle des dirigeants du Rakah et autres éléments négatifs, et porter à la connaissance des électeurs le résultat de ces enquêtes.

e) Prendre des mesures individuelles contre toute personnalité négative, à tous les niveaux et dans toutes les institutions.



3 - ECONOMIE ET EMPLOI

1 - La population arabe n'a pas été laissée à l'écart du développement et de la prospérité croissante dont jouit la population israélienne depuis la création de l'Etat.

L'amélioration de la situation pour les Arabes est d'autant plus sensible que ce sont les plus pauvres qui sont généralement restés sur le territoire israélien après les hostilités de 1948-1949.

Le fossé qui existe entre l'offre et la demande de main-d'oeuvre dans toutes les branches de l'économie - surtout dans le bâtiment, les garages, et les métiers manuels en général - et la dépendance où se trouve le pays à l'égard de cette main-d'oeuvre, ont suscité chez les Arabes un sentiment de leur puissance qui a utilisé par les éléments hostiles au régime.


2 - L'entraide qui unit les différents membres d'une famille, et le peu d'intérêt manifesté par les Arabes pour des investissements productifs une fois qu'ils ont atteint un niveau de vie moyen, sont des facteurs qui ont contribué à l'accumulation entre leurs mains d'un surplus de capital liquide considérable, qui est généralement dissimulé aux autorités fiscales.

Il faut souligner ceci : alors que la population arabe en Israël constitue aujourd'hui 14 % de la population totale, et qu'elle n'est pas touchée par l'interruption de travail consécutive au service militaire de trois ans, le total des impêts qu'elle paye ne dépasse pas 1,5 % du total des impêts perçus en Israël.

La composition de cette population par couche d'âge est également importante : plus de la moitié est composée de jeunes en âge de travailler. Il faut ajouter à ces facilités les allocations de l'Etat aux familles de plus de deux enfants, ce qui est le cas de 95 % des familles arabes en Israël.


3 - Un autre sujet d'inquiétude existe dans la région Nord, en raison de la grande concentration de population arabe : les usines construites à l'aide d'investissements énormes de l'Etat, afin d'accroître la population juive dans cette région, emploient en fait une proportion de 25 à 50 % d'Arabes.

Les diverses assurances, économiques et sociales, qui libèrent l'individu et la famille du souci de la subsistance et des pressions quotidiennes, donnent aux Arabes le loisir de se livrer à des réflexions sociales et nationalistes qui sont exploitées par les éléments hostiles à des fins d'agitation, en même temps qu'elles leur confèrent un sentiment de puissance qui augmente leurs velléités de révolte.


PREVISIONS

a) La concentration de capital - généralement "noir" - détenu par les Arabes, et que l'on peut évaluer à plusieurs centaines de millions de livres israéliennes, porte un préjudice à l'économie tout entière, mais il risque en plus de fournir une réserve pour les collectes de fonds qui pourront être effecutées un jour, par des organisations hostiles (nous avons déjà mentionné l'auto-mobilisation des habitants de Nazareth pour aider la nouvelle municipalité).

b) La proportion croissante d'ouvriers arabes dans les usines risque d'accentuer la tension entre Juifs et Arabes, et de déboucher sur des incidents violents et incontrêlables. Il existe également une possibilité que le Rakah prenne le contrêle des comités d'entreprise.

c) Ce contrêle arabe renforcé sur certaines branches de l'économie augmente les possibilités de grèves, de refus de coopérer, qui présentent pour l'Etat un sérieux danger, à la fois économique et politique.

d) On peut s'attendre à des difficultés grandissantes dans le recrutement de la main-d'oeuvre juive, spécialement dans le Nord, où existe le plus impérieux des besoins d'accroître la population juive de toutes catégories sociales.


PROPOSITIONS

a) Chercher à conclure, dans les régions névralgiques, des accords adéquats avec les dirigeants des entreprises répondant aux normes fixées par la loi sur les investissements de capitaux, afin d'obtenir d'eux qu'ils limitent le nombre total des travailleurs arabes dans leurs entreprises à 30 % au maximum.

b) Que les autorités locales prennent des mesures énergiques et immédiates pour renforcer leurs moyens de contrêle et de perception des impêts, sans dérogation.

c) Parvenir à un accord avec les principaux agents de distribution de différents produits, pour neutraliser les distributeurs arabes (surtout dans le Nord), et rendre cette activité plus difficile d'accès pour eux, afin d'éviter que la population juive ne dépende d'eux, surtout en période de tension et dans une situation d'urgence.

d) Le gouvernement doit trouver le moyen de réduire le montant des allocations familiales aux familles nombreuses arabes, soit en indexant ces allocations sur les situations particulières, soit en retirant le soin de les distribuer aux services de l'Assurance nationale pour le confier à l'Agence juive et à l'Organisation sioniste mondiale, qui les réserveraient exclusivement aux familles juives.

e) Faire en sorte que les institutions centrales donnent toujours la préférence aux Juifs sur les Arabes, qu'il s'agisse de groupes organisés ou d'individus.



4 - EDUCATION


1- Les changements les plus voyants et les plus décisifs interenus dans la mentalité et le comportement des Arabes sont le résultat de l'extension du système d'éducation à cette population.

L'amélioration de la situation économique, ainsi que les garanties sociales octroyées aux individus et aux familles ont en effet favorisé un accroissement du nombre d'élèves arabes dans les lycées et les établissements d'enseignement supérieur.

Ce processus a lui-même stimulé l'application du régime de remboursement graduel des frais d'études (jusqu'à 66 %) dans les lycées. La politique d'aide financière et d'attribution de bourses d'études aux étudiants des universités a eu pour effet de mettre à la disposition des mouvements nationalistes, comme éléments activistes, des jeunes possédant une certaine instruction - même superficielle et provinciale.

Nous en avons eu la preuve avec les événements récemment survenus dans les universités.
Les responsables de ce secteur auraient dû prévoir cette éventualité. Il importe aujourd'hui de coordonner de façon rigoureuse l'action des diverses institutions et d'envisager les mesures à prendre à l'égard des candidats aux différents diplêmes.


2 - L'adoption de critères de faveur pour l'admission des étudiants arabes dans les établissements d'enseignement supérieur, et l'orientation qui leur est donnée le plus souvent (sciences humaines, sciences politiques et sociales), jointes à un manque de prévision, quant aux difficultés pour la plupart d'entre eux de trouver un emploi, ont créé un large secteur d'"intellectuels" frustrés, qui éprouvent un grand besoin affectif de s'exprimer, et qui le font en s'opposant à l'Etat et à l'establishment israélien.

C'est là un problème d'autant plus sérieux que le nombre des diplêmés d'universités dépasse 5 700, et que plus de 2 500 étudiants arabes sont actuellement dans les établissements d'enseignement supérieur.


PREVISIONS

a) La difficulté de reconnaître l'infériorité professionnelle accentuera ce sentiment de frustration, tandis que le nombre des étudiants arabes augmentera à un rythme de plus en plus rapide.

b) Etant donné le caractère levantin des Arabes et la dynamique sociale que nous venons d'évoquer, on peut s'attendre à ce que cette société passe du stade de l'intériorisation à celui de la manifestation extérieure, et de là à la violence. Les premiers signes de cette évolution sont déjà visibles.

c) On verra alors se lever l'étendard de la lutte sociale et nationaliste, avec la proclamation d'une identification à l'OLP, et même à des organisations plus extrémistes.

d) Certains de ces éléments, issus de la société locale la plus évoluée, qui ont grandi en son sein et possèdent des qualités de chefs, ont toutes les chances de s'imposer.

e) Il ne faut pas se dissimuler que l'Etat éprouvera de grandes difficultés avec eux dans les périodes critiques, étant donné leur prestige personnel.


PROPOSITIONS

a) Adopter les mêmes critères pour les Juifs et les Arabes, à la fois pour l'admission dans les lycées et les universités, et pour l'attribution des bourses d'études. L'application de ces normes, à elle seule, constituera une forme de sélection naturelle, qui diminuera sensiblement le nombre des étudiants arabes. Il en résultera une diminution du nombre de diplêmés de bas niveau, et il sera plus facile de les intégrer sur le marché du travail à la fin de leurs études...

b) Il faut favoriser l'orientation des élèves arabes vers les études techniques, les sciences exactes et les sciences naturelles. Ce genre d'études laisse moins de temps et de loisir pour un engagement au service de la cause nationaliste, et un grand nombre d'entre eux abandonneraient leurs études en cours de route.

c) Il faut encourager ceux qui partent faire leurs études à l'étranger, et augmenter pour eux les difficultés à rentrer et à trouver du travail en Israël. Cette politique est susceptible de favoriser leur émigration.

d) Prendre des mesures rigoureuses - de diverse nature - contre tous les agitateurs qui sévissent dans les universités.

e) Prévoir des débouchés pour la majorité de ceux qui sortiront des écoles, en fonction de leurs capacités. On peut commencer à y penser, étant donné le délai de plusieurs années qui sera nécessaire pour élaborer cette politique et l'appliquer dans ses différentes étapes.



5 - L'APPLICATION DE LA LOI


1 - D'une façon générale, l'application de la loi a pour but de faire prévaloir l'intérêt général sur celui des individus. Dans le domaine qui nous occupe, le souci de la sécurité intérieure du pays et de tout ce qui s'y rattache constitue l'intérêt national majeur pour les Juifs.

La mise en vigueur des lois de l'Etat dans une société en formation comme celle d'Israël demande de la souplesse, de la prudence et du bon sens. Mais il faut, en même temps, que l'exécutif chargé de l'application des lois dans le secteur arabe remplisse sa tâche de façon à éviter une dégradation de la situation.

Nous avons déjà mentionné la façon dont on a traité jusqu'ici cette population, et l'ambivalence des mesures prises en ce domaine. Les Arabes ont pris conscience, à partir de faits concrets, qu'il est possible de contourner la loi en Israël, à condition d'avoir de bonnes relations avec les gens bien placés.
Un tel comportement représente certes un grave préjudice pour l'intérêt public ; mais en plus, les Arabes voient le signe d'un affaiblissement du régime dans le fait qu'il soit amené à faire des concessions quand les pressions s'exercent sur lui de façon continue (on pourrait citer de nombreux exemples).

2 - Il est difficile d'obtenir une explication raisonnable sur le bas pourcentage des impêts de toutes natures prélevés sur la population arabe. La même situation se retrouve dans le domaine de la construction, où la non-application de la loi peut entraîner une grave menace pour la sécurité dans de larges zones au nord et dans le centre du pays.

Il faut tirer les leçons des expériences faites dans d'autres pays où vivent des minorités nationales : un libéralisme incontrêlé produit le résultat inverse de celui qu les "libéraux" recherchent. Cette règle s'applique tout particulièrement à une population comme la minorité arabe d'Israël.


PREVISIONS

a) Dans une société qui repose sur la loi, la non-application de celle-ci par les autorités introduit une dynamique de la délinquance qu'il est très difficile d'enrayer par la suite.

b) Il faut prendre garde à l'éventualité que, dans l'avenir, de nombreux Juifs puissent, pour des raisons diverses, soutenir la population coupable d'infractions, et dénoncer comme "oppression" les tentatives de remettre la loi en vigueur.

c) Il faut être attentif au fait que le pourcentage de la population arabe (14 %) peut transformer la portée de simples contraventions en véritable rébellion.

d) Des éléments qui nous sont hostiles ne manqueront pas de présenter comme des actes d'oppression nationale l'application de la loi.


PROPOSITIONS

a) Expliquer clairement à ceux qui seront chargés de l'administration du secteur arabe qu'ils ne doivent pas fermer les yeux sur les transgressions de la loi.

b) Prendre des mesures judiciaires contre les fonctionnaires et les institutions qui ne font pas leur devoir en appliquant les lois.

c) Ouvrir des instructions, et faire passer quelques jugements par les tribunaux, en particulier dans le domaine du prélèvement de l'impêt et de la construction illégale, afin de dissuader la population de chercher à tourner la loi.

d) Intensifier la présence des forces de police et de sécurité de toute nature dans le secteur arabe, afin d'intimider les extrémistes et les hésitants qui risquent de se laisser entraîner à des actions de rébellion et des manifestations.

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