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Palestine - ISM France

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USA -

Le cauchemar Israel-Palestine d’Obama

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Parmi les nombreux problèmes que le président américain, Barack Obama, a à gérer, le violent conflit entre les Israéliens et les Palestiniens pourrait bien être le plus difficile à résoudre.
Peut-il le faire ?
Peut-il réussir là où tant d'autres avant lui ont échoué ?

Alors qu'il est généralement convenu que les États-Unis ont un besoin vital d’une paix israélo-arabe - ne serait-ce que pour protéger ses propres intérêts dans le monde entier contre l'hostilité des Arabes et des Musulmans - les obstacles auxquels est confronté Obama sont, en grande partie, difficiles. La plupart des analystes et des observateurs du conflit long d’un siècle ont tendance à être pessimistes quant à ses chances.

Cependant, Obama n'est pas sans atouts.

Le premier est sa détermination déclarée de s’attaquer au problème "activement et énergiquement» - en d'autres termes, d'utiliser une partie de son capital politique considérable pour amener les parties autour de la table et de les convaincre de parvenir à un règlement. Il a dit clairement - et le monde l’a noté - que son objectif est une solution à deux États.

Le second atout d’Obama est la préoccupation de tout gouvernement israélien de ne pas offenser son puissant allié américain. Israël est aujourd'hui dans une situation vulnérable. Le nouveau gouvernement d’Extrème-Droite de Benyamin Nétanyahou, n’a que peu d’amis au niveau international.

En tout état de cause, l'image d'Israël a été gravement endommagée par la guerre contre la bande de Gaza. Même s’il a de nombreux partisans aux États-Unis - y compris un puissant lobby et un Congrès sympathique - Israël ne peut pas se permettre un affrontement ouvert avec Obama.

Il n'est que trop conscient du fait que certains Américains de premier plan ont commencé à remettre en question la nature et la valeur de l'alliance américano-israélienne. La dernière chose que veut Israël, c’est déclencher une réaction dans l'opinion américaine contre sa relation intime avec les États-Unis, dont il dépend grandement.

Obama a un troisième atout de poids et les compétences des deux hommes qui vont être étroitement associés à l'élaboration de la politique américaine dans le conflit israélo-palestinien.

C’est l'ancien sénateur George Mitchell, l’envoyé spécial d’Obama, et le général James Jones, son conseiller à la sécurité nationale. Ils connaissent bien tous les deux le Moyen-Orient et ont une expérience personnelle directe du problème. Ils forment un formidable duo.

Mitchell a rédigé en 2001 un célèbre rapport qui demandait le gel des colonies de peuplement israéliennes et une répression des Palestiniens à l’égard du terrorisme. Commandé par le Président Bill Clinton, le rapport a été remis à son successeur, le président George W Bush - qui n'a pas réussi à agir en tenant compte de ses recommandations. Mitchell a maintenant une deuxième chance de mettre en pratique ses idées. Il n'est pas quelqu'un qui accete un Non comme réponse.


Le général Jones, un ancien commandant des Marines, est un éminent diplomate-soldat américain, qui est devenu commandant suprême des forces alliées en Europe (SACEUR) et a commandé les forces militaires de l'OTAN en Europe. Il a entrepris des missions en Turquie, dans les Balkans et en Irak.
Il a été nommé Envoyé spécial pour la sécurité régionale au Moyen-Orient par Condoleezza Rice, la secrétaire d'Etat de Rice, et a passé 18 mois dans ce rôle en 2007-2008, dans ce rôle pendant dix-huit mois en 2007-8, à réfléchir au sujet des arrangements de sécurité qui seraient nécessaires pour étayer une paix israélo-palestinienne.

Le général Jones a eu d’importantes discussions - mais très discrètes - sur la sécurité avec les Israéliens et les Palestiniens. Son opinion n'a pas été publiée, mais on croit qu’il recommandera l'envoi d'une force de l'OTAN dans la région, complétée par des soldats jordaniens, égyptiens et israéliens. Placée le long de la Ligne Verte et dans la Vallée du Jourdain, sa mission serait de protéger Israël contre les infiltrations et les autres menaces terroristes, de mettre en place des stations d'alerte précoce, mais aussi de construire une force de sécurité palestinienne, de manière à lui permettre, le moment venu, de s’en sortir sans forces extérieures. La période de transition pourrait prendre plusieurs années, afin de laisser du temps à Israël et aux Palestiniens de construire une confiance et une coopération mutuelles.

Israël s'est toujours opposé à la présence de forces internationales sur le territoire d'Israël-Palestine. Mais les diplomates occidentaux indiquent que maintenant son opposition s’est radoucie.

Washington reconnaît maintenant qu’Israël n’envisage même pas une solution à deux États, sauf s’il reçoit des garanties sur sa sécurité à long terme, ainsi que des fonds et des armes américaines pour maintenir sa «supériorité» contre toute éventuelle coalition arabe.
L’équipe d’Obama devra faire face à une situation de changements importants dans les camps israéliens et palestiniens.

Du côté israélien, personne ne peut prédire combien de temps survivra la coalition de Netanyahou. D’autre part, le nouveau Premier ministre a tenté de détourner la critique internationale en disant qu'il était prêt à poursuivre les accords de paix avec les voisins d'Israël. Personne ne le croit vraiment. Il va évidemment faire tout son possible pour éviter les négociations sur le statut final.

Il a essayé de se protéger contre les pressions américaines en incluant dans sa coalition le chef de file du Parti Travailliste, Ehud Barak, comme une sorte de «bouclier humain», et il a aussi dit qu'il va supprimer certains avant-postes illégaux en Cisjordanie .

Ces actions ne sont que symboliques. Nétanyahou n'a jamais approuvé l'idée d'un État palestinien indépendant, et il n'y aucune mention d'un gel de la colonisation, dans son accord avec Barak. En effet, en tant que Ministre de la Défense, Ehoud Barak a approuvé des dizaines de projets de construction en Cisjordanie au cours des derniers mois.

On peut être certain que ce processus va se poursuivre - à moins que et jusqu'à ce qu'Obama y mette un holà. Le démantèlement d'un avant-poste ou deux mai ne sera que de la poudre aux yeux de la communauté internationale, et n’ira pas jusqu’à résoudre le problème.

Du côté palestinien, le Hamas a accru sa légitimité en affrontant Israël et en survivant après la guerre contre la Bande de Gaza. Son contrôle du gouvernement et de la population de Gaza est désormais plus stricte que jamais. Dans le même temps, son rival, le Fatah - et l’Autorité Palestinienne de Mahmoud Abbas - ont subi une perte du soutien et une érosion de leur légitimité par leur absence dans la bataille. Le paysage politique de la Palestine a ainsi été profondément modifié.

Si l’équipe d’Obama veut faire des progrès, l'ancienne politique américaine envers le Hamas devra être radicalement revue pour tenir compte de ces réalités sur le terrain. La politique de Bush cherchant à isoler, boycotter et détruire le Hamas, tout en tolérant le siège cruel de Gaza imposé par Israël, a été dépassée par les événements et devra être rejetée.

Le véritable test pour Netanyahu et Obama sera le futur projet E-1 d'Israël qui fait partie de son plan d'expansion "Grand Jérusalem". Il est destiné à relier la grande colonie de Maale Adumim à Jérusalem, à consolider l'annexion par Israël de la partie Est Arabe de Jérusalem et de séparer les quartiers arabes de la ville de leur arrière-pays en Cisjordanie .

S’il est mené à bien, il empêchera tout lien territorial entre Bethléem et Ramallah, et ce sera le glas de tous les espoirs d'un État palestinien.

Si Obama ne fait pas annuler ce plan, il peut oublier tout règlement pacifique du conflit israélo-palestinien.

Source : http://english.daralhayat.com/

Traduction : MG pour ISM

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