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Palestine - ISM France

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Gaza -

Le calme avant la tempête

Par

Yehia Salasel, 44 ans, entre discrètement sur la pointe des pieds dans la maison après avoir passé la soirée avec des amis. Il vit dans le village d'Al-Qarara, juste sur la frontière entre Gaza et Israël, et passer du temps avec des amis est la seule chose qui compense les désagréments de la vie dans cette zone dangereuse. Pendant près de trois ans, les Israéliens ont mené des incursions répétées dans son village.
Souvent, il a dû passer la nuit à l'extérieur pour éviter d’être confronté aux soldats de l'occupation.

Le calme avant la tempête


Photo : Les Brigades Al Qassam s'entrainent à Gaza

Deux mois après l’accord de calme négocié par l'Égypte entre Israël et le mouvement de la résistance, Yehia est heureux des résultats.

"Pendant trois ans, nous avons vécu en enfer. Dans notre région, nous avons eu le droit à très peu de paix. Nos dirigeants, quand ils discutent de l'avenir de l'accord de calme, doivent prendre en compte la réalité de la vie et des souffrances ici. Nous avons été les plus touchés par la situation précédente, et les premiers à bénéficier de l'apaisement», a déclaré Yehia à Al-Ahram Weekly. Son point de vue est largement partagé par les habitants des zones résidentielles situées en bordure d'Israël.

Alors que l’avenir de l'accord de calme fait l'objet de débats, beaucoup se demandent : Est-ce que les groupes palestiniens accepteront de prolonger l’accord de calme? Et dans quelles conditions?

Ayam Taha, une importante personnalité du Hamas, a déclaré que toute décision concernant la période de calme devrait être prise en consultation avec les autres factions palestiniennes, ne serait-ce que pour la faire tenir. Israël, ajoute-t-il, n'a pas pleinement respecté l’accord de calme. Il n'a pas autorisé l’entrée de tous les types de marchandises dans Gaza, et le point de passage de Rafah est toujours fermé. "Les factions doivent décider si le renouvellement de la période de calme doit s'appliquer aussi à la Cisjordanie », déclare Taha.

Une faction, Al-Jihad Al-Islami, a mis en doute le bien-fondé de l'accord. Nafez Azzam, une personnalité de premier plan d’Al-Jihad, dit que l'accord de calme a "nui" à la cause nationale palestinienne. "Il existe une corrélation entre l'accord de calme et les divisions sur la scène palestinienne. L'arrêt des opérations de la résistance a forcé les factions palestiniennes à se concentrer sur leurs différences au lieu de se concentrer sur la lutte contre l'occupation», note Azzam. Il ajoute que tout prolongement de l’accord de calme doit être approuvé par toutes les factions.

Malgré les réserves, il y a des signes que la plupart des factions palestiniennes veulent que la période de calme se poursuive. L’une des raisons en est que le calme est bon pour la formation militaire.

Alors que la nuit tombe, ceux qui marchent dans la rue Sekka, près du camp de réfugiés d’Al-Maghazi, entendent des coups de feu. Des dizaines de membres des Brigades Al-Qassam, la branche armée du Hamas, s’entrainent. Ils vont bientôt défiler dans la rue, après une journée complète d'exercices de tir dans le camp d'entraînement. La nuit, des dizaines d'hommes masqués entrent dans le camp. D'autres ne prennent pas la peine de couvrir leurs visages.


D'autres groupes de la résistance palestiniens utilisent également le répit pour s’entrainer sans arrêt. Les Brigades Al-Qassam ont formé plusieurs classes de nouveaux combattants, mais les médias ne sont pas autorisés à interroger les recrues ou à photographier les terrains d’entrainement.

De nombreuses équipes militaires de divers groupes ont installé des équipements de formation dans les sites évacués par les colons juifs. Les sites évacués sont généralement à proximité de la mer et couverts de dunes de sable, et donc considérés comme parfaits pour la formation. Les Brigades Al-Qods, les Brigades Al-Qasa et les Brigades Saladin ont toutes annoncé des cours de formation pour leurs bénévoles.

Abu Mujahid, le porte-parole des Comités de Résistance Populaire, affirme que les exercices sont une précaution contre toute opération à grande échelle qu’Israël pourrait lancer à l’avenir dans la bande de Gaza. "Les groupes de résistance doivent rester en alerte face à toute agression». Il note que les exercices comprennent des formations sur les enlèvements de soldats, en promettant qu'Israël pourrait avoir de "mauvaises surprises" s’il attaque la bande de Gaza.

En Israël, des responsables diffèrent dans leur analyse de l’accord de calme. Le Service Général de Sécurité, le Shabak, et certains généraux de l'armée disent que l’accord de calme a été une erreur depuis le début.

Le Général Yoav Galant, le chef du commandement Sud, a récemment déclaré qu'Israël n’aurait pas dû accepter l’accord de calme avant la libération par le Hamas du soldat enlevé et son arrêt de la contrebande d'armes. Selon Galant, les politiciens israéliens devraient ordonner à l'armée de reprendre les assassinats ciblés contre le Hamas afin de forcer le mouvement à libérer le soldat enlevé.

Le chef du Shabak, Yuval Diskin, dit que la période de calme augmente les forces et la popularité du Hamas tout en sapant l'autorité du président palestinien Mahmoud Abbas. "Lorsque les Palestiniens nous voient arrêter nos opérations militaires dans la bande de Gaza et permettre l’entrée des denrées alimentaires dans la bande de Gaza alors que nos soldats sont toujours kidnappés, la première chose qui leur vient à l'esprit, c’est que le Hamas est vraiment bien", a t-il déclaré lors d'une récente session du gouvernement.

Le Ministre de la Défense, Ehud Barak, et le chef d'Etat-Major, Gabi Ashkenazi, soutiennent la prolongation de la période de calme. Des journaux israéliens disent que Barak a demandé aux responsables égyptiens de persuader le Hamas de prolonger le dispositif actuel. Un commentateur de la télévision israélienne affirme que Barak sait que les opérations militaires ne forceraient pas le Hamas à faire des concessions sur Shalit et qu’elles pourraient mettre sa vie en danger.

Il n'y a aucune garantie qu’une attaque israélienne contre Gaza stopperait le Hamas de tirer des centaines, voire des milliers de roquettes sur les colonies israéliennes voisines. Les responsables israéliens estiment que le Hamas possède des missiles qui peuvent atteindre Ashdod, dans le nord, ce qui signifie que plus de 500.000 Israéliens seraient à leur portée de tir.

Barak pourrait avoir d’autres chats à fouetter. Si Israël attaque l'Iran, le Ministre de la Défense voudra une certaine paix sur le front sud. Certains commentateurs estiment qu’Israël pourrait attaquer l'Iran entre le 5 Novembre, date des élections aux États-Unis, et le 20 Janvier, date de la cérémonie d'investiture du nouveau président.


Source : http://weekly.ahram.org.eg/

Traduction : MG pour ISM

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